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  • Twitter versus facebook

    J'ai découvert il y a peu Twitter. Le problème, c'est que je n'ai toujours pas compris clairement l'intérêt de la chose.  Je commence à être perdu dans les réseaux sociaux, moi. Friendfeed, twitter, facebook, sans compter les partis politiques comme le MoDem qui s'y mettent aussi (lesdemocrates.fr). Le problème, c'est que je me demande si le contenant ne finit pas par l'emporter sur le contenu. Trop de réseau social tue le réseau social, en somme. Y'a tellement d'outils qu'on ne s'y retrouve plus. Enfin moi, en tout cas. Je ne comprends pas également pourquoi les vieux mais pratiques newsgroups se sont démodés. Ça marchait plutôt bien Usenet, et d'authentiques communautés se retrouvaient pour toujours mieux se friter. Il y a aussi les listes de diffusion proposées par plusieurs plate-formes, parfois avec des bases de données qui paraissent suffisantes pour la plupart des usages que nous avons.

    Bref, il y a un foisonnement qui me donne le tournis mais c'est sans doute que je suis un vieux c..

  • La Turquie, l'Europe et le syndrome de Servius

    Barack Obama a fait un tabac en rappelant la position historique des USA sur l'entrée de la Turquie en Europe : levée de boucliers générale en Europe, particulièrement en France.

    Il y a plusieurs causes qui expliquent l'opposition des Français : tout d'abord, Erdogan a donné un très mauvais signal en s'opposant à ce que soit nommé Rasmussen, l'ex-premier ministre du Danmark, parce que c'est sous son mandat qu'a éclaté l'affaire des caricatures de Mahomet. Si Erdogan n'est pas capable de faire des distinguos entre religion et politique à ce niveau-là, il est clair qu'il n'est absolument pas envisageable de voir la Turquie entrer dans l'Europe.

    Il y a ensuite Chypre : tant que la Turquie reconnaîtra une partie d'une territoire appartenant à l'Union (Chypre a adhéré) elle n'a aucune chance de rejoindre l'Union. Il y a là un imbroglio juridique, parce que, d'une certaine manière, cela signifie que la Turquie est en guerre avec l'Union Européenne !

    La troisième cause est plus subtile, et nous retrouvons là le syndrôme de Servius Tullius, le sixième roi historique (légendaire ?) de Rome. On parle de royauté pour la Rome archaïque, mais en réalité, les rois étaient élus. Celui qui mit fin à ce système de démocratie directe, ce fut justement Servius Tullius, car il établit des catégories de citoyen selon leur fortune et mit en place un régime censitaire. Tite-Live trouve ça très bien et prête même à Servius Tullius l'intention d'avoir voulu établir la République, mais, de n'avoir pu aboutir en raison...de son assassinat par Tarquin le Superbe.

    L'Europe a le même problème que Servius Tullius : jusqu'ici, ce qui fait aussi que le Parlement européen a encore des pouvoirs très limités, c'est surtout que la richesse relative des citoyens européens n'est pas identique. Or, les gouvernements peinent à admettre que les plus pauvres finissent par prendre des décisions pour les plus riches. Mais que se passera-t-il si un pays de 70 millions d'habitants intègre d'un coup l'Europe ? Avec une population disposant d'un revenu en deçà des minimas européens et un poids démographique qui va bouleverser la représentation démographique du Parlement Européen, on peut comprendre les hésitations de l'Union. Qu'ils entrent, et les budgets d'aide publique de l'UE vont littéralement exploser.

    Même si la Turquie n'est pas réputée être une terre d'extrémistes, s'ajoute à cela le problème de l'islamisme qui n'est pas soluble dans la démocratie européenne. Certes, l'AKP en a rabattu, et, in fine, il a sans doute fait plus de réformes démocratiques que n'en a jamais fait un parti laïc en Turquie. Il n'en reste pas moins que les pratiques de l'AKP dans les Universités et les récentes sorties d'Erdogan n'incitent pas à l'optimisme. A cela, il faut adjoindre le très haut niveau de corruption dans l'administration et le système judiciaire turcs.

    Les derniers rapports d'Amnesty International vont toutefois dans le bon sens, même s'il reste beaucoup à faire. La Turquie a signé la Convention Européenne des Droits de l'Homme et adopté la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants .

    On en revient bien donc, avant toutes choses, à mon syndrôme de Servius : le problème principal, actuellement, c'est le niveau économique et la démographie de la Turquie. Le reste, je ne dis pas que ce n'est pas important, mais ce n'est pas ce qui pose le plus de problèmes pratiques d'autant plus que la Turquie montre tout de même clairement une réelle bonne volonté depuis plusieurs années.

     

  • Vertus cardinales et valeurs du MoDem

    Je voulais écrire un billet depuis un moment sur le livret d'accueil du Mouvement Démocrate, que l'on trouvait en supplément à Démocrates n°2, le magazine du MoDem. Je l'ai beaucoup aimé. Beaucoup apprécié parce qu'il définit l'essence-même de l'humanisme tel que le MoDem l'entend. Et comme cet humanisme-là s'organise autour de quatre axes, je n'ai pas été long à y voir une réplique des quatre vertus cardinales. Je me retrouve, en tout cas, à 200% dans ce projet philosophique et politique, tant il définit très exactement ma manière de considérer l'existence et mes semblables. Mais le mieux est d'en donner copie ici-même.

    Il faut que la société soit créative.

    Il n’y a pas de société qui fasse rayonner ses valeurs si elle est dominée économiquement et technologiquement. Les valeurs de création et l’esprit d’entreprise sont au centre de ce projet : l’entrepreneur, le chercheur et l’artiste, portent également la société créative indispensable au projet humaniste. La clé de la créativité, c’est l’éducation qui exige l’effort de tous et la solidarité de la nation.

    Il faut un modèle social juste.

    Les réformes sont une nécessité pour adapter un pays au temps nouveaux. Mais elles ne seront acceptées durablement, que si l’esprit de justice les inspire et les règle, et si on refuse les ghettos dus à l’argent, à l’origine, à l’âge, à la situation sociale.

    Il faut que la société soit durable.

    La solidarité entre générations est une exigence aussi élevée que la solidarité à l’intérieur d’une génération. Nous sommes durement confrontés à des menaces sur l’équilibre de la planète et de nos pays. Le passage de l’énergie abondante et bon marché à l’énergie rare et chère, le choc climatique, le poids croissant des déficits et de la dette, le vieillissement de nos populations, les désordres monétaires sont autant de menaces sur l’avenir. La vertu du modèle humaniste, c’est l’équilibre.

    Il faut l’équilibre des puissances et donc l’Europe.

    Si l’on veut la justice internationale, il faut écarter la domination. Pour résister aux grandes puissances dominatrices, il faut faire naître un monde organisé. L’Europe rassemblée est le précurseur nécessaire des organisations régionales. Voilà pourquoi le combat pour une Europe protectrice de diversité, respectueuse des peuples qui la composent, n’est pas seulement un combat pour nous-mêmes mais pour toute l’humanité. Il faut une adhésion démocratique. Nous croyons que la démocratie exige la prise de conscience et de responsabilité des citoyens.
    Ils ont droit à la vérité du débat public et à la protection contre les abus de pouvoir. Ils ont droit à des institutions loyales, qui garantissent la séparation des pouvoirs, exécutif, législatif, judiciaire et la juste représentation des citoyens.

    Je suis également très sensible à la charte des Valeurs du MoDem, dans laquelle je me retrouve plus qu'en tout autre idéal politique. Cette charte en XII points m'évoque, d'ailleurs, l'idéal républicain romain et ses douze tables. Les Douze Tables furent créées pour donner des garanties au peuple contre l'aristocratie qui s'arrogeait tous les pouvoirs, et notamment la précieuse connaissance du droit. Après leur établissement, elles furent offertes aux yeux de tous sur le forum romain. Ainsi, chaque citoyen pouvait en prendre connaissance.

    I - Le but de notre action est l’établissement d’une société de liberté, de responsabilité et de justice orientée vers l’épanouissement intellectuel et moral de la personne humaine et des communautés dans lesquelles celle-ci s’enracine.
    II - Le principe d’une telle société est la démocratie, qui vise à porter au plus haut la conscience et la responsabilité des citoyens. La démocratie exige le respect scrupuleux des droits de la personne humaine, au sens de la Convention européenne des Droits de l’Homme et de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, et la lutte contre toutes les discriminations. La démocratie exige la séparation des pouvoirs politiques (exécutif, législatif, judiciaire), économiques et médiatiques.
    III - La pluralisme est la première des valeurs démocratiques. Le pluralisme politique et médiatique, garantit seul la liberté de penser, la liberté d’opinion, l’émancipation des citoyens et leur faculté politique.
    IV - Chaque citoyen doit être considéré comme un acteur des choix publics qui le concernent. Il a droit à une complète information dans la préparation de ces décisions. Chaque citoyen doit être considéré comme responsable, en droits et en devoirs.
    V - Le responsable politique représente dans le monde du pouvoir ceux qui n’ont pas droit à la parole, en particulier les moins favorisés, les plus jeunes et les générations à venir.
    VI - L’essor de la société démocratique repose sur la dynamique d’une social-économie durable, économie de création, entreprenante et réactive, à haute exigence sociale, visant au développement durable.
    VII - Le développement de la social-économie exige la liberté et la responsabilité des acteurs économiques, mais aussi des acteurs sociaux, civiques et associatifs.
    VIII - L’État ne peut donc être le décideur tout-puissant à la place des acteurs de la société. Il est leur défenseur, leur partenaire et le garant de leurs droits.
    IX - Notre projet de société promeut et défend, au-delà des biens nécessaires, les biens supérieurs que sont l’éducation, la culture, transmission et création, la science, les valeurs morales, philosophiques et spirituelles.
    X - La laïcité est la garantie du vivre-ensemble. Nous considérons que la laïcité telle qu’elle a été peu à peu définie par la République française est un apport précieux à l’avenir de l’Europe et de l’humanité.
    XI - L’équilibre du monde, menacé par des superpuissances de toute nature, exige l’avènement d’organisations internationales destinées à le garantir.
    XII - L’Europe des peuples et des citoyens, active et solidaire, où les Etats nationaux, détenteurs d’un patrimoine commun de civilisation, défendent ensemble leurs intérêts et leurs valeurs est le modèle de ces libres organisations. Sa construction est donc non seulement une nécessité mais un devoir.