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  • Prisons, l'enfer carcéral...

    On se rappelle de la réplique fameuse du Huis Clos de Sartre : l'enfer c'est les autres. 

    Taverne des poètes, blogueur démocrate, a repris une proposition d'Olivier Henno, chargé de la sécurité au Shadow Cabinet du MoDem, et la développe sur son site. Or, l'article a été récupéré ou publié à son tour sur AgoraVox. Il s'est ainsi attiré un témoignage édifiant et sans fard d'un ancien taulard...

    J’ai été en prison (maison d’arrêt) il y a de nombreuses années pour une histoire de vol simple,n’ayant pas eu la chance d’avoir papa et maman pour avoir un avocat digne de ce nom. nous étions 3 dans 9 m3,un de mes co-détenus était la pour meurtre et l’autre pour viol sur mineur de moins de 15 ans. j’ai du me battre 3 fois en 5 mois et demi. il y avait des cafards dans la cellule,2 heures de ""promenade"" par jour,une nourriture a faire gerber un chien,des toilettes ou il fallait faire ses besoins devant les autres. a la fin de ma peine,nous nous sommes retrouvés a 4,le dernier arrivé dormait sur un matelas a même le sol. coté réinsertion,le vide sidéral. impossibilité de suivre des cours de quoique ce soit,une pseudo bibliothèque avec trois bouquin qui se battaient en duel,pour ceux qui avaient du blé,il y a un système de cantine,tout est plus cher qu’a l’extérieur. il faut savoir que la plupart des détenus en maison d’arrêt y sont pour des délits mineurs. beaucoup ont des problèmes psychologiques et nous étions nombreux a prendre la "fiole". terme employé pour les anxiolytiques,car pour avoir moins de trouble au sein de l’établissement,ils assomment ceux qui le souhaitent a coup de cachetons. l’administration laisse entrer de petites quantités de drogue,en ne faisant pas un zele excessif apres le parloir par exemple et nous pensions qu’ils mettaient du bromure dans la nourriture pour faire baisser la testostérone des detenus pour eviter le trop plein d’agressivité.

    La proposition d'Olivier Henno, de mettre en place des prisons ouvertes, me paraît aller dans le bon sens. Mais, soyons clairs, l'objectif principal, en soi, ne devrait pas être de vider les prisons, mais de séparer radicalement les criminels des délinquants mineurs. Que foutait ce gars avec une ordure de violeur dans 3 mètres carrés ? 

    La première chose à faire, c'est celle-là, cesser de mélanger les torchons et les serviettes. Le régime de prison ouverte et de bracelet électronique me paraît convenir très bien aux auteurs d'infractions mineures. Pour les autres, il faut du lourd, et du répressif, afin que la société dans son ensemble, mais surtout la part qui verse dans la délinquance, ait une conscience aigüe des limites entre crimes et actes violents d'un côté et délits de l'autre.

    Ce qui est invraisemblable, au final, c'est qu'une telle évidence ne frappe que le peuple. Je n'entends jamais le moindre responsable politique le dire, alors que cela crève les yeux.

  • laïcité par ci, laïcité par là, ras-le-bol !

    S'il y a un mot qui commence à me chauffer les oreilles, c'est bien le mot "laïcité". On n'entend plus parler que de laïcité, et chacun la brandit comme un exorcicte qui tenterait de repousser le démon. Ras-le-bol de la laïcité. On s'en fout de la laïcité. On ferait mieux de parler de liberté, quitte à mieux définir la sphère d'expression de la liberté. La religion ? sphère privée ! Sphère privée, parce que dans l'espace public, ma liberté s'arrête là où commence celle de mon voisin, ce qui impose des concessions réciproques. C'est là l'expression de la vie en société, que d'autres appellelent contrat social. Quant à l'origine de la société, eh bien je me réfère simplement à ce qu'en dit Aristote dans sa Politique :

    « L'homme est de par sa nature un animal fait pour la société civile. Aussi quand même n'aurait-on pas besoin les uns des autres, n'en désirerait-on pas moins de vivre ensemble. A la vérité, l'intérêt commun nous rassemble aussi, chacun y trouvant le moyen de vivre mieux. Voilà donc notre fin principale, commune à tous et à chacun en particulier. On se rassemble ne fût-ce que pour mettre sa vie en sûreté. La vie même est une sorte de devoir pour ceux à qui la nature l'a départie, et quand elle n'est pas trop excédée de misère, c'est un motif suffisant pour rester en société . ...Mais ce n'est pas seulement pour vivre ensemble, c'est pour bien vivre ensemble qu'on s'est mis en État. Sans quoi, la société comprendrait les esclaves et mêmes les autres animaux. Or, cela n'est pas. De tels êtres ne prennent aucune part au bonheur public, ni ne vivent à leur volonté.»

    On peut aussi brandir la laïcité parce qu'on estime que des pratiques, des valeurs vont à l'encontre de ceux qui s'expriment habituellement dans la sphère démocratique. Disons-le et soyons clairs ! J'ai toujours pressenti, à l'instat de Montesquieu, qu'une République était assise sur des moeurs. Rejetons clairement les moeurs qui ne sont pas les nôtres parce qu'elles ne participent pas de notre culture démocratique. Pas la peine d'agiter à tout-va la laïcité pour ce faire.

    En fait, la laïcité, c'est un mot pratique : à gauche, il permet de s'agiter pour ne rien faire, ailleurs (droite, extrême-droite) on l'utilise pour dire autre chose que ce que l'on voudrait dire vraiment. Par exemple, au lieu de dire, on ne veut pas de voile, ce n'est pas dans nos moeurs démocratiqques, on saute comme des cabris en glapissant laïcité, laïcité ! M'en fous, moi, de la laïcité ! Les gens sont libres,  en France, du moins, dès lors qu'ils n'empiètent pas sur notre sphère culturelle démocratique avec des pratiques d'un autre âge. 

     

  • Il reproche à Bayrou son indépendance...

    Il est tout de même incroyable, Sauvadet. Je viens de lire son interview donnée au Télégramme dans lequel il reproche à Bayrou son positionnement ni gauche ni droite, arguant qu'il s'est condamné à être spectateur plutôt qu'acteur. Ah. Parce que le Nouveau Centre n'a pas été spectateur passif, peut-être, depuis 2007 ? L'argumentation est tout de même incroyable : gouverner ne saurait être un but en soi. On gouverne parce qu'on cherche à faire valoir les idées que l'on porte, pas juste pour la satisfaction d'exercer un pouvoir. Bayrou ne s'est pas rallié à Sarkozy parce qu'il ne voyait pas de moyens de concilier son projet politique avec celui du Président de la France. C'est la même analyse qui le pousse à ne pas davantage s'accorder avec la gauche.