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mardi, 17 juillet 2007

L'Esprit des Lois

Depuis le temps que j'entends souvent parler de l'Esprit des Lois, l'ouvrage politique fameux de Montesquieu, je me suis résolu à le lire une bonne fois pour toutes : il faut dire qu'il y a de quoi. Entre 800 et 1000 pages, et pas écrites en gros caractères de surcroît.

Pour l'instant, j'ai lu les livres I à V. Passionnant. Je ne savais pas Montesquieu à ce point épris de démocratie.

Il compare en fait plusieurs régimes et distingue trois grandes sortes :

- républicain

- monarchique

- despotique

Le type républicain comprend deux sortes : le démocratique et l'aristocratique (au sens grec du terme, et non au sens de l'Ancien Régime : ἄριστος en grec signifie le meilleur. Il s'agit donc du gouvernement des meilleurs). Pour lui, il ne fait pas de doute que le type républicain est fondé sur la vertu, tandis que le monarchique s'appuie sur l'honneur, et qu'enfin le despotique ne repose que sur la crainte.

Je trouve cette lecture raffraîchissante d'autant qu'à mon sens, il existe des accointances par la nature entre le bonapartisme et le despotisme, toutes proportions gardées évidemment.

J'ai médité assez longtemps le chapitre XIII du livre V qui porte sur l'Idée du Despotisme, parce qu'il m'a fait penser aux cessions d'actifs de notre actuel gouvernement et du précédent (Autoroutes sous Villepin, France Télécom sous Fillon).

Voilà ce qu'écrit Montesquieu :

«Quand les sauvages [...] veulent avoir du fruit, ils coupent l'arbre au pied, et cueillent le fruit. Voilà le gouvernement despotique.»

Au chapitre XIV il relève que dans un gouvernement despotiqu, il ne faut pas beaucoup de lois : tout doit y rouler sur deux ou trois idées. Amusant : ça m'a fait penser à certaines déclarations de la campagne présidentielle sur les idées simples...

Je trouve en tout cas, que Montesquieu écrit de fort belles choses sur la démocratie, qui lui paraît la forme supérieure du type républicain, et qu'il y a matière pour nous à reprendre un certain nombre de principes pour le MoDem. Notamment, Montesquieu est époustouflant de justesse sur la nécessaire moralisation de la vie publique dans une démocratie et la nécessité d'un éthique forte pour ceux qui gouvernent.

Au fur et à mesure de ma lecture, je publierai des remarques supplémentaires.