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  • Valls à côté de la plaque

    Quand j'ai vu l'ampleur que prenaient les propos de Valls sur les 35 heures, et notamment l'indignation généralisée dans la blogoboule de gauche (Rimbus, l'Nicolas, l'Intoxitude entre autres), ça a été vachement tentant d'aller leur porter la contradiction, juste pour le plaisir, quoi.

    Mais bon, faut être honnête, et pour une fois la left blogoboulle a réagi avec des chiffres. En France, les 35 heures n'ont plus aucune signification, et depuis longtemps. Les Français travaillent 38 heures en moyenne, comme l'a relevé l'Rimbus ; par ailleurs le Français est particulièrement productif. 

    Les divers dispositifs ont vidé depuis longtemps les 35 heures de leur essence (il n'y a plus que dans les hôpitaux où ils foutent la grouille).

    Balle au centre voudrait voir dans le programme de Bayrou pour 2012 la suppression des 35 heures. Pas moi. Franchement, dès lors que les 35 heures n'empêchent plus les Français de travailler plus s'ils en ont envie, on s'en tape. Je me vois mal demander à ces malheureux cadres déjà au forfait d'en plus renoncer à leurs RTT. Faut pas déconner non plus. Par ailleurs, gain économique de la mesure ? Nada. Bref, on use de la salive pour rien en en parlant.

    Meilcour (ex-Versac) qui s'informe généralement toujours au plus près des choses dont il parle, a lu le dernier livre de Valls et pris connaissance de ses propositions économiques. Franchement, pas mieux que lui : nihil novi sub sole. Pas une idée neuve là-dedans. Ce n'est pas avec ça qu'on va redresser la barre. 

    J'aime bien Valls, généralement, sur plein de sujets, il a raison de l'ouvrir, mais sur l'économie, pour l'instant, on ne peut pas dire qu'il soit fameux. J'invite à lire complètement le billet de Meilcour pour savoir ce que j'en pense sur le fond (tiens, particulièrement la décentralisation : moi aussi je pense qu'elle s'est mal faite, et que ses coûts astronomiques et incontrôlés mériteraient une re-centralisation finalement plus efficace jusqu'à nouvel ordre...).

    Pour répondre à Balle au Centre, on ferait mieux, au MoDem, de se concentrer sur l'emploi et l'industrie. Moi, je suis toujours à la recherche d'une idée géniale sur la relocalisation. J'en étais resté au recyclage, mais bon, modeste blogueur, je suis tout sauf expert dans le domaine industriel, alors il ne faut pas trop compter sur moi pour faire avancer le schmilblick...

    Pour en rajouter une louche (pauvre Balle au Centre) ses oreilles électroniques vont siffler, je trouveque ses deux mesures combinent le pire de la gauche et de la droite : suppression des 35 heures = mesure de droite qui n'apporte rien, limitation des salaires = mesure gauchiste qui décourage l'initiative privée. Je lui donne juste quitus sur la suppression conjointe du Bouclier fiscal et de l'ISF à condition que nos finances publiques puissent le supporter. Bayrou a longtemps été favorable à la suppression de l'ISF, mais s'il s'est montré bien plus timoré ces derniers temps sur le sujet, c'est qu'il a bien vu que cela ne tenait plus la route avec nos déficits. Arthuis lui-même, y a temporairement renoncé. La seule solution, ce serait ce que proposait Bayrou en 2007, qui reste actuel, un impôt sur le patrimoine avec des taux très doux, mais sans niches fiscales et touchant une base bien plus large.

     

  • Et si Gbagbo avait vraiment gagné ?

    J'entends çà et là des voix qui s'élèvent pour réclamer une intervention militaire en Côte d'Ivoire pour éjecter Gbagbo. Quelle erreur cela serait ! Voilà qui donnerait du grain à moudre au nationalisme qu'il tente régulièrement d'attiser et prise aux accusations de néo-colonialisme.

    Censé sur ce point, Nicolas Sarkozy a clairement écarté cette option, sauf si la vie des ressortissants français (au nombre de 15 000) était en danger. 

    Je ne crois pas non plus qu'appeler en renfort la CDAO et particulièrement l'armée nigériane soit une riche idée. Des exactions se produiront et auront tôt fait de retourner les partisans de Ouattara et plus généralement auront pour effet de détourner les Ivoiriens de la démocratie.

    Les différentes interventions militaires pour établir un pouvoir plutôt qu'un autre aux quatre coins de la planète cette dernière décennie ont eu des effets désastreux la plupart du temps. Cela aurait un sens si Gbagbo ne s'appuyait vraiment que sur une toute petite minorité d'Ivoiriens. Ce n'est pas le cas.

    Utiliser, en revanche, des leviers économiques et financiers ciblés, des pressions diplomatiques, devraient avoir des effets évidents : bloquer les comptes de Gbagbo à l'étranger, faire de même pour ceux de ses affidés, restreindre tous les accords commerciaux dans les domaines tenus par ses soutiens, multiplier les médiations, voilà ce que la Communauté internationale peut faire efficacement. Voilà ce qu'elle doit faire...si Gbagbo est réellement le perdant de ces élections ! 

    Le Renseignement, à mon sens, doit jouer un rôle vital dans la stratégie à définir. Il paraît que Gbagbo s'accroche parce que des sondages lui avaient prédit une victoire. Une victoire, oui, mais au premier tour seulement. En juillet 2009, son avance était considérable, en effet, sur ses concurrents. 

    Le problème, plus d'une année après, vers la fin du mois de septembre 2010, toujours selon la TNS, c'est qu'il écrasait ses adversaires au second tour.

    Il est possible que le vent ait tourné, mais je suis perplexe. A mon avis, si Gbagbo s'accroche autant au pouvoir, c'est qu'il pense que ces sondages disaient vrai et que donc, on l'a certainement floué de sa victoire. Gallup et AfroBarometer l'avaient également placé en tête, au premier et au second tour. Tous les sondages peuvent s'être trompés en même temps, mais j'avoue un peu mon scepticisme.

    Personnellement, je l'ai déjà dit, je n'aime pas Gbagbo, que je juge démagogue et malhonnête. Mais dans cette histoire, même si l'on peut me reprocher d'accorder par trop de crédit aux sondages, j'aimerais y voir plus clair sur les résultats réels de cette élection.

  • Indigné ? l'imposture de Hessel

    Il m'agace Stéphane Hessel. J'avais autrefois pour lui une certaine estime. Mais quand il a commencé à se compromettre avec les mouvances islamistes radicales, il a perdu tout crédit à mes yeux. Le terrorisme ? De l'exaspération, juste de l'exaspération. Enfin, le terrorisme islamique, seulement. S'il agit d'un radicalisme qui le dérange, le voilà à évoquer des crimes contre l'humanité. J'ai lu ce qu'en dit le blog Anyhow, dont j'ai trouvé l'analyse très juste.

    Hessel se prévaut de sa qualité de résistant et de juif pour pouvoir dire tout le mal qu'il pense d'Israël. Mais Hessel n'est pas juif. Il est protestant, et son père était également protestant. Son discours pro-palestinien frise l'obsession. Des peuples victimes de déni, il y en a beaucoup dans notre bas-monde. Pourquoi s'arrêter sur celui-là, surtout quand l'on sait qu'il n'existait aucune Palestine en tant que nation avant l'Etat d'Israël ? Le terme ne recoupait jusqu'alors qu'une réalité géographique. La Palestine, je le rappelle a été créée pour pouvoir asseoir les revendications arabes sur le territoire d'Israël. Bien sûr, cette création recoupe aussi des aspirations légitimes, celles d'Arabes qui vivaient tranquillement en Palestine et n'avaient rien demandé à la création d'Israël. Mais il n'y avait pas de peuple palestinien en tant que tel.

    Comme résistant, ma foi, il a eu un parcours certes tout à son honneur, mais il faudrait un jour dire clairement que la participation à la Résistance n'est pas nécessairement un label de clairvoyance, même si elle dénote un courage et/ou un engagement indéniable.

    Je rejoins Anyhow pour dénoncer les approximations d'Hessel, quand elles ne renvoient pas purement et simplement à un discours idéologique et tiers-mondiste : la mondialisation en cours ne nous profite guère, du moins, à l'heure actuelle, mais les pays émergents en font largement leur beurre, et là-bas, une classe moyenne se constitue. Hessel se complaît donc dans un gloubi-glouba très à la mode, par les temps qui courent.

    Il est tendance, Hessel, ça ne m'étonne pas de le retrouver à Europe-écologie. Europe-écologie, c'est tendance aussi...C'est un peu leur Dalaï-Lama à eux, en somme...Mais bon, comme le dit Anyhow, c'est un produit saisonnier : comme tant d'autres avant lui, la mode ne va pas durer.

    Comme Anyhow, je me défie des indignations excessives, et je lui emprunte donc son mot final, relevé chez Niezstche, "Nul ne ment autant qu'un homme indigné"...