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mercredi, 28 octobre 2009

La guerre scolaire

Ça chauffe à Saint-Étienne ! Je viens de lire la lettre que Gilles Artigues adresse à Maurice Vincent, le maire de Saint-Étienne. J'ai eu du mal à comprendre de quoi il retournait, mais j'ai fini par comprendre : apparemment, le maire de la ville règle 533 euros aux écoles privées à Saint-Étienne au titre du forfait communal mais réclame 761 euros aux communes dont les enfants se scolarisent dans une école privée à Saint-Étienne. Il y a comme un écart un tantinet suspect entre les deux sommes : où passe la différence ? Et apparemment, ce n'est pas le seul fait d'armes du maire socialiste : il envisagerait de sucrer toute aide aux écoles maternelles privées, vraisemblablement parce que rien ne l'y oblige puisque la maternelle n'est pas obligatoire. Minable : 99% des Français inscrivent leurs enfants dans une maternelle. Maurice Vincent cherche-t-il à rallumer la guerre scolaire ? C'est en tout cas ce que soupçonne Gilles Artigues, l'élu MoDem, qui met en garde la maire de Saint-Étienne contre toute tentation de retour en arrière.

Une nouvelle loi contraint les communes à financer l'inscription dans des écoles extérieures à la commune d'origine. Elle ne vaut toutefois que dans quatre circonstances :

- absence de capacité d'accueil dans la commune d'origine
- obligations professionnelles des parents
- raisons médicales
- frère ou soeur déjà scolarisés dans une autre commune

Cette loi a fait couler de l'encre, et de la salive socialiste, d'ailleurs, parce que l'opposition estimait, en juin dernier qu'il serait aisé pour les parents d'invoquer l'un de ces quatre motifs pour pouvoir choisir leur école en toute quiétude avec un forfait assuré. Maurice Vincent est un maire socialiste, on comprend donc sa mauvaise volonté... J'ai une assez bonne idée de l'avis de SOS-éducation sur ce sujet, mais je me demande en revanche, ce que la gauche modérée en pense...

jeudi, 09 novembre 2006

Entreprises publiques, Entreprises privées, Services publics, services privés ?


Peut-on ouvrir les services à la concurrence, et en particulier l'énergie , les transports et sous certaines conditions l'éducation ?

Le débat autour de Gaz de France est un bon exemple des controverses et différences d'approche qui pèsent actuellement sur les grandes entreprises publiques dispensatrices de biens communs.


Doit-on réellement admettre que l'on puisse demander à des entreprises d'entrer en concurrence sur le l'électricité d'origine nucléaire ? L'énergie implique des investissements massifs qui ne peuvent dépendre des fluctuations des matières premières uniquement. Juste après la première guerre du golfe, le baril de pétrole est descendu à 11 dollars,  ; à l'époque, les services du Ministre de l'économie et des finances, Pierre Bérégovoy avaient calculé qu'il fallait que le baril descende à 7 dollars pour que le nucléaire ne soit plus rentable (en réalité, ils n'avait pas vraiment pris en compte le coût des investissements à venir). Toutefois si l'on avait fonctionné dans un système concurrentiel, à l'époque, qui aurait préconisé de continuer à développer le nucléaire, d'autant que le pétrole est demeuré longtemps bon marché... A l'heure où les énergies renouvelables offrent des débouchés moins gourmands à nos appétits de croissance et de consommation, est-il raisonnable de mettre le sort de l'énergie entre les mains de la seule concurrence ? Il n'est pas choquant, finalement qu'EDF récupère de magnifiques rentes de sa production, c'est même très bien. Tant mieux. C'est une affaire qui tourne. On cite souvent Tchenrobyl que l'on agite comme un épouvantail comme modèle de la faillite d'une production d'énergie d'état : mais sur ce point,  le problème n'est pas que la centrale fût publique, mais plutôt que l'Etat fût déliquescent et irresponsable.

En ce qui concerne les transports, considérons l'Angleterre : il y existe de profondes disparités de développement économique entre les régions, parce que les transports ne sont plus assurés sur les lignes jugés "non-rentables", et il y en a un grand nombre. Il faut maîtriser un minimum la politique des trtansports pour envisager un développement harmonieux du territoire. A la limite, on peut envisager que l'Etat délègue certaines responsabilités par un cahier des charges, mais pas toutes.

Est-il juste de se plaindre de la SNCF ? les TER sont une véritable réussite. Rapides, à l'heure, modernes, confortables et efficaces. Quand, effectivement, la ligne ferrée n'est vraiment pas rentable, il y a des lignes de bus qui désservent les petites communautés rurales à proximité d'une plus grande communauté. Par ailleurs, la ponctualité des trains est la plupart du temps impressionnante, ces derniers arrivant à la minute près à l'horaire prévu. Il faut avoir voyagé dans de nombreux pays pour réaliser que cette performance est tout à fait exceptionnelle. Confier des lignes non-rentables à des entreprises privées pourraient coûter très cher , et peut-être bien au minimum aussi cher que d'utiliser une entreprise qui a déjà un savoir-faire reconnu et ancien en la matière. Objectivement, qui serait capable de rivaliser avec la SNCF à l'heure actuelle ?

Et comment comprendre la décision de privatiser un système autoroutier qui s'avérait perfomrant et rentable ? 

Quant à l'Education,  les écoles privées existent déjà. L'enseignement privé alternatif existe plus que largement :  les écoles de commerce, mais aussi  les CFA (très reconnus sur le marché du travail et dans plus d'un établissement public) les établissements scolaires sous contrat (pas une commune où il n'y en ait pas au moins un) ...

 En revanche, le monolithisme de l'Education Nationale, est certes patent. Mais, sur ce point, il faudrait regarder les choses de près : les reponsables presqu'exclusifs de ce monolithisme sont à trouver dans les administrations centrales : partout elles bloquent à peu près toutes les innovations, et, bien plus encore que les syndicats, promeuvent non les plus méritants, mais les plus courtisans. Toute la programmation de l'EN actuelle n'est pas le fait des enseignants, qui, pour une large majorité, et contrairement à une idée fort répandue, d'ailleurs, se contentent d'appliquer ce qu'on leur dit de faire. En ce qui concerne la Cartes Scolaire, en l'état, il vaut mieux en effet la supprimer : l'hypocrisie de ceux qui la défendent est tout simplement insupportable. Toutefois à l'instar de François Bayrou on pourrait aussi proposer que tous les établissements scolaires doivent pouvoir offrir un parcours d'excellence. Cela suppose de revenir sur un dogme, lui, hélas, ancré chez les professeurs, les associations de parents d'élève (PEEP comprise), les professeurs, beaucoup de parents d'élève et plus encore l'administration centrale : le dogme de l'hétérogénéïté. Pour qu'un établissement offre un parcours d'excellence, il faut admettre qu'il y ait au moins une classe d'élite. Beaucoup confondent également (souvent volontairement) hétérogénéïté sociale et hétérogénéïté scolaire (des résultats et du niveau scolaire) même s'il faut reconnaître qu'elles tendent à se superposer. Cette hétérogénéïté sociale, ce n'est pas la peine de confier à l'école la mission de la réaliser. Ce n'est pas un problème scolaire comme on essaie de le faire croire, mais avant tout d'urbanisme.

On pouvait lire  tout récemment un échange sans fard rapporté par l'hebdomadaire Marianne entre Gaston Deferre et George Marchais. Aucun des deux n'y allaient par 4 chemins pour expliquer que les concentrations d'immigrés dans une commune grevaient les budgets sociaux et posaient de graves problèmes pour l'ordre public. Moyennant quoi, et cela se passe en 1977 ou 1978,  ils concluaient qu'il faudrait disperser les immigrés sur toutes les communes de France à raison de 10% maximum par commune. On connaît la suite...le problème est là. Et l'école n'y peut absolument rien. A cela s'ajoute une démagogie sans précédent depuis trente ans à propos de l'école pour camoufler l'échec des méthodes et la dispersion des moyens sur des enseignements non-disciplinaires (heures de vie de classe, EJCS et TPE au lycée, brevet de sécurité routière, info ceci, info cela, pseudo activités d'éveil" au primaire et cetera...). Le pompon, c'est ce que l'on demande au baccalauréat et au brevet des collèges aujourd'hui. Mais là encore, ce n'est pas la faute des professeurs : qui conçoit ces épreuves ? inspecteurs, recteurs, formateurs et tutti quanti, assistés de leurs créatures , quelques professeurs contraints ou rénégats, prêts à avaler toutes les couleuvres possibles et imaginables par servilité ou pour un avantage misérable (au moins s'il s'agissait de détourner quelques millions, on pourrait se dire qu'il y a un intérêt pécunier objectif, mais même pas en plus...).

 

L'appropriation publique d'entreprises marchandes est-elle nécessairement néfaste ? L'Etat doit-il  se nourrir exclusivement de recettes fiscales, et non d'activités marchandes qui reposeraient sur une prise de risque qui n'est pas de son ressort.

Soyons  très pragmatiques. Concernant le capitalisme monopolistique d'état, il est tout de même intéressant d'en observer les effets dans un pays comme la Chine, dont la croissance frise les 10% chaque année. Evidemment, la Chine n'est pas non plus partie du niveau de la France, mais tout de même. Plus près de nous, la gestion socialiste des années 80  mérite d'être examinée à la loupe. La nationalisation des banques a été un fiasco complet du début jusqu'à la fin, en revanche, pour l'industrie, le verdict est plus contrasté. Si l'on considère l'industrie automobile (mais pas seulement, la sidérurgie, la construction navale, l'aéronautique), sous l'effet des fonds publics injectés, on peut constater qu'elle s'est considérabement rénovée. Les renault 25 et 21 sont  symptômatiques de cette modernisation. Il y a quelques années, on pouvait lire dans un magazine automobile l'exemple d'une renault 21 turbo diesel qui avait passé son existence a parcourir l'Europe et la Sibérie de long en large, accomplissant ainsi un périble de 1 200 000 kilomètres, et ce, en changeant deux moteurs seulement. Renseignements pris sur ce modèle, on s'appercevait que  grand nombre d'entre eux dépassaient allègrement les 500 000 kilomètres... L'Etat français, en nationalisant a aussi modernisé considérablement une bonne partie de l'appareil productif français, celui-là même qui s'est avéré en partie responsable de l'échec patent de la relance par la demande de 81.

Il est vrai que  l'appropriation publique  a un relent de dékoulakisation peu séduisant. Mais, à l'heure actuelle, ce serait plutôt les bijoux de famille que les trois derniers gouvernements ont tendu à vendre (les Socialistes ont été d'autant plus silencieux sur nombre de privatisations que ce ce sont eux qui les ont entamées, et notamment celles des autoroutes...). Il ne s'agit nullement de s'opposer par principe aux privatisations mais elles doivent être  censées. 

Il est vrai qu'un état marchand pourrait déroger à la règle  de la concurrence libre et non-faussée,

Fondamentalement, quels sont les deux reproches que l'on peut adresser à une entreprise d'état ? 1. De ne pas respecter les règles de concurrence 2. De ne pas être perfomante. Si l'entreprise d'état  répond à ces deux critères, pourquoi faudrait-il la privatiser ? En outre, en ce qui concerne la concurrence, le véritable problème pour un pays comme la France, ce sera les réactions de ses partenaires européens. Pour les cas que nous citons, transports et énergies, c'est surtout de concurrents européens que la France a à craindre l'ire. Toutefois, dès lors qu'un accord serait trouvé et conclu avec nos partenaires pour que l'Etat français conserve sous la marque déposée et estampillée "état français" certaines entreprises, où serait le mal ? Au final, dès lors que nos entreprises publiques ne participent pas à notre asphyxie (mais il faut tenir compte de leur valeur ajoutée, pour cela, et pas seulement de leur coût) pourquoi devrait-on inciter l'état à s'en désengager ? Le reste est une affaire de gestion. 

Toutefois, on peut envisager de déléguer certains services de proximités à des partenaires privés dans les communes rurales éloignées des grands centres urbains : .  On assisterait alors au retour de l'épicerie d'antan, c'est à dire un commerce généraliste, sauf que, cette fois, ce ne serait plus seulement des biens de consommation que l'épicerie vendrait, mais aussi des services que lui délèguerait  l'Etat : poste, caisse de sécurité sociale, impôts... Voilà un métier nouveau qui pourrait avoir de l'avenir : un épicier-buraliste qui suivrait une formation sommaire d'agent de l'état multi-fonction. Nombres de services administratifs ne requièrent pas de formation approfondie. Ces épiciers pourraient en assurer le fonctionnement moyennant une rétribution de l'état, et ce serait à l'avantage de tous, car cela permettrait de conserver une vie dans les petites communautés et coûterait à l'évidence moins cher à l'Etat, donc au contribuable.


Les monopoles (ou oligopoles !) ne sont pas le seul fait des entreprises publiques. La Lyonnaise des eaux, et la CGE se sont certainement longtemps accordées secrètement pour fixer sur une base non-concurentielle le prix de l'eau. Dans les premiers temps du câble, cette même Lyonnaise des eaux sous le doux nom de cybercable, numéricable et deux trois autres opérateurs passant par le câble (leurs noms m'échappent) se sont partagés longtemps le marché.
Pour la téléphonie, l'année passée l'on soupçonnait un accord secret entre les opérateurs de téléphonie. En remontant plus loin dans l'histoire, on trouve sept compagnies pétrolières qui se partagaient 90% des consessions de la planète dans les années 60-70 : les majors.

Les coûts de production d'une entreprise publique sont-ils nécessairement prohibitifs?  Il serait intéressant de comparer ceux de Renault et de PSA sur les trente dernières années. Evidemment, pour être juste, il faudrait prendre en compte les subventions mastodontesques que PSA a reçu aussi.

Enfin, à qui dénigrerait les résultats de la France, sous économie dirigée, par rapport à d'autres pays, il faut rappeler qu' elle a tout de même longtemps été classée au quatrième rang mondial pour la puissance économique, et surtout, qu'en la comparant  au Japon ou à l'Allemagne, il faudrait considérer le coût monstrueux pour son économie de sa sanctuarisation nucléaire,  de son  financement d'une armée pendant longtemps opérationnelle et autonome , de sa  politique de soutien et de développement dans ses ex-colonies (seuls l'URSS et les USA en ont fait autant pendant les années 60-70-80). Si le Japon et l'Allemagne avaient du payer leur défense nationale au prix fort  ainsi que leur décolonisation,  seraient-ils parvenus à un tel niveau de développement si vite ?...

 Sans être favorable à un tout public, il demeure souhaitable  que les états conservent, s'ils le peuvent, évidemment,  un pied dans les secteurs stratégiques (Education, Transports, Energies, Communications) , soit par la biais d'une entreprise d'état, soit par le biais de l'actionnariat ( c'est à dire en disposant d'une part de capital suffisante pour infléchir la politique de l'entreprise).

 

Pour conclure,il ne s'agit pas de promouvoir une économie planifiée ni même dirigée, mais de plaider pour une présence de l'Etat là où un opérateur privé n'a pas les reins assez solides pour se préoccuper de l'avenir à long terme, et finalement, de mettre en avant les solutions qui marchent publiques ou privées , sans dogmatisme, mais avec pragmatisme.