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lundi, 23 mars 2009

Nucléaire, l'Iran n'est pas un danger

Bien que l'on désigne l'Iran comme un danger potentiel assez régulièrement, je pense, sur le fond que c'est une erreur d'appréciation stratégique que de considérer ce pays comme dangereux pour l'Europe. Et ce, même s'il détenait la bombe nucléaire. Les Iraniens ne sont pas fous et ne sont pas gouvernés par des fous, voilà un élément décisif pour déterminer la dangerosité d'une nation. En réalité, la théocratie persane est avant tout une oligarchie, et, de surcroît, une oligarchie plutôt structurée puisque l'Islam chiite est organisée de manière assez comparable à l'Église catholique. Un ayatollah ne peut pas dire n'importe quoi non plus qu'un mollah, car il doit en répondre devant une autorité politico-religieuse.

On imagine donc mal l'Iran, y compris vis-à-vis d'Israël, se lancer dans des opérations dont les conséquences pourraient être dévastatrices pour son territoire et sa population. Bien plus dangereux est un pays comme la Corée du Nord : d'une part, elle dissémine à n'importe qui la technologie nucléaire et d'autre part elle est dirigée par un tyran. Or, on ne sait jamais ce qui peut passer par la tête d'un tyran, ces derniers étant fortement sujets à des psychopathologies aussi variées que dangereuses.

L'oligarchie n'est pas une garantie de bon sens : la Chine, pendant longtemps, n'a pas hésité à transmettre sa technologie nucléaire. Mais ce faisant, par exemple avec le Pakistan qu'elle a soutenu pour emm.... l'Inde, elle a joué à l'apprenti-sorcier.

Le Pakistan est la paradis du fondamentalisme, et les insurrections ouïgours pourraient trouver à Karachi des soutiens aussi discrets qu'efficaces et meurtriers, jusqu'au jour où une bombe radio-active et sale (comprenez une bombe de terroriste) pètera à la gueule des Chinois, de préférence dans une grande ville. Il sera alors bien temps de reconsidérer la dissémination de la technologie nucléaire.

Le Pakistan, lui est dangereux en raison de l'éparpillement et la semi-vacance du pouvoir. Le PPP ne contrôle que partiellement l'État, et armée et services secrets jouent un jeu trouble sans que l'on sache qui est qui. Les liens du Pakistan avec les Talibans afghans sont anciens. Et les Talibans Afghans sont ceux-là même qui ont hébergé les fanatiques les plus tarés de l'Islam. Ceux qui rêvent tous les jours d'un  holocauste rédempteur.

En réalité, on est bien plus à l'aise pour négocier avec une partie adverse que l'on connaît et dont le pouvoir est structuré et hiérachisé. En ce sens, mieux vaut, par exemple, un Irak ou même un Afghanistan sous contrôle iranien que ces deux pays livrés au chaos. C'est géo-stratégiquement bien moins dangereux. Ce constat n'est pas un plaidoyer pour une telle solution mais simplement un constat.

Pour finir, sur l'Irak comparé à l'Iran : l'Irak avec un tyran et son clan à sa tête était en réalité bien plus dangereux que l'Iran. Parce qu'un tyran est incontrôlable. Il me semble donc que c'est à, l'aune de chaque type de régime qu'il convient d'adapter sa diplomatie et d'estimer le danger. Et je ne m'étonne pas d'y retrouver les considérations de bon sens de Montesquieu, particulièrement sur le despotisme.

mardi, 25 mars 2008

Quel avenir pour le nucléaire militaire ?

 Les grands esprits se rencontrent, ce matin, je me pose les mêmes questions que Frédéric, le webmestre du très bon blog Démocratie sans frontières.

Qui de notre dissuasion nucléaire dans l'avenir ? Frédéric note avec acuité que le nucléaire militaire représente 20% de notre effort de défense. Nicolas Sarkozy envisage de faire des réductions de dépense sur cet armement en ne lançant pas le porgramme de modernisation de ces équipements. A vrai dire, quand l'on considère que le dit programme comporte la mise en service de quelques missiles inter-continentaux longue portée, on se demande quel objectif est visé.

Le monde a changé de nature, et l'histoire récente nous montre tout de même que les dangers les plus impérieux ne sont pas ceux d'une attaque conventionnelle, mais plutôt des guérillas et du terrorisme, voire une guerre économique.

Je renvoie à certains extraits du discours de clôture de  François Bayrou lors d'un colloque de l'UDF, en juin 2006, sur la place de la France dans le monde.

Tout le monde a à l’esprit, les éléments de ce monde qui a changé. L’effacement, l’éclipse peut-être, de la menace soviétique, et en même temps la prolifération des menaces identitaires, ethniques, religieuses ; déséquilibres au détriment de sociétés traditionnelles, la déstabilisation de sociétés structurées, le changement de visage de la guerre, de plus en plus civile, de plus en plus urbaine, utilisant à la fois des moyens ultra-technologiques, les satellites et lasers, et les moyens les plus archaïques, la guerre économique dont vous n'avez pas voulu parler Monsieur Caillaud mais extrêmement importante, la guerre d'opinion. Tout cela exige d'autant plus de réflexion que ces questions de sécurité n'ont pas encore été reformulées

Je pense que c'est justement énoncé, et, pour ma part, il me semble que nous avons un effort tout particulier à réaliser sur le renseignement sous toutes ses formes :

On a besoin d'ouvrir un chapitre nouveau dans le chapitre de l'observation et du renseignement. Un observateur me disait que la capacité de renseignement française était de 1 à 10 par rapport à la capacité britannique - qu'on vante rarement par rapport à celle des Américains, et en tout cas, les moyens du renseignement américain sont de 10 à 1 par rapport à ceux du Royaume-Uni.

J'ajoute pour ma part, quelques réflexions supplémentaires. On sait que nous serons confrontés de plus en plus à des ennemis qui utilisent les populations humaines comme des boucliers pour exercer leurs activités terroristes, et n'hésitent pas à se fondre, pour cela, au sein des populations civiles.

Je pense qu'il faudrait donc mener une réflexion sur les armes non létales, car rien n'est plus néfaste que de toucher les civils dans les situations de guérilla. Cela crée de nouveaux martyrs, et, de fait, les groupes terroristes comptent généralement là-dessus. Lancer un nouveau concept de guerres, indolores autant que faire se peut, est à mon avis une nécessité stratégique évidente.

Il faut travailler non plus sur des armes qui tuent, mais sur des armes qui neutralisent.

mardi, 25 juillet 2006

AREVA ou le coup des autoroutes : bis repetita non placent...

Je sens venir le coup de loin : le gouvernement avait privatisé les Auroroutes de France juste au moment où elles commençaient à tourner à plein régime, et maintenant, cela va être le tour d'AREVA au moment même où plusieurs pays, alarmés par les hausses et l'épuisement du pétrole, frappent à la porte : USA, Chine et Inde, rien que cela. Précisons, en effet, que la principale filiale du groupe AREVA est spécialisée dans la construction de centrales nucléaires.

Oh, bien sûr, Dominique de Villepin a suspendu la privatisation du groupeen octobre 2005, vraisemblablement pour faciliter celles d'EDF et de GDF.

Argument invoqué pour légitimer la privatisation d'AREVA, son insuffisance de taille et de trésorerie ne permettent pas d'assurer les investissements nécessaires pour se développer et pour faire face aux chantiers qui l'attendent.

Actuellement, c'est le CEA le plus gros actionnaire d'AREVA : 79% des actions. Le CEA (Commissariat à l'Energie Atomique) est un organisme public. Compte-tenu du marché porteur, il me semble que l'on pourrait joeur sur deux cordes : outre le CEA, l'état français possède 5.9% des actions AREVA : une émission d'actions pourrait augmenter la capitalisation du groupe, en prenant garde, toutefois, que l'addition CEA+ Etat ne passe pas en-dessous de 51%, et, seconde option, puisqu'AREVA est assurée de réaliser des bénéfices conséquente,s pourquoi l'état français ne lui consentirait-il pas les fonds nécessaires à de nouveaux investissements.

Il s'agit là de solutions pragmatiques qui ne laisseraient pas à la merci de capitaux flottants et internationaux, un secteur tout à fait stratégique, à l'heure où de surcroît ses lendemains sont prometteurs... 

 

Souhaitons que l'actuel gouvernement, ni le suivant, d'ailleurs, ne cède aux sirènes de l'ultra-libéralisme dogmatique qui pose a priori que toute entreprise privée est nécessairement plus performante qu'une entreprise publique.