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  • Brunerie, l'accueillir ou pas ?

    Les médias ont fait état de la volonté de Maxime Brunerie, auteur d'une tentative d'assassinat manqué contre Jacques Chirac, d'adhérer au MoDem et de soutenir Bayrou.

    Juste après l'épisode norvégien, ça ne donne pas vraiment envie. Maxime Brunerie a tout de même assidûment fréquenté le MNR de Mégret, les groupes néo-nazis et j'en passe.

    Certes, je crois, jusqu'à un certain degré, à la rédemption, mais tout de même...

    Il est vrai, toutefois, que Maxime Brunerie, en 2001, cherchait, paraît-il, une mort glorieuse, espérant finir sous les balles des services de sécurité présidentiels. Je conçois que l'on puisse verser dans de dangereuses formes de mal-être, mais les choix politiques, dans des circonstances et un état semblables, traduisent tout de même quelque chose d'inquiétant sur le fond.

    J'ai notamment lu son entretien sur Atlantico : j'aimerais savoir ce qui l'attire exactement au MoDem...Brunerie dit être attaché avant toutes choses à la Nation et à la Tradition, le tout avec une majuscule à chaque mot. Le MoDem a bien des attachements, mais je ne crois pas que ces deux-là lui soient une priorité.

    Je n'ai pas lu son livre et ne le connais que par les extraits qui figurent sur la Toile et ce qu'en disent différents médias. Ce que je comprends, c'est qu'il a fait une partie du chemin, mais pas encore l'autre. Par exemple, il en semble pas conscient de tout ce qu'il doit au maire de Courcouronnes, qui a tout fait pour sa réinsertion. Il a en revanche vu de près ce qu'était l'infâme univers carcéral dans lequel la France mélange allègrement violeurs, pédophiles, braqueurs, voleurs et cetera, comme s'il n'y avait pas de différences de nature entre les différents crimes et délits qui les ont amené en prison.

    Au passage, j'en profite pour faire une parenthèse : j'entends souvent que les criminels où les mineurs que l'on envoie en prison en ressortent plus durs. De ce fait, les bonnes âmes en concluent qu'il ne faut pas envoyer les mineurs délinquants en prison. La conclusion logique à laquelle j'arrive, moi, ce n'est pas qu'il faut supprimer la prison, mais la réformer. Une prison à visage humain, qui trie clairement les criminels et les délinquants tout en prévoyant les moyens de réinsertion des moins endurcis dans le mal est la condition sine qua non d'une politique de répression réussie. Tout comme la prévention, la répression nécessite des moyens importants. C'est le genre de chose qu'un Guéant, un Hortefeux, un Sarkozy, ou encore tous les trublions de la droite populaire (sans parler du FN) ne semblent vraiment pas avoir compris...

    Revenons à Brunerie : il ne me semble pas mûr pour l'action politique. Je regrette l'impulsivité (une fois de plus, c'en est agaçant...) de Bayrou qui aurait du se garder de décréter qu'il n'y avait pas de place pour les déséquilibrés au MoDem. Franchement, si je cherche, je vais en trouver d'autres, moi au MoDem, même s'il y en a certainement moins qu'il y a deux ans. Soyons honnête : c'est une marque de fabrique du militantisme et de la politique que de fourbir les partis en déséquilibrés plus ou moins prononcés. Il y en a dans tous les partis...Ça n'était pas très chrétien, en somme, d'accueillir ainsi la demande de Brunerie.

    Je pense que nous devrions lui faire une réponse circonstanciée et ne pas lui refuser un entretien, de manière à ce qu'il réalise qu'il est encore bien loin de la ligne politique du MoDem, à l'heure actuelle.

  • Ridicules...

    J'ai du mal à comprendre l'obstination d'un Jean-Louis Borloo ou d'un Hervé Morin à vouloir à tout prix charger Nicolas Sarkozy. Il me semble que c'est "daté", et surtout, un peu tard après avoir gouverné la France quatre années avec lui.

    C'est d'autant plus inutile que les idées de Borloo ou de Morin ne sont pas inintéressantes. Je l'ai déjà dit, si Bayrou n'était pas candidat, ce serait certainement à l'un des deux que ma voix irait, de préférence à Hervé Morin, d'ailleurs, bien réfléchi. La droite de sensibilité centriste a le droit de présenter plusieurs candidats, mais, si l'on considère leurs histoires politiques, Hervé Morin a montré plus d'indépendance que Borloo et son programme est très proche de celui de l'UDF en 2007, ce qui me convient parfaitement.

    Le concours de critiques sur Sarkozy, c'est fini, les amis, il faut passer à autre chose ! On s'étonnait du silence de François Bayrou dans les coulisses politiques de RMC lundi dernier. On y soupçonnait même quelques secrets accords. Ridicule. C'est bien plus simple que cela, et d'ailleurs Bayrou avait annoncé ce tournant il y a plusieurs mois : l'heure n'est plus à la critique systématique mais aux propositions. Bayrou travaille donc sur un programme pour la France.

    Aux présidentielles, évidemment, Bayrou ira pour gagner et faire valoir son projet politique, économique, social et culturel pour la France. Il se rapprochera du candidat qui sera le plus proche de ses vues s'il n'est pas au second tour.

  • Mon pauvre Nicolas...

    Quand je dis mon pauvre Nicolas, je ne parle pas de lui, ni même de lui, mais de ce malheureux Hulot. IL avait cru devenir membre d'un parti d'écologistes, il est tombé dans un traquenard d'extrême-gauche, le vrai fonds de commerce des Verts en France.

    Il faut dire qu'on aura une bonne idée de l'ambiance de la campagne, quelque peu saumâtre, quand on aura appris que Nicolas Hulot s'est pris une assiette de déchets sur la tête lors d'un meeting en interne avec les militants verts. Et pour mieux cerner le Robespierre norvégien en jupon qui va les représenter, il faut savoir qu'elle a formellement refusé de condamner cette agression.

    Bref, Hulot s'épanche, et on le comprend...

  • Visionnaires...

    Je viens de prendre connaissance chez Marianne des dernières notes sur l'école de Brighelli et de Bah? ; Brighelli renvoie à un écrit de l'association Sauvez les Lettres de 2003.

    Rien à dire. Ils ont été visionnaires (Sauvez les lettres, je veux dire). Ce qui impressionne quand on considère la chose, c'est qu'on croit régulièrement avoir touché le fond puis on se rend compte que non, on n'a pas fini de repousser les limites.

    Il y a trois axes qui devraient guider toute perspective pour l'Éducation Nationale.

    a) s'appuyer sur deux piliers : l'excellence et la remédiation. 

    Les pédagogols et les adeptes du benchmarking, de la compétence et autres conneries ont réussi à flinguer la remédiation en proposant toujours plus de merde et de ludique aux "apprenants". Mais maintenant, ils rêvent de dégommer aussi l'excellence. 

    J'ai été stupéfié après la publication des enquêtes PISA qu'il n'y ait personne dans la presse spécialisée pour observer que le niveau de nos meilleurs élèves baissait aussi. Si la France n'était déjà plus capable d'offrir de vraies perspectives aux plus faibles, au moins avait-elle conservé cette qualité d'être capable de former des élites. On aurait pu au moins s'en réjouir, mais cela gêne les pédagogols, tout imprégnés de marxisme qu'ils sont, et les libéraux en peau de lapin parce que tout ce qui n'a pas une utilité immédiate doit être écarté. Or, il se trouve que l'excellence ne se bâtit pas sur l'utile mais au contraire sur le "superflu". C'est même là sa marque de fabrique. Il me semblait pourtant qu'il y avait dans le libéralisme un idéal de développement personnel, or, quand on examine de près le programme éducatif des libéraux français, c'est à pleurer : du pédagogol dans le texte. La seule chose, c'est qu'ils veulent introduire la concurrence entre les écoles et même dans le recrutement des profs (pas forcément une mauvaise idée, d'ailleurs, ce dernier point : les choses se passeraient bien mieux dans les écoles, collèges et lycées si chefs d'établissement et enseignants se choisissaient les uns les autres). Je lis donc chez eux les mêmes conneries qu'ailleurs.

    b) assurer des conditions d'enseignement et d'instruction optimales pour le plus grand nombre.

    Ceci suppose un recrutement de qualité pas les contrats à la c... de Châtel et encore moins la masterisation qui est une vaste fumisterie, mais aussi un environnement favorable. L'environnement favorable, c'est dégager des établissements scolaires les éléments qui en empêchent le fonctionnement normal. Il faudra évidemment trouver un parcours adapté pour les dits éléments, allant du centre éducatif à la prison pour mineurs en bonne et due forme avec suivi judiciaire si nécessaire.

    c) permettre la diversité et l'innovation sans étranglement par les moyens

    Jusqu'à un certain point, les établissements devraient être libres de définir leur pédagogie et même de personnaliser l'enseignement des discplines selon les profils d'élève. Il faudrait d'ailleurs sortir du "tout école". L'école ne valorise que certaines qualités seulement et abrase tout le reste. Le collège "unique" ne doit donc plus être le lieu exclusif de l'instruction. Les centres d'apprentis les plus performants doivent devenir des labels de qualité, ce qui suppose d'avoir aussi un oeil sur les formateurs. On ne devrait pas pouvoir s'improviser formateur dans un CFA et un tel statut devrait faire l'objet d'un concours spécifique.

    Les projets d'établissement sont de la fumisterie en l'état, mais si on laissait une vraie liberté aux établissements, ils pourraient devenir le fer de lance de cette diversité. Cela suppose évidemment de ne pas étrangler les collèges et les lycées en leur retirant des moyens puis de venir la bouche en coeur expliquer à leurs équipes qu'elles sont libres.

    La diversité, c'est aussi le maintien d'une grande diversité d'enseignements, à commencer, comme l'observait Sauver les lettres, par l'allemand, le latin et le grec, qui sont les lieux traditionnels de la rigueur de et l'excellence.

    J'avais au départ un 4ème axe en tête, mais pas moyen de m'en rappeler. Tant pis, ce sera pour un autre billet. Et puis de toutes façons, je radote largement, je dis à peu près toujours les mêmes choses ici...

  • Ils ont passé le mur du çon...

    Ami lecteur, tu dois bien connaître, j'espère, le fameux et hilarant hebdomadaire le Canard Enchaîné ; en règle générale, en première page, mon palmipède favori consacre toujours un petit entrefilet à la plus grosse c....erie de la semaine, proférée généralement par de doctes et dignes représentants de notre classe politique.

    En vil plagiaire que je suis, je vais prolonger ce petit rituel sur mon blogue. Voilà, toute la presse s'en est fait l'écho, un cas lourd pour la psychiatrie a pété un câble et massacré 93 jeunes gens. 

    Mais voilà, la presse voulait à tout prix politiser la chose, alors on s'est empressé aussi bien en Norvège qu'en France, et, je le présume, dans toute l'Europe, de bien préciser qu'il s'agissait d'un Norvégien " de souche". Mon Dieu mon Dieu, on aurait pu penser tout de suite à un immigré islamiste. Soyons honnête, c'est la première chose qui m'est venue à l'esprit, et je ne suis pas le seul,  car dans l'attente, quelques médias ont rappelé que la Norvège participait à certaines opérations militaires mal vues des djihadistes de tout poil.

    Le caractère méticuleux et narcissique de la préparation du taré dénote un esprit maniaque et illuminé. Le camarade CSP s'est empressé d'éructer sur les droites populistes, nationales et extrêmes qui sévissent sous nos latitudes. Le camarade CSP n'a rien compris. Et il n'est pas le seul, pour une fois, EGEA n'est guère perspicace. Y'a pas d'embrigadement dans cette histoire. Le gars, un peu (beaucoup) illuminé, s'est monté la tête tout seul. CSP n'a rien compris : on ne devient pas malade à force de fréquenter l'extrême-droite ! c'est parce qu'on est malade qu'on commence à la fréquenter !

    Mais bon, y'en a un autre qui a fait fort, c'est l'Didier. Imaginez : le crime provient de ce que la Norvège serait féminolâtre. Oh, j'ai déjà lu de belles conneries à la gauche de la gauche, mais là, l'Didier les a tous battus d'un seul coup à plat de couture. Et puis il en ajoute une couche, en plus, après : la Scandinavie a sur une carte l'aspect d'une bite molle ce qui explique le carnage qui s'est produit près d'Oslo. L'Didier devrait postuler à l'Université Paris-V Descartes pour une chaire de socio ou de psycho. Ou alors peut-être à l'IRIS. A moins que nous ne soyons à l'orée d'une nouvelle science humaine. Révolutionnaire, je vous dis.

    Sérieusement, moi, ce n'est pas le modèle Scandinave qui m'indispose, mais les bêlements de mouton de toute obédience qui nous en vantent les mérites et veulent nous l'imposer, en nous expliquant que là-bas c'est mieux (ben ils n'ont qu'à y rester, tiens...). Chacun son modèle, nous c'est le modèle Latin, point à a ligne. 

    Bref, on ne va pas gloser indéfiniment sur l'individu : c'est un fou. S'il n'avait pas agi au nom des thèses réactionnaires de la droite populiste, il l'aurait fait au nom d'une secte millénariste ou toute autre connerie dans le genre.

    Fondamentaliste chrétien, c'est l'épithète ridicule qu'on lui a accolé, alors même que le type s'apprêtait à basculer du protestantisme vers le catholicisme (il ne savait plus où il en était, en somme). Tu parles d'un fondamentaliste. Ah, on les sentait dans la presse bien-pensante : ouf ! Ils avaient trouvé enfin l'incident qui allait remettre les pendules à l'heure face à l'islamisme radical. Enfin un attentat chrétien ! Le bonheur ! Quel tas d'abrutis crétinoïdes...

    Il n'y a en définitive aucun enseignement politique à tirer de cet évènement isolé : il n'y avait pas d'organisation ni d'embrigadement derrière les délires de ce malade, et sa mère ne l'avait pas castré au nom d'un féminisme scandinave triomphant.

    C'est hélas un fait divers tristement tragique et rien d'autre.