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  • MoDem : mailler le territoire

    On a beaucoup glosé sur l'organisation du MoDem, ces derniers temps sur la Toile ou ailleurs. Toutefois, vient un moment où, finie la parlotte, il faut agir.

    On parle çà et là de réseaux, de fédérations, de cafés où l'on refait le monde, et cetera. Pas inintéressant, mais est-ce vraiment productif ? Le plus important, c'est de réaliser un véritable maillage du territoire, certes par les élus locaux, mais surtout par les adhérents. Et, pour cela, il faut tenir la distance.

    Concrètement, comment faire ? Simple : assister aux conseils de quartier, aux conseils municipaux, se tenir informé des consultations des mairies, si possible assister aux séances parlementaires, tout du moins, celles qui sont ouvertes, sénat et assemblée nationale.

    Pour chacune de ces activités, réaliser des compte-rendus, et associer à ces compte-rendus des notes de synthèses brèves. C'est tout un travail, extrêmement utile. On peut ensuite le faire remonter au siège, ou alors le publier sur un blog, mais tout le monde le récupérera dans ce cas-là.

    Par ailleurs, plutôt que de réinventer la roue, on peut aussi travailler sur le programme du MoDem QUI EXISTE, je le rappelle ! Il est même ici, et la plupart des propositions demeurent tout à fait actuelles. Certaines ont besoin d'être amendées, mais cela peut se faire soit sur bayrou.fr, dans les commentaires, soit tout simplement sur des blogs ou des forums de militants. 

    Refaire le monde dans un café, c'est bien, ça peut être même distrayant, mais ça ne débouche généralement sur rien de tangible, tout du moins, en matière programmatique, même si c'est souvent des moments de convivialité agréables. Travailler dans les commissions est un effort de longue haleine : il faut produire des rapports, substantiels, documentés et argumentés, et admettre aussi que seules quelques lignes figureront dans un programme définitif. Bref, il faut accepter de bosser non pour sa pomme, mais pour la collectivité. 

    Tout cela, c'est du boulot, parce qu'il faut s'investir durablement, et que c'est long de tenir.

    Je vais pour ma part, essayer de réfléchir à un investissement local, outre mon blog. Je me souviens simplement d'un détail : pendant la campagne, j'ai envoyé à ma section locale  une note de synthèse sur les compte-rendus des réunions de conseils de quartiers, qui étaient, heureusement, en ligne sur la Toile. Or, ces sujets ont ensuite été évoqués dans la déclinaison locale du programme municipal. Ceci montre bien que cela a été un travail utile.

    Donc, soyons humbles, et commençons par les choses de base, souvent les plus nécessaires. Je ne me priverai pas du plaisir de faire mes remarques ici sur la situation nationale ou internationale, évidemment, mais, sans illusions aussi sur leur portée.

    Pendant les campagnes municipales, j'ai été cité deux fois dans Le Monde, via une petite phrase et des liens directs. Bilan en termes d'entrées sur mon site ? Moins de 50... La blogosphère est un petit monde, qui n'a d'influence que celle que veulent bien lui donner les grands médias. Les journaux, eux-mêmes, sont lus par une minorité. Souvent, ce sont les chaînes télévisées qui servent de principaux canaux d'information. Notre objectif prioritaire, ce devrait être de toucher tout le monde, et je pense que, dans le cadre d'une réorganisation interne du MoDem, ce devrait être un axe de réflexion prioritaire.

    Nos résultats aux municipales s'ils ne sont pas fameux, ne sont pas non plus désastreux. En revanche, il y a une bataille que nous avons perdue, lors de cette campagne : nous avons perdu la bataille médiatique. Non qu'il n'ait pas été question du MoDem, mais plutôt du fait que ce n'est pas notre communication qui est passée, sur le MoDem, mais celle de nos adversaires politiques.

    C'est là tout l'inverse de ce qui s'était produit pendant les présidentielles où l'opinion s'était retournée contre les grands médias en raison de leur partialité envers Bayrou. L'inconvénient, c'est que tous les autres candidats ont ensuite récupéré ce créneau.

    Bref, agissons enfin, et faisons des choses utiles. 

  • François Bayrou s'était inquiété de l'état de la médecine palliative

    Apparemment, François Bayrou était le seul député, dès le mois de février, donc bien avant le drame de Chantal Sébire, à s'être inquiété de l'état de la médecine palliative en France.

    Il avait d'ailleurs adressé une question écrite (demeurée sans réponse) à ce sujet au gouvernement. La  question a été publiée au JO le  05/02/2008  en page  944 et était adressée à la Ministre de la Santé. Nous en donnons copie ici :

    M. François Bayrou attire l'attention de Mme la ministre de la santé, de la jeunesse et des sports sur les suites données au rapport de mission de Madame Marie de Hennezel, intitulé « La France palliative ». La loi du 22 avril 2005 a posé les bases d'une reconnaissance législative sur la question de la fin de vie et des soins palliatifs. Néanmoins, l'application de cette loi repose sur une sensibilisation et une formation accrues des professionnels de santé. Ainsi, le ministre de la santé, Philippe Douste-Blazy, a, par une lettre du 21 janvier 2005, confié à Mme Marie de Hennezel une mission d'évaluation et d'information de l'avancée de la culture palliative dans notre pays et de suivi de la bonne affectation des crédits alloués à ce développement. Après un travail de deux ans et un tour de France des régions, Mme de Hennezel a remis son rapport en septembre 2007, qui constate d'une part l'inégalité géographique d'accès aux soins palliatifs et d'autre part la grande misère des structures gériatriques et des établissements pour personnes âgées dépendantes, rendant par là même inopérante la loi Léonetti de 2005. À ce jour, ce rapport n'a fait l'objet d'aucune réception officielle par le ministère de la santé, ni même d'une communication ou publicité en ligne. Il souhaite par conséquent connaître les raisons pour lesquelles ce document n'est ni disponible, ni public ainsi que les suites qui seront données aux mesures préconisées par ce rapport.

    Marie de Hennezel a mis à disposition du public son rapport sur son site. 

    Je me contente simplement de donner copie de l'état des lieux qu'elle dresse dans ce rapport. C'est édifiant.

    Lits identifiés de soins palliatifs
    Malgré la montée en charge des lits identifiés, ceux ci restent nettement insuffisants.
    • Le ratio de 5 lits pour 100 000 habitants devrait être revu. L'étude de besoins diligentée par le Comité national de suivi permettra sans doute de réactualiser ce ratio.
    • Pour des raisons financières et sans doute aussi parce que les soins palliatifs ont été financés par le Plan Cancer, la plupart des lits identifiés aujourd'hui l'ont été dans des services de cancérologie et des services de MCO.
    • Les structures gériatriques, les SSR et les USLD, qui sont de plus en plus confrontées aux fins de vie des personnes âgées, n'ont pour la plupart pas bénéficié de l'effort national pour la création de lits dédiés de soins palliatifs. Elles ont pour la plupart une volonté de mettre en place une démarche palliative et leurs personnels sont en demande de formation à l'accompagnement des personnes en fin de vie. Il n'est pas acceptable
    qu'aujourd'hui la volonté de ces services d'offrir de bonnes conditions de fin de vie ne soient pas valorisée et que leurs efforts ne soient pas soutenus.
    • Trop souvent, les moyens de mettre en oeuvre la démarche palliative ne sont pas donnés aux services dans lesquels des lits de soins palliatifs ont été identifiés(personnel insuffisant, absence de psychologues ou de bénévoles, pas de local pour les proches). La qualification « lits identifiés » est alors abusive.
    • Il y a des différences d’interprétation autour du concept « lit identifié », malgré les efforts de certains ARH d’élaborer des critères précis. Dans certaines régions, ce concept désigne des lits matérialisés, avec parfois identification d’une « mini USP ». La notion de valorisation de l’activité palliative n’est pas toujours bien comprise.
    - Les soins palliatifs à domicile
    Les conditions pour une fin de vie à domicile ne sont pas réunies. Une politique de soins palliatifs, qui se donne comme objectif de permettre à chaque personne de terminer sa vie et de mourir dans le lieu de son choix, se doit de tout mettre en oeuvre pour favoriser la fin de vie à domicile. Or, celle ci se heurte à de nombreux obstacles :
    • De nombreux territoires de santé ne sont toujours pas pourvus d'un réseau de soins palliatifs.
    • Lorsque le réseau existe, des inquiétudes demeurent sur la pérennité de son financement.
    • La rémunération des "référents soins palliatifs" de ces réseaux n'est pas suffisante et n'incite pas les généralistes et les soignants libéraux à se former aux soins palliatifs.
    • Le décret d’application de l’article 5 de la loi du 9 juin 1999 sur la rémunération dérogatoire des professions libérales pour leur intervention au domicile, publié en 2002 n'est toujours pas entré en application.
    • La démarche palliative dans les EHPAD et dans les MAS, qui fait pourtant l'objet
    d'un article de loi (article 13 de la Loi Léonetti) et d'un décret d'application, peine à se mettre en place.

    Voilà...on comprend mieux où on l'en est, et la vacuité des discours quand on n'est pas même à disposer d'une médecine palliative digne de ce nom...

  • Quel avenir pour le nucléaire militaire ?

     Les grands esprits se rencontrent, ce matin, je me pose les mêmes questions que Frédéric, le webmestre du très bon blog Démocratie sans frontières.

    Qui de notre dissuasion nucléaire dans l'avenir ? Frédéric note avec acuité que le nucléaire militaire représente 20% de notre effort de défense. Nicolas Sarkozy envisage de faire des réductions de dépense sur cet armement en ne lançant pas le porgramme de modernisation de ces équipements. A vrai dire, quand l'on considère que le dit programme comporte la mise en service de quelques missiles inter-continentaux longue portée, on se demande quel objectif est visé.

    Le monde a changé de nature, et l'histoire récente nous montre tout de même que les dangers les plus impérieux ne sont pas ceux d'une attaque conventionnelle, mais plutôt des guérillas et du terrorisme, voire une guerre économique.

    Je renvoie à certains extraits du discours de clôture de  François Bayrou lors d'un colloque de l'UDF, en juin 2006, sur la place de la France dans le monde.

    Tout le monde a à l’esprit, les éléments de ce monde qui a changé. L’effacement, l’éclipse peut-être, de la menace soviétique, et en même temps la prolifération des menaces identitaires, ethniques, religieuses ; déséquilibres au détriment de sociétés traditionnelles, la déstabilisation de sociétés structurées, le changement de visage de la guerre, de plus en plus civile, de plus en plus urbaine, utilisant à la fois des moyens ultra-technologiques, les satellites et lasers, et les moyens les plus archaïques, la guerre économique dont vous n'avez pas voulu parler Monsieur Caillaud mais extrêmement importante, la guerre d'opinion. Tout cela exige d'autant plus de réflexion que ces questions de sécurité n'ont pas encore été reformulées. 

    Je pense que c'est justement énoncé, et, pour ma part, il me semble que nous avons un effort tout particulier à réaliser sur le renseignement sous toutes ses formes :

    On a besoin d'ouvrir un chapitre nouveau dans le chapitre de l'observation et du renseignement. Un observateur me disait que la capacité de renseignement française était de 1 à 10 par rapport à la capacité britannique - qu'on vante rarement par rapport à celle des Américains, et en tout cas, les moyens du renseignement américain sont de 10 à 1 par rapport à ceux du Royaume-Uni.

    J'ajoute pour ma part, quelques réflexions supplémentaires. On sait que nous serons confrontés de plus en plus à des ennemis qui utilisent les populations humaines comme des boucliers pour exercer leurs activités terroristes, et n'hésitent pas à se fondre, pour cela, au sein des populations civiles.

    Je pense qu'il faudrait donc mener une réflexion sur les armes non létales, car rien n'est plus néfaste que de toucher les civils dans les situations de guérilla. Cela crée de nouveaux martyrs, et, de fait, les groupes terroristes comptent généralement là-dessus. Lancer un nouveau concept de guerres, indolores autant que faire se peut, est à mon avis une nécessité stratégique évidente.

    Il faut travailler non plus sur des armes qui tuent, mais sur des armes qui neutralisent.

  • Un service minimum européen pour le Tibet

    J'ai entendu ce matin Hervé Mariton, député UMP, déplorer la réaction timorée de la France envers la Chine. Notamment, il condamne une diplomatie au service minimum et propose d'accueillir officiellement le Dalaï-lama. Il a raison, mais je crois que pour être fort et être entendu, il faut aller plus loin. La voix de la France ne compte pas assez si elle est isolée. Il faut une réponse européenne pour exprimer la désapprobation des démocraties. Pour cela, on pourrait proposer que l'Europe organise une tournée du Dalaï-lama dans tous les états de l'Union. Une telle initiative aurait valeur d'avertissement pour la Chine, et cet état, qui occupe illégalement le Tibet depuis fort longtemps, serait contraint d'en tenir compte.

    J'espère qu'une députée européenne pourra faire cette proposition. Par ailleurs, nous n'avons pas à craindre des mesures de rétorsion commerciales, car la Chine a autant besoin de nous que nous nous avons besoin d'elle, et donc, ni les uns ni les autres ne peuvent se les permettre.

    J'ajoute que je verrais bien un coup d'éclat des délégations olympiques européennes lors des JO. Il faut évidemment essayer de demeurer en conformité avec le règlement du CIO, mais il y a certainement moyen de manifester une véritable désapprobation. 

    Tant que j'y suis, je signale l'excellent rappel des faits historiques par Benjamin Sire sur les relations de l'Empire du Milieu et le Toit du Monde, sur son blog WUYILU (le MoDem au milieu du centre : ça ne s'invente pas :-) ). Il se trouve qu'il est allé là-bas, et que c'est un expert de la question tibétaine. De plus, il a écrit un premier épisode intitulé le Tibet oublié, et en prépare un autre (dont j'attends en salivant la publication prochaine). Bon sang, QUNIDI a trouvé un interlocuteur à sa hauteur, sur ce coup-là :-)