Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Impact des blogues politiques

    J'ai parcouru la note de Frednetick qui exprime sa perplexité, voire son scepticisme quant  à l'impact réel des blogs politiques. Il y évoque notamment l'effort des blogues pour se structurer en réseau afin d'améliorer leur visibilité. Il cite ainsi les Kiwis, LHC, les Left Blogs et...l'Échiquier. Curieusement, il omet le flux de la blogosphère MoDem alors qu'il regroupe 298 blogues. A vrai dire, les réseaux qu'il cite répondent à des logiques fort différentes. Les Kiwis ont une charte éthique qui exclut tous les extrêmes et revendiquent ostensiblement un label de qualité. Ils ne cherchent pas à s'étendre mais à recruter des membres triés sur le volet. Les Left Blogs sont reliés par une appartenance politique, alors que les LHC sont en théorie liés par une philosophie commune. Quant à l'Échiquier, c'est un simple flux ouvert à tous vents sans blog de référence et avec une charte éthique minimale.

    Frednetick table sur l'absence de notoriété des blogues politiques pour établir leur influence plus précisément, et pour lui, le verdict est sans appel : ils sont fréquentés par un public d'experts, de gens engagés et de blogueurs, qui se contentent de vagabonder d'un blogue à l'autre.

    Comment expliquer, dans ce cas, certains scores de fréquentation qui font de certains blogues les égaux de certains magazines de presse ?

    Alain Lambert, plus de 100 000 visiteurs uniques par mois, Koz dont on dit que les abonnés se comptent en milliers, Le blog de Christophe Ginisty qui oscille entre 15 et 25 000 visiteurs uniques par mois, et d'autres encore qui doivent certainement réaliser des scores conséquents. Je sais que le blog Partageons mon avis dépasse souvent les 10 000 visiteurs uniques (voire plus), c'est parfois le cas de l'hérétique, mon blog, qui faisait un peu plus de 12 000 visiteurs uniques le mois dernier et pourrait dépasser  la barre des 13 000 ce mois-ci (franchie une première fois en janvier dernier).

    Assurément, ces blogues peuvent partager des lecteurs, mais ils ont vraisemblablement des publics assez différents. J'imagine donc assez aisément que le nombre de lecteurs de la blogosphère politique est donc plus important que ne le pense Frednetick. Cela signifie-t-il qu'ils ont pour autant du poids ? Sans doute, à n'en pas douter, auprès des journalistes qui y trouvent certainement de nouvelles sources d'information et d'inspiration. Quant au grand public, il faut distinguer celui qui s'informe sur la Toile de celui qui privilégie d'autres médias. or, un sondage récent établissait que 62% des électeurs qui avaient voté lors des dernières élections européennes s'étaient informés sur la Toile. Certes, bien peu connaissent les noms des blogues, mais il est envisageable, en revanche, qu'ils aient eu accès à des analyses ou des informations véhiculées par les blogues politiques. Être présent sur la Toile n'apporte peut-être pas de valeur ajoutée, mais en être absent retranche à n'en pas douter de la valeur. C'est bien pour cela que tous les partis politiques essaient de "tenir des positions" sur la Toile.

    In fine, sans verser dans l'outrecuidance et l'arrogance, on peut supposer une influence raisonnable des blogs politiques, surtout quand ils agissent en meute. Loin d' être prépondérante, elle n'en est pas pour autant marginale.

  • Sarkozy, la folie de l'emprunt

    Je n'avais pas eu encore le temps de m'occuper de la dernière idée de Nicolas Sarkozy, mais en réalité, je suis catastrophé par le principe d'un emprunt de grande ampleur alors que la France a une dette de 1200 milliards d'euros, rembourse déjà 50 milliards d'euros et emprunte 250 milliards d'euros par an. J'aurais à la rigueur pu être favorable à un grand emprunt européen solidaire, comme le préconaisaient François Bayrou et le MoDem, mais un emprunt national dans un tel contexte, par les temps qui courent, c'est de la folie furieuse. Qu'est-ce qu'ils attendent, Gilles Carrez, Charles de Courson, Didier Migaud et Alain Lambert que j'ai connus plus pugnaces et soucieux de notre endettement pour ruer dans les brancards. Il me fait rire Copé, à expliquer que les warnings sont allumés ! Ah bon ? Ah, il le croit vraiment ?  Ah bon. Sur les marchés, un tel emprunt coûterait un taux de 2.5 à 4.5% par an. Pour appâter le chaland national, il va falloir rémunérer au-dessus de 4.5% par an. Je n'invente rien, la plupart des journalistes et des économistes en on fait l'observation.

    Nous empruntons pour financer nos déficits. Ce n'est plus possible de fonctionner comme cela. Revoyons la fiscalité, de concert avec les Français ainsi que nos dépenses. Il n'y a vraiment pas d'autres solutions. Et, Monsieur le Président, de grâce, cessez d'annoncer des gratuités par ci et par là à tour de bras.

    Les gagnants des élections de 2012 vont hériter d'une situation explosive. Nous autres Français, croyons ne pas pouvoir subir le sort de l'Argentine, dans la période 1998-2002 avec un point d'orgue en 2001 (cessation de paiement de sa dette extérieure, ce qui s'était produit en 2001 et risque de se reproduire en 2009). Mais nous y courons en sprintant. On pourrait bien un jour se retrouver avec un Carlos Menem dans les années 90 déclarant : « l'État fédéral ne devra plus s'occuper que de la justice, de l'éducation, de la santé, de la sécurité et des relations internationales. » Ça ferait très très mal...et ça va nous arriver, je le pressens. Nous ne pouvons plus augmenter notre dette. Les députés UMP doivent faire preuve de responsabilité et refuser ce plan. Le Nouveau Centre qui se réclame du programme présidentiel de François Bayrou ne peut pas voter une telle mesure sans se renier complètement. Et on ne peut pas envisager une quelconque forme d'emprunt sans avoir préalablement remis à plat toutes nos dépenses et toutes nos recettes.

  • Moi, je prends la défense de Michel Mercier

    Je viens de lire plusieurs billets successifs limite haineux à l'égard de Michel Mercier, l'ex-trésorier du MoDem. Par exemple, Dan le compare à un rat qui quitte le navire, Unhuman estime que c'est un opportuniste, et à gauche, certains y voient la fin du MoDem. C'est là rendre bien mauvaise justice à Michel Mercier. Michel Mercier est un centriste pragmatique, un démocrate-chrétien matois, orienté globalement à droite, mais pas sectaire. Il a divergé de Bayrou à partir du moment où l'opposition de Bayrou à Sarkozy est devenue radicale. Mais, par amitié pour François Bayrou, il est demeuré avec lui, et ce, même après la claque (méritée, il est vrai) de Lyon, par laquelle Bayrou avait désavoué publiquement et sans autre forme de procès ses décisions de responsable régional en termes d'alliances, pour les municipales. Il en a d'ailleurs tiré les conséquences en démissionnant de la présidence départementale du MoDem. Mais, c'est à lui que l'on doit la conservation du groupe centriste et le rattachement de beaucoup de sénateurs au groupe MoDem, nous assurant ainsi des subsides, le soutien ponctuel à certaines prises de position de nos sénateurs et un temps de parole conséquent lors des Européennes.

    Aujourd'hui, il part, et il part dignement, sans insultes, sans injures, sans tambour ni trompettes après s'être mis d'accord avec François pour que tout se passe au mieux. Moi, je trouve que c'est super. J'aime la politique qui se déroule de cette manière et non à coups d'invectives. Je comprends, évidemment, qu'il ne pouvait pas rester plus longtemps avec nous avec de telles divergences stratégiques. J'espère simplement qu'on se retrouvera ensemble en 2012 si Bayrou se présente aux présidentielles.

    Michel Mercier sera ministre de l'espace rural et de l'aménagement du territoire. Je suis sur qu'il sera un très bon ministre. J'ai lu ses rapports sénatoriaux, notamment sur les collectivités territoriales, qui sont souvent empreints de bon sens et de recommandations avisées. J'aurais évidemment préféré qu'il reste avec nous, mais pour moi, je me sépare de lui, et d'autres avec moi, je pense, bons amis. Je lui shouahite, in fine, bien du courage avec Nicolas Sarkozy qu'il va découvrir. Je sais qu'il sait arrondir les angles, notre ex-trésorier, mais je crains qu'il découvre assez vite que certaines lois mathématiques ne sont pas contournables...

    Alors, bonne chance tout de même, Monsieur le Ministre !