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  • Soeur Emmanuelle : des trois ordres de Pascal à Epicure

    Soeur Emmmanuelle et François Bayrou sont deux individus pour lesquels j'ai beaucoup d'affection, pour des raisons d'ailleurs très différentes. Le décès de Soeur Emmmanuelle m'a donc personnellement beaucoup remué. Je l'écoutais sur France Info hier, et, à un moment, elle a exprimé lumineusement comment seul l'amour restait, in fine, parce que la matière était périssable. Et elle a évoqué les trois ordres de Pascal. Or, François Bayrou les avait lui aussi évoqués en décembre dernier.

    Dans les trois ordres de Pascal, corps, esprit et coeur (charité) il ne fait nul doute que c'est le troisième et le plus haut que Soeur Emmanuelle a choisi de mettre en avant dans son existence.

    « L’ordre des corps, l’ordre des esprits, l’ordre de la charité
    La distance infinie des corps aux esprits figure la distance infiniment plus infinie des esprits à la charité ; car elle est surnaturelle.
    Tout l'éclat des grandeurs n'a point de lustre pour les gens qui sont dans les recherches de l'esprit.
    La grandeur des gens d'esprit est invisible aux rois, aux riches, aux capitaines, à tous ces grands de chair.
    La grandeur de la sagesse, qui n’est nulle sinon de Dieu, est invisible aux charnels et aux gens d'esprit.

    Ce sont trois ordres différents de genre.»

    Dans ses derniers jours, Soeur Emmanuelle qui était sous assistance respiratoire consolait son entourage par ces paroles :

    «Bien sûr, je ne peux plus voyager comme avant, je suis forcée de rester dans ma chambre. Maintenant, j'ai beaucoup de temps pour prier». Ce dernier trait extraordinaire n'est pas sans me rappeler la très grande force d'âme d'Epicure dans ses derniers instants.

    Epicure, sur son lit de mort, se réjouissait de ce que ses amis étaient présents, et des moments heureux passés avec eux. Soeur Emmanuelle a confié à plusieurs reprises qu'elle jugeait sa vie passionnante. Je trouve qu'il y a une très grande similitude entre ces deux êtres exceptionnels.

  • Mondialisation et Europe

    Cela faisait partie des propositions de François Bayrou pendant l'élection présidentielle : il est patent que Bayrou a été plus que prémonitoire, au regard des derniers évènement, mais, comme d'habitude, on croit Cassandre quand il est un peu tard...Ecoutons-le, c'est extraordinaire : tout du plan européen y est...

    « Le cadre européen nous rendra la souveraineté que nous avons perdue. »

    « La question du modèle économique de la planète est probablement l’une des plus brûlantes que nous aurons à traiter dans les décennies qui viennent. Les pays à haut niveau de protection sociale sont menacés par le vaste mouvement de délocalisations et de concurrence sans règle sociale ou écologique. Et des pays les plus pauvres de la planète, on s’en va, je pense évidemment au continent africain. Que voit-on aujourd’hui ? Des délocalisations d’entreprises qui vont chercher en Europe l’endroit où le social coûte le moins cher. Pour que le dumping social et les délocalisations ne soient pas demain la réalité dominante, il faut une harmonisation de nos règles sociales en Europe. Les marchés financiers sont volatils : on peut donner à l’Europe la capacité d’une réglementation plus serrée, de dire aux marchés financiers : ‘il y a une limite’. En face du crime organisé, des trafics internationaux, des mafias, nous organisons notre impuissance. Les Etats européens avec leurs frontières, leur droit pénal toujours différent de celui du voisin, leur police séparée, c’est une aubaine formidable pour les organisations criminelles. Songez que nous sommes incapables d’aller voir ce qui se passe dans un compte en banque dans un autre pays ! C’est de l’assistance organisée aux mafias. Seule l’échelle européenne permet de résoudre ces questions des migrations économiques, des stratégies monétaires, des régulations du capitalisme financier, de la défense de notre modèle de société ; de traiter les grandes questions du développement durable, du climat, du dumping écologique et du modèle économique de la planète. C’est la vraie vocation de l’Europe : nous rendre la souveraineté que nous avons perdue, que l’échelon national ne peut plus garantir. L’Europe s’affaiblit à voir ses membres jouer les uns contre les autres, par exemple par le dumping fiscal. Je prends l’engagement de tout faire pour changer cette situation. »

    J'inivte mes lecteurs à aller jeter un oeil sur le dernier article de Fred (Démocratie sans frontières) sur la crise : d'une part c'est grâce à cet article que j'ai retrouve ce discours de Bayrou (mais j'ai souvenir de l'avoir déjà cité ici, toutefois) d'autre part, Fred rappelle quelle était et est encore l'essence du projet démocrate : il mettait en avant la responsabilité individuelle dans l'économique et le social. L'UDF, qui a précédé le MoDem, proposait déjà dans ses commissions, des solutions jugées bisounourses par la gauche (préférant l'Etat) et la droite (faisant confiance à la main invisible du marché) et pourtant, les heures de crise que nous connaissons nous donnent raison, puisque les Etats appliquent ce que nous avions proposé...

  • DSK fait son Bill (Clinton)

    piroska.jpgSacré DSK ! Toujours vert :-D  J'avais bien compris qu'il y avait une sombre histoire au FMI, mais je n'avais pas compris encore les tenants et les aboutissants de la chose. C'est une histoire de Nagy, mais pas Bocsa. Une jeune femme, apparemment, qu'il aurait séduite aux mois de janvier et février 2008.

    Cela dit, on va mettre les points sur les "i" : les Américains ne vont pas nous faire ch... avec leurs standards à la c... sur les moeurs. L'Europe et DSK n'ont pas de comptes à rendre en matière de moeurs aux hillbillies américains. Le FMI est une institution mondiale, pas américaine. Allez, DSK, on te soutient, d'autant qu'elle n'est pas laide ta conquête d'un soir, et que j'ai entendu dire que c'était une économiste très compétente.

     

  • L'Europe ignore sa culture

    Je reviens à nouveau sur la problématique de la culture européenne : ce qui me frappe, c'est l'absence de projet en Europe sur ce sujet. La culture ne représente que 0.03% du budget européen. Et ces 0.03% ne financent que des programmes de découverte réciproque des cultures européennes. Je ne crois pas qu'il y ait une volonté sciente de laisser la culture de côté au sein des commissions et du Parlement européens, mais je crois plutôt qu'ils ne savent pas comment faire.

    Dire ce qu'est la culture européenne, c'est un enjeu fondamental, car cela permet d'établir pas uniquement sur des bases mercantilistes les raisons pour lesquelles l'Europe va accepter une nation plutôt qu'une autre en son sein. Cela contribue à permettre de dire si la Russie, la Turquie, par exemple, sont européennes ou non. Cela permet également de contingenter le raisonnement géostratégique réduit à lui-même. Je ne dirais pas que cette question apporte LA réponse à toutes les autres, mais elle est fondatrice à plusieurs titres.

    C'est un sac de noeud qu'il n'est pas aisé de démêler. Est-il pertinent ou non, par exemple, de chercher le plus petit dénominateur commun aux cultures européennes ? Comment définir une culture européenne, et j'emploie bien ici "une" dans sa catégorie grammaticale d'article indéfini.

    Un article de wikipedia tente de sérier sans prétention, mais avec rigueur ce qui contribue à définir une culture européenne. Il n'y a pas de réponse mais des élements avec leurs limites : prégnance de l'indo-européen (mais pas seulement) dans les langues, culture politique et juridique commune issues du droit romain et de la philosophie grecque, fonds mythologique gréco-latin dans l'art européen, par exemple.

    Il appartient au Mouvement Démocrate, et, je l'espère au Parti Démocratique Européen ainsi qu'à l'ADLE de s'emparer de cette problématique tout à fait centrale, et abondamment négligée par les autres partis européens, ou, tout du moins, réduite aux poncifs qu'un Charles Courtel dénonce à juste titre.