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mercredi, 14 novembre 2012

Dernier Cercle de l'Enfer en Angleterre

Au pays de Shaekespeare, la boue pédophile menace de tout emporter sur son passage. Les crimes infâmes de Saville et le silence complice des sommets de la BBC ont semé dans le pays les germes du soupçon sur lesquels prospèrent toutes sortes de démagogues.

Mon homologue hérétique britannique s'en inquiète  relevant que ce sont des animateurs d'émissions de distraction qui prennent le relais privilégiant la sensation à l'information.

Ainsi, le nom d'un lord anglais a circulé sur nombre de réseaux sociaux car une ancienne victime de pédophile l'a accusé de bonne foi jusqu'à ce qu'il réalise que ce lord n'était pas son bourreau. Aggravant le phénomène, Tom Watson, député travailliste a mis en cause les Tories sans toutefois citer de noms.

Un type comme Watson devrait être déchu de sa députation. Il me fait penser à ce "bastard" comme dirait mon confrère d'heresy corner, de Luc Ferry qui s'était lancé dans des spéculations à propos d'un éventuel ministre pédophile tout en assurant qu'il ne pouvait rien dire.

La justice n'a pas besoin de sycophantes en mal de reconnaissance mais de vérité. C'est à juste titre que Boris Johnson, le maire de Londres, faisait valoir qu'accuser quelqu'un de pédophilie revenait à le consigner dans le dernier cercle de l'Enfer aussi longtemps qu'il était vivant.

On ne se remet jamais d'un rumeur car elle vous poursuit pour le reste de votre existence. Internet est propice à de telles déviances, mais quand ce sont des responsables politiques de haut niveau qui s'y prêtent, cela devient intolérable.

Tom Watson a trop parlé ou pas assez : il devrait être mis en examen par Scotland Yard et interrogé afin qu'il vide son sac. Soit il sait des choses, et, dans ce cas, qu'il parle, soit il ne sait rien et ne se fait que le relais de rumeurs et, dans ce cas, qu'il se taise.

Plus grave, George Monbiot, sorte d'Allègre anglais écrivant dans The Guardian, s'est lâché sans vergogne contre ce lord finalement innocent. Ses excuses viennent trop tard, l'honneur de cet homme est irrémédiablement sali.

Au fond, le plus grave, c'est que ce constate mon hérétique ami britannique, je le constate aussi en France et sans doute ailleurs en Europe. Les théories complotistes sont en vogue, la classe politique a mauvaise presse, et nombre d'individus sont tout prêts à croire en l'existence de réseaux occultes et criminels associant médias, showbizz  et sphère politique. Des rumeurs semblables avaient emporté l'opinion en Belgique peu après l'affaire Dutroux.

Des types comme Saville ont pu échapper à de nombreuses accusations parce qu'ils copinent avec une certaine intelligentsia, mais un Lord McAlpine, parce qu'il est un Tory, ancien proche de Thatcher et éloigné des médias, n'a pas bénéficié d'une telle mansuétude : sitôt mis en cause, sitôt traîné dans la boue.

mercredi, 10 juin 2009

Reconduction de Barroso, la gauche doit prendre ses responsabilités

Je lis çà et là, notamment dans le Figaro, que Graham Watson, le leader des libéraux et démocrates (ADLE), groupe auquel appartient le MoDem, pourrait accepter la reconduction de Barroso comme président de la commission européenne. Et j'entends, d'ores et déjà, les braiements et accusations de collusion qui commencent à fuser, non seulement à gauche, mais aussi au sein même du MoDem (ex-adhérents déterminés à casser du sucre sur le dos du MoDem fût-ce au prix de mensonges éhontés).

Je tiens à rappeler les fondamentaux du Parlement européen : là-bas, comme tout est négociation, faute de majorité absolue pour un groupe ou même une alliance de groupes,on discute et on fait des compromis (pas des compromissions). Or, en décembre 2008, j'avais eu un entretien avec Marielle de Sarnez, euro-députée MoDem, qui m'avait expliqué que Graham Watson souhaitait la présidence du Parlement Européen (pas celle de la commission, celle du Parlement, suivez-bien, ce n'est pas pareil). En homme d'intelligence et de négociation qu'il est, il s'était alors empressé de prendre contact avec le PSE (socialistes européens) et l'ALE (Verts européens) qui s'étaient à leur tour empressé de l'envoyer chier en bonne et due forme. Faute d'obtenir quelque chose de ce côté-là, Graham Watson, en bon centriste libéral et pragmatique qu'il est, est allé voir du côté du PPE. Là-bas, on ne l'a pas envoyé paître (sans doute attendait-on les résultats des élections) ; on s'est contenté d'un silence-radio.

Aujourd'hui, une majorité ALE-ADLE-PSE serait possible. Cela suppose que le PSE et l'ALE ne fassent pas la fine bouche. On pourrait par exemple s'entendre sur un président de commission vert ou social-démocrate (modéré, cela va de soi) et en échange, les trois groupes voteraient pour Watson comme président du Parlement. Ce serait un bon compromis, et cela permettrait de black-bouler les conservateurs, fussent-ils europhiles. Sans doute ne seraient-ils pas très contents, mais c'est de bonne guerre...

J'ai écouté il y a peu une interview de Cohn-Bendit qui parlait de Barroso et résumait très bien l'esprit du personnage : avec Barroso, le dernier qui a parlé a raison. Il dit une chose le jour-même et autre chose le lendemain s'il a vu quelqu'un d'autre entre temps. Théophraste qui inspira notre La Bruyère national avait admirablement établi un tel état dans ses Caractères...Une sorte de croisement fâcheux entre le complaisant et l'empressé...

Pour faire une définition un peu exacte de cette affectation que quelques-uns ont de plaire à tout le monde, il faut dire que c'est une manière de vivre où l'on cherche beaucoup moins ce qui est vertueux et honnête que ce qui est agréable. Celui qui a cette passion, d'aussi loin qu'il aperçoit un homme dans la place, le salue en s'écriant: "Voilà ce qu'on appelle un homme de bien!", l'aborde, l'admire sur les moindres choses, le retient avec ses deux mains, de peur qu'il ne lui échappe; et après avoir fait quelques pas avec lui, il lui demande avec empressement quel jour on pourra le voir, et enfin ne s'en sépare qu'en lui donnant mille éloges. Si quelqu'un le choisit pour arbitre dans un procès, il ne doit pas attendre de lui qu'il lui soit plus favorable qu'à son adversaire [...].

Il semble que le trop grand empressement est une recherche importune, ou une vaine affectation de marquer aux autres de la bienveillance par ses paroles et par toute sa conduite. Les manières d'un homme empressé sont de prendre sur soi l'événement d'une affaire qui est au-dessus de ses forces, et dont il ne saurait sortir avec honneur; et dans une chose que toute une assemblée juge raisonnable, et où il ne se trouve pas la moindre difficulté, d'insister longtemps sur une légère circonstance, pour être ensuite de l'avis des autres; de faire beaucoup plus apporter de vin dans un repas qu'on n'en peut boire; d'entrer dans une querelle où il se trouve présent, d'une manière à l'échauffer davantage. Rien n'est aussi plus ordinaire que de le voir s'offrir à servir de guide dans un chemin détourné qu'il ne connaît pas, et dont il ne peut ensuite trouver l'issue[...].

Nous voilà bien avancés avec un individu semblable. Bayrou et les euro-députés MoDem ont été clairs : ils sont prêts à étudier toute solution pour éviter Barroso. Graham Watson, de son côté, n'a rien exclu. C'est à la gauche et aux Verts de savoir ce qu'ils veulent. Je crois que Cohn-Bendit est prêt à des compromis. Reste à voir les autres partis verts et socialistes européens...

mercredi, 04 février 2009

La trouille des verts et des socialistes européens

Vous vous souvenez, je vous l'avais annoncé il y a quelques jours, le président (britannique) de l'ADLE (dont le MoDem est  l'un des constituants) a lancé sa campagne pour devenir Président du Parlement Européen. Mais, il a une autre idée derrière la tête : comme il en a ras-le-col des arrangements de couloir, il propose cette idée aussi simple que révolutionnaire que d'élire un Président de l'Union Européenne au suffrage universel direct. C'est évidemment mieux qu'un commissaire nommé par concile secret des États après d'aussi ésotériques qu'obscures tractations.

Eh bien figurez-vous que les Socialistes et les Verts ont la trouille du suffrage universel ! Et pourtant, quelle légitimité aurait un tel homme ! Quelle occasion unique d'intéresser enfin les Européens non spécifiquement aux affaires de leur seul pays, mais de l'Europe avec un grand E. Pas une voix ne devrait aller à ces trouillards qui craignent de perdre leurs privilèges et passent à côté d'une occasion unique.

Il ne resterait plus qu'à adjoindre l'idée de Jacques Delors à celle de Graham Watson en faisant élire le Président de la Commission européenne par les euro-députés, chaque groupe européen présentant un candidat.

Je ne doute pas un seul instant que toutes ces propositions soient vues d'un très bon oeil par tous les candidats MoDem.

00:38 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : delors, watson, europe, présidence |  Facebook | | |