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  • Najat Vallaud Belkacem doit démissionner.

    Quand quelqu'un rate et torpille tout ce qu'il entreprend, on dit communément qu'on a affaire à un tâcheron. Je crois bien que nous avons trouvé le nôtre avec Najat Vallaud Belkacem au Ministère de l'Éducation Nationale. Pardonnez la grossièreté, mais on peut dire qu'elle n'a fait que des conneries depuis son arrivée à la rue de Grenelle.

    Il y a bien sûr la question du latin et du grec, de l'allemand aussi, pour lesquels François Bayrou a fort bien répondu. Je trouve juste cette jeune femme d'une malhonnêteté intellectuelle confondante. Accuser les éditorialistes et les intellectuels de ne songer qu'à préserver leurs privilèges et ceux de leurs enfants parce qu'ils s'indignent de la disparition programmée du grec, du latin et des menaces qui pèsent sur l'allemand, c'est montrer le fond de sa pensée. La ministre s'est échinée à assurer à l'opinion publique qu'elle souhaitait offrir les humanités classiques à tous. On voit pourtant dans sa réponse à quel point le bourdieusisme indigeste dont la gauche abreuve le système éducatif imprègne son idéologie. Comme ses soutiens, FCPE, SGEN, officines pédagogistes de tout acabit, elle associe les langues anciennes et l'allemand à la tradition et l'élitisme, toutes choses que la gauche bien-pensante déteste. Et Dieu sait si elle en fait partie...

    Malheureusement, Madame Vallaud Belkacem n'en est pas à son coup d'essai en matière de projet mal ficelé et bêtement faisandé par incapacité à dépasser son  déterminisme idéologique. Pour moi qui suis attaché à la liberté de la femme et à son statut, j'ai été effaré par l'imbécillité crasse avec laquelle la question a été amenée à l'école : je parle des fameux ABCD de l'égalité. J'ai déjà dit ce que j'en pensais, mais je complète me pensée : il ne fallait pas donner l'impression que rien n'était sexué (même si ce n'est pas tout à fait faux dans l'absolu) mais il fallait amener habilement l'idée que les rôles dans lesquels on tendait à contenir les garçons et les filles n'étaient pas exclusifs. Qu'un garçon pouvait bercer un bébé, par exemple, et une fille monter un meuble. On peut en procédant avec astuce utiliser les jouets et les activités ludiques pour obtenir de tels résultats. Le problème, c'est que l'égalité entre hommes et femmes ne s'enseigne pas directement, en tout cas, pas avec des gros sabots et des cours de morale, et encore moins avec des expériences pédagogiques. 

    Bilan ? Nul. Chacune de ses interventions a remonté l'opinion publique. A chaque fois elle a accusé les uns et les autres de propager des rumeurs. Bis repetita non placet, n'en déplaise à notre pourfendeuse de la langue latine. Elle pourrait peut-être commencer à se poser des questions et en tirer les conclusions qui s'imposent ? Ne plus s'occuper d'éducation, par exemple, ce serait toujours ça de gagné pour la France...

  • Une Alternative indépendante ?

    Mon ami démocrate Olivier m'invite à signer une pétition dont il est le promoteur. Pour l'essentiel, elle invite l'UDI et le MoDem à se constituer en alliance indépendante de l'UMP.

    Je vais répondre à Olivier avec un cas pratique. En île de France, Valérie Pécresse a appelé les centres à la rejoindre dès le premier tour sans pour autant leur forcer la main. Chantal Jouanno pour l'UDI souhaite construire une liste indépendante pour le premier tour puis, fusionner au second. Marielle de Sarnez pour le MoDem se montre toute prête à saisir la main tendue de l'UMP puisqu'elle considère Valérie Pécresse compatible avec le MoDem.

    J'ai déjà discuté l'année précédente de la question des alliances avec Marielle, il s'agissait alors de l'élection municipale. J'avais alors bien entendu ses arguments et en somme, je vais les donner à Olivier car je les avais trouvés convaincants. 

    On ne doit pas perdre de vue la finalité d'une élection : il ne s'agit pas de compter ses forces ou de montrer son poids mais de faire valoir des idées originales avec l'objectif final de les appliquer une fois la magistrature politique visée obtenue.

    En somme, à quoi bon monter une liste indépendante en île de France au premier tour si, en définitive, on fusionne de toutes façons au second tour, mais, plus encore, si on négocie un accord programmatique acceptable au premier tour avec la force principale ?

    Si nous parvenons à nous mettre d'accord avec Valérie Pécresse autour d'une plate-forme programmatique pertinente pour la région île de France, tout le monde sera gagnant. Nous aurons plus d'élus pour faire valoir les solutions que nous voudrons proposer, les discussions ne se feront pas à la va-vite entre deux tours mais auront le temps d'être mûries, et, d'un point de vue politique, nous serons en ordre de marche.

    Nous avons vocation à rassembler, mais aussi à participer aux rassemblements. C'est de la vanité inutile que de vouloir être les initiateurs exclusifs de ces derniers. 

    Olivier me paraît donc très sévère de qualifier d'alliances de circonstance les accords que le MoDem pourrait passer. Le centre ne saurait constituer un objectif politique en soi. Si je soutiens François Bayrou depuis si longtemps, ce n'est pas parce qu'il est centriste mais bien parce que sa voix originale n'est similaire à aucune autre en France. J'aimais l'UDF parce qu'elle participait de ce projet particulier et je me suis défié assez vite du MoDem (tout en y adhérant) parce que ses discours ressemblaient par trop à ceux du PS.

    Aujourd'hui, nous nous recentrons. Tant mieux. 

    Pour le reste de ce que propose Olivier, j'aimerais comme lui préférer des alliances MoDem-UDI, mais quand c'est pertinent et possible seulement, pas pour chercher à se compter.

    Enfin, je soutiens à 200% la création d'un shadow-cabinet mixte et actif. L'idée a plusieurs fois été voulue par nos deux formations politiques mais l'une et l'autre ne se sont pas montrées capables de la tenir sur la durée. Nous devrions avoir présent à l'esprit l'exemple des libéraux-démocrates anglais avant leur alliance avec les Tories. Leur shadow-cabinet avait tenu et avait généré un programme politique très complet. 

    Même si j'approuve plusieurs des points développés par Olivier, je ne signerai pas pour autant sa pétition. Son centre indépendant est un mirage. Non pas parce qu'il n'est pas possible, mais parce qu'il n'est pas un objectif pertinent en soi pour la France et qu'il nous détourne de nos véritables priorités.

    En revanche, si Olivier construit un jour une plate-forme programmatique et que je m'y retrouve, je m'y associerai très volontiers. J'observe d'ailleurs que c'est souvent ainsi que s'y prennent les associations. Elles présentent des chartes ou une liste de mesures aux partis politiques et elles leur demandent de signer des engagements. Nous serions certainement plus efficaces ainsi, et je pense d'ailleurs que le MoDem dans son ensemble pourrait toujours procéder ainsi, validant un nouveau fonctionnement, plus sincère, pour un parti politique.

     

  • Régionales en île de France : quel projet pour le MoDem ?

    J'ai pris connaissance de l'entretien que Marielle de Sarnez a accordé au Figaro. Je suis bien évidemment en accord total avec la priorité qu'elle a évoquée pour la région île de France : le transport. On n'en mesure pas le gaspillage généré. La perte de temps associée aux transports déficients, parfois dangereux et lents est phénoménale. Avec 1h20 en moyenne de déplacement par jour pour un Francilien (statistiques INSEE), au bout du compte, c'est près d'une journée de travail supplémentaire qui s'ajoute aux horaires déjà chargés de beaucoup de travailleurs. Il ne faut donc pas s'ingénier à pourrir l'existence de ceux qui ont besoin de se déplacer mais au contraire de leur permettre de réduire autant que faire se peut ce temps mangé sur leur existence.

    Il y a un petit point sur lequel je tique dans ce que réclame Marielle. Elle désire une autorité unique pour les transports. Je suppose qu'elle parle des transports en commun. Je crois que cela n'est pas suffisant. Il faudrait aussi une conseil supérieur de la circulation, qui inclurait bien sûr un représentant de chaque municipalité afin de bien considérer les aménagements de voirie et leur impact sur l'ensemble du trafic francilien. Je ne sais pas comment cela pourrait être fait.

    Un autre aspect éveille ma défiance. Pendant longtemps j'ai été favorable au Grand Paris, mais, tout bien considéré, l'aspect peu démocratique de la chose métropolitaine ne me plaît guère et je crains les passages en force à venir, a fortiori quand on connaît la nature centralisatrice de la capitale. J'ai en outre le sentiment que le "big is beautiful" est incompatible avec un projet bien plus respectueux des petites communes, les smart cities chères à Yann Wehrling. S'il fallait imaginer le Grand Paris, il faudrait imaginer à mon sens une sorte de réseau de communes plutôt qu'un grosse planète avec en orbite une multitude de satellites. Je m'inquiète aussi de la place de l'individu dans une énorme métropole. Les dénis de démocratie locale dont j'ai eu connaissance çà et là (bel exemple avec les Serres d'Auteuil) ne laissent pas de m'inquiéter. Le projet démocratique du Mouvement Démocrate s'honorerait de comporter un volet très solide sur ce terrain en friches au sein de toutes les autres formations politiques.

    Reste la question des alliances. Premier tour, deuxième tour, peu importe au fond. Ce qui compte, c'est le projet qui sera porté et, bien naturellement, sa faisabilité (la lettre au Père Noël et le concours de "à qui aura la proposition la plus bobo", non merci).