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  • Se loger

    Non non, le titre de mon billet n'est pas une publicité pour Seloger.com ni une recherche d'appartements. Non, je m'interrogeais tout simplement sur ce que proposent les différents partis, aux régionales, dans le domaine du logement, là où le besoin est le plus criant, c'est à dire en île de France. Je ne suis pas le seul à me poser cette question : Florent d'Ataraxosphère  en a tiré un billet. A vrai dire, moi-même, j'ai arpenté les annonces immobilières, Seloger.com et Explorimmo en tête, pendant près de trois ans, sans compter l'inénarrable ruedelimmobilier.com qui a permis à des bataillons de Franciliens frustrés d'épancher leur haine de l'agent immobilier et du propriétaire potentiellement spéculateur.

    L'Crapouillot, il n'y va pas par quatre chemins : il voit rouge et vire bolchevik quand il évoque le logement, proposant purement et simplement d'encadrer les loyers ! Coâ, quoi, coué, qu'ouïs-je ? ça va la tête, mon Crapaud, tu veux finir sous-poujado-modemiste ou quoi ? En revanche, il pose une question qui me paraît sérieuse : il observe que les moins riches ont accès aux logements sociaux, les plus riches ont les moyens de se payer leur logement, et les moyens peuvent aller se gratter...

    Il a tout de même eu quelques autres et riches idées : interdire le divorce, prier pour une nouvelle canicule pour les vieux. Fausse route pour la seconde prière, bonne pioche pour le premier voeu... Il ne lui reste plus qu'à se convertir au catholicisme et à prêcher la bonne parole. Je crois que le fait est à peu près établi, les divorces ont généré une pression monumentale sur la demande immobilière. Tous ces c... qui se séparent nous emmerdent, quoi...

    En île de France, du coup, je suis allé voir de près ce que proposaient quelques listes, sans grand enthousiasme toutefois, car je pense que des listes régionales ne peuvent pas grand chose contre le phénomène : ah, si, peut-être engager des conseillers conjugaux...

    Le Père Huchon, fidèle à la doxa de gauche, ne jure que par la construction de nouveaux logements sociaux. Il compte en construire 60 à 70 000 par an. Et demain, on rase gratis ? il compte les construire où et avec quel argent, ses logements sociaux, le père Huchon ? Faut-il comprendre que la classe moyenne pressurisée, celle qui paie des impôts va devoir continuer à se gratter pour espérer un logement ?

    Valérie Pécresse a le mérite de parler des classes moyennes que j'évoquais, mais elle croit qu'elle dispose d'une baguette magique avec son Grand Paris. Tout comme Huchon, elle évoque 60 à 70 000 logements par an, avec une part significative pour les revenus intermédiaires.

    Bon, en somme, l'UMP et le PS ont à peu près le même programme : ils promettent de raser gratis face à un phénomène contre lequel ils ne disposent d'aucun pouvoir ou presque en région.

    Pas fou, le MoDem, avec Alain Dolium, s'est bien gardé d'avancer des chiffres, mais s'engage simplement à se concentrer sur ceux qui sont en grande difficulté (mères seules avec enfants, par exemple). C'est le seul qui envisage une action sur les propriétaires autrement que par la coercition (les autres partis veulent essayer de contrôler le montant des loyers) :  Proposer des garanties et des aides à la rénovation aux propriétaires afin de remettre en circulation des logements vacants . En dehors de cela, comme Pécresse et Huchon, il compte sur 60 000 logements sociaux par an (ils ont du se donner le mot ou consulter tous les mêmes experts). Une mention particulière pour les étudiants et les apprentis auxquels il voudrait réserver 20 000 logements par an.

    Je ne vous parle même pas des Verts : je ne dis pas qu'ils ont forcément tord sur le fond, mais le coût de leurs constructions et les limitations qu'ils réservent à l'habitat sont tels qu'on peut considérer que l'île de France est à peu près inconstructible avec eux. Face aux velléités urbanistiques de certains maires, Delanoë en tête, ce n'est pas toujours un mal, à vrai dire. Mais bon, c'est un tantinet en contradiction avec la fibre sociale dont ils se vantent avec des trémolos dans la voix...

    Bref, sur le fond, pas la peine de trop se la raconter, dans le domaine de l'habitat, je ne crois pas à une efficience de la Région. Ils me font rire avec leurs 60 000 logements. L'année 2008 qui fut un record arrivait péniblement à 30 000 logements sociaux en île de France !...

     

     

  • Fidélité du lectorat de l'hérétique

     

    statsheretica1an.jpgJe n'ai pas compris la méthode utilisée par Narvic et Thierry Crouzet (il me semble qu'ils confondent visites et visiteurs, ou alors c'est moi qui interprète mal les chiffres données par Google Analytics, mais, si je m'appuie sur les chiffres donnés par ce compteur, et que j'applique la même méthode qu'eux (visiteurs revenus au moins 9 fois sur un an) j'obtiens 75 088 lecteurs fidèles. Aymeric Pontier qui a tenté le même calcul détecte une incohérence avec le nombre de pages vues.

    Mais bon, je confonds peut-être deux choses distinctes. Ce qui me paraît tout de même bizarre, c'est que le total de la seconde colonne donne le nombre de visites et non le nombre de visiteurs uniques absolus. En revanche, en tentant d'appliquer les pourcentages obtenus à mes visiteurs uniques absolus sur un an (107 310) je suis à 35% environ de visiteurs revenus plus de 9 fois, soit, environ, 40 000 lecteurs fidèles. Avec les failles qui sont propres à Google Analytics pour comptabiliser les venues sur le blogue, je pense que je suis en fait aux alentours de 50 000.

    Difficile d'établir des comparaisons avec d'autres blogues quand ils n'utilisent pas au minimum Google Analytics.

     

  • Sisyphe heureux

    J'avoue avoir particulièrement goûté la dernière sortie de Bayrou dans Ouest-France. Il se représente en Sisyphe heureux. Sisyphe, c'est ce héros grec condamné à pousser éternellement un rocher jusqu'au sommet d'une colline, puisque le rocher en question la dévale une fois à son sommet. Dans la mythologie grecque, Sisyphe passe pour le plus astucieux des hommes et certains voient en lui le vrai père d'Ulysse.

    Sisyphe est une curiosité, à vrai dire, dans la mythologie : je n'ai jamais trouvé trace des causes exactes de sa punition dans le Tartare. Je sais qu'il s'est joué de la mort en parvenant, par un subterfuge, à tromper Hadès, si bien qu'il fallut envoyer l'artillerie lourde (Thanatos, la mort, en personne) pour lui faire réintégrer le royaume des morts. J'aime bien l'image, parce qu'on promet si souvent à Bayrou une mort politique que je trouve que le personnage de Sisyphe lui convient bien. Outre le fait de s'être payé la tête des divinités de la mort, il semble bien qu'il ait fait un sale coup à Zeus en fayottant auprès du père d'Égine, jeune fille que le dieu avait enlevée, parce qu'il avait détecté Zeus derrière la métamorphose en aigle du dieu.

    Cela dit, Bayrou pensait probablement au Sisyphe de Camus, pas au mien, car l'expression de Sisyphe heureux est celle de Camus. Ce qui compte, du point de vue de Camus, ce n'est pas la cause qui fait que l'on pousse le rocher, mais le fait de le pousser. En quelque sorte, ce n'est pas la cause de la révolte qui importe, mais de se révolter. De la part de Bayrou, je l'interprète plutôt ainsi : il aime l'adversité et n'est jamais si content que lorsqu'il y est confronté. L'adversité pour l'adversité. Un peu comme le héros absurde de Camus qui trouve dans la conscience de l'absurdité du monde et le fait de s'y confronter, sa raison d'être. Le héros absurde est, à mes yeux, un contre-point du héros stoïcien qui trouve le même bonheur à se trouver éprouvé par les méandres de l'existence.

  • Un Nagy-Bocsa de force 9 dévaste la France !

    Je retiens l'intéressante proposition de Ruminances : Lediazec propose de nommer les tempêtes qui s'abattent sur la France avec une dénomination ad hoc :

    Toutes les femmes ne se nomment pas Xynthia, messieurs les météorologistes ! Pourquoi ne pas baptiser un coup de vent côtier du nom de « Nicolas » ? Ou faire annoncer chez Jean-Pierre Pernaut l'alerte météo suivante : « un Nagy-Bocsa de force inhabituelle s'abat sur les côtes françaises dévastant une partie de l'économie nationale » ? Avez-vous peur d'être licenciés sur le champ ?

    A vrai dire, je dois reconnaître à la décharge des météorologistes qu'ils n'y peuvent rien si le mot tempête est féminin, alors que désastre ou cataclysme sont masculins. Or, force est de reconnaître que les dispendieuses réformes et l'agitation que déploie l'omni-président s'apparentent bien plus à un désastre économique qu'à une tempête côtière. Les victimes ne s'y compteront pas par centaines ou même par milliers, mais plutôt par millions.