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lundi, 09 février 2009

Bayrou et l'OTAN

J'observe, une fois de plus, que la presse (et elle n'est pas seule) se précipite et rend compte des propos de François Bayrou sans y avoir réfléchi et surtout, de manière incomplète.

Première correction : François Bayrou n'a pas dit qu'il était hostile a priori à une réintégration de la France dans l'OTAN, il a dit qu'il souhaitait un débat à ce sujet, et surtout, qu'il n'était pas favorable à celle que propose Nicolas Sarkozy.

Pourquoi la France est-elle historiquement sortie de l'OTAN ? Cela ne relève pas des seuls rêves de grandeur du Général de Gaulle : c'est aussi que les structures de commandement de l'OTAN le laissaient aucune place à la France comme, aujourd'hui, elles ne laissent aucune place à l'Europe !

Ce n'est pas par nationalisme étriqué que François Bayrou s'inquiète de cette réintégration, mais au contraire par sentiment européen. On dit les centristes atlantistes par tradition, mais en réalité, il y a une vieille pomme de discorde entre les Américains et ces mêmes centristes, c'est la place de l'Europe dans tout dispositif de défense européen. Les propos de François Bayrou doivent être compris à l'aune de cet enjeu. J'ajoute, pour ceux qui en douteraient, qu'il l'avait dit et écrit dans ses propositions sur la Défense lors de l'élection présidentielle. Son discours de clôture du colloque que l'UDF avait organisé sur ce thème, le 22 juin 2006, est également éloquent, et j'en cite quelques passages

Les gouvernements de l'Union européenne devraient réfléchir à cela : la priorité des priorités est la construction d'une défense européenne - pas une armée européenne, ce n'est pas la bonne perspective - la mise en synergie de capacités militaires nationales, à qui on permet de manœuvrer ensemble, d'interagir ensemble, d'échanger des renseignements. Perspective beaucoup plus réaliste et rapide, que celle qui voudrait renoncer au caractère national des armées.
Quel est le principe de la défense européenne ? Que l'Europe se donne pour obligation de se défendre elle-même. Que notre défense soit assurée par nos capacités. Nous sommes plus nombreux et aussi riches que les Américains, il n'y a aucune raison que nous renoncions au devoir de nous défendre nous-mêmes. Nul ne peut exclure que les Américains pensent un jour avoir d'autres priorités. Organiser ou assurer la défense du territoire européen, c’est notre affaire, notre responsabilité ; les Etats européens qui ne partagent pas cette idée, il faut les en convaincre.[...]

C'est quand nous aurons fait cela, c'est dès que les Européens auront arrêté la volonté de prendre en main leur propre défense, que l'Alliance atlantique aura un autre visage, et toutes les réticences françaises qui se sont exprimées au cours des dernières décennies, s'effaceront. Je suis persuadé que beaucoup de Français n'accepteront pas d'être suiveurs, ils voudront être partenaires dans une Alliance atlantique rénovée.

J'ai écrit une note à ce sujet, en avril dernier, et j'avoue qu'à l'époque, j'avais mal compris la position de François Bayrou, que je croyais être un refus catégorique sur l'OTAN . En réalité, ce n'est pas un refus catégorique de l'OTAN, mais un refus catégorique d'un OTAN qui ne traiterait pas à parité l'Europe et l'Amérique. Je pense que si l'on veut se faire une idée claire des enjeux, il faut relire à nouveau l'excellente note de Quindi sur ce sujet et particilièrement tout ce qui concerne le Politique Européenne de Défense et de Sécurité (PESD). C'est l'avantage avec Quindi, contrairement à nos petits billets d'acutalités qui se noient dans le flot continu de l'immédiateté, ses billets sont écrits pour durer et on peut s'y reporter encore longtemps après. Dans le domaine géostratégique, c'est une vraie Bible...

10:49 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : bayrou, otan, pesd, europe |  Facebook | | |

Commentaires

L'Europe DOIT avoir une armée européenne, ou au moins une direction stratégique commune, à mon avis c'est la seule voie vers un vrai multilatéralisme, car c'est la seule force qui pourrait être d'un niveau comparable à celle des Etats Unis sans être une menace pour eux.

Écrit par : vincent15 | lundi, 09 février 2009

@Vincent,
Un petit secret, c'est prévu, simplement NS veut lui donner un axe qui n'est pas souhaitable, cela peut nous occasionner bien des soucis avec la Russie!

Écrit par : Martine | lundi, 09 février 2009

@ Vincent

Nous sommes bien d'accord. C'est clairement la position de Bayrou.

Écrit par : L'Hérétique | lundi, 09 février 2009

Sans remonter à 2006 tout récemment
Pour la réintégration dans l'OTAN
F.Bayrou :

"(un) aller sans retour, une défaite pour la France",

"Nous abandonnons une part d'héritage du Général de Gaulle et nous l'abandonnons pour rien".

Je ne vois pas trop où sont les nuances.

On sait bien que des relations de la France avec l'OTAN existent.

La "reintégration" est un acte important, prémédité depuis longtemps, qui est aussi un aveu d'alignement (est-ce vraiment seulement militaire ?).

Si on n'en est pas d'accord, autant le dire nettement.

Écrit par : Chui Kalm | lundi, 09 février 2009

la nuance, c'est quand il dit : "nous l'abandonnons pour rien". Il faut une contrepartie au retour de la France, tout simplement, et Bayrou ne l'écarte pas ce retour.

Écrit par : L'Hérétique | lundi, 09 février 2009

@L'Hérétique

Vous pensez que F. Bayrou est un adepte du troc politique ?

Écrit par : Chui Kalm | lundi, 09 février 2009

@l' hérétique,
dsl, je ne peux rien dire de plus.
Mais votre axe est le bon, aucun troc politique.

Écrit par : Martine | lundi, 09 février 2009

@ Chui Kalm

pas du troc, mais de vraies contreparties, oui. Sauf qu'évidemment, sur ces contreparties, les Américains ne veulent absolument pas céder, comme par hasard...

Écrit par : L'Hérétique | lundi, 09 février 2009

@L'Hérétique

Oui, mais est-ce vraiment négociable ?
Il faut considérer aussi que dans le fond les Américains aiment mieux ceux qui sont intransigeants avec l'indépendance.

Écrit par : Chui Kalm | lundi, 09 février 2009

Je ne peux m'empêcher de rapprocher cette précipitation (apparente du moins, car j'espère qu'il est tout de même marqué à la culotte par des conseillers avisés) de Sarkozy sur la réintégration de la France dans l'OTAN de celle qu'il manifeste sur d'autres sujets : sa position favorable à l'entrée de la Turquie en Europe ou, toutes proportions gardées, sa propension à vexer nos alliés européens, hier Angela Merkel, aujourd'hui les Tchèques, de façon grossière, toujours dans le désir vain d'être sur la photo et, rêve ultime, de passer à la postérité !
Sur l'OTAN et la PESD, je me souviens pourtant que son actuel ministre de la défense Hervé Morin défendait avec virulence la position de Bayrou pendant la campagne présidentielle et qu'il plaidait pour un rapprochement entre la France et la Grande-Bretagne afin de renforcer l'Europe, et non sur une alliance d'intérêts entre Etats-Unis, Grande-Bretagne et Turquie, qui, évidemment, se ferait au détriment non seulement de l'indépendance et de la sécurité de l'Europe, mais aussi selon moi du sentiment même de l'appartenance européenne, et donc à terme de sa pertinence géographique et culturelle.
C'est curieux comme le président Sarkozy qui par son histoire familiale devrait être un symbole de la civilisation européenne semble hermétique à la culture et à l'Histoire de notre continent. Il ne pourra pourtant pas atteindre les hauteurs auxquelles il aspire sans s'appuyer sur des racines profondes.

Écrit par : Christine | mardi, 10 février 2009

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