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lundi, 17 mars 2008

Un patrimoine pour tous ?

Je livre à mes lecteurs l'idée extrêmement intéressante qui figure ci-dessous. Elle provient d'une association qui promeut l'idée d'offrir un capital remboursable à quiconque désire lancer un projet dans son existence, le MIDEP .

Voici ce que l'on trouve en introduction sur la page d'accueil de ce site :

Le Mouvement pour l’Instauration de l’Egalité face au Patrimoine ( M I D E P) est une association loi de 1901. Il a pour objet « d’entreprendre toutes actions permettant d’œuvrer à la reconnaissance du droit au patrimoine, c’est à dire du droit de chaque jeune citoyen de disposer d’un capital lorsqu’il démarre dans la vie ». 

Le MIDEP n’a aucun lien, de quelque nature que ce soit, avec les institutions existantes, qu’elles soient politiques, philosophiques ou religieuses. Il a été créé par un groupe de citoyens qui partagent l’idée selon laquelle l’instauration de la justice sociale ne passera ni par une rupture avec le capitalisme et l’économie de marché, ni par la redistribution des revenus, mais par une meilleure répartition des richesses au sein de la société.

Parmi les différentes méthodes envisageables pour atteindre cet objectif, le MIDEP considère que la plus efficace, et la moins onéreuse pour la collectivité, consisterait à doter chaque jeune citoyen d’un capital de départ qui, dans la situation économique actuelle de la France, pourrait être de 50.000 euros et qui serait remboursable sur ses héritages à venir.Cette méthode permettrait au système de s’autofinancer au fil des années et donc de réduire de manière significative le problème du financement. Elle permettrait aussi de ne pas devoir prendre aux uns pour donner aux autres, ce qui est à l’évidence le talon d’Achille de la redistribution des revenus.

Sur le plan politique, le MIDEP prétend que le droit au patrimoine constitue la véritable « troisième voie » entre les deux idéologies qui dominent notre vie collective depuis un siècle et demi : le libéralisme et le marxisme. Cette vérité s’imposera lorsqu’il deviendra évident que le modèle social-démocrate, fondé sur la redistribution des revenus, aboutit à une impasse.

Sur le plan économique et social, le MIDEP prétend que le droit au patrimoine est la seule réponse satisfaisante aux problèmes posés par les trois grandes mutations qui sont à l’œuvre aujourd’hui au sein de la société humaine : la mondialisation, la robotisation de l’appareil productif, l’évolution démographique.

Le droit au patrimoine s’imposera comme la seule et unique voie d’un nouveau progrès social.

Je trouve que c'est une idée extrêmement intéressante. Techniquement, en revanche, j'aimerais savoir comment elle peut être financée, et qui, in fine, prêtera les 50 000 euros, d'autant que pour imaginer un remboursement sur héritages à venir, cela suppose de tenir compte de l'inflation entre le moment où la somme est empruntée, et le moment où l'héritage vient. Et quand il s'agit d'un jeune qui n'a aucun héritage en perspective, que se passe-t-il ?

En tout cas, c'est l'archétype du genre d'idées intéressantes que j'aimerais voir fleurir au MoDem. Je vais contacter Eric Pictet, le président de l'association, et lui poser des questions sur cette excellente idée.

Cela dit, il donne des idées sur les modalités d'application sur son site. Je vais les reprendre ici et les commenter au fur et à mesure. J'ai tout de même regardé les modalités de financement : pfiuu !Intéressant, mais pour amorcer la pompe, dur, compte-tenu des délais de remboursement. En outre, c'est une manière totalement différente de penser la protection sociale : si j'ai bien compris, exit le RMI et l'aide au logement. L'idée est fondamentalement libérale en ce qu'elle s'appuie avant toutes choses sur les ressources de l'individu. Si tu réussis, très bien, si tu rates, attention aux dégâts. L'auteur n'aborde pas les conséquences de l'échec, et n'évoque pas ce qu'il peut se passer pour ceux qui ne rentrent pas dans cette logique, soit par philosophie personnelle, soit par incapacité. Par exemple, on évoque à mots couverts dans les cités la question de l'inemployabilité : certains habitants des cités seraient tout simplement inemployabkes car incapables de respecter un cahier des charges, des règles de vie en société, l'autorité d'un chef d'entreprise, les contraintes du monde du travail, et cetera...Il n'y a sans doute pas qu'eux. Alors : quid ? Ce que propose le MIDEP est un système au mérite, certes, sur le fond, équitable, presqu'égalitaire (un rêve de marxiste), mais totalement concurrentiel. Que se passera-t-il pour les victimes de la concurrence ?

Cela dit, je trouve qu'on est dans la droite ligne du capitalisme des origines, et même mieux : c'est vraiment une pure amélioration du capitalisme entrepreneurial tel que le pense Schumpeter. S'il vivait encore, je suis sûr qu'il trouverait cette idée géniale. 

En tout cas, l'idée m'intéresse, et elle est à débattre. Je me promets d'y revenir dans les jours prochains sur mon blog. 

 

L'Europe et l'aide humanitaire

Les municipales sont finies, et franchement, je commençais à en avoir un peu ma claque. J'ai envie de changer de sujet et de me diversifier un peu plus, tout de même, que ces dernières semaines.

Notamment, en farfouillant à droite et à gauche (euh, non, au centre, en fait :-) ) sur la Toile, j'ai trouvé un rapport très intéressant qui date d'octobre 2007, réalisé par Thierry Cornillet, député européen UDF-MoDem.

Il porte sur les conditions dans lesquelles l'Europe peut mener une politique humanitaire. Thierryr Cornillet définit trois défis que l'Europe doit désormais relever :

Les défis à relever par l'Union européenne

L'Union européenne est confrontée à trois défis auxquels le Consensus européen sur l'aide humanitaire doit apporter des réponses. Premièrement, l'Union européenne doit définir ce qui est pour elle le nouveau périmètre de l'action humanitaire (quand commence-t-elle et quand finit-elle), ainsi que réaffirmer son engagement à respecter et à faire respecter les principes de base dans son action humanitaire (humanité, neutralité, impartialité et indépendance), adapter ses propres systèmes et dispositifs afin de tenir compte de la nature changeante des conflits armés, de l'augmentation des catastrophes naturelles et de l'apparition de nouveaux acteurs. Deuxièmement, l'Union européenne doit définir sa position à l'égard des nouvelles initiatives internationales et du processus de réforme initié au sein des Nations unies. Troisièmement, l'Union européenne doit préciser de quelle manière les différents moyens de la Communauté et des États membres peuvent être combinés et coordonnés au mieux afin d'améliorer leur efficacité et leur efficience. Au-delà, l'Union européenne doit renforcer son rôle politique sur la scène humanitaire internationale de façon à ce qu'il corresponde à son statut de premier donateur international.

J'ai relevé  des points tout à fait essentiels dans les modalités pratiques ; notamment, le rapport insiste sur les idées suivantes, aux points 6 et 7 de la résolution :

il souligne en particulier que la distribution de l'aide alimentaire doit s'efforcer d'éviter, par tous les moyens, de causer tout effet néfaste sur les marchés locaux ou d'entraîner une dépendance et qu'elle devrait contribuer à la sécurité alimentaire à long terme; il  soutient les efforts internationaux destinés à réformer la convention relative à l'aide alimentaire en vue de garantir le respect de ces principes

 il souligne que l'objectif de l'aide humanitaire doit être l'autodéveloppement et l'auto-approvisionnement et non pas le fait de rendre les pays ou les régions bénéficiant de l'aide trop dépendantes à l'égard d'aide ou d'assistance externe supplémentaires;

Le point 18 est non moins essentiel. Constatant que les premières 48 heures sont les plus importantes, la résolution propose de créer une force de réaction humanitaire rapide. Autant d'idées qui me semblent aller dans le bon sens.

Je suis également très sensible à l'objectif exposé au point 23 :

il considère que l'aide humanitaire de l'Union européenne doit être mise en œuvre par le biais d'organisations humanitaires qui adhèrent pleinement aux bonnes pratiques et s'engagent à promouvoir responsabilité, efficience et efficacité dans la mise en œuvre de l'action humanitaire;

Ce qui est encourageant, c'est que le projet a finalement été adopté en commission à l'unanimité. 

Il faudra faire le tri à gauche et...à droite aussi !

Un enseignement intéressant de ces élections municipales, c'est qu'elles permettront au MoDem de faire un véritable tri à gauche, car nous aurons ainsi distingué une gauche de progrès, avec laquelle nous pouvons travailler, d'une gauche plus radicale, et hostile à une ligne réformiste.

Des individus comme Collomb à Lyon, Aubry, à Lille , Royal, par ses déclarations, ont montré que des convergences étaient possibles. Toutefois, ne nous leurrons pas, une large majorité du PS, y compris parmi ses sociaux-démocrates, ne nous veut pas du bien, et le chemin sera donc long et difficile. 

Espérons également que ces municipales auront permis de faire émerger une droite proche de la démocratie-chrétienne, avec laquelle nous pourrons travailler, Alain Juppé en étant le plus éminent représentant.

A Paris, il nous faudra observer avec attention les évolutions de la droite parisienne. Selon ses prises de position, mais aussi sa régénérescence ou non, il faudra envisager des rapprochements avec des éléments progressistes. 

Dossier Aristote du magazine littéraire

Tiens, pour changer un peu de l'atmosphère des municipales, je donne mon avis sur le dossier du magazine littéraire de février 2008 : il porte sur Aristote, et j'avoue, qu'après sa lecture, je suis assez déçu. Il se trouve qu'Aristote n'est pas un philosophe toujours aisé d'accès et que certains aspects de sa pensée nécessitent des éclairages importants.

Il y avait pourtant une introduction intéressante, de Michel Crubelier, professeur de philosophie ancienne à l'Université de Lille, Si j'entends à peu près clairement le travail de définition donné sur la θεωρία (théoria, contemplation) qui est l'objet de la science pure, et la distinction avec les sciences productrices médecine, technologies diverses) ou encore les sciences pratiques (éthique et politique) toute la partie  politique m'a laissé vraiment sur ma faim.

et zut, je ne vais pas pouvoir vous dire ce que je pense du reste, parce que mon plus petit a fait pipi par mégarde sur le reste du dossier, et il est donc devenu illisible... :-(

Manque de pot à Pau, ils ont eu sa peau...

On le sait donc, Bayrou a perdu d'un chouia à Pau. Moins de 400 voix. Comme quoi, il est toujours utile de se déplacer, et les élections tiennent parfois à pas grand chose.

Cela dit, il faut dire aussi quelque chose de la candidate socialiste : le PS a choisi le meilleur candidat possible contre Bayrou, et, bien que connaissant, en tant que Parisien, assez mal le microcosme palois, j'ai été très inquitet d'emblée quand j'ai vu le profil de leur tête de liste. Martine Lignères-Cassou est un femme de terrain, droite et intègre, connaissant et travaillant ses dossiers, et dont l'autorité morale auprès des troupes de gauche est sans faille. Extrêmement populaire à Pau, encore plus que François, c'était la candidate idéale. J'avoue que moi-même, en regardant son profil et son programme, je me suis dit : si j'étais Palois et qu'il n'y avait pas François, je crois que je voterai sans hésiter pour elle.

 Ce ne sont pas les têtes médiatiques mais souvent les locaux qui sont les plus redoutables. Tout dépend de l'implantation, mais une fois que l'on est connu et reconnu, avoir une exposition nationale devient un handicap.

François perd tout de même avec les honneurs, et j'espère que son échec tout relatif ne l'empêchera pas de proposer ses solutions aux Palois. De toutes façons, le nouveau maire n'a guère le choix : il doit tenir compte du fait qu'elle a été élue avec moins de 40% des voix, et que donc, son programme n'est pas majoritaire à Pau, puisque plus de 60% des Palois ont fait un autre choix...

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