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  • Voile et kippa, le faux-pas de gauche de Marine Le pen

    On a dit parfois que Marine Le pen avait emprunté en certaines circonstances la phraséologie de la gauche de la gauche mais là, bingo, elle a touché le gros lot en comparant la kippa et le voile islamique.

    Le raisonnement est simple : les islamistes nous emmerdent avec leur voile, car il est contraire à notre tradition humaniste (en effet, il signifie que la femme doit se garder de tenter l'homme, ce qui la ramène à la condition d'objet sexuel avant toutes choses pour son seigneur et maître...) donc, il faudrait faire chier les Juifs qui n'ont rien demandé avec leur kippa, le tout sous prétexte que ce serait des signes extérieurs d'appartenance religieuse.

    Alors, là, la réacopsphère a toussé : côté philosémite comme l'Didier on lui a soufflé dans les bronches tandis que côté facho, conspirationniste  et antisioniste (quand ce n'est pas antisémite) façon Hoplite ou encore fdesouche on se pâmait d'aise à l'inverse.

    La manière de raisonner qui consiste à appliquer une mesure à toutes les minorités pour ne pas faire de jaloux sans se préoccuper du fond, c'est un bien un truc de gauche, ça. Du coup, c'est trop drôle de voir Valls lui répliquer en assurant que les Juifs pouvaient porter tranquillement leur kippa en France (ce qu'ils font depuis des siècles en Europe au demeurant).

    Au passage, le port du voile n'est pas même une spécificité de l'Islam : c'est une pratique locale issue des déserts d'Arabie qui s'est progressivement répandue dans tout l'Islam et dont les esprits les plus réactionnaires ont fait un étendard.

    La kippa, elle, n'a d'autres buts que de rappeler au fidèle que l'Éternel est l'autorité suprême. Rien de gênant, me semble-t-il dans notre civilisation imprégnée de droit, de liberté  et de justice.

    Eh oui, les amis, tous les signes religieux ne se valent pas. Dur à admettre pour notre République qui se veut une et indivisible et se refuse donc à établir quelque forme de préférence que ce soit.

    Masi voilà, l'impartialité ne signifie pas l'abolition du jugement. S'il a fallu casser les pieds des Catholiques et des Juifs à cause du foulard, extension avancé du voile et de la burka, la dernière fois, les juristes français ne s'y sont pas trompés et ils ont ciblé la burka toute seule avec l'interdiction de masquer son visage en public. 

    Il ne restera plus que le carnaval aux intégristes...

  • Bayrou ne dit pas non à Borloo

    Caramba, troisième note aujoud'hui mais l'actualité l'exige. Bayrou vient de s'exprimer sur I-télé sur de nombreux sujets et notamment sur le projet de rassemblement du centre de Borloo.

    Je pense qu'il lui a largement rendu la main en proposant de constuire ce centre ensemble afin de porter des idées et des valeurs communes. Il a en revanche réaffirmé sa volonté de ne pas être prisonnier d'une alliance proposant à chacun de pouvoir conserver son cap. Liberté de vote, en somme, ce qui était l'un des principes de la nouvelle UDF de 2002 à 2007.

    Ceci ne l'empêche pas de souhaiter une opposition responsable qui ne s'oppose pas pour s'opposer. Mais sur ce point, j'ai entendu Borloo dire que son groupe n'excluait pas de voter certains projets gouvernementaux socialistes s'il jugeait qu'ils allaient dans le bon sens.

    En somme, Bayrou propose à Borloo une unité des idées et une unité électorale pendant les premiers tours électoraux.

    Il reste à voir quelle va être la réaction de l'UDI...

  • Hollande et Ayrault ? A rebours des sondages...

    Je crois que je fais jamais les choses comme tout le monde. Le dernier sondage IFOP fait état d'une chute sans précédent des cotes du couple exécutif. Hollande a perdu 20 points dans l'opinion en 3 mois et Ayrault 15.

    Pour ma part, je suis passé de la catégorie "mécontent" à "plutôt satisfait". Je m'attendais à du socialisme et de l'idéologie de gauche pure de dure et, au final, je crois l'avoir déjà dit, c'est un gouvernement social-démocrate qui s'est installé en mai dernier.

    Compte-tenu du contexte difficile, toutefois, je pense que la gauche devrait se garder d'agiter le chiffon rouge : le vote des étrangers, par exemple. 

    Pour ma part, le seul vote des étrangers qui est acceptable, c'est celui qui est réciproque, et pour autant que l'on en reste à des élections municipales. Je rejette fermement toute autre solution, même si au fond, la mesure, une fois appliquée, ne concernerait que quelques milliers de personnes seulement.

    Le PS n'a pas intérêt à insister sur ce point et on peut espérer que le projet sera assez vite abandonné.

    Au fond, ce sont les reniements du candidat Hollande qui finissent par me rendre son action sympathique. 

    Le plus drôle, c'est évidemment l'éducation : Peillon a affirmé embaucher 40 000 enseignants à la rentrée prochaine. Trop drôle : en fait, il y en a 22 000 qui partent à la retraite, ce qui ne fait plus que 18 000. Le problème, c'est que les concours de recrutement se sont effondrés : personne ne veut consacrer 5 années d'études pour exercer un métier en voie de dévalorisation rapide, aux conditions dégradées et au salaire peu en rapport avec les efforts consentis.

    Si ce ministre avait pour un sou de bon sens il devrait commencer par revenir immédiatement sur la masterisation. Quel mot idiot, d'ailleurs, tout droit venu de la doxa européïste qui chercher à aligner tous les systèmes éducatifs. Bref, il faut revenir d'urgence à bac+3 pour espérer décongestionner le recrutement. Je ne suis pas sûr que cela suffise : dans l'ancien système, il fallait une licence, préparer une année le concours puis faire une année de stage pour devenir titulaire, soit...bac+5 au final ! S'il faut six années pour devenir médecin généraliste (on en manque d'ailleurs de plus en plus et le résultat des courses c'est que l'on va finir par se retrouver avec des praticiens roumains aux diplômes incertains en guise de toubibs...) quel est l'intérêt d'étudier 5 années pour devenir prof ? Comparons les salaires, c'est tout vu. Je me demande ce que cet incapable de Châtel aurait d'ailleurs fait si Sarkozy était resté au pouvoir face à une situation qui aurait été davantage dégradée encore...

    Côté justice on va voir comment les juges vont interpréter les déclarations laxistes de Taubira, mais je crains le pire. Le Syndicat de la Magistrature va pouvoir continuer à condamner lourdement les petits excès de vitesse et libérer les mineurs violeurs récidivistes au nom des grandes politiques généreuses de "réinsertion". Vivement qu'on puisse coller un procès aux juges pour leur décision : cela deviendrait drôle bien que juste.

    Côté économie, j'ai une proposition : renommons l'actuel Ministre de l'Économie et des finances Ministre des impôts. Je n'entends jamais Moscovici parler d'autre chose que d'impôts nouveaux... En fait, le seul cap qui est fixé, mais je l'agrée, c'est la réduction du déficit budgétaire. Pour le reste, contrairement à ce qu'affirme Mosco, le gouvernement cherche son chemin.

    Les autres ministres sont quasiment transparents sauf lorsqu'ils font des bourdes, spécialité de Duflot. Je propose d'ailleurs de supprimer le Ministère du Logement qui ne sert à rien et n'a jamais servi à rien. Ce sera toujours cela d'économisé. Malheureusement, aujourd'hui, nous n'avons plus le choix qu'entre l'étalement urbain et la concentration urbaine. Sans révolution dans l'organisation du travail, je ne vois pas comment les gens peuvent faire autre chose que d'affluer vers les grandes villes.

    S'il existait des transports ultra-rapides qui reliaient toutes les grandes et moyennes villes en France, avec des transports en commun non moins rapides au sein de chacune, maillant parfaitement leur territoire, on pourrait peut-être envisager un sérieux relâchement de la pression immobilière car les travailleurs pourraient passer très facilement d'une ville à une autre. On est loin du compte et c'est une politique de très longue haleine (au moins une décennie voire deux).

    Voilà, la représentation que je me faisais du gouvernement socialiste s'est améliorée par rapport au mois de juin dernier, mais cela ne m'empêche pas de conserver un oil critique...

  • L'armée, variable d'ajustement jusqu'au jour où...

    Je lisais une dépêche de Reuters, sur le blog Theatrum Belli, qui reprenait les déclarations alarmistes d'un général suédois : l'Europe est incapable de se défendre seule à l'heure actuelle.

    A vrai dire, le Général Syren appuie là où ça fait mal : l'Europe pourrait supporter les coupes drastiques que chacun de ses membres inflige à sa défense à condition de rationnaliser les moyens à l'échelle européenne, en somme de construire une armée européenne.

    Le problème, c'est qu'en paroles, c'est facile, mais, dans la pratique, plusieurs pays européens essaient de préserver des morceaux d'indépendance en alimentant des productions d'armement nationales par leurs commandes.

    Le problème est au moins autant économique que politique : personne n'a envie de sacrifier son industrie d'armement.

    Une solution envisageable serait des rapprochements très importants entre plusieurs industriels afin de créer une plate-forme capable de nourrir toutes les armées européennes selon leurs besoins.

    Le problème, c'est que le marché de l'armement est un secteur très particulier : quand il existe une production nationale, elle essaie de survivre pour garantir l'indépendance du pays hôte en exportant à toutes forces vers d'autres pays.

    Il y a donc des décisions assez importantes qui doivent être prises au niveau politique et à l'échelon européen afin de ne pas risquer des transferts de technologie indus.

    Enfin, l'Europe n'est pas perçue encore comme une unité géopolitique et d'ailleurs, ne se comporte pas comme telle. Les évènements de Libye, hélas, en ont fourni une démonstration aussi éclatante que navrante.

    Sans l'activisme de la France et de la Grande-Bretagne aucune décision n"aurait été prise et à l'heure actuelle, nous en serions à négocier des contrats d'armement avec Kadhafi pendant que l'Allemagne concluerait de juteux contrats pour s'être longtemps opposée à toute intervention militaire là-bas.

    Au fond, quoi que l'on fasse et en dépit du temps qui passe, la vielle alliance France-Angleterre-Amérique se reforme régulièrement, comme s'il n'y avait pas eu de construction européenne et comme si l'ère post-soviétique n'avait finalement accouché d'aucun changement géostratégique. Les non-alignés se sont alignés comme un seul homme ou presque sur les positions russes et chinoises : Inde, Brésil, si la démocratie libyenne avait tenu à ces grandes nations elle aurait été écrasé et défintivement dans le sang.

    Au final, chaque pays européen s'arme de bric et de broc sur fond de doublons très fâcheux alors même que des éléments essentiels d'un dispositif militaire complet font défaut à tous : pas d'avions-radar AWACS, par exemple, peu de drones et peu de missiles à guidage-laser...

    La réalité, à l'heure actuelle, c'est qu'aucune intervention n'est possible sans devoir demander l'autorisation des USA,  seul pays à pouvoir fournir les éléments opérationnels nécessaires à une opération extérieure. 

    C'est un sport mondial de critiquer l'impérialisme américain mais mieux vaudrait pour le monde que l'Amérique ne succombe pas à une nouvelle vague isolationniste car il n'y aurait alors plus personne pour jouer les gendarmes...