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samedi, 02 février 2013

Les 60 000 postes de Peillon

Hollande avait eu une réponse intéressante pendant la campagne présidentielle en disant à un journaliste que ce ne serait pas nécessairement des postes d'enseignants qu'il envisageait de créer pour l'Éducation Nationale.

Cela tombe bien, plus personne ne veut y aller. Toutefois, je suis plutôt en accord avec Hollande sur cette réponse. Je ne dis pas que quelques postes d'enseignants ne sont pas nécessaires çà ou là , surtout dans le primaire, à vrai dire, mais ce dont l'école a surtout besoin c'est de l'encadrement, particulièrement des assistants d'éducation. 

C'est  patent dans les collèges. Sous l'impulsion de François Fillon à l'époque où il était ministre de l'Éducation, les chefs d'établissement ont enfin obtenu de pouvoir les recruter eux-mêmes. Je ne comprends pas pourquoi dans les écoles primaires (en tout cas à Paris) c'est la mairie qui impose ses personnels, quel que soit leur niveau d'incompétence.

Pour rendre ce métier un minimum attractif, il faut aussi prévoir une évolution de carrière, c'est à dire des augmentations de salaire au fil du temps , ainsi que la possibilité de primes de la part du chef d'établissement ou du directeur.

Si les écoles ont certainement besoin de classes réduites, je pense que les collèges, eux, peuvent fonctionner avec des effectifs relativement élevés à condition d'avoir un encadrement capable de prendre en charge tous les éléments perturbateurs dans chaque classe. Ce sont généralement eux qui mobilisent 50 à 60% de l'attention et de l'énergie des enseignants. Dès 2007, Bayrou avait estimé qu'en les retirant de chaque classe, on parviendrait assez aisément à assainir le climat dans les collèges. Dans les écoles primaires, ils sont sans doute bien moins à vraiment empêcher le fonctionnement des cours.

Les assistants d'éducation n'ont par ailleurs pas vocation à servir de surveillants seulement mais peuvent très certainement assurer des suivis indidualisés, animer des ateliers ou exercer encore d'autres fonctions et ce, tout cela grâce à la richesse et à la diversité de leurs parcours.

Outre les assistants, il faudrait idéalement pouvoir introduire des orthophonistes dans les écoles primaires tant les troubles du langage semblent s'étendre comme une tâche d'huile dans notre société, et prévoir des plages de présence des psychologues scolaires bien plus importantes dans chaque établissement. Cela suppose de faire évidemment du recrutement.

Au final, ce n'est donc pas tant sur le nombre d'enseignants que je ferais porter l'effort, mais sur l'encadrement. Je note que c'est d'ailleurs la recette principale des établissement privés et c'est ce qui fait leur force.

Commentaires

Je suis enseignant dans un établissement catholique breton et je dois dire que, personnellement, je suis favorable aux classes à effectif réduit surtout dans les établissements difficiles.
Je travaille en lycée professionnel et j'ai la chance d'avoir des classes en demi-groupe pour certaines heures de cours.
Je vois la différence quand je dois faire un cours de français à 14 élèves (c'est plus simple de les gérer) qu'un cours d'histoire en classe entière (27)...
La problématique du lycée professionnel est peut-être différente : le nombre d'élèves perturbateurs y est sans doute plus élevé...

Écrit par : Guillaume Morin | samedi, 02 février 2013

@Guillaume Morin
Ce sont sans doute des établissements plus difficiles. Mais ne pensez-vous pas que vous avez un petit groupe en particulier dans votre classe qui génère l'essentiel du désordre et de l'incivilité ?

Écrit par : l'hérétique | samedi, 02 février 2013

Il faut dire qu'à 35 par classe à tous les niveaux du lycée et 30 par classe au collège, à tous les niveaux aussi, les conditions d'enseignement sont particulièrement relax !
Un prof doit hésiter à deux fois avant de tenter une évaluation, de corriger un exercice, de demander un devoir à la maison, etc.
Pour les cours de langues vivantes, c'est pareil : quel jaillissement réjouissant ! quelle générosité !
Rien de tel que 35 ados et leurs téléphones portables pour transformer ce qui devrait être un cours de langue en joyeux bordel inutile et coûteux.
Non, vraiment, le manque d'enseignants, ce n'est pas le problème...

Écrit par : Erasmus Tharnaby | samedi, 02 février 2013

@Erasmus
Je n 'ai parlé nulle part de 35 élèves par classe.

Écrit par : l'hérétique | samedi, 02 février 2013

@ Erasmus

Le problème, à mon sens, c'est qu'il y a élève et élève. Dans certains cas, le nombre n'est pas un problème. J'ai déjà cité ici le cas d'un de mes fils, élève de terminale S dans un établissement dit "d'excellence". A 35 dans la classe, ils ont tous eu le bac avec mention dont la moitié avec mention "Très bien". Maintenant, évidemment, une classe de 35 élèves en ZEP, ce n'est pas du tout la même paire de manches. Comme quoi, il y a peut-être aussi une question de milieu social et d'éducation.

Écrit par : Ch. Romain | dimanche, 03 février 2013

Le problème c'est qu'en lycée professionnel, les élèves ne sont pas motivés par les matières générales, donc c'est l'essentiel de la classe qui peut poser problème malgré les techniques multiples pour les intéresser. Je trouve beaucoup plus simple de gérer un petit groupe..

Écrit par : Guillaume Morin | dimanche, 03 février 2013

Tout à fait d'accord avec ce billet, et avec les comms de Guillaume Morin et Ch. Romain. J'ai fait tout mon collège en classes de 38-39 et je ne me souviens pas que ça posait tant de problèmes… et les évaluations statistiques faites un peu partout dans le monde ont rarement montré que le petit nombre améliore significativement les résultats. Sauf sur la maternelle ou le début du primaire, sauf sur des publics spécifiques (classes composées d'élèves en difficulté), sauf quand le travail individualisé est ou devrait être dominant (classes professionnelles), et sans doute d'autres exceptions.

La clé de la réussite, c'est une ambiance de travail individuel et collectif, c'est l'émulation, c'est la qualité pédagogique du cours, c'est la possibilité pour chaque élève de s'investir dans un effort personnel, etc., et bien des pays (pauvres) du monde montrent que c'est possible avec des classes de 70, 90 ou plus. Bien sûr, 30 ou 40 c'est sûrement mieux que 70 ou 90… mais quand j'entends des enseignants se plaindre d'une classe de 32, je me dis qu'ils ont sûrement de bonnes raisons de se plaindre de leur classe, mais que le nombre de 32 n'est sans doute pas la cause profonde de leurs problèmes.

Écrit par : FrédéricLN | dimanche, 03 février 2013

@FrédéricLN:
Mais tout simplement, Frédéric, la mentalité des jeunes de pays pauvres n'est pas du tout la même que celle des jeunes de nos pays!
Il faut savoir aussi que dans certains pays on demande aux élèves d'apprendre par coeur et d'être soumis. Des élèves répètent des choses qu'ils ne comprennent absolument pas. Cet enseignement n'a donc rien à voir avec celui de nos pays.

Écrit par : Monique | dimanche, 03 février 2013

@Fred
Après, je subodore qu'il peut y avoir un problème d'ordre matériel quand tu dépasses 30 élèves pour des salles pas conçues pour plus.
Mais sur le fond de ton propos, je suis d'accord, les baisses d'effectifs ne sont que des cautères qui ne règlent pas la question de fond : le comportement des collégiens et de pas mal de lycéens.

Écrit par : l'hérétique | dimanche, 03 février 2013

Les commentaires sont fermés.