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grèce - Page 4

  • Grèce, le dilemme de l'Europe

    S'il y a bien un pays dans lequel, à mon avis, l'Europe n'est pas pensable, c'est bien la Grèce. Or, la Grèce risque de provoquer de sacrés cas de conscience à Bruxelles : la Grèce a pu adhérer à l'euro en truandant plus que largement les chiffres de son économie. J'avais publié une note, il y a un an d'une des mes lectrices, Fotini, qui connaît d'autant mieux la situation qu'elle est elle-même grecque. Elle y dressait un état des lieux assez dramatique de la Grèce. La Grèce vient de voir sa note dégradée de A- à BB+ pour ses emprunts sur les marchés financiers par l'agence Standard and Poor's. La Grèce reconnaît un déficit budgétaire monstrueux (12.7% mais il pourrait être plus important). Elle avance à grand pas vers une dette publique de l'ordre de 120% du PIB, et rien ou presque, dans les mesures actuelles ne laisse penser que les choses puissent s'arranger. La Grèce va devoir contenir ses déficits publics en pleine explosion sociale : un pari difficile dans ce pays gangrené par la corruption et les réseaux.

    Le problème, c'est que la Grèce va devoir amener l'Europe à prendre position : que doit faire l'Europe vis-à-vis des pays qui ne respectent pas le pacte de stabilité et n'engagent pas les réductions budgétaires nécessaires à la cohésion de la monnaie européenne ? Sanctionner la Grèce par une amende pour déficit excessif va aggraver les problèmes de la Grèce. En même temps, la Grèce est victime sa corruption et de son imprudence avant toutes choses. La Grèce est dominée par deux partis, le Pasok et la Néa Démocratia, qui trustent tous les pouvoirs. Il n'y a pas de Bayrou grec, et pas de parti centriste et/ou libéral en Grèce pour pouvoir brandir la dette comme un étendard. Voilà une affaire qui va retomber sur le dos de l'Europe alors que la Grèce bénéficie plus que largement des fonds structurels européens.

    La Grèce ne fera pas l'économie d'un grand nettoyage : administration corrompue, agitation gauchiste rémanente, népotisme aux plus hauts sommets du pouvoir, chômage massif des jeunes, recours massifs au crédit pour consommer, tous les ingrédients d'une explosion sociale et économique sont en place. Le pire, mais pas totalement à exclure, serait une sortie de la Grèce de l'Europe si jamais des éléments radicaux parvenaient à déstabiliser suffisamment le pays pour le rendre ingouvernable. Toutefois, je ne crois pas que l'Europe puisse de permettre de laisser ce pays plongé dans le chaos. Il faut donc en appeler à la responsabilité de la classe politique grecque, en espérant que de nouvelles têtes émergent...

  • Mondial, la France se qualifie contre l'Eire

    La France ira finalement en Afrique du Sud, mais vraiment pas avec la manière. Elle a égalisé dans les prolongations (104ème minute) sur un but de Gallas, servi par un centre d'Henry. L'inconvénient, c'est que la réception de la balle a manifestement été contrôlée de la main. L'arbitre n'a rien vu. Les Irlandais, qui n'ont pas démérité, ne méritaient pas ça...

    Chapeau à la Grèce, un pays que j'aime beaucoup, qui s'est qualifiée en Ukraine. Je suis content de les savoir qualifiés, les Grecs !

  • Des fous d'Allah dévastent le centre d'Athènes

    En Grèce, la perquisition d'un café tenu par un Syrien a donné lieu à de véritables scènes d'émeute. Il semble que l'un des policiers grecs ait eu un geste malheureux avec un exemplaire du Coran. Le livre aurait été déchiré et piétiné. Un millier d'immigrés ont alors débarqué dans le centre d'Athènes, des Afghans, des Pakistanais et des Syriens, et ont tout saccagé.

    Ces gens-là doivent comprendre qu'ils ne sont pas en territoire conquis, en Grèce. J'espère que la Grèce ne va surtout pas faire preuve de laxisme. C'est le moment opportun pour renvoyer tous ces tarés de Dieu chez eux ad vitam aeternam. Les islamistes et tous ceux qui les soutiennent doivent comprendre une bonne fois pour toutes qu'ils ne feront pas la loi en Europe.

    Moi, ça me fait bondir : quand tu viens dans un pays qui a la générosité de t'accueillir, d'autant que la Grèce a ses propres problèmes à gérer, tu fermes ta gueule et tu ne te la ramènes pas comme si tu étais chez toi. Tu ne commences pas par imposer tes coutumes, tu t'adaptes et tu mènes tes pratiques religieuses avec discrétion, sans ostensation. Il paraît qu'il y a 100 000 immigrés musulmans à Athènes. Il est temps pour le pouvoir grec de faire du tri et de séparer le bon grain de l'ivraie.

    Les manifestants ont convergé vers la place Omonoia en réclamant des excuses des autorités grecques. Lesquelles se couchent et vont diligenter une enquête. C'est incroyable de voir une démocratie se coucher à ce point-là alors que les policiers ont chopé un Afghan qui tentait de leur balancer un cocktail molotov (cet abruti a raté son coup et s'est brûlé avec). Il n'y a aucune excuse à donner (manquerait plus que ça) pour un livre dont on ne sait même pas s'il a vraiment été piétiné, au demeurant. A la rigueur, si les manifestants voulaient faire valoir leur bon droit, ils pouvaient toujours tenter d'ester en justice. Avec des conneries de ce genre le Laos (extrême-droite locale) va faire un malheur aux prochaines élections quelles qu'elles soient.

    Tiens, la politique d'immigration, en Grèce, a ressemblé étrangement à ce que la gauche de la gauche et une large part du PS réclament de longue date  en France : des régularisations massives. Je me souviens encore de Ségolène Royal vantant les mesures de Zapatero en Espagne, pendant l'élection présidentielle. Il en est largement revenu, le Zapatero, vu l'afflux massif d'immigrés clandestins que cela lui a valu.

    Je vais essayer de tenir une petite chronique de la Grèce et de Chypre, sur ce blog, de temps à autre, parce qu'il y a beaucoup de choses intéressantes à observer là-bas.

  • Le MoDem et l'Europe vus de Grèce

    Cherchant des infos dans google actualités sur les derniers sondages IFOP pour le MoDem (plusieurs journaux parlent de 12% alors qu'en principe le sondage de la mi-février donne 14%) je suis tombé par hasard sur le journal grec i kathimirini :

    i kathimirini, c'est ne gros l'équivalent du Monde en Grèce, sauf que c'est à droite.

    Très marrant de traduire le passage en faisant l'étymologie grecque de chaque mot, vous allez comprendre pourquoi :-)

    Déjà, je cite l'article en grec moderne.

    Στη Γαλλία, η δημοσκόπηση που έκανε η Ifop για λογαριασμό του περιοδικού Paris Match το Φεβρουάριο, δείχνει ότι το κεντροδεξιό κόμμα του Νικολά Σαρκοζί (UMP) έρχεται πρώτο με 26% και ακολουθούν οι Σοσιαλιστές (PS) με 23% και οι Κεντρώοι Φιλελεύθεροι (MoDem) με 14,5%.

    J'essaie de traduire comme ça, à vue de nez :

    En France, un sondage qu'a fait l'IFOP pour le compte du périodique Paris Match en février montre que le parti de centre-droit de Nicolas Sarkozy (UMP) vient en tête avec 26% puis suivent les Socialistes (PS) avec 23% et les Centristes Libéraux (MoDem) avec 14.5%.

    Je pense que Φιλελεύθερος se traduit par libéral, a priori. C'est assez marrant parce que les Grecs, qui n'ont pas de parti centriste, considère l'UMP comme un parti de centre-droit. Les Britanniques considéraient le gouvernement de Villepin également comme du centre-droit. Il est vrai qu'il n'existe pas de parti centriste en Grèce.

    Φιλελεύθερος, en fait, cela vient du grec ancien (on s'en doute !) : du verbe φιλῶ (jaime) et du nom ἐλευθερια (liberté). Donc, en somme, nous autres démocrates français, sommes avant tout des gens qui aimons la liberté.

    Amusant aussi l'étymologie de δημοσκόπηση que nous traduisons par "sondage".Ça vient de δῆμος (le peuple) et de σκοπῶ (j'examine) en grec ancien. En somme, nous, en France, on sonde, et en Grèce, on examine le peuple. Moi, je trouve que l'étymologie et le choix des mots renseignent souvent sur le mode sous-jacent de considérer les individus sur le fond.

    Pour sonder, j'ai retenu qu'au moyen-âge, c'est surtout un truc en métal qu'on vous fout dans le c.. Encore utilisable aujourd'hui. Cela dit, sonde est sans doute aussi à rapprocher de sound en anglais : sound, on le sait, c'est un son, un bruit. Parce qu'une sonde, au départ, ça sert à déterminer une profondeur. Bref, avec un sondage, on vérifie ce qu'il y a comme bruit...

    Mais des étymologies plus sérieuses associent le mot à "sund" (mer en nordique) à moins que cela ne soit sub + unda (le flot, la mer, l'eau et cetera...)

    Dans tous les cas de figure, j'en comprends qu'un sondage, c'est aussi l'art de savoir ce qui fait des vagues ou non. Enfin...chez les Français. Chez les Grecs, au moins, on est direct, et on considère qu'on scrute le peuple, au sens noble et politique du terme, d'ailleurs, parce qu'il y a d'autres mots en grec pour exprimer le populo.

    Cela dit, pour revenir à l'article d'i Kathimirini, il est fort intéressant puisqu'il fait le tour des derniers sondages dans de grands pays européens pour les prochaines élections européennes : FDP à 16% en Allemagne, Lib-Dem à 16% en Angleterre, MoDem à 14.5% en France. Et apparemment, l'ADLE passerait de 103 sièges à 95, les Socialistes de 215 à 195 et les Conservateurs (PPE) de 284 à 265. Le quotidien grec semble penser que les trois principaux groupes européens seraient victimes des turbulences liées à la crise économique.

    NDLR à Fotini si elle me lit : tout lu sans dictionnaire ni Systran, ce coup-là, c'est pour ça, d'ailleurs, que je ne suis pas sûr d'avoir tout capté à 100%. Si j'ai bien compris, il y aurait un autre sondage réalisé en Italie qui ne donnerait que 90 sièges à l'ADLE ?

    NDLR : j'ai cherché aussi Bayrou dans le moteur de recherche du journal en essayant d'orthographie en grec,  et nada pendant longtemps jusqu'à ce que je me souvienne que le "β" en grec, c'était le son "v" et que le son "b" en grec se rend par ça : "μπ". Et là, du coup, j'ai trouvé dans Kathimirini. Eh ben figurez-vous qu'ils parlent bien de Bayrou en Grèce et même de l'affaire Pérol, puisqu'ils ont relevé ce qu'avait dit Bayrou à propos de Pérol et l'illégalité de sa nomination :

    Οξεία ήταν η αντίδραση του κεντρώου κόμματος του πρώην υποψήφιου προέδρου Φρανσουά Μπαϊρού, το Μόντεμ, που μίλησε για παρανομία.

    Trop marrant la manière dont ils graphient François : Φρανσουά. Il faut lire Frannnnsouuuua. Trop drôle :-) Et le MoDem, au fait, ça s'écrit comme ça : Μόντεμ. Ne surtout pas utiliser le delta pour faire un "d" mais le "n" grec et le "t" grec, qui, à la suite l'un de l'autre donnent le son "d". Bon, on commence à parler de nous à l'étranger : sympa, non ?

    βοιλι-βοιλου, oups, pardon, voili-voilou, voulais-je écrire :-)

     

  • Une lumière sur les évènements de Grèce

    C'est dans l'Antre de KaG que cela se passe, et le billet s'intitule Hélas Hellas. Il a été écrit par Fotini (dont le nom signifie la lumière en grec, d'où le titre de mon billet), une militante démocrate grecque; elle y explique les véritables causes des évènements qui secouent la Grèce depuis 10 jours. Je le reprends intégralement.

    Quelques explications sur les émeutes urbaines en Grèce cette semaine, causées par la mort samedi dernier d'un jeune de 15 ans, Alexis Grigoropoulos tué par un policier des forces spéciales :

    Présentées à tort par certains medias, partis et syndicats d'autres pays occidentaux comme une réaction directe de la jeunesse à la crise économique actuelle, les émeutes en Grèce ont des causes beaucoup plus complexes et profondes, qui tiennent à certaines particularités du pays, malgré des points communs avec le malaise de la jeunesse dans les principaux pays européens.

    - Défiance envers une élite politique caractérisée par la main-mise d'un certain nombre de dynasties familiales (les Papandreou, Karamanlis, Venizelos...) sur les deux principaux partis, le PASOK (parti socialiste) et la Nouvelle démocratie (parti conservateur, au pouvoir actuellement) et surtout d'un gouvernement de droite qui s'est beaucoup discrédité ces dernières années dans des scandales de corruption qu'il s'est efforcé d'étouffer.
    L'alternance de ces deux partis au pouvoir se fait moins sur la base des programmes politiques que sur la déception des citoyens face à des gouvernements successifs qui peinent à imposer ou expliquer les réformes nécessaires au pays. Sans parler de l'utilisation à des fins démagoqiques du mécontentement de la population par les partis d'opposition, qui prônent souvent des solutions archaïques ou populistes.

    - Défiance envers un Etat impotent, non moderne, inefficace, où règne le clientélisme (recrutement de fonctionnaires sur des critères politiques et familiaux) et la corruption.
    On a ainsi pu entendre hier le ministre de la santé se plaindre du fait que le gouvernement ne peut s'appuyer sur un appareil d'Etat efficace (mettant cela sur le compte de l'incurie des gouvernements précédents, incapables de le réformer) !
    Cette incurie s'était manifestée de manière éclatante pendant les grands incendies de l'été 2007 où ce sont les citoyens, aidés des télévisions, qui souvent dirigeaient les pompiers dans leurs opérations.

    - Défiance envers les forces de l'ordre, qui se sont illustrées notamment ces dernières années par des actes de violence restés largement impunis (sur la période 2003-2007, 1 seul des 238 cas de violences enregistrés par l'Observatoire grec des accords d'Helsinki a donné lieu à des sanctions judiciaires). La police a aussi été largement éclaboussée par des scandales de corruption, de collusion avec le monde de la nuit, de la traite des blanches et des trafiquants de drogue.
    Cette police jouit d'ailleurs toujours d'une mauvaise image dans l'imaginaire collectif à cause de la junte de 1967-1974 et de son incapacité à réformer ses structures, considérées comme opaques.

    - Défiance envers le système judiciaire, aussi éclaboussé par des scandales de corruption ou de collusion, accusé de ne pas défendre le citoyen.

    A cela il faut ajouter :

    - un fort taux de chômage des jeunes (23 %) cumulé à un nombre important d'emplois précaires (la fameuse "génération à 700 €") pour des jeunes qui survivent grâce l'aide inter-générationnelle et doivent souvent, comme nombre de leurs concitoyens plus âgés, cumuler plusieurs boulots dans l'économie formelle ou informelle pour joindre les deux bouts. Nombre de ces jeunes vivent, trentenaires, toujours chez leurs parents.
    Cette génération a été élevée dans une société de consommation de masse qui a émergé au cours des années 80 (adhésion de la Grèce à la Communauté européenne en 1981) et a contribué à bouleverser en deux décennies les repères sociétaux d'un pays aux valeurs jusque-là traditionnelles.

    - un coût de la vie élevé avec des prix du niveau de la France alors que le pouvoir d'achat et les salaires sont deux fois moindres (heureusement d'ailleurs que 70 % des grecs sont propriétaires de leurs logements), et un recours croissant des ménages au crédit à la consommation depuis la levée des restrictions à ce dernier en 2003

    - un système éducatif en déliquescence avec des établissements universitaires au fonctionnement archaïque, peu performants (taux de diplômés faibles, études qui durent trop longtemps, taux de sortie sans diplômes élevés) et un marché du travail peu fluide ( notamment importance excessive des réseaux familiaux et relationnels dans les recrutements), qui ne favorise pas l'insertion des jeunes dans la vie active.
    Nombre de jeunes diplômés doivent ainsi s'expatrier pour trouver un emploi correspondant à leurs qualifications.

    Il faut noter le scandale d'un système éducatif parallèle très lucratif avec des officines privées où enseignent souvent des professeurs du public. Les familles vont même jusqu'à faire des sacrifices pour pouvoir envoyer leurs enfants étudier à l'étranger.

    - une jeunesse en quête de repères : ce qui a frappé les observateurs c'est la participation mimétique de jeunes adolescents de 14, 15, 16 ans aux émeutes, que le gouvernement s'efforçait jusqu'ici d'attribuer aux seuls "cagoulés" anarchistes (Cf ci-dessous)

    20 commissariats de police de la région d'Athènes ont ainsi été attaqués hier par des collégiens et lycéens à coups de pierres et d'oranges amères (qu'on trouve dans les rues) suite à la publication de la déposition, jugé contradictoire et arrogante, du policier auteur des faits. La population s'est souvent interposée entre les forces de l'ordre et les jeunes au prétexte qu'il s'agissait d'"enfants", voulait empêcher tout dérapage de la part des forces de l'ordre.

    - une culture syndicale très à gauche, qui instrumentalise souvent les élèves et étudiants en s'opposant à toute tentative de réforme du système éducatif. Cela a donné lieu lors de la dernière réforme passée par le gouvernement actuel la paralysie pendant des mois de nombreuses écoles et établissements universitaires "occupés" par les élèves et étudiants.
    Cette culture très à gauche puise ses sources dans l'histoire du pays, qui a connu une guerre civile de 1945 à 1949 puis la dictature des colonels en 1967-1974. Le mythe de la lutte contre l'Etat oppresseur est par conséquent tenace en Grèce dans certains milieux de gauche, mythe auquel il faut ajouter l'opposition à la politique jugée néo-libérale du gouvernement de droite.

    L'un des partis de gauche grecs, SYRIZA est ainsi actuellement accusé même par le parti socialiste et le parti communiste d'instrumentaliser ces jeunes pour amplifier le mouvement de révolte.

    - l'existence d'une mouvance anarchiste (1000 à 2000 personnes bien organisées, appelées "les cagoulés") qui instrumentalise le mythe de l'école du polytechnique (révolte des étudiants contre la junte au pouvoir réprimée par les forces de l'ordre en novembre 1974) et a fait du quartier attenant d'Exarhia une zone de non-droit au centre d'Athènes.
    C'est dans ce même quartier que la jeune victime de 15 ans, Alexis Grigoropoulos a été abattue par un policier des forces spéciales samedi dernier. Dans ce quartier les policiers ont l'habitude d'être injuriés ("flics, cochons, meurtriers" est un slogan classique) et pris à partie par des jeunes, le commissariat ayant lui-même été déjà incendié par le passé.
    Cette mouvance anarchiste serait elle-même infiltrée par des agents spéciaux qui l'instrumentalisent, ce qui expliquerait la tolérance exercée depuis des années par les forces de l'ordre envers ces "cagoulés" et l'irruption de violences urbaines qui visent à détourner l'attention de l'opinion publique des vrais problèmes du pays.

    Il faut noter qu'il y a une polémique sur la levée du droit d'asile des universités grecques : ce droit d'asile, auquel il est difficile de toucher symboliquement à cause des évènements de 1974, permet à ces groupes de faire de certains établissements universitaires leurs bases, certains des cocktails molotoff utilisés lors des émeutes étant confectionnés dans les laboratoires mêmes de ces établissements !

    - des medias télévisuels qui, face à la défiance généralisée des citoyens envers la justice et l'Etat et la dictature de l'audimat, deviennent des sortes de tribunaux populaires, faisant leurs propres investigations auprès des témoins oculaires sans attendre le résultat de l'enquête officielle, jugeant en direct et avec virulence la réaction des acteurs concernés (auteur des faits, son avocat, ministres, opposition...). Ces medias vilipendent actuellement l'avocat célèbre du policier auteur du meurtre pour ses déclarations (il a cherché à nuire à la réputation de la jeune victime pour dédouaner son client) qu'ils ont eux-même contribué par le passé à élever au rang de "people" en relayant ses déclarations fracassantes envers d'autres personnalités et les informations sur sa vie privée.

    A noter aussi :

    - une population étrangère qui représente 10 % de la population (11 millions de Grecs) : la participation d'étrangers aux actes de pillage qui ont accompagné les émeutes fait craindre à certains analystes une poussée de racisme dans le pays

    - des citoyens qui, face à l'incurie des forces de l'ordre défendent leurs biens eux-mêmes (400 magasins brûlés à Athènes, sans compter ceux brûlés dans les villes de province)

    - des groupuscules d'extrême-droite (comme "L'aube dorée") qui s'ajoutent aux forces de l'ordre et cherchent à instrumentaliser les émeutes qu'elles présentent comme une danger gauchiste

    Si on attend aujourd'hui les résultats de l'étude balistique et de l'autopsie pour déterminer si le policier a sciemment visé le jeune qu'il a tué, il est évident que l'opinion publique grecque semble dores et déjà attendre une condamnation de l'auteur des faits, choquée par l'impunité dont ont jouit les forces de l'ordre dans des cas précédents. Cela risque de mettre la pression sur le système judiciaire et nuire à la gestion calme de cette affaire.

    Alors que le gouvernement craint une propagation plus large du mouvement dans les écoles, collèges et lycées avec des occupations (100 établissements à ce jour selon le gouvernement, 300 à 400 selon les syndicats enseignants), les Grecs attendent que le gouvernement prenne ses responsabilités. Au sein même du gouvernement, plusieurs voix mettent d'ores et déjà en cause le ministre de l'intérieur (qui avait demandé aux forces de l'ordre de rester passives lors des premières heures des émeutes) et même le premier ministre.

    Plus largement, les Grecs considèrent cette poussée de révolte de la jeunesse comme une catharsis et espèrent qu'elle poussera à la fois les gouvernants et les gouvernés de faire enfin face aux maux de la société grecque.

  • Menace sur la Crète

    Vous aimez la culture grecque ? Vous vous êtes déjà rendu en Crète ou rêvez de pouvoir le faire un jour ? Vous aimez les paysages naturels ? Dépêchez-vous, leurs jours sont comptés dans la péninsule d'Itanos.

    Aujourd'hui, un projet de développement touristique pharaonique et totalement inadapté à cet environnement semi-désertique menace gravement l'équilibre de ce territoire. La construction de plusieurs hôtels de luxe (7000 lits) et de parcours de golf nuira considérablement au paysage, aux ressources en eau et à l'économie traditionnelle de cette région reculée de Crète. Ce projet contribuera aussi à la destruction des nombreux vestiges archéologiques dont une équpe internationale d'achéologues a entrepris l'inventaire au cours de ces dernières années. Les résultats de ces recherches sont librement accessibles sur le site web de l'EFA à l'adresse :http://webefa.efa.gr/prospection-itanos/ et témoignent de l'ampleur du carnage à venir si rien n'est fait. Dans quelques semaines, le conseil d'État grec doit rendre son verdict final, dans la lutte opposant les adversaires au projet (archéologues et écologistes locaux) à la société britannique Minoan Group.

    Une universitaire américaine, Jennifer Moody, spécialiste de l'écologie historique crétoise, mis en ligne une pétition sur internet.

    Pour ma part, j'appelle tous ceux qui se sentent concernés à signer cette pétition et à la relayer. Itanos est un cas d'école, et peut se reproduire partout en Europe, tant les promoteurs immbiliers sont dénués de tout scrupule. La Grèce a déjà suffisamment été défigurée. Ne la laissons pas être massacrée sans réagir. 

     http://www.thepetitionsite.com/1/Save-the-Cretan-landscape 

    Nous reproduisons ci-dessous le message de Jennifer Moody 

    As tourism becomes the mainstay of the Cretan economy, developments are inevitable. Many are ugly, a shame but not a catastrophe. Others may be beautiful but environmental and cultural disasters. The current proposal for the Cavo Sidero golf resort falls in the latter category. We know this area well because for the last two years we have been conducting environmental and archaeological research there. It is a museum of ancient field systems and settlements unique in Crete. It is also home to endemic flora and fauna. The proposed golf resort is ludicrous given the semi-desert climate and environment and a travesty given the antiquities it will destroy and endemics it will threaten. We have recently organized an online petition to protest the construction of this golf resort. If you are in agreement, please sign it and pass it on. http://www.thepetitionsite.com/1/Save-the-Cretan-landscape Please contact us if you are interested in more information on why we are convinced this development is sadly misdirected. The court case is now set for May 9th. Time is short.

    Thank you for your consideration, Jennifer Moody, Oliver Rackham, authors of /The making of the Cretan landscape /