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  • Taxe d'habitation : idée généreuse mais c'est aux maires de décider

    Mes lecteurs l'ont compris, je soutiens Emmanuel Macron, désormais, mais, je n'ai pas pour autant perdu mon sens critique.

    J'ai trouvé son programme économique pertinent et modéré, s'appuyant sur des conjectures très raisonnables mais il y a un point qui me chiffonne dedans : Emmanuel Macron annonce que 80% des Français ne régleront plus la taxe d'habitation. Je suis pour une diminution de la fiscalité mais contre la manière de faire à trois titres :

    1.Tous les Français doivent participer à l'impôt. Progresser vers un système ou une petite minorité supporte les dépenses des 80% restants, c'est une très mauvaise direction et, pour le compte, une mesure typiquement socialiste. Regardons Paris ou le 16ème arrondissement, tout en étant conchié régulièrement par la majorité municipale, paie à lui seul 50% des impôts locaux de la ville, je trouve que ce n'est pas sain, quand bien même c'est l'un des plus riches. Cela revient petit à petit à donner le droit à une majorité de s'arroger le pouvoir de décider comment doit dépenser ou non l'argent que possède une minorité. Ce n'est pas la même chose qu'une participation à l'effort commun.

    2.La taxe d'habitation est une taxe locale. C'est aux habitants de chaque ville de définir ce qu'ils veulent ou non comme fiscalité, et in fine au maire de chaque ville. Un système ou l'État décide revient à recentraliser le pouvoir ce à quoi je suis très opposé. Je pense que l'État ne doit pas imposer aux collectivités locales leurs obligations et leur fiscalité.

    3.Si l'État compense le manque à gagner, car je ne vois pas d'autres options que de le compenser, ce ne sera pas une véritable baisse d'impôts. D'une manière ou d'une autre quelqu'un paiera à moins que l'effort soit financé sur la base d'économies cas dans lequel, par curiosité, j'aimerais bien savoir lesquelles...

    Conclusion : bonne tendance mais il faut trouver un autre biais, qui concerne tous les Français sans exception, et préserve les libertés des collectivités.

  • Nous ne sommes pas à l'abri de nouveaux coups de tonnerre

    Je suis centriste, centre-droit et modérément libéral et j'avoue qu'il y a une hypothèse qui me fout drôlement la trouille dans cette campagne présidentielle. Je ne devrais même pas l'énoncer ici mais de toutes façons, mes adversaires politiques ont déjà fait le calcul.

    Si Hamon et Mélenchon unissaient leurs forces derrière un seul de l'un d'eux, je ne dis pas que l'addition serait 100% mathématique mais il serait à peu près sûr qu'ils dépasseraient Macron et Fillon.

    Et là, le cauchemar commencerait.

    Un second tour Hamon ou Mélenchon contre Marine Le pen.

    J'ai lu le livre de Mélenchon. Qui sait que son intention est de convoquer une assemblée constituante en interdisant à tous ceux qui ont déjà exercé une députation de se présenter à nouveau ? Aucun processus démocratique n'est établi derrière la mise en place de cette assemblée. En fait, ce serait ni plus ni moins un coup d'état. Mélenchon dit parfois des choses profondes et j'ai du respect pour l'individu qu'il est, mais, politiquement, il me serait impossible de voter pour un homme qui a un tel programme, même contre Marine Le pen. J'ai lu le programme du FN et il n'y est nulle part question de revenir sur les processus démocratiques qui sont ceux de notre pays. Donc, à titre, ce programme est pire que celui du FN. Mais à côté de cela, quand vous avez compris QUI se trouve dans ce parti, vous pouvez commencer à trembler. Le FN se contrefiche bien des droits associés à la démocratie et surtout à l'Homme, qu'ils vomissent et on voit bien que c'est le cas de son électorat aussi. Dérapages sûrs à 200% !

    Le problème, voyez-vous, c'est que le cauchemar, il est possible, et les 70 000 signataires de la pétition qui aspirent à une telle union et à sa réalisation l'ont bien compris eux. Une telle alliance serait un coup de tonnerre dans la campagne à deux mois du premier tour. Face à Hamon ou Mélenchon, MLP aurait de très sérieuses chances de gagner. 

    Je vous le dis franchement, je ne pousserai un "ouf" que lorsque les candidatures à l'élection seront closes et ce danger écarté, et encore : on ne sait jamais, jusqu'au dernier moment cette option reste possible.

    Nous sommes dans une configuration très instable. On peut dire, en gros, qu'il y un quart de l'électorat pour les quatre grandes forces. 25% pour la gauche de la gauche (Hamon+Mélenchon), un peu plus de 20% pour le centre (Macron), près de 25% aussi pour la droite conservatrice (Fillon + Dupont-Aignan) et 25% pour l'extrême-droite (MLP).

    Tout peut basculer vite. Je me console sur un seul point : on dit l'électorat de Macron volatil mais je fais observer que je vois pas trop où il peut se diriger, désormais. Il devrait assez rapidement se consolider.

    Mais ce qui rend encore plus dangereuse cette élection c'est que 40% de l'électorat n'est pas décidé. Même si Macron parvient à accéder au second tour, ce que je lui souhaite, il sera en grand danger face à Marine Le pen, sans parler de Fillon pour lequel la gauche ne viendra jamais voter. 

    Il faut bien comprendre quelque chose avec le vote FN : on ne peut déjà plus le faire régresser. En réalité, la stratégie, désormais, c'est le containment, comme disent les Anglo-Saxons, c'est à dire qu'il faut l'empêcher de continuer à grignoter l'électorat. C'est le mieux que l'on puisse faire à l'heure actuelle car le vote FN est un chemin sans retour. Le seul qui était parvenu (mais à quel prix !!! A celui d'une porosité de plus en plus forte entre son électorat et celui du FN !) à faire régresser ce vote, c'était Nicolas Sarkozy en 2007.

    Très franchement, si on y parvient pour 2017, mais que la situation de la France ne s'est pas rétablie en 2022, cette fois, plus rien ne pourra empêcher le FN de conquérir le pouvoir. Ce n'est qu'une question de temps.

  • Pénélope Fillon, élégance de Macron

    Dans cette campagne, cela fait un moment que je me dis que Pénélope Fillon doit vivre un véritable Enfer. Difficile d'établir sa responsabilité dans les circonstances qui la touchent. Je suppose qu'elle n'en a jamais mesuré les conséquences probablement parce qu'il s'agissait d'une pratique commune dans la sphère politique et qu'elle n'avait jamais été dénoncée jusque là. François Fillon n'a pas mesuré l'ampleur des changements qui se sont produits dans l'opinion au fil des ans et surtout très mal calculé l'angle d'attaque de sa campagne à l'aune d'un tel lot de casseroles.

    Il n'en reste pas moins que les allusions dégueulasses et graveleuses ont rapidement proliféré contre Pénélope Fillon alors qu'il ne s'agit pas d'une personnalité publique et que jusqu'à nouvel ordre, la justice n'a pas tranché sur l'illégalité des fonds reçus.

    Macron n'a jamais versé dans l'hystérie ce dont je lui donne quitus et surtout, lors d'un tout récent entretien télévisé j'ai trouvé ses propos d'une rare élégance.


    Macron considère que "ce qui se passe pour... par BFMTV

    J'ai senti dans les commentaires et les caricatures parfois répugnantes comme des relents fétides d'égout bien caractéristiques d'une misogynie toujours prompte à s'exprimer. Macron a l'élégance de ne pas s'en prendre à la famille d'un concurrent et de circonscrire ses observations à son seul adversaire, de manière très mesurée d'ailleurs.

    C'est tout à son honneur et montre qu'il détone vis-à-vis des femmes, chose rare par les temps qui courent.

    Je parcours à l'heure actuelle son programme et je ne le trouve ni génial ni non plus catastrophique. Neutre, en fait, à deux trois mesures près. Mais j'apprécie le geste rare qu'il a eu aujourd'hui envers une femme trop accablée. Les lecteurs de ce blog le savent, le respect des femmes et l'égalité des conditions sont l'une de mes préoccupations principales.

  • Mon cher Emmanuel (Macron)...

    Mon cher Emmanuel,

    Je vois qu'avec l'alliance que vous venez de passer avec François Bayrou l'axe central est en marche, c'est le cas de le dire.

    Je dois vous l'avouer, mon cher Emmanuel, j'ai eu la dent dure contre vous sur mon blog, et plus d'une fois. Si je vous rejoins aujourd'hui, c'est uniquement parce que François Bayrou le fait et que j'ai une confiance inébranlable en ce dernier. Je dois toutefois vous concéder que j'avais décelé des inflexions qui n'étaient pas pour me déplaire dans le programme que vous vous êtes enfin décidé à dérouler, depuis deux semaines.

    Je me permets toutefois quelques amicales suggestions :

    Premièrement, quand un thème ne fait pas sens mais est très clivant dans la sphère politique, c'est absolument inutile d'aller chercher les embrouilles pour des clopinettes. Les deux monumentales bourdes que vous avez faites la semaine dernière en sont des illustrations éclairantes.

    Deuxièmement, vous l'avez noté, les médias se sont longtemps intéressés à vous mais depuis dix jours ils se sont carrément retournés contre vous. Maintenant, tout le monde va vouloir votre peau et celle de François (Bayrou) et il va vous falloir naviguer vent debout par gros temps. Ce n'est pas tout : fachosphère, réacosphère, gauchistes archéo-révolutionnaires, ils rêvent du goulag et de la schlague pour vous. Tous en embuscade parce qu'ils sentent bien que le jeune premier que vous êtes va les priver d'une victoire qu'ils étaient convaincus de conquérir aisément. Méfiez-vous, Emmanuel Macron : dans une campagne comme celle-là, tous les coups sont permis, y compris les plus vils, calomnies, diffamations et la liste peut être longue, ils ne vous rateront pas s'ils le peuvent.

    Troisièmement, démarquez-vous sur les choses qui en valent la peine : on ne parle pas assez de santé dans cette campagne, mais considérez qu'un Français sur trois sera susceptible d'être touché par le cancer, par exemple, qu'il existe une série d'autres affections qui nous affligent et que même dans les villes obtenir un rendez-vous avec un spécialiste tient de la gageure. Vous voulez faire un coup d'éclat ? Au lieu d'évoquer la colonisation, aspect de notre histoire qui concerne les historiens, désormais, annoncez un plan d'envergure pour repeupler de cabinets médicaux les provinces si déshéritées que l'absence de médecins y est désormais une cause de mortalité ou de dégradation brutale de la santé ! Je ne sais pas moi, annoncez que vous multipliez par deux le numerus clausus aux concours de médecine, que vous autorisez aux pharmaciens certains actes de santé, des choses de ce genre, ensemble, qui créeraient un choc sanitaire positif. Bref, employez intelligemment votre énergie.

    Quatrièmement, prenez en considération les Français qui travaillent. Mais je crois que François en a fait un pilier de son alliance avec vous...Non non, le dimanche n'est pas un jour comme les autres et il doit être payé en heures supplémentaires et grassement. Même chose pour le travail de nuit. Bref, abstenez-vous de toute velléité dérégulatrice dans ce domaine sans vous interdire une certaine flexibilité naturellement. Plus généralement, ne faites pas du pouvoir d'achat des Français une marge d'amortissement des coûts.

    Cinquièmement, ne vous en déplaise, il n'y a pas des cultures françaises mais UNE culture française, et vous feriez bien de vous en rappeler si vous aspirez à devenir le président des Français. Nous avons un modèle, nous avons une langue, nous avons une culture, et nous ne voulons pas les sacrifier aux idéologies dominantes. Et quand nous aimons l'Europe, nous continuons d'aimer la France et ne les jouons jamais l'une contre l'autre, qu'on se le dise.

    Mesurez, enfin, à quel point la caution morale de François Bayrou vous est précieuse. Jamais je n'envisagerais de voter pour vous sans lui. Aujourd'hui, à mon lieu de travail, j'ai entendu plusieurs personnes envisager de décaler leur vote vers vous uniquement parce que François Bayrou s'associe à vous. Plus surprenant, des électeurs venus du camp Hamon pourraient aussi vous accorder leur voix pour la même raison.

    Nous, les centristes historiques, qui nous sommes battus pour conserver notre indépendance, ne nous décevez pas. Nous sommes conscients qu'il existe une occasion historique d'envoyer paître d'un coup les deux partis qui se partagent le pouvoir depuis plusieurs décennies tout en bloquant la route aux populismes de gauche et de droite. Nous pouvons gagner mais il faudra pour cela un projet qui soit doté d'une âme, un programme dont les appuis soient plus que solides : enraciné dans notre terroir tout en étant tourné vers l'horizon.

    Bien cordialement à vous, mon cher Emmanuel, 

    Rodrigo Borgia alias l'Hérétique, blogueur centriste et démocrate canal-historique

  • Bayrou et Macron font alliance

    Je mettrai à jour au fur et à mesure mais François Bayrou et Emmanuel Macron s'allient.

    François Bayrou pose ses conditions

    1.Que le travail soit rémunéré justement et qu'on cesse de le payer de moins en moins. Macron sait ce qu'il a à faire : il faudra revenir sur le travail du dimanche et le règlement correct des heures sup.

    2.Moralisation de la vie  publique : ne pas dépendre d'intérêts financiers et ne rien devoir à des puissances extérieures

    3.La France est une vision du monde, une résistance : faire de cette âme le moteur de l'alliance.

    Nota Bene : tous ceux qui ont passé leur temps à conchier Bayrou sont vraiment des connards, je le dis : ça fait deux fois pendant ces présidentielles qu'il est prêt à s'effacer pour un intérêt supérieur (Juppé puis Macron, ce qui marque bien les deux tenants de l'arc central). Je le dis parce que je l'ai sur le coeur depuis un moment.

  • Privatisation des radars : le retour des fermiers généraux

    La ville de Paris d'abord, le gouvernement ensuite, s'apprêtent à donner à des sociétés privées le privilège exorbitant de pouvoir taxer à l'oeil le gueux, franc ou gaulois de son état, heureux détenteur d'une charrette auto-motrice. Le beau tour de passe-passe, derrière, c'est de dépénaliser la chose. En somme, ce ne serait plus un PV mais simplement un octroi qu'il faudrait régler pour dépassement de vitesse ou mauvais stationnement.

    Rien à voir avec la sécurité routière, bien évidemment, il s'agit juste de trouver un nouvel impôt. L'astuce socialiste (mais je ne doute pas un seul instant que Les Républicains embrayeront) c'est de faire valoir, qu'en ces temps troublés, il faut décharger les forces de police d'une tache certes mineure mais chronophage. Jolie entourloupe qui permet de ne pas évoquer les promesses mirifiques des uns et des autres et l'endettement record de la Ville de Paris (autolib, les couloirs de bus croisés accidentogènes, le tram, velib, tout ça, ça coûte...) ou encore celui de l'État.

    Je voudrais rafraîchir la mémoire historique des thuriféraires de cette solution : elle a été utilisée à plusieurs reprises dans l'Histoire des Civilisations. En France, elle est à l'origine de la Révolution Française. Les citoyens ne supportaient plus les fermiers généraux. Ils les haïssaient à mort et leur ont collé la tête sur une pique dès qu'ils l'ont pu. Comprenons-nous bien : les fermiers généraux n'étaient pas de sympathiques agriculteurs mais des percepteurs d'impôt privés que le bon Roy de France Louis chargeait de percevoir une somme. A charge pour eux de la ramener qu'on ne leur donnait aucune limite s'ils souhaitaient percevoir plus.

    Perclus d'impôts, les Français finirent pas guillotiner le roi. On voit souvent le Français comme un grand enfant socialiste, on oublie que sommeille aussi en lui le libéral teigneux qui en a plein le dos d'être taxé pour un oui ou pour un non...

    Les Romains procédaient à peu près de la même manière avec leurs provinces. Cela a permis à un certain Cicéron d'écrire des discours fameux et notamment contre un sale type, le préteur Caïus Licinus Verres, qui chargé d'une mission du même acabit, pillait allègrement les biens des habitants de Sicile.

    Cicéron était alors questeur, c'est à dire, à son époque, une sorte de super contrôleur des comptes publics. Un questeur, ça ne rigolait pas, et de fait, bien que Verrès disposât de puissants appuis, il se trouva vite contraint de choisir l'exil à Marseille (on y trouvait déjà des corrompus dès cette époque). Il faut dire que les Siciliens avaient confié leurs affaires à un avocat de renom avec Cicéron. C'était la class action de l'époque, en somme.

    Les Hidalgo, Cazeneuve et compagnie feraient bien d'y réfléchir. Entre la raréfaction des places, l'explosion du montant des amendes, la délégation du contrôle du stationnement à une société privée, et maintenant l'utilisation des radars, tout ça avec l'intention de permettre à ces intermédiaires de se payer grassement sur le dos de la bête, ça commence à bien faire...