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  • L'indicible saveur de l'équitable

    J'achète, chaque fois que c'est possible, des produits dits équitables. Il y a dans le fait de savoir que le producteur a reçu sa juste quote-part au moment où j'achète mon chocolat alter-eco ou mon riz certifié max havelaar un arôme supplémentaire qui vient agréablement émoustiller mes papilles gustatives.

    Je pense que l'effet n'est pas que psychologique. Considérons par exemple ce délicieux chocolat au lait classique venu d'Amérique latine : contrairement aux autres chocolats au lait, le cacao est perceptible sous le lait et il n'exsude pas une sorte de graisse indéterminable quand on le met au réfrigérateur. Il devient au contraire solide et cassant à souhait pour qui désire s'en croquer un morceau.

    Pour les riz, j'ai souvent une sensation similaire : ils ont bien un goût de riz, et on hume encore la senteur de la cosse en le faisant cuire. Seul le riz de Camargue (bien de chez nous) me procure une sensation semblable.

    Je suis convaincu que les petits producteurs n'ajoutent pas tous les adjuvants au noms aussi bigarrés et savants qu'inquiétants que l'on trouve chez les produits des gros industriels de l'agro-alimentaire.

    D'ailleurs, il y a une saveur supplémentaire : celle de ne pas remplir leurs proches, à ceux-là, quand je m'alimente.

    Je ne suis pas convaincu que l'alimentation biologique soit fondamentalement un plus pour ma santé ; mais pour notre patrimoine culturel et écologique, en revanche, il y a une valeur ajoutée.

    Dommage  qu'il n'existe pas un label pour la production française garantissant l'origine, la qualité écologique et l'équité de la rétribution.

  • insécurité : le double-jeu de Luc Châtel

    S'il y en a bien un qui exsude l'hypocrisie, c'est bien Luc Châtel. On l'entend fanfaronner comme porte-parole du gouvernement à propos de la lutte contre l'insécurité, mais à porter deux casquettes, super-menteur oublie que comme Ministre de l'Éducation Nationale, il a donné consigne aux recteurs et aux chefs d'établissement de rendre les exclusions quasiment impossibles.

    En somme, les délinquants qui polluent les établissements scolaires vont pouvoir prendre pension à demeure et faire tache d'huile sans plus avoir à craindre la moindre sanction.

    Il est toujours davantage interdit d'interdire dans l'école sarkozyste de Luc Châtel. Trop drôle la scène de la levée d'élèves à l'entrée de l'enseignant rejouée pourtant tant de fois sous les ministères successifs.

    S'il y a bien quelque chose qui m'horripile, c'est quand j'ai l'impression qu'un ministre prend le citoyen ordinaire que je suis pour un débile. Je ne vous raconte pas comment je suis horripilé depuis trois ans...

    Comme d'habitude, du bla-bla, des moulinets de bras et rien derrière.

    Moi, j'en reviens encore et toujours à l'excellent programme de Bayrou en 2007. Pourquoi y renoncerais-je alors que tout y demeure plus que jamais valable ? Sur l'éducation, il a tout compris.

    J'ai déjà montré comment Châtel & cie détricotent l'école de Bayrou avec leurs réformes successives.

    Bref, on le sait : par collège et/ou lycée , il y a entre 20 et 40 individus qui créent de vrais problèmes et concentrent à eux seuls entre 50 et 75% de tous les problèmes de discipline, d'incivilités et de délinquance. Il suffirait de les placer dans des centres adaptés pour que les établissements scolaires retrouvent la sérénité nécessaire à leur bonne marche. C'est ce que proposait entre autres Bayrou et que gauche et droite se gardent bien de reprendre alors que c'est l'évidence même.

    Châtel & co nous bourrent le mou avec leurs réformes à la noix. En réglant les dysfonctionnements générés par les perturbateurs récidivistes, souvent violents, on résoudrait une bonne part des insolubles équations dont les pontes tentent de trouver l'inconnue depuis un moment.

    Un exemple simple : comment un enseignant pourrait-il s'occuper en particulier d'un élève en difficulté s'il doit conserver un angle de vue lui garantissant de pouvoir se mettre à l'abri d'un jet de projectile ? S'il doit garder un oeil de lynx rivé sur deux ou trois pré-délinquants déterminés à lui pourrir l'existence (ainsi que celle' de leurs camarades) ?

    On commencerait par cette simple mesure de bon sens que l'on aurait franchi déjà un pas important voire déterminant...

  • La vieille éthique a encore frappé...

    C'est plus fort que moi : ce surnom venu directement du plus haut sommet des Verts m'amuse :-) Plus sérieusement, ce n'est pas mon habitude de soutenir Delanoë, mais, pour une fois, je suis d'accord avec sa manière de voir les choses. 

    Dans l'affaire des emplois fictifs de la ville de Paris et du RPR, il a cherché à récupérer les fonds engagés par la Ville de Paris, et il y est parvenu. Moi, je trouve que c'est bien joué de sa part, et très raisonnable. Delanoë cherche à obtenir réparation, Éva Joly la tête de Chirac. Je n'aime pas trop cette idée de la justice, même si elle a fait la force la Norvégienne dans sa lutte contre la corruption financière.

    Delanoë souligne justement que ce n'est pas son job d'endosser le rôle de l'Inquisiteur. Nous sommes encore en démocratie, dans notre pays, que je sache, et c'est encore le droit d'une partie, dans un procès, de renoncer à sa plainte quand un compromis satisfaisant est trouvé.

    J'ai toujours aimé dans la justice, l'idée qu'elle était autant corrective que répressive, et davantage au service des individus que des grands principes. Au chapitre 7 du cinquième livre de son Éthique à Nicomaque, Aristote développe une conception du juge qui en fait avant tout le tiers entre deux parties.

    Aller devant le juge c’est aller devant la justice, car le juge tend à être comme une justice vivante ; et on cherche dans un juge un moyen terme (dans certains pays on appelle les juges des médiateurs), dans la pensée qu’en obtenant ce qui est moyen on obtiendra ce qui est juste. Ainsi le juste est une sorte de moyen, s’il est vrai que le juge l’est aussi.

    Je suppose que je n'étonnerai pas mes lecteurs habituels en leur révélant que idée est reprise par de nombreux économistes libéraux...

    La volonté de purifier est une obsession chez Éva Joly. L'établissement de la loi devrait un objectif en soi et non une sorte de catharsis qui pourrait vite virer à la Terreur en version Robespierre. J'avoue que je fais partie des déçus du personnage. J'avais, comme tant d'autres, idéalisé le personnage.

    Éva Joly a pris la grosse tête : elle a trouvé très astucieux de se vanter d'avoir mis DSK en examen. Après avoir salué l'homme d'action qu'était Bayrou, elle a par la suite repris le leitmotiv de l'UMP et du PS lors de l'élection présidentielle pour expliquer qu'il n'avait pas de programme. Elle apprend sans doute vite en politique. Et désapprend non moins vite côté éthique...