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  • Envie de poser des questions à Barroso ?

    Manuel Barroso est l'objet de toutes les controverses à l'heure actuelle au sein du landernau politique européen. Le MoDem, par exemple, est déterminé à tenter d'empêcher sa réélection. Marielle de Sarnez, qui se présente en île de France, estime qu'il a très mal géré la crise. Mais le mieux, finalement, n'est-ce pas d'aller le questionner soi-même ?

    Eh bien touteleurope.fr le rencontre lundi 18 mai à Bruxelles et s'engage à lui transmettre les questions des internautes. Il y a même un formulaire ad hoc.

  • Le PS a peut-être perdu l'élection présidentielle de 2012

    Je ne sais pas si Bayrou et le MoDem remporteront l'élection présidentielle de 2012, ni même si Bayrou sera seulement au second tour. Mais en revanche, si ce que dit Gérard Collomb dans Le Point est exact, le PS l'a vraisemblablement perdue.

    «Aujourd’hui, on va dans le mur. S’il n’y a pas de primaires, Ségolène Royal se présentera quoi qu’il advienne à la présidentielle, en concurrence avec le candidat du PS. Je milite donc pour des primaires ouvertes à tous les sympathisants de gauche. Ce système évitera que le candidat soit désigné par un petit cénacle, lors de petits arrangements fédéraux, et il lui conférera une grande légitimité.»

    Soit Ségolène Royal sort complètement de l'espace politique, et je suis sûr que les Socialistes en rêvent, et le PS peut encore espérer trouver une figure charismatique. Cela n'a rien d'évident : DSK sera plombé par son statut de directeur du FMI. Aucune figure charismarique n'émerge pour l'instant au PS. Cela peut changer : voyez comment Ségolène Royal s'est subitement révélée. Mais, pour l'instant, rien de convaincant.

    Soit Ségolène Royal conserve une niche électorale assez importante. Et alors là, ce sera la guerre. Parce qu'ils devront se ranger tous du même côté, comme au congrès de Reims, pour en venir à bout. Et comme cela se passera juste avant les présidentielles, cela créera des haines inextricables qui ne seront pas sans conséquences très lourdes pendant la campagne présidentielle.

    Si, d'ici là, Bayrou poursuit sur sa lignée, il pourrait devenir complètement incontournable, surtout quand les sociaux-démocrates du PS auront compris qu'il est le seul à pouvoir battre Sarkozy. Si Bayrou passer au premier tour et que les sondages lui donnent des chances raisonnables, une partie de la droite modérée qui se tait actuellement se rangera à ses côtés.

    En revanche, si Bayrou gagne la présidentielle, je ne crois pas que Bayrou parviendra à lui seul à constituer une majorité législative à l'Assemblée, même avec l'étiquette majorité présidentielle. Il lui faudra passer des alliances avec les éléments modérés du PS, et ils sont finalement assez nombreux.

    Comme le dit Gérard Collomb, tant que le PS n’aura pas tranché entre une ligne sociale-démocrate et une ligne marxisante, il sera à côté de la plaque. En effet, le PS ne pourra pas continuer à tenir deux discours sur le fond antagonistes...Et le débat fait d'ores et déjà rage, comme on peut le voir dans les réactions qui suivent l'article qu'a écrit le blogueur Marc Vasseur à ce sujet sur le Post.

    En tout cas, ce qu'il dévoile laisse augurer des lendemains sanglants, chez les Socialistes. C'est éminemment paradoxal quand on songe qu'il n'a jamais été aussi puissant au niveau local (régions et municipalités, bientôt cantons et Sénat).

  • Il ne faut plus prescrire aucun crime de sang

    On vient d'identifier l'auteur de viols et de meurtres au début des années 80 sur la Nationale 20 dans l'Essone, du côté d'Arpajon, grâce à la technologie ADN. Problème, il y a prescription. Cela pose le problème des crimes atroces. Ils doivent être déclarés imprescriptibles afin qu'aucun meurtrier ne puisse plus se croire un jour en sécurité. De plus, concernant ce cas, rien ne prouve que l'individu se soit arrêté là. Quatre meurtres atroces (dont une victime pendue à une poutrelle, avec des traces de sperme sur le corps, la dernière violée puis assassinée).

    Toute la difficulté, cela va être de trouver en droit la manière de ne pas relâcher cet homme. En tout cas, étant donné ces premiers éléments, il serait de bon sens de passer au crible tous les crimes non élucidés de la région et de vérifier les traces ADN dont on dispose. On peut certainement faire de même en examinant tous les crimes qui se sont produits dans le voisinage des lieux de villégiature de l'individu interpellé.

    Je ne comprends pas après la multiplication des affaires comment on peut encore conserver une telle mesure dégoûlinante de bonne conscience. Si je peux encore admettre que cela puisse être applicable et de bon sens pour les assassinats politiques, pour les crimes sadiques, cela ne devrait jamais être appliqué. Ces individus ne deviennent pas doux comme des agneaux par l'opération du Saint-Esprit. Et il n'y a pas d'auto-guérison quand ils sont malades.

  • Cancer ? Chimio ? Plus belle, la vie !

    J'ai pris connaissance d'une initiative assez peu commune, pour ne pas dire atypique. Une association d'esthéticiennes a décidé d'apporter son concours à des femmes atteintes d'un cancer et dont le traitement modifie l'aspect physique. L'association organise des ateliers pour apprendre aux femmes à redessiner leurs traits après une thérapie qui a laissé des traces. Ou encore, elle donne des conseils de coiffure pour celles qui ont perdu leurs cheveux : par exemple comment choisir entre perruques, turbans et foulards ou encore couvre-chefs.

    Un cancer frappe toujours avec une brutalité inouïe. Non que ses effets soient nécessairement foudroyants, mais plutôt que la nouvelle résonne comme un coup de tonnerre dans un azur serein. Faire face requiert de la volonté et de la disponibilité d'esprit, a fortiori si le cancer impacte l'aspect physique. Il ne reste alors même plus la possibilité de "faire semblant de vivre normalement", le dernier recours d'un cancéreux.

    J'ai eu un jour l'occasion de discuter avec une jeune fille qui voulait  faire de l'esthétique son métier : je lui avais alors demandé quelles étaient ses motivations. Elle m'avait répondu qu'elle prenait plaisir à rendre les gens contents : en effet, elle jugeait que de se sentir plus beau apportait un surcroît de bien-être aux individus.

    Le plus terrible, dans des traitement médicamenteux lourds, c'est qu'en altérant le corps, leurs effets finissent par porter atteinte à l'image de soi, et donc, à l'estime de soi. Quoiqu'on en dise, le corps et l'image qu'il renvoie sont, à cet effet, des éléments déterminants (mais pas les seuls).

    Le mot cosmétique provient de "cosmèsis" en grec qui signifie parure. Or, cosmèsis est de même racine que Cosmos, en grec, qui, bien avant de désigner l'univers, signifie l'ordre. Pour les Grecs, il n'y a pas de beauté sans organisation, sans ordre, finalement pas de beauté sauvage.

    A plus d'un égard, la cosmétique me semble l'héritière de cette conception du beau et le mépris dans lequel elle est tenue par sa grande soeur philosophe, l'Esthétique, me semble bien injuste. C'est ce que le beau, au sens philosophique,un Socrate ou un Platon, veulent absolument qu'il soit moral. Ainsi, dans le Hippias Majeur, Hippias d'Élis que Platon fait passer pour un lourdaud, propose deux définitions pas insensées : la première, c'est que la beauté, ce serait une jeune vierge (une jeune fille, quoi). Inconvénient, cela ne concerne que les hommes. Et puis Socrate lui fait observer qu'il y a aussi de belles juments, belles chèvres, et cetera...Il faut que le beau s'applique à n'importe quel objet. Hippias médite et triomphalement, annonce que l'or c'est la beauté, puisque l'or rend beau tout ce qu'il recouvre.Finalement, Hippias finira par dévier de son idée initiale, qui était de faire de la beauté quelque chose de matériel pour proposer la réussite sociale comme modèle de la beauté.

    Dommage. Personnage décrié, il me semble qu'il avait pourtant touché juste avec son or qui rendait beau tout ce qu'il recouvre. Alors c'est un peu cette pensée que j'ai, avec mes esthéticiennes bénévoles. Leur rôle, finalement, à l'instar de notre Hippias, n'est-ce pas de couvrir d'or des femmes fatiguées et boursouflées par la maladie ? Des orfèvres de la cosmésis contre le cancer, voilà, comment je me les représente, ces faiseuses de beauté.