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  • Ségolène de Villepin ?

    Tiens, ça faisait longtemps que radio-ragots n'avait pas émis sur le blog de l'hérétique. Il se trouve qu'une information de première qualité vient à point nommé. Dans une émission récente Dominique de Villepin a laissé entendre que Ségolène Royal et lui avait flirté du temps de leurs études communes à l'ENA. A vrai dire, il a toujours dit lors d'autres entretiens avoir entretenu les relations les plus cordiales avec elle.

    Compte-tenu de sa réponse, on peut voir qu'elle est toujours à son goût, au demeurant. L'intuition de Radio-ragots lui dit que Ségolène Royal est le fantasme de beaucoup d'hommes de droite. Tenez, même Sarko, lors du débat de la présidentielle 2007, dans l'entre-deux tours, on voyait bien à son oeil brillant qu'il aurait bien été intéressé si les circonstances avaient été autres. La manière dont il lui a dit qu'elle était une femme de qualité sentait, l'air de rien, autre chose que le seul calcul politique.

    Cela dit, pour revenir au très gentleman Galouzeau, on attend la réaction de Ségolène Royal...Tiens tiens...Et Bayrou qui voulait supprimer l'ENA...Il faut dire que le Galouzeau, en ce moment, il cherche des noises à la Sarkozie : en effet, par les temps qui courent, rien de tel qu'une  déclaration de ce type pour prendre à contre-pied la furia UMP.

  • Durban II, il faut y rester !

    Je serai court et bref sur Durban II : en dépit des pitreries d'Ahmaninejad, il faut y rester pour les raisons très simples que Bernard Kouchner et Rama Yade ont énoncé avec beaucoup de bon sens , et je cite l'un et l'autre.

    Bernard Koucher :

    «Tout ce que nous voulions mentionner, c'est-à-dire l'antisémitisme, la discrimination sur les personnes, la liberté d'expression, le génocide, a été mentionné. La mémoire de l'Holocauste, les droits des femmes ont été mentionnés, la traite des êtres humains, les personnes atteintes du VIH, les personnes handicapées»

    Rama Yade :

    «le texte qui sert de base à la conférence (...) est équilibré et ne dépasse pas les lignes rouges fixées par la France. Ce texte a notamment été expurgé des déclarations à connotation antisémite (...) N'y figure plus également le concept de diffamation des religions que nous ne souhaitions pas voir intégré dans le corpus international»

    Voilà, c'est aussi simple que cela, et si c'est vrai, c'est en effet une victoire. Ce qui compte, il faut bien que tout le monde s'en persuade, ce ne sont pas les paroles d'un jour mais les écrits. Verba volant, scripta manent...

    Voici précisément ce que l'on trouve affirmé dans la déclaration finale qui vient d'être adoptée. C'est un pas de géant, quand on considère qui y participe...

    Le document final réaffirme que « tous les peuples et individus constituent une seule famille humaine ». Il « condamne les législations, politiques et pratiques fondées sur le racisme » et réaffirme que « toute dissémination d'idées fondées sur la supériorité raciale ou la haine, la provocation à la haine raciale ainsi que tous actes de violence et de provocation à ces actes soient reconnus comme des délits punissables par la loi ».

    Lisons plutôt le texte qui vient d'être voté (c'est un brouillon, mais le texte final est sensiblement identique).

    Il affirme que « la démocratie et une gouvernance transparente et responsable et participative » est essentielle pour lutter contre le racisme, la discrimination raciale et la xénophobie.

    Le texte déplore « la croissance mondiale du nombre d'incidents racistes ou d'intolérance et de violence religieuse, y compris d'islamophobie, d'antisémitisme, de christianophobie, et d'anti-arabisme manifesté notamment dans les stéréotypes insultants et la stigmatisation des personnes fondés sur leur religion ou leurs croyances ».

    Enfin, le texte exprime sa préoccupation face « à la persistance des discriminations contre les femmes et les filles sur la base de la race ». Il souligne aussi « dans le contexte des discriminations multiples, la nécessité de traiter toutes les formes de violence contre les femmes et les enfants comme un délit punissable par la loi ».

    Jamais on n'avait été aussi loin. En réalité, Durban II est une grande victoire, car on pourra désormais s'appuyer dessus contre les pays qui ne respecteront pas ce qui y est écrit.

  • Et si les USA se désagrégeaient ?

    C'est cette note surprenante dans les Carnets de Clarisse qui m'a mis la puce à l'oreille : le Texas menace de faire sécession en raison des hausses d'impôt. Là où ça, craint, c'est qu'il n'est pas seul : 21 autres états ont en fait déjà autant et réclament le retour à leur souveraineté ! Eh oui, on l'oublie, mais les USA sont un état fédéral ! En dépit de la Guerre de Sécession, ils se sont construits par consentements mutuels...Comme notre actuelle Europe, au demeurant. Daboliou avait été élu grâce aux voix des fameux hillbillies, vous avez, ces américains des campagnes, sortes de ploucs réactionnaires moyens qui peuplent les grandes étendues vertes ou rocailleuses de l'Amérique et se satisferaient tout à fait d'un retour au Far West. Et il y en a justement une sacrée tripotée au Texas. Le Texas rejoindrait volontiers les États pétroliers, c'est à dire les États sans industrie et dont les habitants ne seront plus rien quand les ressources pétrolifères seront épuisées. Le problème, avec les collines, chez les Hillbilies, c'est qu'on a courte vue...Ironie du sort ? Clarisse souligne qu'un ancien des services secrets russes, Igor Panarin, a élaboré une théorie selon laquelle les USA devaient se disloquer en 2010. Je cite texto le passage :

    Selon lui, les tensions économiques, financières et démographiques provoqueront une crise politique et sociale, menant certains États à faire sécession, puis une guerre civile, avec comme conséquence l’éclatement du pays en 5 blocs homogènes, chacun entrant dans la sphère d’influence d’une grande puissance (Chine, Canada, Union européenne, Mexique, Russie).

    Il y a peut-être un gros coup de bluff derrière tout cela, mais, à mon avis, Obama marche sur des oeufs...J'en profite pour refaire un coup de pub pour l'Alliance géostratégique, c'est une source d'informations tout à fait unique sur l'International. Mieux que ce que font la plupart de nos quotidiens. Mieux, même que Courrier International ou le très tiers-mondiste Monde Diplomatique, pourtant des références. A lire à à relire sans modération !

  • Que faire pour nos ouvriers et notre industrie ?

    Il ne se passe pas un jour ou presque sans que j'entende parler de licenciements. L'industrie plus que tous les autres secteurs est touchée. Ce sont des milliers d'ouvriers et d'employés qui passent ainsi à la trappe. Et quand je pense à eux, je suis pâle. Comment les aider ? Que faire ? J'imagine ceux qui viennent d'acquérir leur maison sur emprunt et qui vont devoir la revendre dans l'actuel marasme immobilier. Et ceux qui viennent de mettre au monde un enfant. Et ceux qui ont une personne à charge, père, mère, et cetera...ou qui voudraient payer les études de leurs enfants. Bref, il y a un drame humain qui se joue à chaque fois et auquel je ne sais qu'apporter comme réponse en dehors des bonnes paroles convenues. Les séquestrations ? j'y vois surtout l'énergie du désespoir de ceux qui ont tout perdu. Imaginez-vous un instant : vous aviez une situation, un emploi sûr, qui ne payait pas si mal, vous aviez 26 ans de boutique, et du jour au lendemain, vous voilà débarqué parce que votre entreprise perd de l'argent, ne vend plus ou a besoin de reconstituer ses marges.

    Mais qu'est-ce qu'ils vont faire tous ces gens-là, sans emploi ? La seule perspective, me semble-t-il, c'est de relancer globalement la machine, d'où l'idée du MoDem d'un grand emprunt européen de 3% du budget de l'Union pour soutenir l'activité économique. Je pense que le plan de Sarkozy et Fillon essaie de sauver les meubles en tentant de conserver vivante l'industrie automobile et en colmatant le navire qui fait eau de toutes parts avec ce qu'il y a sous la main (c'est à dire pas grand chose).

    Le chômage qui va exploser aggravera dans des proportions délirantes les déficits des comptes sociaux. Balladur et Séguin, qui sont désormais relativement dégagés de la politique politicienne, l'ont compris et n'hésitent désormais plus à annoncer sans fard qu'il faudra accroître les impôts. Oui, mais sur qui ? Sur les bénéfices des entreprises déjà fragilisées ? le gouvernement s'y refuse. A raison. Ce serait briser le moindre espoir de reprise via leur compétitivité ! sur les particuliers ? Baisse de la demande intérieure assurée. Or, la demande intérieur soutient l'activité autant que les exportations.

    Réorienter toutes les aides publiques et la fiscalité vers les nouvelles industries et énergies, comme le suggère Corine Lepage ? Certes, bonne idée, mais en combien de temps ? Une telle mutation ne peut se produire que sur plusieurs années, et les dommages collatéraux sont inévitables ! Et que deviendront les ouvriers qui produisaient des moteurs diesel si du jour au lendemain on leur demande de fabriquer un moteur à hydrogène et qu'ils ne savent pas le faire ? Que se passera-t-il si l'amorce d'une nouvelle consommation durable ne prend pas ?

    Pour ma part, quitte à taxer quelque chose, autant que ce soient les services, et de préférence ceux qui ne peuvent être délocalisés (pas de risque de concurrence ainsi). Jean Peyrelevade, conseiller économique de François Bayrou, observe dans son livre, l'échec historique de Nicolas Sarkozy, que c'est l'industrie qui apporte la plus forte valeur ajoutée. C'est donc elle qui peut le plus sûrement financer notre croissance économique.

    Pour développer les nouvelles énergies et la croissance verte, idéalement, il nous faudrait une sorte de MITI vert, à l'instar de ce qu'a fait le Japon dans les années 70 et 80 pour le développement de son industrie de pointe. Une sorte de super-ministère qui rachète de manière systématique tous les brevets innovants et les met à disposition moyennant des coûts abordables et flexibles à un tissu de PME oeuvrant dans les secteurs ad hoc.

    Et pour nos ouvriers, il faudrait que nos Pôle-emploi centralisent les demandes de l'industrie et s'adressent au CNAM ou à des CFA pour des formations courtes accélérées. On pourrait imaginer un système où dans un bassin industriel, les entreprises feraient remonter des demandes de formation au pôle-emploi qui répercuteraient alors sur les CFA et les CNAM les besoins. Tout ceci pourrait être organisé au niveau de la Région, comme le suggérait Christian Blanc dans la Croissance ou le Chaos.

    J'ai lu enfin la tribune de Dominique de Villepin dans le Figaro, dont je partage pas mal de points de vue (pas tous) mais, je me suis arrêté sur sa proposition de lancer une politique industrielle commune. Cela m'intéresse, parce que je me demande si ce n'est pas le prochain défi de l'Europe. Je ne pense pas que la PAC pourrait exactement servir de modèle pour une telle initiative, mais, elle a montré la voie puisque les Européens ont su s'unir pour la maintenir des origines jusqu'à nos jours.

    Cela dit, pour revenir au plus près des préoccupations de nos concitoyens, je citerai ce que disait très justement Robert Rochefort, directeur du CREDOC et tête de liste MoDem aux élections européennes lors de la convention du MoDem "la France et l'Europe face à la crise"

    Finalement, pour beaucoup de Français des classes moyennes, l'image qu'ils ont aujourd'hui de notre société, c'est celle d'un train tiré par une locomotive poussive, qui n'a pas l'énergie que l'on aimerait qu'elle ait et, dans ce train il y a des wagons et ces wagons représentent la structuration économico-sociale.  La structuration sociale de notre société dans le premier wagon qui est juste derrière la locomotive, c'est le wagon "première classe". C'est un wagon dans lequel cela ne se passe pas trop mal. Les plats servis sont encore tout à fait succulents. C'est évidemment, dans le contexte actuel, le wagon de ceux qui, grâce au bouclier fiscal, se sont faits rembourser plus de 360 000 €. Dans tout le reste du train, il y a les wagons des classes moyennes, des classes intermédiaires et, enfin, il y a les wagons des pauvres. [...] Finalement, la question qui préoccupe beaucoup de nos concitoyens, c'est de savoir si le train va lâcher progressivement les wagons qui sont ceux, d'abord en queue du train, puis un peu moins en queue et, selon la position où l'on est, que l'on occupe dans ces catégories moyennes, est-ce que l'on va être dans un wagon qui va être lâché avec le train qui va continuer sans ce wagon-là ?

    Robert Rochefort a je crois très exactement résumé le questionnement de fond des Français. Ce devrait être à mon avis la priorité absolue de tous les partis que de répondre en priorité à ce questionnement à l'occasion des élections européennes.