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mardi, 21 février 2017

Privatisation des radars : le retour des fermiers généraux

La ville de Paris d'abord, le gouvernement ensuite, s'apprêtent à donner à des sociétés privées le privilège exorbitant de pouvoir taxer à l'oeil le gueux, franc ou gaulois de son état, heureux détenteur d'une charrette auto-motrice. Le beau tour de passe-passe, derrière, c'est de dépénaliser la chose. En somme, ce ne serait plus un PV mais simplement un octroi qu'il faudrait régler pour dépassement de vitesse ou mauvais stationnement.

Rien à voir avec la sécurité routière, bien évidemment, il s'agit juste de trouver un nouvel impôt. L'astuce socialiste (mais je ne doute pas un seul instant que Les Républicains embrayeront) c'est de faire valoir, qu'en ces temps troublés, il faut décharger les forces de police d'une tache certes mineure mais chronophage. Jolie entourloupe qui permet de ne pas évoquer les promesses mirifiques des uns et des autres et l'endettement record de la Ville de Paris (autolib, les couloirs de bus croisés accidentogènes, le tram, velib, tout ça, ça coûte...) ou encore celui de l'État.

Je voudrais rafraîchir la mémoire historique des thuriféraires de cette solution : elle a été utilisée à plusieurs reprises dans l'Histoire des Civilisations. En France, elle est à l'origine de la Révolution Française. Les citoyens ne supportaient plus les fermiers généraux. Ils les haïssaient à mort et leur ont collé la tête sur une pique dès qu'ils l'ont pu. Comprenons-nous bien : les fermiers généraux n'étaient pas de sympathiques agriculteurs mais des percepteurs d'impôt privés que le bon Roy de France Louis chargeait de percevoir une somme. A charge pour eux de la ramener qu'on ne leur donnait aucune limite s'ils souhaitaient percevoir plus.

Perclus d'impôts, les Français finirent pas guillotiner le roi. On voit souvent le Français comme un grand enfant socialiste, on oublie que sommeille aussi en lui le libéral teigneux qui en a plein le dos d'être taxé pour un oui ou pour un non...

Les Romains procédaient à peu près de la même manière avec leurs provinces. Cela a permis à un certain Cicéron d'écrire des discours fameux et notamment contre un sale type, le préteur Caïus Licinus Verres, qui chargé d'une mission du même acabit, pillait allègrement les biens des habitants de Sicile.

Cicéron était alors questeur, c'est à dire, à son époque, une sorte de super contrôleur des comptes publics. Un questeur, ça ne rigolait pas, et de fait, bien que Verrès disposât de puissants appuis, il se trouva vite contraint de choisir l'exil à Marseille (on y trouvait déjà des corrompus dès cette époque). Il faut dire que les Siciliens avaient confié leurs affaires à un avocat de renom avec Cicéron. C'était la class action de l'époque, en somme.

Les Hidalgo, Cazeneuve et compagnie feraient bien d'y réfléchir. Entre la raréfaction des places, l'explosion du montant des amendes, la délégation du contrôle du stationnement à une société privée, et maintenant l'utilisation des radars, tout ça avec l'intention de permettre à ces intermédiaires de se payer grassement sur le dos de la bête, ça commence à bien faire...

mardi, 24 mai 2011

Radars : Députés frondeurs 1 - gouvernement 0

Dans la catégorie idéologique, j'avais trouvé l'idée de supprimer les panneaux avertissant de la présence de radar particulièrement mal venue et perverse.

En somme, le principe était que Big Brother puisse en permanence coincer le vilain citoyen désobéissant.

Généralement, les députés UMP sont des députés godillots, mais, pour une fois, ils se sont fait entendre du gouvernement et Guéant semble se ranger sagement à leur avis.

Les radars pédagogiques sont à mon avis tout aussi efficaces que la peur du gendarme : voir un panneau lumineux prévenir que sa vitesse n'est pas conforme amène vraisemblablement le conducteur à lever le pied. C'est donc une très bonne idée d'en installler beaucoup plus.

Cherche à coincer le conducteur donne en revanche la très déagréable impression d'être sous l'oeil de Moscou en permanence. Tous ceux qui aiment la liberté et la responsabilité doivent trouver une telle pratique extrêmement désagréable.

Bref, encore un effort, messieurs les députés de droite, faites reculer votre gouvernement, d'autant que sur un tel sujet, il ne faut pas compter sur les députés de gauche qui applaudissent certainement des deux mains une telle mesure (je ne sais pas ce que pensent les députés centristes...)...

Du côté du MoDem, Olivier Henno, qui s'occupe des questions de sécurité au sein du Shadow Cabinet du MoDem, partage en tout cas mon avis : c'est sur l'information bien plus que la répression qu'il faut compter, et, comme le note Henno, à cet égard, les systèmes d'information embarqués (traduction, les fameux coyotes) sont très efficaces, et ce, d'autant qu'ils sont davantage coopératifs.

Ce ne sont d'ailleurs pas les conducteurs possesseurs de ces systèmes qui provoquent des accidents.

Voilà : le MoDem et moi, on est parfaitement en phase sur la question.