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mardi, 27 janvier 2009

SNCF : la France d'en bas et la botte de Nevers...

Je me sens une humeur de chroniqueur ce matin. Souvenez-vous, il y a15 jours j'écrivais un billet à propos non pas de la France qui se lève tôt, mais de la France qui se lève TRÈS tôt.  Précisément celle qui se lève aux alentours de 4 à 5 heures du matin, dans les environs de Nevers, pour espérer gagner la capitale par le supposé train de 7h33 (attention heure d'arrivée à Paris ; le départ de la petite ville de Cosme, sur le trajet, se faisant à 05h39). Il faut dire que sur ce tronçon, la SNCF est en forme : j'ai pu me procurer la liste des retards depuis le 04 novembre dernier. Mais dans un fort souci d'équité, la SNCF a bien sûr veillé à ce que le train de retour qui part de Paris à 17h59 connaisse des retards similaires au train de départ. Côté élus, c'est le silence radio. Gaëtan Gorce, le député local, au lieu de se demander si Obama va sauver l'Amérique, ferait bien de se demander quand les trains de la SNCF vont enfin passer à l'heure dans la région. Il aurait déclaré, samedi dernier, ne pas être au courant des retards. En voilà un qui ne prend pas le train et ne se lève pas tôt...

A ces élus locaux, qui se targuent de l'effort accompli, Jean-Pierre Door, député du Loiret, Gaëtan Gorce, député de la Nièvre, Yves Fromion, député du Cher et Jean-Pierre Sueur, Sénateur du Loiret, je leur suggère une nouvelle action positive...

Ceux qui lisent ont intérêt à être fort en algèbre, et particulièrement savoir faire des additions...

Retards

train de 05h39 à Nevers

04 novembre : 30 mns - 7 novembre : 50 mns - 13 novembre : 1h10 - 14 novembre :  40 mns - 17 novembre : 10 mns - 18 novembre : 10 mns - 19 novembre : 12 mns - 20 novembre : 30 mns - 24 novembre : 45 mns - 25 novembre : 15 mns - 26 novembre : 42 mns - 27 novembre : 10 mns - 9 décembre : 70 mns - 15 décembre : 25 mns - 30 décembre : 10 mns (wouah ! seulement ?) - 29 décembre : 40 mns - 30 décembre : 10 mns (ça, c'est pour la nouvelle année) - 31 décembre : 35 mns (et on vous la souhaite heureuse et prospère à la SNCF) - 07 janvier : 50 mns - 9 janvier : 25 mns - 12 janvier : 35 mns - 21 janvier : 15 mns - 26 janvier : 40 mns - 27 janvier : 40 mns -

Train de 17h59 à Paris-Bercy

15 décembre : 30 mns - 19 décembre : 30 mns - 23 décembre : 50 mns - 29 décembre : 15 mns (seulement ? le cadeau du Père Noël, sans doute) - 31 décembre il partait à 16h35 ce jour-là) : 25 mns - 6 janvier : 2h00 - 7 janvier : 45 mns - 12 janvier : 2h10 (chapeau bas : record battu !) - 19 janvier : 40 mns( en comptant la file au guichet pour obtenir un certificat de retard) -

Pas mal, hein ? Total d'heures perdues, tenez-vous bien les amis : 1245 minutes soit un peu plus de 20 heures, soit l'équivalent de deux   journées et demie ouvrées de travail...Tenez, un petit calcul au SMIG horaire : un petit peu plus de 174 euros de perdus, mais, attention, pour les smicards, seulement...

C'est la version chemin de fer de la Botte de Nevers...Prends tes bottes et marche parce que le train n'est pas là. Ah, je suis sympa : je ne parle pas des autres trains, par exemple, du 16h35...

20h00 et 180 euros minimum : tiens, la SNCF pourrait leur offire un Paris-Venise, à ce tarif-là, à la France d'en bas...

 

09:54 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : sncf, nevers, gorce, retard |  Facebook | | |

mercredi, 14 janvier 2009

La SNCF, la Nièvre, la France d'en haut et la France d'en bas...

Je jetais récemment un oeil sur le blog Paris-Clermont dont l'objet est de promouvoir une liaison rapide (2 heures par TGV) entre Clermont et Paris. Seulement voilà, il existe une ligne de train Paris-Nevers qui elle dessert actuellement toutes les petites gares de la Nièvre et du Loiret qui sont sur la route de Nevers à Paris. Nos chers députés locaux sont bien gentils : ils se sont assurés qu'un train arrive à 8h33. Je vais faire mon Raffarin, mais le problème avec la France d'en-haut, c'est qu'elle n'est pas habituée aux moeurs et coutumes de la France d'En bas. Or, il se trouve que la France d'en bas se lève non pas vers 6h00 à Nevers et sur les villes qui suivent, mais plutôt vers 4h00 à 5h00 du matin pour espérer arriver à 7h33. Ceux-là, apparemment, rien à foutre, côté élus locaux.

C'est assez comique de voir Gaëtan Gorce (député de la Nièvre), Jean-Pierre SUEUR et Jean-Pierre Door (député et sénateur du Loiret) ainsi qu'Yves Fromion, député du Cher, s'auto-congratuler. J'ai regardé sur les blogs de Jean-Pierre Sueur et Gaëtan Gorce, pas un mot pour les usagers du petit matin.

Or, il se trouve que ces usagers-là sont très en colère. Exemple, la semaine dernière, sur cinq jours de service, quatre retards variant de 25 à 45 minutes, et, petit détail qui fâche, il y a un train de retour qui part vers 17h59 et est censé arriver à 19h45. L'inconvénient, c'est qu'il fait en moyenne 50 minutes de retard.

Le Pompon pour la journée du lundi 12 janvier : 35 minutes de retard le matin, deux heures le soir. Pour ceux qui travaillent à Paris, on arrive jusqu'à un total de 8 heures passés dans les transports dont 6h30 pour la seule SNCF.Trop fort : il n'y avait pas de locomotive. Et quand la locomotive est arrivée, devinez quoi ? Il n'y avait plus de chauffeur !

Je me suis laissé entendre dire qu'un coup semblable s'était produit la veille du Réveillon ; semblable, que dis-je : encore plus fort ! Le chauffeur avait emmené la locomotive à Paris Gare de Lyon au lieu de Paris-Bercy...Bilan 50 minutes de retard supplémentaires...

J'ai une riche idée : à ce tarif-là, ça vaut le coup de faire des allers-retours Paris-New York, ça prend moins de temps...

Sérieusement, ils foutent quoi les élus locaux ? et la SNCF, elle se fout de la g... de qui ? J'ai entendu quelques usagers qui avaient encore le sens de l'humour, mais la semaine dernière, certains d'entre eux, furieux de ce petit jeu qui dure depuis le 14 décembre (en fait le changement de terminal d'arrivée de Paris Gare de Lyon à Paris-Bercy)  ont bien failli lyncher les guichetiers locaux. Le train de 16h35 qui est censé partir avant celui de 17h59 a été affiché avec 50 minutes de retard puis 1h30 pour finir par être annulé et fondu avec le train de 17h59, lui-même parti avec 30 minutes de retard.

Trop fort non ? Ça me rappelle les problèmes de mathématiques de l'école élémentaire de mon enfance. Avec toutes ces données, calculez le nombre d' heures de travail perdues occasionnées par les retards de la SNCF en une année. Ils ont fait le calcul, au fait, les élus du coin ?

mercredi, 04 juin 2008

Conducteurs de car

A propos du terrible accident qui a provoqué la mort de sept enfants, je me faisais la réflexion suivante : qu'est-ce qu'ont les gens dans la tête ? Ce n'est pas la 1ère fois qu'un tel accident se produit à un passage à niveau, et cela n'en empêche pas certains de faire n'importe quoi. Je constate aussi que ce sont souvent des cars scolaires affrétés par des mairies ou alors des cars affrétés par des compagnies de tourisme pour lesquels se produisent les accidents les plus graves.

Les accidents impliquant des cars de la SNCF (ou de la RATP en région parisienne) sont rarissimes, et à vrai dire, au moins pour Paris, j'ai toujours admiré l'adresse et la maîtrise des conducteurs de bus de la RATP.

Il y a donc un problème de formation, je pense, et il me semble que dans ce domaine, SNCF et RATP réussissent plutôt très bien. Pourquoi ne pas leur confier la formation des conducteurs de cars, aussi bien scolaires que touristiques ? Un partenariat fructueux pourrait être passé entre les mairies et ces deux entreprises publiques dont le savoir-faire n'est plus à démontrer. C'est une première piste, mais je la crois intéressante.

07:14 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : car, ratp, sncf, formation |  Facebook | | |

jeudi, 09 novembre 2006

Entreprises publiques, Entreprises privées, Services publics, services privés ?


Peut-on ouvrir les services à la concurrence, et en particulier l'énergie , les transports et sous certaines conditions l'éducation ?

Le débat autour de Gaz de France est un bon exemple des controverses et différences d'approche qui pèsent actuellement sur les grandes entreprises publiques dispensatrices de biens communs.


Doit-on réellement admettre que l'on puisse demander à des entreprises d'entrer en concurrence sur le l'électricité d'origine nucléaire ? L'énergie implique des investissements massifs qui ne peuvent dépendre des fluctuations des matières premières uniquement. Juste après la première guerre du golfe, le baril de pétrole est descendu à 11 dollars,  ; à l'époque, les services du Ministre de l'économie et des finances, Pierre Bérégovoy avaient calculé qu'il fallait que le baril descende à 7 dollars pour que le nucléaire ne soit plus rentable (en réalité, ils n'avait pas vraiment pris en compte le coût des investissements à venir). Toutefois si l'on avait fonctionné dans un système concurrentiel, à l'époque, qui aurait préconisé de continuer à développer le nucléaire, d'autant que le pétrole est demeuré longtemps bon marché... A l'heure où les énergies renouvelables offrent des débouchés moins gourmands à nos appétits de croissance et de consommation, est-il raisonnable de mettre le sort de l'énergie entre les mains de la seule concurrence ? Il n'est pas choquant, finalement qu'EDF récupère de magnifiques rentes de sa production, c'est même très bien. Tant mieux. C'est une affaire qui tourne. On cite souvent Tchenrobyl que l'on agite comme un épouvantail comme modèle de la faillite d'une production d'énergie d'état : mais sur ce point,  le problème n'est pas que la centrale fût publique, mais plutôt que l'Etat fût déliquescent et irresponsable.

En ce qui concerne les transports, considérons l'Angleterre : il y existe de profondes disparités de développement économique entre les régions, parce que les transports ne sont plus assurés sur les lignes jugés "non-rentables", et il y en a un grand nombre. Il faut maîtriser un minimum la politique des trtansports pour envisager un développement harmonieux du territoire. A la limite, on peut envisager que l'Etat délègue certaines responsabilités par un cahier des charges, mais pas toutes.

Est-il juste de se plaindre de la SNCF ? les TER sont une véritable réussite. Rapides, à l'heure, modernes, confortables et efficaces. Quand, effectivement, la ligne ferrée n'est vraiment pas rentable, il y a des lignes de bus qui désservent les petites communautés rurales à proximité d'une plus grande communauté. Par ailleurs, la ponctualité des trains est la plupart du temps impressionnante, ces derniers arrivant à la minute près à l'horaire prévu. Il faut avoir voyagé dans de nombreux pays pour réaliser que cette performance est tout à fait exceptionnelle. Confier des lignes non-rentables à des entreprises privées pourraient coûter très cher , et peut-être bien au minimum aussi cher que d'utiliser une entreprise qui a déjà un savoir-faire reconnu et ancien en la matière. Objectivement, qui serait capable de rivaliser avec la SNCF à l'heure actuelle ?

Et comment comprendre la décision de privatiser un système autoroutier qui s'avérait perfomrant et rentable ? 

Quant à l'Education,  les écoles privées existent déjà. L'enseignement privé alternatif existe plus que largement :  les écoles de commerce, mais aussi  les CFA (très reconnus sur le marché du travail et dans plus d'un établissement public) les établissements scolaires sous contrat (pas une commune où il n'y en ait pas au moins un) ...

 En revanche, le monolithisme de l'Education Nationale, est certes patent. Mais, sur ce point, il faudrait regarder les choses de près : les reponsables presqu'exclusifs de ce monolithisme sont à trouver dans les administrations centrales : partout elles bloquent à peu près toutes les innovations, et, bien plus encore que les syndicats, promeuvent non les plus méritants, mais les plus courtisans. Toute la programmation de l'EN actuelle n'est pas le fait des enseignants, qui, pour une large majorité, et contrairement à une idée fort répandue, d'ailleurs, se contentent d'appliquer ce qu'on leur dit de faire. En ce qui concerne la Cartes Scolaire, en l'état, il vaut mieux en effet la supprimer : l'hypocrisie de ceux qui la défendent est tout simplement insupportable. Toutefois à l'instar de François Bayrou on pourrait aussi proposer que tous les établissements scolaires doivent pouvoir offrir un parcours d'excellence. Cela suppose de revenir sur un dogme, lui, hélas, ancré chez les professeurs, les associations de parents d'élève (PEEP comprise), les professeurs, beaucoup de parents d'élève et plus encore l'administration centrale : le dogme de l'hétérogénéïté. Pour qu'un établissement offre un parcours d'excellence, il faut admettre qu'il y ait au moins une classe d'élite. Beaucoup confondent également (souvent volontairement) hétérogénéïté sociale et hétérogénéïté scolaire (des résultats et du niveau scolaire) même s'il faut reconnaître qu'elles tendent à se superposer. Cette hétérogénéïté sociale, ce n'est pas la peine de confier à l'école la mission de la réaliser. Ce n'est pas un problème scolaire comme on essaie de le faire croire, mais avant tout d'urbanisme.

On pouvait lire  tout récemment un échange sans fard rapporté par l'hebdomadaire Marianne entre Gaston Deferre et George Marchais. Aucun des deux n'y allaient par 4 chemins pour expliquer que les concentrations d'immigrés dans une commune grevaient les budgets sociaux et posaient de graves problèmes pour l'ordre public. Moyennant quoi, et cela se passe en 1977 ou 1978,  ils concluaient qu'il faudrait disperser les immigrés sur toutes les communes de France à raison de 10% maximum par commune. On connaît la suite...le problème est là. Et l'école n'y peut absolument rien. A cela s'ajoute une démagogie sans précédent depuis trente ans à propos de l'école pour camoufler l'échec des méthodes et la dispersion des moyens sur des enseignements non-disciplinaires (heures de vie de classe, EJCS et TPE au lycée, brevet de sécurité routière, info ceci, info cela, pseudo activités d'éveil" au primaire et cetera...). Le pompon, c'est ce que l'on demande au baccalauréat et au brevet des collèges aujourd'hui. Mais là encore, ce n'est pas la faute des professeurs : qui conçoit ces épreuves ? inspecteurs, recteurs, formateurs et tutti quanti, assistés de leurs créatures , quelques professeurs contraints ou rénégats, prêts à avaler toutes les couleuvres possibles et imaginables par servilité ou pour un avantage misérable (au moins s'il s'agissait de détourner quelques millions, on pourrait se dire qu'il y a un intérêt pécunier objectif, mais même pas en plus...).

 

L'appropriation publique d'entreprises marchandes est-elle nécessairement néfaste ? L'Etat doit-il  se nourrir exclusivement de recettes fiscales, et non d'activités marchandes qui reposeraient sur une prise de risque qui n'est pas de son ressort.

Soyons  très pragmatiques. Concernant le capitalisme monopolistique d'état, il est tout de même intéressant d'en observer les effets dans un pays comme la Chine, dont la croissance frise les 10% chaque année. Evidemment, la Chine n'est pas non plus partie du niveau de la France, mais tout de même. Plus près de nous, la gestion socialiste des années 80  mérite d'être examinée à la loupe. La nationalisation des banques a été un fiasco complet du début jusqu'à la fin, en revanche, pour l'industrie, le verdict est plus contrasté. Si l'on considère l'industrie automobile (mais pas seulement, la sidérurgie, la construction navale, l'aéronautique), sous l'effet des fonds publics injectés, on peut constater qu'elle s'est considérabement rénovée. Les renault 25 et 21 sont  symptômatiques de cette modernisation. Il y a quelques années, on pouvait lire dans un magazine automobile l'exemple d'une renault 21 turbo diesel qui avait passé son existence a parcourir l'Europe et la Sibérie de long en large, accomplissant ainsi un périble de 1 200 000 kilomètres, et ce, en changeant deux moteurs seulement. Renseignements pris sur ce modèle, on s'appercevait que  grand nombre d'entre eux dépassaient allègrement les 500 000 kilomètres... L'Etat français, en nationalisant a aussi modernisé considérablement une bonne partie de l'appareil productif français, celui-là même qui s'est avéré en partie responsable de l'échec patent de la relance par la demande de 81.

Il est vrai que  l'appropriation publique  a un relent de dékoulakisation peu séduisant. Mais, à l'heure actuelle, ce serait plutôt les bijoux de famille que les trois derniers gouvernements ont tendu à vendre (les Socialistes ont été d'autant plus silencieux sur nombre de privatisations que ce ce sont eux qui les ont entamées, et notamment celles des autoroutes...). Il ne s'agit nullement de s'opposer par principe aux privatisations mais elles doivent être  censées. 

Il est vrai qu'un état marchand pourrait déroger à la règle  de la concurrence libre et non-faussée,

Fondamentalement, quels sont les deux reproches que l'on peut adresser à une entreprise d'état ? 1. De ne pas respecter les règles de concurrence 2. De ne pas être perfomante. Si l'entreprise d'état  répond à ces deux critères, pourquoi faudrait-il la privatiser ? En outre, en ce qui concerne la concurrence, le véritable problème pour un pays comme la France, ce sera les réactions de ses partenaires européens. Pour les cas que nous citons, transports et énergies, c'est surtout de concurrents européens que la France a à craindre l'ire. Toutefois, dès lors qu'un accord serait trouvé et conclu avec nos partenaires pour que l'Etat français conserve sous la marque déposée et estampillée "état français" certaines entreprises, où serait le mal ? Au final, dès lors que nos entreprises publiques ne participent pas à notre asphyxie (mais il faut tenir compte de leur valeur ajoutée, pour cela, et pas seulement de leur coût) pourquoi devrait-on inciter l'état à s'en désengager ? Le reste est une affaire de gestion. 

Toutefois, on peut envisager de déléguer certains services de proximités à des partenaires privés dans les communes rurales éloignées des grands centres urbains : .  On assisterait alors au retour de l'épicerie d'antan, c'est à dire un commerce généraliste, sauf que, cette fois, ce ne serait plus seulement des biens de consommation que l'épicerie vendrait, mais aussi des services que lui délèguerait  l'Etat : poste, caisse de sécurité sociale, impôts... Voilà un métier nouveau qui pourrait avoir de l'avenir : un épicier-buraliste qui suivrait une formation sommaire d'agent de l'état multi-fonction. Nombres de services administratifs ne requièrent pas de formation approfondie. Ces épiciers pourraient en assurer le fonctionnement moyennant une rétribution de l'état, et ce serait à l'avantage de tous, car cela permettrait de conserver une vie dans les petites communautés et coûterait à l'évidence moins cher à l'Etat, donc au contribuable.


Les monopoles (ou oligopoles !) ne sont pas le seul fait des entreprises publiques. La Lyonnaise des eaux, et la CGE se sont certainement longtemps accordées secrètement pour fixer sur une base non-concurentielle le prix de l'eau. Dans les premiers temps du câble, cette même Lyonnaise des eaux sous le doux nom de cybercable, numéricable et deux trois autres opérateurs passant par le câble (leurs noms m'échappent) se sont partagés longtemps le marché.
Pour la téléphonie, l'année passée l'on soupçonnait un accord secret entre les opérateurs de téléphonie. En remontant plus loin dans l'histoire, on trouve sept compagnies pétrolières qui se partagaient 90% des consessions de la planète dans les années 60-70 : les majors.

Les coûts de production d'une entreprise publique sont-ils nécessairement prohibitifs?  Il serait intéressant de comparer ceux de Renault et de PSA sur les trente dernières années. Evidemment, pour être juste, il faudrait prendre en compte les subventions mastodontesques que PSA a reçu aussi.

Enfin, à qui dénigrerait les résultats de la France, sous économie dirigée, par rapport à d'autres pays, il faut rappeler qu' elle a tout de même longtemps été classée au quatrième rang mondial pour la puissance économique, et surtout, qu'en la comparant  au Japon ou à l'Allemagne, il faudrait considérer le coût monstrueux pour son économie de sa sanctuarisation nucléaire,  de son  financement d'une armée pendant longtemps opérationnelle et autonome , de sa  politique de soutien et de développement dans ses ex-colonies (seuls l'URSS et les USA en ont fait autant pendant les années 60-70-80). Si le Japon et l'Allemagne avaient du payer leur défense nationale au prix fort  ainsi que leur décolonisation,  seraient-ils parvenus à un tel niveau de développement si vite ?...

 Sans être favorable à un tout public, il demeure souhaitable  que les états conservent, s'ils le peuvent, évidemment,  un pied dans les secteurs stratégiques (Education, Transports, Energies, Communications) , soit par la biais d'une entreprise d'état, soit par le biais de l'actionnariat ( c'est à dire en disposant d'une part de capital suffisante pour infléchir la politique de l'entreprise).

 

Pour conclure,il ne s'agit pas de promouvoir une économie planifiée ni même dirigée, mais de plaider pour une présence de l'Etat là où un opérateur privé n'a pas les reins assez solides pour se préoccuper de l'avenir à long terme, et finalement, de mettre en avant les solutions qui marchent publiques ou privées , sans dogmatisme, mais avec pragmatisme.