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  • 4000 questions pour Bayrou en une heure sur twitter

    François Bayrou vient de faire l'expérience de la réactivité de twitter en organisant le premier tweetinterview en France. Il a reçu sur son compte près de 4 000 questions en moins d'une heure, tentant d'y répondre aussi largement que possible. Il a testé les réponses en 140 caractères à des questions parfois complexes et n'a pu donner que 75 réponses au final (ce qui n'est pas si mal, car cela signifie qu'il a donne une réponse toutes les 50 secondes en moyenne !!!).

    L'équipe du compte MoDem sur twitter s'est engagée à tenter de répondre aux questions restantes sur son propre compte.

    Il a évidemment essayé d' s'exprimer sur les thèmes qui lui étaient proposés par les internautes.

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    En ce qui me concerne, je lui ai demandé ce qu'il pensait de la mise en place de l'évaluation par compétences dans les écoles et les collèges. Il m'a répondu qu'il n'était pas contre de grandes compétences générales et bien faites, car cela permettait de valoriser les élèves. Bon. On n'est pas franchement sur la même longueur d'ondes sur ce sujet.

    On lui a demandé ce qu'il pensait de l'obligation de devoir voter aux échéances électorales. Il a répliqué qu'il défendait l'objection de conscience dans ce domaine.

    Il a rappelé quelques uns des thèmes qui lui sont chers, l'interdiction des déficits en période de croissance, l'indépendance de la justice ce qui commence par supposer de donner aux juges les moyens de fonctionner, son soutien à la fonction de juge d'instruction, son engagement d'abroger le principe de la nomination par l'exécutif dans l'audiovisuel public, une proportion modérée de suffrage universel aux élections (25% par exemple), sa foi en l'isolation énergétique à grande échelle pour réduire nos dépenses et notre consommation dans ce domaine ; il a également rappelé son attachement aux langues et cultures régionales.

    Il s'est permis, enfin, le luxe de répondre à certaines provocations comme celle d'intox2007 : hautement comique ! Ce reliquat de la grande période royaliste, sur la foi d'une vidéo particulièrement bêtasse et démago, lui reprochait d'avoir approuvé des lois de sécurité intérieure et de maîtrise de l'immigration entre 2002 et 2007. Ouf, heureusement il les a votées ! On n'est pas non plus des gauchistes au MoDem qui considérerions que tout le monde il est beau il est gentil et qu'il y a plein de méchants policiers qui cherchent qu'à taper sur les gentils délinquants pas compris de la société. Eh, oh, mai 68 et les "il est interdit d'interdire", c'est fini, mon gars, faut se réveiller...

    En fait, merci d'avoir donné ce lien : il montre que Bayrou, contrairement à la majeure partie de la gauche, n'est pas laxiste, lui, au moins...

    Bon, Bayrou a été sympa, il lui a répondu. Bien bon, même, vu le niveau de la question. Il lui a répondu qu'il avait voté en conscience, ce en quoi il a parfaitement raison.

    Un transcript du tweetinterview devrait figurer d'ici peu sur le site du Mouvement Démocrate.

  • Tours triangles, querelle des Anciens et des Modernes ? Vraiment ?

    Je l'ai commenté ici, Bertrand Delanoë, avec l'aval du tout Paris politique, à l'exception des Verts, du MoDem et de deux élus du Parti de Gauche, a avalisé la construction de monstres d'acier et de verre aux portes de Paris. Yves Contassot, l'un des chefs de file parisiens des Verts s'est exprimé sur son blogue à ce sujet. Par delà la voracité énergétique de ces monstres d'un nouveau genre, leur impact sur leur environnement, leur absence de toute visée sociale, Contassot est surtout heurté par la concession qui est faite à une société privée. C'est un discours assez classique chez les écologistes.

    C'est surtout l'argumentation de l'élu démocrate Jean-François Martins qui a retenu mon attention, car je trouve qu'il pointe une problématique urbaine majeure.

    Je me suis rendu à plusieurs reprises sur un forum consacré à l'architecture moderne et aux grands projets à l'oeuvre dans les plus grandes villes du monde. On y lit à tous les coups la même exaspération envers tous ceux qui s'opposent à la "création architecturale artistique". On les y voit en permanence ramené au conservatisme, à l'étroitesse d'esprit. On y salue corollairement l'esprit des "bâtisseurs" et autres "visionnaires".

    Il n'est donc pas étonnant d'y trouver de fervents partisans d'un Delanoë et consorts. Il y a dans ces débats toujours l'idée sous-tendue que les "bâtisseurs" incarnent l'avenir et leurs opposants, au contraire, la réaction. Une nouvelle querelle des Anciens et des Modernes, en somme.

    En architecture, le nec plus ultra, c'est de bâtir toujours plus haut, toujours plus audacieux, toujours plus grand. S'il le pouvait, Delanoë qui n'a de cesse que de relever le plafond de construction des immeubles à Paris, imiterait la mode venue d'Asie et d'Abou Dhabi, pour la plus grande gloire de l'échevin local qu'il est. Il se rêve en nouvel Haussmann, rasant l'existant pour construire le Paris que la génération suivante admirera.

    Or, c'est une logique que Jean-François Martins retourne avec une très grande pertinence, en observant que la volonté de bâtir toujours plus haut et plus grand, cela remonte à Babel. Le goût du gigantisme froid et métallique est aussi celui des derniers totalitarismes de la planète : les tours immenses écrasent leurs habitants, les ramenant, comme en Corée du Nord, à des dimensions liliputiennes dignes des atomes humains qu'observe un Micromégas.

    Or, le futur, la modernité, ce n'est pas nécessairement cet écrasement qui travaille (ravage ?) nos villes modernes. Ce n'est pas non plus le critère  qui devrait dominer de sa masse toute la pensée esthétique dans l'urbanisme. 

    Jean-François Martins, qui est aussi un élu du 14ème arrondissement qu'il connaît bien, rappelle à cet égard le désatreux exemple de la Tour Montparnasse. Penser que c'est un monstre qui doit faire l'identité d'un quartier est une erreur grossière, en somme, bien loin de ramener le quartier à une dimension humaniste, ou, au contraire, c'est le petit, l'infiniment petit, même,  qui fait  la richesse de ces villages dans la ville que sont les quartiers.

    Bertrand Delanoë rêve de l'Olympe, il se voit, dieu parmi les dieux planant au milieu des hauteurs. Très logiquement, toute sa pensée est construite autour de la verticalité, de la même manière, au demeurant, que ses décisions sont elles aussi verticales.

    Jean-François Martins, observe enfin, que la verticalité génère des ruptures dans la ville ; or, aux portes de Paris, elles marqueraient fatalement une séparation avec la proche banlieue, à l'heure où l'on évoque de plus en plus Paris et sa banlieue comme une grande métropole.

    Ce que conclut l'élu du MoDem, c'est que la rupture architecturale n'est pas nécessairement synonyme de verticalité, choisissant en  exemple des bâtiments, pour le compte, tout en rondeurs.

    Je dois être honnête : quand j'ai vu le projet des tours triangle pour la première fois, j'ai été séduit par leurs caractéristiques esthétiques. Sur le fond, je pense même que ce ne serait pas laid en soi dans l'espace parisien. Ce ne serait pas laid, certes, mais pas humain non plus.

    Les tours triangles me font parfois songer aux grandes pyramides des pharaons, traces, peut-être que Bertrand Delanoë souhaite laisser à l'humanité : mais pour combien d'esclaves et de miséreux, contraints d'entasser par le passé, pierre sur pierre pour ériger un édifice à la gloire des rois des rois ?

  • Cantonales 2008-2011 et scores du MoDem

    Je suis assez surpris, bien réfléchi, par le traitement des scores du MoDem par la presse. On y lit çà et là un effondrement de ce parti.

    En 2008, à l'échelle nationale, le MoDem a obtenu 1,31% des suffrages ; en 2011, 1,21% environ. Donc, certes, je conçois qu'on dise qu'il vivote, mais qu'il s'effondre, pas plus que cela. Ce n'est pas la troisième force, à l'évidence, c'est un petit parti, mais il subsiste quasiment sans alliance sauf dans les Pyrénées-Atlantiques, avec peu de moyens et des candidats souvent jeunes et nouveaux.

    Ramemé au nombre de candidats qu'il a présenté, il ne s'en sort d'ailleurs pas si mal.

    Mais bon, j'ai observé que les médias fonctionnaient selon une logique qui leur est propre, c'est à dire par "séquences médiatiques". Il y a eu l'heure de Mélenchon, aujourd'hui, c'est celle de Marine Le pen, on peut donc espérer qu'un jour Bayrou et son parti y refasse surface ; je pronostique toutefois une séquence à venir sur Hollande d'ici relativement peu de temps...