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vendredi, 23 janvier 2009

Michel Barnier et l'exception culturelle

J'ai entendu que Michel Barnier serait tête de liste UMp en île de France. Très bien, l'UMP ne pouvait mieux choisir, c'est un Européen convaincu. Seulement, voilà, j'ai en mémoire l'affaire de l'exception culturelle française, qui date de 2003, et qui fait que je ne saurais voter pour Michel Barnier, même si je n'étais pas engagé au MoDem. A l'époque, Pascal Lamy (PS) et Giscard souhaitent, comme beaucoup de fédéralistes, passer à la règle de la majorité qualifiée sur les questions culturelles. Michel Barnier est alors commissaire européen. Il est évident qu'une telle décision aurait alors sonné le glas de l'exception culturelle française. Giscard sous la pression du gouvernement Villepin essayait alors de trouver un compromis, et ce, en dépit de la position de Michel Barnier qui était de vouloir de la majorité qualifiée partout ! La position de l'UDF, l'ancêtre du MoDem, sur la question s'était avérée fort astucieuse : Majorité qualifiée comme arme offensive pour adopter des lois de protection à l'échelle internationale, unanimité (donc droit de veto de fait) pour pouvoir défendre la diversité culturelle chaque fois qu'elle est menacée.

Ce que j'ai conclu de cette affaire, c'est que Michel Barnier n'était pas prêt à défendre la culture française, bien au contraire, mais plutôt à la sacrifier sur l'autel de l'Europe du commerce.

Or, François Bayrou l'a dit à maintes reprises, et deux groupes thématiques Europe du MoDem (Culture, Identité et valeurs) travaillent justement entre autres sur ce thème, la culture fait partie, du point de vue du MoDem, d'une catégorie de Biens, dits Supérieurs, qui ne sont pas merchandisables (pardonnez l'horrible néologisme). C'est en ce sens que l'UDF avait étendu la notion d'exception culturelle à celle de diversité culturelle, estimant que chaque nation avait droit à son exception et que ce n'était pas négociable.

Nous avons donc, au MoDem, une divergence de fond avec Michel Barnier, qui considère manifestement la culture comme un produit commercial comme un autre...

jeudi, 19 juin 2008

L'Europe a bon dos, une fois de plus !

En parlant de syndrome européen, je sens que je vais faire de l'ulcère gastrique si je ne prends pas mon lexomil.Exemple type du genre de lâcheté chez nos politiques et nos dirigeants qui flingue l'Europe depuis des années : Xavier Bertrand l'actuel ministre du Travail a signé une directive permettant d'exploser le plafond officiel européen de 48 heures hebdomadaires de travail. Grand seigneur, Bertrand a expliqué que notre législation nationale ne permettrait pas d'expérimentations de ce type en France.Il se moque du monde ou quoi ?

Mais dans ce cas, pourquoi a-t-il signé ? Et qui viendra dire ensuite que c'est le faute de l'Europe ? Voilà le genre d'hypocrisies qui me met hors de moi. En théorie, l'accord prévoit que les 60 heures ne pourront se faire que sur la base du volontariat. J'imagine bien qu'entre le licenciement et les 60 heures, pas mal de salariés deviendront très volontaires s'il le faut...

C'est dans le Canard, en fait, que je lisais cela, et le volatile évoquait également les réserves de thon rouge en Méditerranée. On aurait pu attendre de Barnier une attitude courageuse : les réserves s'épuisent, il faut donc limiter la pêche. Ce n'est pas facile à admettre, mais c'est la vérité. Eh bien non : Barnier a préféré tirer à boulets rouges sur les commissaires européens.

Barnier qui se range à la démagogie commune, voilà qui est plus que décevant. Moi qui ai longtemps eu une certaine estime pour l'homme, en dépit de quelques errements passés qui ne m'avaient pas trop plu, par le passé, sur le plan européen (accepter, par exemple, de supprimer la règle de l'unanimité pour la culture, lors des votes en Europe...)

En voilà encore un qui ne tient pas la route. Bon, allez, je me ressers un lexomil, moi...

 

09:53 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : barnier, pêche, travail, bertrand |  Facebook | | |

mardi, 22 janvier 2008

Quotas de pêche, la cacophonie

Et voilà une belle illustration de la légèreté de notre chef d'état. Légèreté que ce pauvre Michel Barnier essaie de tempérer, mais il est bien tard. Nicolas Sarkozy veut remettre en cause les quotas de pêche, du moins, c'est ce qu'il a déclaré à des marin-pêcheurs. Or, il sait très bien que cette décision relève en principe de l'Europe.

Retrouvant le populisme détestable qui caractérise la majeure partie de la classe politique française depuis le début des années 90 à la notable exception de l'UDF (aujourd'hui MoDem), il accuse, comme l'ont toujours fait ses prédécesseurs, droite et gauche confondues, l'Europe et la rend responsable de la mauvaise gestion de la France. 

Tout cela, parce qu'il ne veut pas dire la vérité aux pêcheurs : si nous ne respectons pas les quotas, les ressources seront épuisées d'ici peu, et leur métier disparaîtra définitivement. C'est nous-mêmes que nous menaçons, si nous détruisons nos ressources alimentaires. Or, plutôt que de prendre à bras le corps le problème et de chercher à imaginer des possibilités de reconversion pour les marins-pêcheurs, ou des activités annexes pour améliorer leurs revenus, il préfère jouer la France contre l'Europe.

Comme le titrait Libération, ce que nous avons surtout atteint, avec Sarkozy, c'est notre quota de mauvaise foi. Ce que cherche à f.... à l'eau (c'est le cas de le dire), en noyant le poisson (excusez, c'était trop tentant) Nicolas Sarkozy, c'est toute la politique commune de l'Europe sur la pêche et les eaux, dite politique bleue.

Alors comme il demeure quelques individus responsables dans les rangs de l'UMP et au gouvernement, évidemment, Barnier a réagi en catastrophe en publiant un communiqué, et Jacques Barrot, commissaire européen, s'est fendu d'une note irritée et ferme sur la question, mais, pour ma part, cette propension à ne pas prendre les problèmes à bras le corps et à tout mettre sur le dos de l'Europe me met en rage.

Accessoirement, on passe pour des charlots auprès de nos partenaires européens, et du coup, on devient de moins en moins crédibles.