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  • Trop drôle de voir le PS s'aligner sur une proposition de Bayrou...

    Si la situation n'était pas si grave je me laisserais aller à de cinglantes observations envers les Socialistes.

    Harlem Désir, 1er secrétaire du PS, sous la pression du scandale, se range donc à l'une des principales propositions de François Bayrou : moraliser la vie publique en passant par la voie référendaire.

    Mais il ne fait cette proposition que sous l'effet de la nécessité quand cette dernière était pour Bayrou au coeur de l'action politique.

    Allez, un petit flash back : vous rappelez-vous les six premiers mois que Bayrou annonçait s'il devait gouverner ? Non ?

    Les voilà : ils sont ici.

    Voyons voyons, penchons-nous sur le programme de Bayrou : 10 juin 2012, premier tour des élections législatives, les Français votent par référendum la loi de moralisation de la vie publique.

    C'était la première mesure que Bayrou voulait faire passer. C'est dire à quel point il a été, une fois de plus, sage, lucide et visionnaire.

    Évidemment, je ne vais pas dire non à la proposition d'Harlem Désir. Je pense même que c'est la meilleure chose que puisse faire le PS car, quelle que soit son impopularité, c'est un vote qu'il peut gagner assez haut la main, ce qui redorerait son blason.

    Mais je doute qu'Hollande ait le courage politique nécessaire pour affronter les caciques de son parti. Au cas où il se rangerait toutefois à la proposition de Bayrou, il aura évidemment tout mon soutien. Et probablement celui de beaucoup de sympathisants du MoDem.

    En attendant, Bayrou et le MoDem ont bien sûr réitéré leur proposition et appelé les Français à prendre leur destin en mains en signant une pétition à cet effet. Il y a en deux à trois jours près de 28 000 signataires. 

    Profond soupir quand je reconsidère le projet politique de Bayrou...Pas de blabla, rien de grandiloquent, mais partout l'essentiel, c'est à dire des mesures pragmatiques, dans le vif du sujet. Des lois pour l'emploi avec le produire en France, des lois pour les entreprises et des lois pour la dette. A cela s'ajoutait une démarche prudente et empirique pour l'école et les fondations institutionnelles avec la loi de moralisation de la vie publique.

    Nous sommes coincés, aujourd'hui, avec tout juste deux députés. Mais si les Français s'avisaient de nous soutenir aux prochaines élections, municipales puis européennes, nul doute que notre parole aurait nettement plus de poids, d'autant que les programmes municipaux et européens, même s'ils ont des colorations locales, n'en feront pas moins émerger les mêmes problématiques de fond tant elles traversent tout le territoire national et européen.

  • Amnistie fiscale, on crache sur 5 à 10 milliards ?

    Tant qu'un gouvernement idéologique dirigera la France, notre pays ne parviendra pas à sortir de la nasse.

    Vingt députés UMP ont la judicieuse idée de proposer une loi d'amnistie fiscale dont la teneur est à peu près la suivante : contre une taxe de 5%, amnistie pour tous ceux qui rapatrient leurs fonds ou revenus évadés.

    Ce n'est qu'une cautère sur la plaie, bien sûr, parce que beaucoup de ces fonds sont partis en raison des sommets monumentaux atteints par les impositions de toutes sortes en France, mais enfin, on peut raisonnablement imaginer qu'une grande part d'entre eux reviendraient avec un tel projet.

    Les titres imbéciles de la presse, d'autant plus bien-pensante que l'affaire Cahuzac est passée par là, voient dans cette proposition un projet tout à fait décalé, désormais.

    La France a besoin  d'argent. Nous sommes archi-déficitaires. Quand Berlmusconi a fait un choix similiaire, c'étaient plus de 100 milliards d'euros qui étaient revenus en Italie avec pour résultat 5.4 milliards de recettes fiscales supplémentaires immédiates, sans compter les suivantes (l'argent une fois revenu produit des impôts !).

    Personnellement, 5%, je pense que c'est trop (Berlusconi était monté à 7% finalement). Si on veut être attractif, il faut s'en tenir à 3% maxi, et, idéalement, revoir le montant et la nature de certains impôts dont les montants sont bien trop élevés (taxe à 75%, droits sur cession de PME, ISF, successions entre autres mais pas seulement).

    Je n'ai pas les compétences mathématiques, juridiques et économiques suffisantes pour estimer ce que nous rapporterait une telle loi, mais je suis certain d'une chose : cela se compterait en milliards sans compter les effets de ruissellement ultérieurs.

    Dino Cinieri a vu particulièrement juste en assortissant son texte d'une proposition supplémentaire afin de garantir une franchise d'impôts sur les capitaux s'investissent dans la création ou la reprise d'une entreprise.

    C'est une idée intelligente mais je parie cent contre un que les Socialistes ne l'appliqueront pas...

  • Enfants placés et allocations

    Il y a eu un débat  au Sénat sur le maintien ou non des allocations familiales aux familles des enfants placés.

    Il me semble qu'il faudrait distinguer deux cas :

    a) les familles maltraitantes auxquelles en effet, il faut retirer automatiquement toutes les sommes versées pour l'éducation de leurs enfants puisque non seulement elles ne s'occupent plus d'eux mais de surcroît, on sait qu'elles les maltraitent.

    b) les familles carentes qui se montre négligentes ne devraient pas non plus se voir conserver l'essentiel des aides.

    c) les familles précaires, quant à elles me paraîtraient injustement privées d'un soutien dès lors que les efforts pour tenter d'aider au mieux leurs enfants ont été manifestes.

    Si par exemple, une mère ou un père seuls, sous l'effet des aléas de la vie deviennent des SDF et ne trouvent plus d'autres options que de faire dormir leurs enfants dans la rue, certes, il apparaît logique de les placer, mais en tenant de maintenir le lien autant que possible. Pour ce faire, permettre à ces parents précarisés de toucher des aides qui leur permettent d'acheter de menus biens de première nécessité à leurs enfants me semble aller dans le bon sens. 

    L'UNAF et l'auteur de la proposition de loi semblent diverger sur les chiffres. L'UNAF assure que seuls 20% des enfants placés le sont pour maltraitance quand le sénateur Christophe Béchu dit au contraire que l'écrasante majorité de ces enfants le sont bien pour cette raison.

    Il y a une chose que j'entends parfaitement dans le raisonnement du sénateur UMP, c'est que les allocations familiales ont vocation à valoir pour les enfants et en aucun cas servir de revenus complémentaires pour les familles. Elles ne sauraient servir de variables d'ajustement ou de simili-protections sociales face à la précarité car cette dernière relève d'un autre traitement.

    Contrairement à une idée reçue, le maintien à tout prix du lien entre l'enfant placé et sa famille biologique ne contribue pas nécessairement au bonheur de ce dernier. Une enquête menée auprès de 400 enfants par le Journal de l'action sociale et du développement social indiquait que 43% d'entre eux avaient souffert du maintien de leurs relations avec leur famille d'origine.

  • Qu'a dit UBS à Moscovici ?

    Je le crains, l'affaire Cahuzac est loin d'être terminée, et l'arbre cache sans doute une forêt plus vaste qu'on ne l'imagine. Je suis désolé, mais j'ai bien l'intention de tirer sur l'ambulance, moi, au contraire du Faucon, parce que Cahuzac et ses amis ne sont pas des ambulances, très loin de là.

    Ce que je vois, c'est que l'affaire prend un tour imprévu avec toujours plus de ramifications.

    La première chose, c'est que j'aimerais savoir ce qu'UBS a dit à Moscovici. Des documents ont été transmis qui ne sont jamais devenus publics. Soit UBS a démenti la présence d'un compte de Cahuzac chez elle et cette banque a alors menti, soit Moscovici a reçu en temps et en heure des éléments édifiants, et dans ce cas, il a couvert Cahuzac. Et apparemment, à Médiapart, on se pose exactement la même question que moi...

    Hollande n'a sans doute pas levé le petit doigt pour défendre Cahuzac, ce qui est bien le moins dans une procédure judiciaire, mais ce n'est pas forcément le cas de tout le monde dans l'entourage de notre exilé fiscal à l'insu de son plein gré. Edwy Plenel, par exemple, assure que tout a été fait pour ralentir l'enquête fiscale. Par qui ?

    Ce n'est pas tout : Gonelle affirme que les planques fiscales de Cahuzac étaient connues dans l'administration fiscale dès 2008. On savait et on a soigneusement éludé les questions embarassantes. Question : qui faut-il mettre derrière le "on" que j'emploie, et, précisément, quelles collusions aussi gênantes qu'improbables ?

    La grande éclaboussure n'a pas fini de plonger la sphère politique dans la m... Marine Le pen aurait mieux fait d'être prudente : on découvre que Cahuzac était copain comme cochon avec d'anciens Gudards (syndicat étudiant aux sympathies néonazies et/ou vichystes clairement affichées). Et dans le tas, il y en a un reconverti en avocat, conseiller fiscal expert, proche d'Alain Soral et du mouvement facho Égalité et réconciliation, et surtout, conseiller occulte de Marine Le pen.

    Hollande veut aller vite en boulot et faire voter en urgence une loi qui interdit à vie tout mandat électif à tout élu corrompu. Ben fais vite, mon gars.

    En attendant, moi, je signe la pétition de Bayrou : entre Abus de pouvoir , État d'urgence et Vérité en politique je crois que le Béarnais a clairement balisé les principaux maux dont souffre notre pays...

  • Quel beau salaud !

    Qu'y-a-t-il de pire que l'enfoiré qui vous fout dans la merde après vous avoir menti comme un arracheur de dents ?

    Cahuzac vient de plomber ses amis politiques, son président et son premier ministre qui lui avaient tous fait confiance.

    Cet individu s'est permis de jouer la plus sinistre des comédies en jurant ses grands dieux qu'il était victime d'un complot. Et tout ça devant l'Assemblée Nationale. Enfoiré.

    Mais le pire n'est pas encore là. Le pire, c'est d'avoir fait de la fraude fiscale son cheval de bataille tout en étant lui-même un fraudeur. Enfoiré.

    Il plombe avec lui toute la classe politique, tout du moins, toute celle qui se tient éloigné des extrêmes.

    De la vérité en politique, dixit Bayrou. Eh bien il va pouvoir écrire la suite parce qu'il y a du boulot, c'est clair.

    En tout cas, ceux qui ont gagné leurs galons de journalisme, c'est Médiapart. Je saurais désormais que lorsqu'ils balancent une information explosive, ils s'appuient sur du dur. Classés dans mes sources journalistiques fiables. J'ai bien fait de prendre un abonnement. Si la crise ne passe pas trop durement chez moi, je le renouvellerai.

    Je scrute le spectre politique et j'ai quoi ? Des petits arrangements entre amis à droite et à gauche, des individus qui rêvent de Terreur à l'extrême-gauche (l'idéal politique de Mélenchon), des admirateurs de régimes forts à la chinoise et à la russe à l'extrême-droite (Marine Le pen rêve de réorienter la diplomatie française pour faire copain-copain avec l'oligarchie maffieuse russe et les communistes corrompus et féodaux chinois).

    Il me reste quoi ? Ben, y'a Bayrou. Un type modéré,  pas idéologue pour un sou (c'est un des rares en France à ne pas avoir de parti pris idéologique mais à raisonner sur des idées), et surtout honnête. Pas le genre à planquer du fric tout en faisant la leçon aux autres. En fait, pas le genre non plus à en gagner beaucoup de toutes façons...Le fric, ça ne l'intéresse pas.

    Le pire n'est peut-être pas encore tombé pour Cahuzac : d'après le Canard de demain, il se pourrait que le million d'euros que Cahuzac avait mis de côté vienne de laboratoires auxquels il aurait rendu des «services» à l'époque où il figurait dans la cabinet de Claude Évin, alors Ministre des Affaires sociales. Enfoiré.

    Il y a un dernier point : si comme l'affirme également le Canard, Hollande a laissé pourrir la situation alors qu'il savait depuis fin décembre que Cahuzac mentait, il ne mérite qu'une chose : être viré définitivement en 2017. J'ai encore en mémoire son "Moi j'aime pas les riches de 2007" et son "Nous arrivons" en guise d'avertissement aux «riches» en septembre 2012.

    La crise de régime que Bayrou pressent depuis un moment risque bien de se produire plus vite que prévu...