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  • Culture de l'Europe ou Europe des cultures ?

    Je viens de lire une analyse passionnante et très puissante de Charles Coutel, doyen de la faculté de droit Alexis de Tocqueville de Douai : l'objet de son écrit, intitulé "Y-a-t-il une culture européenne" est d'interroger le rapport de l'Europe à sa culture. Outre de nombreuses réflexions très intéressantes sur l'intégration d'autres cultures au sein d'une culture européenne, Charles Coutel pose une hypothèse très forte : il n'y a pas de culture européenne, mais il y a une européanisation des cultures.

    J'aime beaucoup sa démarche : il observe que l'appauvrissement de l'idée de culture génère une occultation de la complexité que recouvre l'idée d'Europe. Ainsi, il remarque que l'on parle plus volontiers d'environnement socio-culturel que de nécessité de se cultiver, par exemple.

    Il dénonce le règne du bon sentiment et des poncifs de toutes sortes, à commencer par le fameux droit à la différence dont l'effet pervers le plus notable est de margninaliser une approche universaliste et humaniste de la culture : dans cette dernière optique, la culture permet une expérience très riche de proximité avec la culture de l'autre qui est pourtant différente.

    En somme, le lieu commun de la diversité des cultures empêche les cultures diverses de ses définir un lieu commun pour parler de leur altérité et leur identité...

    Or, la construction de chaque langue montre justement qu'un culture, dont elle est le reflet, peut accueillir en son sein l'altérité : l'anglais, le français, par exemple, sont emplis de mots issus de cultures et de langues étrangères. Cet accueil de l'autre n'est pas une négation de soi, mais plutôt une forme d'hospitalité (j'aime beaucoup ce terme, employé par Charles Coutel).

    Cette réflexion est essentielle pour se représenter le ferment d'une culture européenne commune : cette communauté intègre un subtil processus d'imitation, de même que les Romains se définissaient comme les héritiers des Grecs et intégraient chaque nouvelle culture des peuples conquis.

    Il convient donc de définir une hospitalité réciproque entre les cultures européennes afin de semer le germe non d'une culture européenne, mais bien d'une européanisation des cultures. Cette hospitalité a vocation à intégrer l'aspiration à l'universalité de chaque culture européenne, parce que cette aspiration est la maison commune de toutes ces cultures.

    Je n'ai pas exactement repris l'analyse de Charles Coutel, mais m'en suis librement et largement inspiré pour construire ma propre réflexion sur le sujet. Je voudrais ajouter, toutefois, que la culture gréco-latine est un exemple d'européanisation (et même plus largement) de plusieurs cultures avant la lettre. Elle a donc vocation à nous servir de référence, et à constituer, à cet égard, la fondation de notre maison commune européenne.

     

  • 9% d'impôts en plus à Paris, mais pour faire quoi ?

    9% d'impôts à Paris en plus, mais pour faire quoi exactement ? Pas les tours de Delanoë, puisque c'est une concession à Unibail. Pas non plus la rénovation de la piscine Molitor, c'est aussi une concession. Pas le stade Jean Bouin non plus, une bonne partie de la rénovation est privatisée. Alors pour faire quoi ? 20% de logements sociaux. Soit, mais j'aimerais que les conditions d'attribution soient d'une part très transparentes, mais également plus draconiennes. Notamment, le logement social ne doit pas générer d'insécurité de quelque sorte que ce soit. Il doit, à mon avis, être en priorité attribué à des individus tranquilles et bien insérés.

    Le maire de Paris a parlé d'investissement contra-cyliques. Je ne sais pas ce qu'il a en tête, mais peut-être faudrait-il commencer par terminer l'essentiel avant de viser l'accessoire :

    prolonger le tramway du 15ème afin qu'il devienne vraiment une alternative en termes de transport et non un boulet de plus dans la circulation, créer, lancer le grand chantier d'un grand métrophérique francilien, afin de désengorger les voies d'accès à Paris et de faciliter la mobilité professionnelle, et puis anticiper la nécessaire rénovation de tous nos tunnels puisqu'une directive européenne nous l'impose, afin qu'ils respectent des normes de sécurité.

    La création de centres commerciaux ne me semble absolument pas une priorité, alors qu'il est prévu de créer une galerie sous le Stade Jean Bouin, mais également à Beuagrenelle dans le 15ème, et, vraisemblablement, avec les pyramides de Cheops que Delanoë prévoit.

    Il y a suffisamment de commerces de bouche et de surfaces commerciales à Paris. Elles maillent très bien le territoire. Il vaudrait mieux s'occuper de faciliter l'installation des PME et leur rencontre avec des investisseurs privés.

    J'ai regardé l'ordre du jour du conseil municipal, c'est tout de même phénoménal ce que les associations absorbent comme budget à Paris. Sans doute une tradition héritée de l'ère chiraco-tibériste.

    Et si la Mairie de Paris missionnait un de ses conseillers comme enquêteur, afin de déterminer quelles associations sont vraiment actives et justifient par leur activité ces subventions ?  Peut-être q'un Malosinus local va découvrir que les fonds sont gaspillés en fêtes perpétuelles, à Lutèce...

    En somme, je n'ai pas encore d'avis. Je trouve tous ces documents pas simples à éplucher, et parvenir à faire le tri là-dedans vaut bien un des travaux d'Hercule.

  • Je suis triste : Soeur Emmanuelle n'est plus.

    Soeur-Emmanuelle.jpgSale journée. Je viens d'apprendre l'une des plus tristes nouvelles de ces dernières années : Soeur Emmanuelle est décédée. S'il y avait un être par-dessus tout à qui je portais une estime sans limite et à qui j'aurais fait confiance les yeux fermés, c'est bien elle. je l'avais d'ailleurs plusieurs fois évoquée sur ce blog.

    Mais qui donc pourra figurer aux côtés de cette immense figure de l'humanité, désormais ? Si l'Eglise doit canoniser un être, c'est elle qui le mérite par-dessus tous, et de loin. Sa vie toute entière est un miracle.

    Non, vraiment, très sale coup pour l'humanité toute entière. La meilleure d'entre nous n'est plus. Ce que je garde d'elle, c'est cette phrase fameuse sur les femmes :

    « éduquer un homme c'est éduquer un individu, éduquer une femme, c'est éduquer un peuple ». Mille fois oui. En fait, à force de la voir parcourir le monde avec un bâton de pèlerin par monts et par vaux, je l'avais crue immortelle.

    Je ne sais pas si Dieu existe, et, en mon for intérieur, je tends à penser que non, qu'il n'y a rien, rien que de la matière qui se transforme après notre mort. Mais, si quelque chose de meilleur existe, c'est à Soeur Emmanuelle que le meilleur de ce meilleur revient.

  • Univers musical

    Alsacop m'a tagué, et j'avoue que je suis assez ennuyé : il faut en effet que je donne cinq titres qui définissent mon univers musical. Il se trouve que je suis très éclectique, et que j'écoute de tout. Donc, difficile de se définir en cinq morceaux de musique.

    Je vais tout de même essayer de donner quelques références. J'aime beaucoup la comédie musicale Notre Dame de Paris, mais c'est aussi parce que j'aime l'oeuvre littéraire du même nom de Victor Hugo. Il en va de même de la comédie musicale Roméo et Juliette. J'apprécie particulièrement la chanson française, et je trouve, par exemple, un Renan Luce très talentueux et original. Mais sur le fond, mon admiration va particulièrement aux grands du classiques, avec une mention spéciale pour l'incomparable Mozart et sa flûte enchantée (l'un de mes morceaux favoris). J'aime bien sûr beaucoup Vivaldi, et son Stabat Mater plus encore que ses Quatre Saisons. Toutefois, le Stabat Mater de Pergolèse remporte presqu'autant mon adhésion. Les sons inquiétants de Planets Suits, de Holst m'ont toujours fait frissonner. Je continue à demeurer sans voix quand j'entends la Toccata de Bach, particulièrement si cela se produit dans une église ancienne pas dans les affreux blocs de béton avec une croix que l'on affuble du nom d'église.

    J'ai un sentiment particulier pour les Folies d'Espagne, et je pense à celles de Salieri que je juge exceptionnelles. Je ne pourrais pas achever cette liste sans citer les Préludes de Chopin, qui me détendent. Ah, et puis, pour le côté détente, je pourrais également écouter sans fin les Gymnopédies d'Erik Satie. Surprendrais-je mes lecteurs si je leur dis que j'aime bien certains morceaux de death metal (une variante du hard-rock) et entre autres nombre de ceux de Metallica et de Ministry. Je ne dis pas que j'écouterais cette musique toute la journée, mais ce n'est pas déplaisant d'en entendre les sons discordants. Ah, et enfin, j'aime bien la musique médiévale d'auberge, particulièrement les Carmina Burana (pas seulement ceux de Carl Orff, mais aussi tels qu'ils étaient joués au Moyen-âge).

    En fait, si je continue, je ne m'arrêterai pas, alors, j'en finis sur cette note d'un autre temps.

  • Salon de l'automobile, l'hydrogène ?

    J'ai achevé mon week-end par une petite visite au Salon de l'Automobile. Une bonne occasion de se tenir au courant de l'évolution des technologies propres. Pas d'innovations majeures, de mon point de vue, mais, la présentation de la Honda Charity, une magnifique berline dont j'ai déjàn parlé ici, qui fonctionne à hydrogène. Le présentateur m'a assuré que, contrairement à ce que j'avais précédemment écrit ici, même aux USA, le véhicule n'était pas directement commercialisé. En revanche, Honda propose un service de location comprenant assurance, entretien, garantie, et fourniture d'une borne de conversion méthanol/hydrogène pour 650 dollars par mois, soit, environ 400-450 euros.

    Je me suis du coup livré à un petit calcul sur dix années : aujourd'hui, une berline coûte environ 24 000 euros. Sur dix années, cela représente 2400 euros par an, soit 200 euros par mois. Ensuite, il faut tabler sur au moins 1200 euros par an d'entretien en moyenne, soit, 100 euros de plus. A cela ajoutez autant d'assurance, et l'on est à un coût total de 400 euros par mois. Il reste alors à comptabiliser le carburant. A mille kilomètres par mois, on peut compter sur bien 150 euros de carburant par mois, voire plus en consommation de ville.

    Je ne connais pas le coût du méthanol, mais il est très inférieur. La conversion méthanol/hydrogène ne dégage aucun rejet de même que la combustion de la honda charity. Pourtant, le représentant de Honda m'a dit qu'aucune commercialisation n'était prévue en Europe.

    Ils ont un problème de calculatrice ?