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  • Travail sur le programme du MoDem

    Faisant suite à ce que je disais dans mon billet sur les Promoteurs, je lance à partir d'aujourd'hui une initiative pour tenter de compiler le programme du MoDem. Évidemment, cela va être difficile :

    1) le MoDem a des idées, mais elles sont éparpillées partout

    2) il faut bien réfléchir à la manière dont le programme sera présenté

    3) je suis un assez bon vulgarisateur, mais je n'ai pas un très bon esprit de synthèse et comme coordinateur, je pense que je suis assez nul...

    Il me semble que l'on peut trouver une grande part du matériau dans :

    a) les propositions de Bayrou lors de la présidentielle

    b) les conventions thématiques et le travail des commissions pour l'Europe

    c) les travaux effectués par les commissions lors des élections municipales dans les grandes villes

    d) les entretiens et les déclarations dans la presse de nos leaders

    e) les livres (projet d'espoir, abus de pouvoir de Bayrou, Vivre Autrement de Corine Lepage, le Petit dictionnaire pour aimer l'Europe de Marielle de Sarnez, l'échec historique de Nicolas Sarkozy de Jean Peyrelevade par exemple)

    f) les travaux et rapports de nos sénateurs ainsi que leurs interventions

    g) les blogs de nos principaux leaders et élus (Sylvie Goulard, Gilles Artigues, Corine Lepage, Anne Laperouze pour en citer quatre dont les blogs ou sites regorgent de choses intéressantes).

    h) tout le travail militant partout où il se trouve (mais là, c'est un travail de très longue haleine que de le rassembler et de le synthétiser après en avoir extrait la substantifique moëlle)

    i) les compte-rendus de nos universités d'été.

    Très très gros boulot. Pour ma part, je pense que les entrées thématiques, comme celles qui figuraient sur le blog de Bayrou lors des présidentielles, ont le mérite d'être très claires pour quelqu'un qui cherche à se renseigner. Idéalement, pour travailler, il nous faudrait un wiki. Problème, le seul qui existait, c'était celui du forum démocrate, et non seulement cette **$!###censuré de wiki n'a jamais marché, mais en plus, il est inacessible (erreur 404) depuis quelques jours. Objectivement, en termes de projet, c'est le seul qui aurait été conçu pour travailler sur un programme sauf qu'il n'est pas opérationnel. S'il devait y avoir une complémentarité, d'ailleurs, ce serait celle-là : lesdemocrates.fr pour communiquer et discuter, le forum démocrate pour bosser. Il y a bien sûr e-democrates qui fonctionne et qui dispose aussi d'un wiki, mais très il est rigide. On ne peut que modifier des pages existantes, en aucun cas créer une architecture entièrement nouvelle. Demos Web avait aussi un wiki, mais apparemment, ce portail est devenu également inaccessible.

    Il y a peut-être un autre espoir, comme dirait Yoda à Obiwan Kenobi : Open humanity, le projet dont Antonin fait actuellement la promotion. Il y a apparemment une soirée de présentation et de lancement au Dune (un café) dans le 10ème arrondissement de Paris, lundi prochain. Je ne suis pas sûr de pouvoir y être, mais à défaut, je vais lire les compte-rendus, et surtout, me hâter d'exprérimenter la plate-forme pour voir si elle réalise ce qu'elle promet.

    Pour ce qui me concerne, l'architecture, je suis partisan de la faire après les entrées thématiques. Je pense qu'elles sont bien plus lisibles qu'un grand plan organisé, certes, mais abscons pour le pékin lambda qui se promène sur la Toile.

    Il faudrait donc pouvoir créer une page wiki par entrée avec évidemment une zone de modification. Pour définir ces entrées, on peut reprendre celles du site de Bayrou, car elles étaient bien pensées, les améliorer, et, le cas échéant, en ajouter d'autres. Toutefois, il me paraît pertinent de les comparer avec ce que vont être les probables préoccupations des Français dans les années à venir. Par exemple, on sait que les retraites et les déficits publics vont revenir sur le tapis dans pas longtemps. Des entrées sur ces sujets seraient donc pertinentes.

    Il va de soi qu'il faut pouvoir montrer à chaque fois les propositions du MoDem et de ses dirigeants. Il ne s'agit pas de se contenter d'exposer des analyses.

    Enfin, ce projet n'aurait pas un caractère nécessairement officiel, mais il permettrait aux militants, aux sympathisants et aux curieux, s'il avance sérieusement, de se référer à quelque chose de précis.

    Personnellement, je veux bien m'y coller, mais il me faut un outil qui fonctionne et qui soit très souple et puis il faut qu'on soit une équipe (même petite) pour y travailler.

  • Âge de la retraite, le foutage de gueule

    J'entends le gouvernement se pâmer, dans le clair-obscur des cabinets ministériels à la seule évocation de l'âge de la retraite actuelle. Ce qui est remarquable, c'est l'agit-prop et l'intoxication organisée auxquelles cela donne lieu dans les rangs gouvernementaux. Soyons clair : je ne serai pas radicalement opposé au principe d'un allongement des annuités d'emploi si emploi il y avait.

    Mais la vérité, c'est qu'il n'en est absolument rien. Il n'y a pas d'emplois pour les seniors. En fait, derrière le pseudo-prétexte de laisser libres les individus de travailler plus longtemps se cache un tout autre projet : allonger la durée de cotisation pour la retraite. Mais comme il ne sera pas possible pour une large part des individus de travailler plus, cela reviendra ni plus ni moins à minorer les pensions de retraite pour en réduire les coûts. Astucieux, non ?

    J'ai évoqué le sort réservé aux Seniors dans un billet daté du 23 février dernier. C'est simple : le gouvernement est pris en sandwich entre tous les jeunes qui vont arriver sur le marché du travail et l'impact grandissant des départ à la retraites qu'il faut financer. Je ne parle même pas du chômage. En fait, passé 50 ans quand ce n'est pas 45, il est très difficile de retrouver du travail si l'on est au chômage.

    La France est dans la nasse et je ne vois pas comment elle va pouvoir en sortir. Une chose est sûre : il  faut taxer le moins possible ceux qui créent de l'emploi, c'est à dire les entreprises. Mais on ne peut pas non plus les exonérer par les temps qui courent parce que nous n'avons pas les moyens de le faire.

    Nicolas Sarkozy a assuré que le gouvernement sera au rendez-vous pour la réforme des retraites en 2010. Doit-on comprendre qu'il attend que les élections régionales soient passées pour éviter un éventuel vote-sanction en raison des difficiles mesures à prendre pour assurer leur équilibre ? Il ferait mieux d'engager immédiatement le débat avec les Français. Il y avait un aspect, dans la manière avec laquelle François Bayrou escomptait traiter le problème, lors de la présidentielle de 2007 qui m'avait beaucoup plu : l'idée absolument nécessaire qu'il fallait, sur les retraites, légiférer par référendum.

    Ne nous leurrons pas, la proposition de Bayrou lui-même, avalisait sur le fond qu'une augmentation des cotisations serait nécessaire. Le principe d'une retraite par point concédait nécessairement que le montant des pensions serait variable selon la durée des cotisations. Toutefois, elle permettait le rachat d'années et mettait le cotisant face à ses choix personnels. Mais le plus important, et je le redis, c'est que Bayrou ne voyait pas d'autres possibilités de régler cette question qu'en consultant directement le peuple. Un acte de courage politique et un langage de vérité qui font cruellement défaut aujourd'hui...

  • Dette, les prophéties de Bayrou

    Si Troie avait écouté Cassandre, le sort de l'Europe s'en fût trouvé changé, et par là, l'histoire du monde. Cassandre, c'est une fille de Priam et surtout une prêtresse d'Apollon qui passa son existence à mettre en garde les Troyens contre les dangers qui les menaçaient. En vain. Troie ne l'écouta pas et s'effondra. Cette défaite sanctionna l'aveuglement des Troyens et permit aux Grecs d'asseoir leur domination sur l'Asie mineure.

    Il n'aura pas échappé aux lecteurs attentifs de ce blog qu'il y figure sur le côté en haut à droite une listes de liens aux noms aussi ésotériques que mystiques. On en compte un, notamment, qui répond au doux nom de "Prophéties". Il renvoie en fait vers le site de campagne de François Bayrou, lors des élections présidentielles, et, très précisément sur ses propositions pour la France.

    C'est impressionnant de voir comment en deux ans, tous les thèmes et les problèmes soulevés par François Bayrou lors de cette campagne reviennent les uns après les autres au premier plan.

    Au hasard, par exemple : la dette. ô surprise, on en reparle. Entre-temps, les choses se sont juste considérablement dégradées, et pas qu'à cause de la crise, contrairement à ce qu'essaient de faire croire le gouvernement et Nicolas Sarkozy.

    C'est édifiant : nous sommes passés de 3-3.5% à 7-7.5%. Cela signifie que les déficits ont plus que doublé en deux ans. Moi j'invite à relire ce que disait François Bayrou fin 2006 et début 2007 et à comparer avec notre situation actuelle. Bayrou est le seul, d'ailleurs, à continuer à évoquer régulièrement ce danger.

    Pour Nicolas Sarkozy, c'est la vie à crédit : si on l'avait écouté, on aurait introduit il y a trois ans les subprimes en France. Résultats, nous aurions alors non seulement un état hyper-endetté mais également des foyers croulant sous un monceau de dettes.

    Est-ce qu'il faut passer en revue toutes les exemptions et décisions qui coûtent cher à la France, ces dernières années ? En fait, je pourrais faire la comptabilité des années Jospin jusqu'à nos jours. De la décision imbécile de supprimer la vignette sur les automobiles, de privatiser les autoroutes au moment où elles commencent à avoir un bon rapport jusqu'à celle de priver la télévision publique de recettes publicitaires, elles sont nombreuses ces mesures qui tôt ou tard finiront par se payer, et pas d'une manière que nous aurons choisie.

    Bayrou observait sur son site : Depuis vingt-cinq ans, tous les gouvernements ont été coupables de ce laisser-aller. Tous les jours, l'État dépense 20 % de plus que ce qui rentre dans ses caisses. Malgré ce constat, que tout le monde fait, les candidats du PS et de l'UMP promettent plus de soixante milliards d’euros de dépenses nouvelles. Cette attitude est irresponsable. C'est pourquoi je ne prendrai aucun engagement qui ne soit financé par une économie correspondante.

    Nous ne pouvons plus augmenter notre dette. Il faut remettre à plat toute notre fiscalité et toutes nos dépenses afin de définir ce que nous pouvons ou devons garder à la charge de l'État et ce qui doit rester à la charge du citoyen.

    En pleine crise économique, avec des déficits aussi lourds, ce n'est vraiment pas le moment de parler de gratuité par ci ou par là.  L'argent doit rentrer dans les caisses de l'État sans casser la machine économique. Et l'État doit restreindre ses dépenses sans sacrifier l'avenir.

    Je ne suis pas le seul à m'inquiéter des déficits colossaux que nous continuons à accumuler. Nous allons devoir tôt ou tard payer notre protection sociale si nous voulons la conserver. Et au prix fort. En fait, l'équation est très simple : soit on la paie (hausse d'impôts) soit on y renonce. Au choix. Je pense que les Français peuvent accepter de payer, mais l'effort doit être équitable et les concerner tous sans exception. Les plus riches, les plus puissants, les mieux en cour ne doivent pas pouvoir y échapper. Seul l'argent qui génère du travail me semble devoir être protégé, dès lors qu'il ne coûte pas d'argent à l'État.

    Il y a solution complémentaire, et je crois qu'on ne peut plus l'esquiver désormais, c'est la TVA sociale. Comme l'expliquait Jean Arthuis en 2006 elle offre quelques avantages : pas d'impact sur nos exportations, rééquilibrage des coûts pour ceux chez qui nous importons et qui font du dumping social, effet relativement limité sur les entreprises si l'on ne taxe que les services. Cela me semblerait d'ailleurs pertinent.

    Toutefois, cette mesure ne devrait pas servir de bouée de sauvetage, parce que ce n'est pas la réforme socialement la plus juste (encore que : in fine, qui consomme le plus est taxé le plus, et qui est le plus riche consomme forcément le plus...). Elle doit venir avec toute une série d'autres mesures qui rétablissent justice fiscale et sociale. Notamment, il doit être hors de question de financer les cadeaux du chef de l'État de cette manière (certaines mesures de la loi TEPA, fin des recettes publicitaires sur les chaînes publiques, gratuité des musées).

    Une loi-cadre devrait établir sans aucune possibilité de dérogation que les recettes de cette TVA seraient affectées exclusivement aux comptes sociaux et à rien d'autre. Cela suppose donc de revenir sur certaines mesures déjà prises. Rien ne se fera sans équité. Enfin, il ne saurait être question d'un transfert total de notre protection sociale sur une TVA sociale. François Bayrou s'était montré très réservé sur une telle option. Il s'agirait plutôt d'un complément destiné à éponger les déficits de nos comptes sociaux.

     

  • Lettre persane...

    J'hésitais depuis le début sur les résultats en Iran, mais il est désormais hautement probable que les élections ont été largement faisandées. J'ai lu le dernier Canard enchaîné qui affirme que c'est un secret de polichinelle pour les services secrets de la plupart des grands pays. En réalité, le véritable second tour aurait du opposer le réformateur Karoubi au modéré Moussavi. Le porte-parole du Conseil des Gardiens de la Révolution a reconnu qu'il y avait eu plus de votes que d'électeurs potentiels mais dans 50 districts seulement. A vrai dire, tous les districts n'ont pas encore été examinés (il y en a 366 en Iran). Si 12% c'est les chiffres pour Ahmadinejad, la situation va devenir intenable pour Khamenei et ce dernier. Aucun pays ne peut être gouverné sans l'assentiment d'une partie significative de la population, même si elle n'est pas majoritaire. Et je commence à comprendre la colère de Moussavi, d'autant qu'il n'a rien d'un révolutionnaire et que c'est un khomeiniste historique. Je l'avais souligné : je ne comprenais pas comment Karoubi pouvait être passé de 17% à 0.9% en 5 ans. C'est comme si en France, Bayrou passait entre deux élections présidentielles de 19% à 1%. Ce serait invraisemblable, surtout avec un taux de participation de plus de 85%.

    Je comprends aussi les tergiversations de Khamenei : il a du peser le pour et le contre. Et il a fait le mauvais choix. D'autant plus que des voix conservatrices appellent le Conseil des Gardiens à écouter la voix du peuple. Ari Larijani, président du Parlement et conservateur historique a appelé le Conseil à écouter les voix des gens qui manifestent.

    Désormais, le monde entier a les yeux tournés vers l'Iran. Quoi qu'il se passe désormais là-bas, les choses ne seront plus comme avant.

    Le droit public est plus connu en Europe qu'en Asie: cependant on peut dire que les passions des princes, la patience des peuples, la flatterie des écrivains, en ont corrompu tous les principes.
    Ce droit, tel qu'il est aujourd'hui, est une science qui apprend aux princes jusqu'à quel point ils peuvent violer la justice sans choquer leurs intérêts. Quel dessein, Rhédi, de vouloir, pour endurcir leur conscience, mettre l'iniquité en système, d'en donner des règles, d'en former des principes, et d'en tirer des conséquences!
    La puissance illimitée de nos sublimes sultans, qui n'a d'autre règle qu'elle-même, ne produit pas plus de monstres que cet art indigne qui veut faire plier la justice, tout inflexible qu'elle est.
    On dirait, Rhédi, qu'il y a deux justices toutes différentes: l'une qui règle les affaires des particuliers, qui règne dans le droit civil; l'autre qui règle les différends qui surviennent de peuple à peuple, qui tyrannise dans le droit public: comme si le droit public n'était pas lui-même un droit civil, non pas à la vérité d'un pays particulier, mais du monde
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    Usbek à Rhedi, XCV, Lettres Persanes (Montesquieu)