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  • Les priorités européennes du MoDem

    Sarnez.jpgMarielle de Sarnez, euro-députée MoDem, et candidate à une reconduction de sa députation en île de France, en clôture d'un récent congrès du MoDem, propose de refonder un projet européen pour les peuples. Elle en évoque les principaux axes.

    J’ai dit l’inquiétude des Français. Cette inquiétude est la même dans toute l’Europe. Les Européens sont inquiets, déboussolés, ils ne voient plus le cap, ils ne voient plus la vision. Pour eux, nous devons retrouver une capacité d’agir, une capacité à forcer le destin. Au fond, c’est cela le véritable enjeu des élections européennes. Je veux que ces élections agissent comme un levier pour réformer l’Union européenne et améliorer la vie quotidienne de chacun de nos concitoyens.
    La première défense, c'est que l’Europe se donne enfin les moyens d’agir d’abord sur le plan économique et social. Tout le monde le sait, nous le disons depuis des années, nous avons besoin d’une cohérence économique nouvelle.
    L’Europe doit se doter enfin d’une fiscalité harmonisée. Elle doit enfin développer une politique industrielle commune, elle doit enfin avoir une coordination de la recherche et du développement, en particulier pour les énergies du futur.
    L'Europe doit soutenir de
    grands projets d’infrastructures pour des transports propres. Mais aussi pour acheminer gaz et pétrole sans être ou devenir les otages de certains, comme nous l'avons été avec la Russie, il y a quelques semaines. Je veux que nous agissions pour que plus jamais ne se reproduise la situation de cet hiver où la moitié de l’Europe grelottait, tandis que l’autre moitié était bien au chaud. C'est cela qu'il faut changer aussi.
    Nous devons nous doter d’outils au service d’une gouvernance économique. Nous devons réformer, refonder l’Eurogroupe, lui donner plus de poids, plus de pouvoir, nous devons
    créer un fonds d’investissement et nous devons donner à l’Union européenne une capacité propre à emprunter. Aujourd’hui, non seulement dans la crise nous ne sommes pas en mesure de lancer un grand emprunt, qui aurait été sacrément utile pour faire rebondir et repartir la croissance en Europe, mais, nous ne pouvons pas non plus aider les pays qui en ont besoin. Ainsi, par exemple la Hongrie est allée frapper à la porte du FMI pour avoir une aide financière. Eh bien, cela aussi, il faudra que cela change.
    En même temps que cette Europe économique, nous voulons faire
    avancer l’Europe sociale, car tout est lié. Il n’y aura pas de réussite économique durable sans vrai progrès social. Les pays les moins développés doivent enfin progresser pour éviter à l’avenir les risques de dumping social. L’Europe doit imposer les convergences vers le haut. Cela ne se fera pas tout seul, c'est au pouvoir politique de le faire. De même, l'Europe devra, à l’avenir, défendre l’idée que tout ne relève pas du secteur marchand et qu’il y a des services d’intérêt général qui doivent être préservés ; l’éducation, la santé, la formation bien sûr, mais aussi la Poste et les transports de proximité.
    Nous devons aussi nous donner les moyens d’agir au plan mondial en faisant évoluer le
    commerce international vers plus d’équité, mais aussi à plus de responsabilité. On ne peut plus produire en continuant de polluer la planète, on ne peut plus produire en bafouant la dignité humaine d’enfants que l’on fait travailler, au lieu de les envoyer à l’école. On ne peut plus produire en négligeant les questions de santé. L’Europe refuse l’importation du bœuf américain aux hormones, et du poulet chloré, et du lait chinois contaminé à la mélamine et elle a bien raison cette Europe-là ! Nous allons, je l’espère, vers un nouvel accord international en matière de lutte contre les effets du changement climatique, mais vous devez savoir que cet accord, et je le regrette, prévoit d’autoriser les industries européennes les plus polluantes à continuer de polluer tant que leurs concurrentes chinoises par exemple, elles aussi, continueront de polluer. C’est un cercle vicieux incroyable dont on ne sortira qu’en imposant les mêmes normes à tous. L’OMC doit intégrer ces nouvelles exigences environnementales, sanitaires et sociales, il en va de l'avenir de l'Europe et de la planète.

     

     

  • Le NPA et le MoDem attirent les convoitises

    Rien de plus opposés comme mouvements que le NPA et le MoDem, mais, je leur donne raison sur une stratégie commune : hors de question de passer des alliances ponctuelles avec de petits mouvements mercenaires qui s'empresseront de retrouver leurs alliés traditionnels une fois l'élection européenne, proportionnelle, passée.

    J'ajoute même que cela m'agace, et que cet arrivisme forcené pour tenter une effet d'aubaine est d'un cynisme assez impressionnant. Le PRG n'a d'autres objectifs en ayant proposé un accord au MoDem que de récupérer un ou deux élus européens sur le dos du MoDem (et de son électorat !). Une fois la chose faite, hop, retour chez les Socialistes pour toutes les autres alliances. Trop facile.

    J'imagine que le Parti de la Gauche et le PC ont exactement le même désir avec le NPA. Mais, une fois les européennes passées, adieu Front de la gauche de la gauche, et bonjour à nouveau les postes socialos.

    Trop facile : c'est vraiment se moquer du monde. Le MoDem et le NPA ont donc tout à fait raison de ne rien lâcher et de n'accepter d'accords que dans le cadre d'alliances durables, et non d'alliances totalement opportunistes. C'est vraiment prendre leurs dirigeants respectifs pour des andouilles que d'imaginer qu'ils se laisseraient entraîner dans des propositions aussi grossières.

    NPA et MoDem ont eu le courage de prendre leur indépendance. Pas question d'en faire profiter d'autres à peu de frais...

  • Google dance avec le MoDem

    Tiens, un petit signe qui ne trompe pas : allez jeter un oeil sur le site du Mouvement Démocrate et jetez un oeil sur son pagerank google .

    Moi, j'ai vu cet  indice évoluer. Je me souviens du démarrage du site, pendant longtemps, il est resté à 5. Puis, il a progressé jusqu'à 6 il y a quelques mois, et il y est resté pendant un bon moment. Mais 7, ça, c'est tout nouveau. Il y a deux semaines encore, le site était encore à 6. Si google considère que le site du MoDem passe à un pr de 7, c'est que son importance relative sur la Toile devient de plus en plus importante. Au passage, cela signifie aussi sans doute qu'une googledance a du avoir lieu il y a peu (je n'ai pas fait gaffe, mais je m'en rends compte grâce au site du MoDem). Et à votre avis, pourquoi l'importance relative du MoDem pour google augmente ? Eh bien parce que les Européennes arrivent. or, on le sait, le MoDem est le parti le plus européen de France...

    Le croirez-vous ? Je me suis rendu sur le site de l'UMP et...son pagerank n'est qu'à 6 :-) Bon, il faut admettre que le PS est à 7 aussi, mais ce n'est pas nouveau, contrairement à nous autres démocrates. Les Verts sont à 6, le FN également, mais le PC à 7 (allez savoir pourquoi...? c'est curieux.) Le NPA démarre à 4, mais à mon avis, ça va monter vite. Le Nouveau Centre a tout de même atteint 5. Comme le PRG qui ne sait plus où il en est politiquement mais qui a des élus...et puis aussi Lutte Ouvrière.

    Pour un parti comme le nôtre qui a peu d'élus, 7, c'est pas mal du tout...En tout cas, c'est un élément de plus pour confirmer que nous sommes bien devenus la 3ème force politique de France.

  • France de Nicolas Sarkozy, Marielle de Sarnez dresse un état des lieux...

    Sarnez.jpgMarielle de Sarnez est intervenue en clôture de la Conférence Nationale du MoDem, dimanche dernier. Elle évoque l'état de la France après les dernières mesures de Nicolas Sarkozy. Ce qui se passe aujourd'hui en France nous renforce tous les jours, et je pèse mes mots, dans l'idée que nous devons construire une alternative à un pouvoir qui s'est perdu. Regardons la France, écoutons les jeunes, les ouvriers, les salariés, les licenciés, les enseignants-chercheurs, les magistrats, les patrons de PME, c'est tout un peuple qui va mal et qui demande qu'on l'entende, qu'on soit à ses côtés et surtout qu'on le respecte. En face, le pouvoir ruse, fait des phrases, promet tout et son contraire et entretient une confusion générale.

    Nicolas Sarkozy explique par exemple qu’il exige des contreparties des banques, mais il refuse, contrairement à la Grande-Bretagne ou à l'Allemagne que l'État prenne des parts dans les conseils d'administration des banques, ce qui serait le plus simple pour avoir vraiment un droit de contrôle.

    Nicolas Sarkozy explique qu'il va supprimer, comme cela, la taxe professionnelle. En passant, il se trompe un peu, ce n'est pas 8 milliards, c'est plus de 20 milliards, mais pour lui, peu importe. Ce qu'il oublie de dire, c'est que, cet argent, les collectivités locales en ont besoin et que, évidemment, s'il allait jusqu'au bout de sa promesse, ce qui n'est pas sûr, il faudrait qu'il invente un autre impôt et que, cet impôt, s'il ne pèse pas sur les entreprises, il pèsera évidemment sur les contribuables.

    Nicolas Sarkozy explique qu’un jeune juge ayant failli, il faut maintenant supprimer le juge d’instruction, alors qu’il s’agit en fait, par cette réforme, de renforcer le pouvoir de l’État et son contrôle sur l’instruction et de créer une justice à deux vitesses où celui qui aura les moyens sera mieux et toujours mieux défendu que celui qui n'en aura pas les moyens.

    Nicolas Sarkozy nous explique qu’il va réformer le capitalisme mondial, mais il se garde bien de limiter les rémunérations des banquiers, comme vient de le faire Barak Obama. Il se garde bien de tancer la patronne des patrons quand celle-ci dit, il y a trois jours que, la crise aidant, il faut rendre les licenciements économiques plus faciles et plus rapides. Il continue de faire payer le RSA par les seules classes moyennes, et il ne remet pas en cause le bouclier fiscal qui privilégie les plus aisés des Français.

    Voilà, mes chers amis, l'état de la France et on aurait pu continuer pendant longtemps. Et voilà, alors que notre pays va aborder des élections importantes pour son avenir mais aussi pour celui des peuples européens et sans doute même pour l’avenir des peuples du monde.

  • Bayrou et l'OTAN

    J'observe, une fois de plus, que la presse (et elle n'est pas seule) se précipite et rend compte des propos de François Bayrou sans y avoir réfléchi et surtout, de manière incomplète.

    Première correction : François Bayrou n'a pas dit qu'il était hostile a priori à une réintégration de la France dans l'OTAN, il a dit qu'il souhaitait un débat à ce sujet, et surtout, qu'il n'était pas favorable à celle que propose Nicolas Sarkozy.

    Pourquoi la France est-elle historiquement sortie de l'OTAN ? Cela ne relève pas des seuls rêves de grandeur du Général de Gaulle : c'est aussi que les structures de commandement de l'OTAN le laissaient aucune place à la France comme, aujourd'hui, elles ne laissent aucune place à l'Europe !

    Ce n'est pas par nationalisme étriqué que François Bayrou s'inquiète de cette réintégration, mais au contraire par sentiment européen. On dit les centristes atlantistes par tradition, mais en réalité, il y a une vieille pomme de discorde entre les Américains et ces mêmes centristes, c'est la place de l'Europe dans tout dispositif de défense européen. Les propos de François Bayrou doivent être compris à l'aune de cet enjeu. J'ajoute, pour ceux qui en douteraient, qu'il l'avait dit et écrit dans ses propositions sur la Défense lors de l'élection présidentielle. Son discours de clôture du colloque que l'UDF avait organisé sur ce thème, le 22 juin 2006, est également éloquent, et j'en cite quelques passages

    Les gouvernements de l'Union européenne devraient réfléchir à cela : la priorité des priorités est la construction d'une défense européenne - pas une armée européenne, ce n'est pas la bonne perspective - la mise en synergie de capacités militaires nationales, à qui on permet de manœuvrer ensemble, d'interagir ensemble, d'échanger des renseignements. Perspective beaucoup plus réaliste et rapide, que celle qui voudrait renoncer au caractère national des armées.
    Quel est le principe de la défense européenne ? Que l'Europe se donne pour obligation de se défendre elle-même. Que notre défense soit assurée par nos capacités. Nous sommes plus nombreux et aussi riches que les Américains, il n'y a aucune raison que nous renoncions au devoir de nous défendre nous-mêmes. Nul ne peut exclure que les Américains pensent un jour avoir d'autres priorités. Organiser ou assurer la défense du territoire européen, c’est notre affaire, notre responsabilité ; les Etats européens qui ne partagent pas cette idée, il faut les en convaincre.[...]

    C'est quand nous aurons fait cela, c'est dès que les Européens auront arrêté la volonté de prendre en main leur propre défense, que l'Alliance atlantique aura un autre visage, et toutes les réticences françaises qui se sont exprimées au cours des dernières décennies, s'effaceront. Je suis persuadé que beaucoup de Français n'accepteront pas d'être suiveurs, ils voudront être partenaires dans une Alliance atlantique rénovée.

    J'ai écrit une note à ce sujet, en avril dernier, et j'avoue qu'à l'époque, j'avais mal compris la position de François Bayrou, que je croyais être un refus catégorique sur l'OTAN . En réalité, ce n'est pas un refus catégorique de l'OTAN, mais un refus catégorique d'un OTAN qui ne traiterait pas à parité l'Europe et l'Amérique. Je pense que si l'on veut se faire une idée claire des enjeux, il faut relire à nouveau l'excellente note de Quindi sur ce sujet et particilièrement tout ce qui concerne le Politique Européenne de Défense et de Sécurité (PESD). C'est l'avantage avec Quindi, contrairement à nos petits billets d'acutalités qui se noient dans le flot continu de l'immédiateté, ses billets sont écrits pour durer et on peut s'y reporter encore longtemps après. Dans le domaine géostratégique, c'est une vraie Bible...