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  • Vivre et...mourir libre !

    Si je ne saurais valider l'injonction ignoble de Taro Aso, le vice-premier ministre japonais, invitant les Anciens à mourir plus vite pour ne pas coûter plus cher à l'économie nippone, en revanche, je suis fondamentalement convaincu que mourir est un droit qui vaut bien celui de vivre.

    Taddeï a ouvert le débat sur son site newsring et j'ai pris le temps de parcourir les différentes réponses.

    Je me retrouve en grande partie dans l'avis exprimé par Armand Stroh, l'un des contributeurs. 

    On doit pouvoir avoir le droit de mourir, mais sans aucune pression extérieure. Voilà qui disqualifie Taro Aso d'office.

    Je pense, malgré tout, que cette liberté a vocation à être assorti de quelques contraintes et limites. Elle ne devrait pas être aidée à un âge inférieur à l'espérance de vie en bonne santé sauf maladie grave. 

    Évidemment, un tel choix risque de se heurter à de sérieux problèmes de définition car il sera difficile, au moins du point de vue de la psychiatrie, de faire la distinction entre suicide et euthanasie. On peut toujours me répondre que le premier est le fruit d'une dépression majeure, cela ne sera pas suffisant car on pourrait postuler que c'est le cas pour toute volonté de se donner la mort.

    In fine, j'aime la propositon d'Yvan Bachaud suggérant l'accès libre à une potion létale assurant une mot douce pour tout individu qui juge un jour que la vie ne vaut plus d'être vécue.

  • Les 60 000 postes de Peillon

    Hollande avait eu une réponse intéressante pendant la campagne présidentielle en disant à un journaliste que ce ne serait pas nécessairement des postes d'enseignants qu'il envisageait de créer pour l'Éducation Nationale.

    Cela tombe bien, plus personne ne veut y aller. Toutefois, je suis plutôt en accord avec Hollande sur cette réponse. Je ne dis pas que quelques postes d'enseignants ne sont pas nécessaires çà ou là , surtout dans le primaire, à vrai dire, mais ce dont l'école a surtout besoin c'est de l'encadrement, particulièrement des assistants d'éducation. 

    C'est  patent dans les collèges. Sous l'impulsion de François Fillon à l'époque où il était ministre de l'Éducation, les chefs d'établissement ont enfin obtenu de pouvoir les recruter eux-mêmes. Je ne comprends pas pourquoi dans les écoles primaires (en tout cas à Paris) c'est la mairie qui impose ses personnels, quel que soit leur niveau d'incompétence.

    Pour rendre ce métier un minimum attractif, il faut aussi prévoir une évolution de carrière, c'est à dire des augmentations de salaire au fil du temps , ainsi que la possibilité de primes de la part du chef d'établissement ou du directeur.

    Si les écoles ont certainement besoin de classes réduites, je pense que les collèges, eux, peuvent fonctionner avec des effectifs relativement élevés à condition d'avoir un encadrement capable de prendre en charge tous les éléments perturbateurs dans chaque classe. Ce sont généralement eux qui mobilisent 50 à 60% de l'attention et de l'énergie des enseignants. Dès 2007, Bayrou avait estimé qu'en les retirant de chaque classe, on parviendrait assez aisément à assainir le climat dans les collèges. Dans les écoles primaires, ils sont sans doute bien moins à vraiment empêcher le fonctionnement des cours.

    Les assistants d'éducation n'ont par ailleurs pas vocation à servir de surveillants seulement mais peuvent très certainement assurer des suivis indidualisés, animer des ateliers ou exercer encore d'autres fonctions et ce, tout cela grâce à la richesse et à la diversité de leurs parcours.

    Outre les assistants, il faudrait idéalement pouvoir introduire des orthophonistes dans les écoles primaires tant les troubles du langage semblent s'étendre comme une tâche d'huile dans notre société, et prévoir des plages de présence des psychologues scolaires bien plus importantes dans chaque établissement. Cela suppose de faire évidemment du recrutement.

    Au final, ce n'est donc pas tant sur le nombre d'enseignants que je ferais porter l'effort, mais sur l'encadrement. Je note que c'est d'ailleurs la recette principale des établissement privés et c'est ce qui fait leur force.

  • Une marque France pour l'étranger

    J'avoue que je ne vois guère l'intérêt du dernier projet gouvernemental sur la fabrication française. Il existe déjà deux labels de fabrication, le «made in France» qui garantit 35% de la valeur ajoutée réalisée en France et le «France Origine Garantie» qui en assure 50% et plus.

    Rajouter un troisième label ? Encore le goût bien français pour la multiplication des sigles et des labels...

    Ce serait bien plus pertinent de songer à une déclinaison internationale des labels existant primo, et, secundo, bien plus important de développer le goût de la fabrication française sur notre propre sol.

    Même si Robert Rochefort, un eurodéputé MoDem, s'est réjoui de cette initiative, il a fort perspicacement observé que l'enjeu principal se situe d'abord sur notre marché intérieur. Il se trouve que j'ai lu son livre "Produire en France" et qu'il y dit fort justement que des segments entiers de produits ont disparu de notre pays alors qu'il n'existe pas de raison, en termes de coûts, pour qu'elles n'y figurent pas.

    Sur le fond, l'intention est bonne, mais j'attends des initiatives plus fortes d'autant qu'il y a urgence. 

    J'ajoute qu'un tel projet a vocation à s'articuler à une réflexion globale et européenne sur les productions locales et les circuits de distribution courts.

    Sans verser dans l'autarcie, un pays se porte d'autant mieux qu'il est soit capable de produire lui-même ce qu'il consomme, soit capable de l'échanger contre les principaux segments de sa production.

  • Pauvres, musée, enfants Roms et rhétorique gaucho-bobo.

    La boboïtude bien pensante va pouvoir à nouveau s'émouvoir : pensez-vous, Jean-Charles, on a vidé des pauvres du Musée d'Orsay ! Quelle honte !

    On a là l'archétype de la dialectique bobo qui consiste à associer une cause imaginaire à une cause réelle pour faire pleurer dans les chaumières. En logique, on appelle ça un sophisme.

    Une famille pauvre et sentant mauvais est rentrée au Musée d'Orsay. L'odeur étant sans doute insupportable par défaut d'hygiène on les a priés de rebrousser chemin. La cause de leur éviction est évidemment le défaut d'hygiène, pas la pauvreté. Mais par un sophisme qu'affectionnent les bobos et la sphère médiatique bien-pensante, la famille est devenue l'objet d'une discrimination sociale.

    Sur le fond, l'éducateur qui suit cette famille avait plutôt fait du bon boulot en parvenant à la convaincre de venir dans un musée, mais il ne suffit pas de donner le goût de la culture ; il faut avant toutes choses donner les codes sociaux et une élémentaire propreté en est l'un des piliers.

    Dans le même registre, bobos et gauchos de toutes sortes ont entonné le chant de la discrimination injuste parce que des enfants Roms s'étaient retrouvés à suivre des cours dans un commissariat.

    Primo, dans une petite ville, on ne peut intégrer sans coup férir plus d'une trentaine de petits dans des écoles qui n'ont pas la structure et le nombre d'enseignants nécessaires pour que cela soit possible.

    Secundo, le commissariat en question est en fait une annexe récupérée sur une ancienne école. Le choix de l'élue locale était donc particulièrement perspicace. Mais le landernau médiatico-politique a préféré hurler au loup avant de savoir : c'étaient des Roms alors forcément, ils avaient été discriminés.

    Ah : et puis on avait prononcé le mot sacré qui fait pleurer dans les chaumières bobos. C'étaient des enfants et le commissariat, c'était la police. Il y avait donc un affrontement entre les forces du bien (enfants, innoncence, roms discriminés) et celles du mal (commissariat, police, répression et tout ça, quoi...).

    Vous voyez, c'est pas compliqué la rhétorique gaucho-bobo...

  • Tu fais quoi François ?

    Je ne comprends pas Bayrou depuis peu : après une présidentielle dans laquelle il avait eu l'intelligence de remuer des thèmes essentiels, depuis son vote pour François Hollande, le voilà devenu insipide.

    Il avait fait des filières courtes et du made in France son principal thème de campagne, mais depuis, il ne dit plus rien ou, du moins, plus rien d'intéressant sur le sujet.

    Le voilà réduit au rôle d'un simple commentateur de l'actualité distribuant les bons points çà et là. Plus une propositon, pas d'idées nouvelles, toute forme de critique décapante étant passée à la trappe.

    Bon sang, remue-toi, François : le MoDem se meurt dans une soporifique langueur, électro-encéphalogramme bientôt plat.

    Il y en a pourtant des choses à dire : j'attendais Bayrou sur la fiscalité, sur le capital-risque, sur la folie normative des cadres juridiques français qui étouffe toute initiative, sur l'Europe avec autre chose que des déclarations d'intention (du genre, l'Europe est dans notre code génétique : il ne suffit pas de le dire, il faut le prouver avec des propositons décapantes). 

    Au lieu de cela, le voilà à donner l'accolade à Peillon l'incapable sur les rythmes scolaires.

    Du côté de la base militante du MoDem, c'est pire que tout : des débats sans fin et parfaitement inutiles sur les relations avec l'UDI et le PS,  un désintérêt à peu près total pour l'analyse et la recherche d'idées. Le fade projet humaniste sert de petit livre rouge.

    Bref, tout part à vau l'eau, on est à la dérive. Tout se délite. Je n'aime pas tirer sur l'ambulance, mais parfois, il vaut mieux enclencher la sirène d'alarme quand tous les voyants sont au rouge.

    Je n'ai vu et entendu d'intéressant au MoDem depuis quelques mois que l'action de Marielle (de Sarnez). Pour le reste...

    Bref, Bayrou devrait cesser de consater que la gauche a fait du chemin et songer à poursuivre le sien. 

    Je l'ai dit, la Présidentielle avait ouvert des voies nouvelles, Bayrou s'était montré une fois de plus un éclaireur : j'aimerais qu'il le reste.