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  • Épisode Jouyet-Fillon

    Je n'ai pas vraiment grand chose à raconter sur l'affaire Jouyet-Fillon, la presse a tout dit, je crois, mais je demeure stupéfié par la naïveté de Jouyet. 

    Je crois qu'on a changé d'époque, avec les journalistes : il y a eu un temps où c'était des copains, des complices avec lesquels on pouvait papoter, par-delà les opinions politiques, mais je crois que c'est un temps révolu.

    Une large part des politiques ne le mesure pas. Les journalistes sont à la recherche du scoop à tout prix, c'est leur seule chance de survie dans un monde qui mise tout sur l'immédiateté.

    On a d'un côté un Fillon qui s'imagine qu'on peut faire pression sur la justice, comme au bon vieux temps, pour freiner ou accélérer une enquête ou un jugement, et, il y a de l'autre Jouyet qui croit que des journalistes du Monde sont des toujours des potes...

    Pas de chance : s'il y a bien un mérite que je reconnais à Hollande, c'est qu'il n'est pas du genre à aller emmerder les juges ni à chercher à bloquer quoi que ce soit dans le domaine judiciaire. 

    Tous ceux qui ont espéré le contraire, les Thévenoud, les Cahuzac, les Arif, en ont été pour leurs frais.

    Et, du côté des journalistes, il faut bien savoir qu'ils sont prêts à tout, y compris à  piéger et enregistrer qui que ce soit s'il y a une «affaire» en vue.

    Depuis que Fillon est allé fricoter avec Poutine en Russie je n'ai plus guère d'estime pour lui et je ne suis pas vraiment surpris de ce que cette histoire révèle du personnage. Mais est-ce bien intéressant ?

    Je suppose que c'est l'idée que les journalistes se sont aujourd'hui de l'information...

  • Ancrage féministe dans l'Histoire et les traditions culturelles

    Tous les ans en moyenne, la difficulté me revient comme un boomerang : je cherche toujours des livres pour ma petite fille et je ne suis toujours pas satisfait de ce que je trouve en librairie. Les héroïnes sont toujours aussi rares et j'ai parfois l'impression que les livres (au moins pour les enfants en bas-âge) ne sont écrits ou tout du moins pensés que pour les garçons.

    Je dois faire une confidence : j'avais des projets d'écriture la dernière fois, mais je n'en ai pas ramé une et ils sont restés à l'état de projets...

    Je cherche donc des petits ouvrages qui comptent une ou plusieurs filles parmi ses personnages principaux. Et j'ai bien du mal à en trouver. Je pourrais me tourner bien sûr vers la littérature féministe engagée, comme me l'avait suggéré par le passé Olympe, mais au féminisme de progrès généralement porté par la gauche, je préfère un féminisme enraciné dans l'Histoire parce que je le crois plus solide et plus indépendant des idéologies.

    L'Histoire, comme les mythes, a été écrite par les hommes et pour les hommes. En dépit de cette chape de plomb, de grandes figures féminines la peuplent. Je ne cherche pas celles qui préfigureraient le féminisme moderne ou même qui se seraient battues pour la cause des femmes, mais simplement les écrivains, les femmes d'action, les héroïnes ou, pourquoi pas, les femmes de foi qui ont accompli des choses mémorables.

    Des personnages féminins majeurs existent mais on a l'impression que les auteurs, hommes ou femmes, ne songent jamais spontanément à envisager leur point de vue pour dérouler leur histoire.

    Considérons Sémiramis, la reine légendaire de Babylone : elle a été si célèbre que la mythologie grecque elle-même l'a intégrée dans ses généalogies en la faisant descendre du héros Achille et de Penthésilée, reine des Amazones, filles d'Arès et puissante alliée des Troyens pendant la Guerre de Troie. Je ne vais pas raconter toute son histoire, mais que l'on sache qu'elle est à l'origine des Jardins suspendus de Babylone, l'une des merveilles du monde antique et qu'elle a conquis un empire sans équivalent à son époque.

    N'eût-il pas été logique que les ouvrages de jeunesse, même pour les petits, relatassent la légende dorée de cette reine d'exception ? Que nenni. Nicht, nada et nitchevo. Il n'y a rien à rien de tel.

    Au tour d'un personnage mythologique de premier plan, maintenant : je songe à la déesse Héra. On la connaît par les travaux d'Héraclès ou encore par les vengeances qu'elle exerce contre certaines des amantes de Zeus. Si l'on est un peu plus érudit, on peut même connaître sa persévérance dans l'Iliade où elle est bien déterminée à faire la peau des Troyens et emploie tout son art à contourner les interdictions de Zeus.

    Jamais je n'ai trouvé un seul livre qui adopte le point de vue d'Héra. On la présente toujours en femme trompée et outragée, un tantinet mégère tant elle paraît agressive.

    Aucun livre ne s'appelle Héra ni ne narre ses aventures (J'ai un ami qui s'intéresse au personnage, cela dit, donc, qui sait, on pourrait voir un jour une publication apparaître...). Elle semble n'exister que comme faire-valoir ou figure facile de la femme mariée mais trompée qui se dispute en permanence avec son mari. En voilà une qui ne se laisse pas faire, au moins...

    J'ai choisi ces deux femmes mais je pourrais en citer plein d'autres. 

    Il me semble que le travail de l'archéologue féministe, ce serait de les exhumer des tréfonds de l'Histoire et des mythes afin de leur donner une seconde vie et de leur rendre justice. 

    Héra, icône féministe, ça me plairait bien : c'est assez rare qu'on trouve une femme mariée dans les formes pour endosser un tel rôle.

    Pour élargir mon propos, on lutterait bien plus efficacement contre les conservatismes misogyne en allant les affronter sur le terrain des traditions (qu'à mon avis, il ne faut pas leur abandonner) plutôt qu'en renvoyant ces dernières à l'obscurantisme.

  • Hauchard, Dos Santos, les bobos découvrent la talibanisation des banlieues

    Si ce n'était pas dramatique, ce serait comique. Je parle des articles des journaleux et des précautions de langage de la sphère politique à propos de la racaille qui sévit en Syrie.

    Ils n'ont toujours pas compris, les ânes. Le problème de ces gens-là, c'est qu'ils ne viennent dans les cités racaillisées que pour se donner une posture et se construire une image. Ils n'y vivent pas et n'y travaillent pas. Ils ne les connaissent donc pas du tout.

    Là, ils sont surtout étonnés de voir que de la racaille qui n'est pas de confession musulmane se soit radicalisée. Moi, ça ne me surprend pas du tout, et je l'ai déjà écrit ici.

    Ce qui compte, ce sont les valeurs qui sont véhiculées dans les cités, peu importe la religion. A partir du moment où la racaille locale ne jure plus que par l'Islam pour se donner une contenance, tout le monde n'y jure plus que par Allah, que l'on y soit portugais, catholique, athée, communiste, ou tout ce que vous voudrez. Il suffit de les entendre parler des filles et du viol pour comprendre, par exemple, pourquoi les violences sexuelles viennent d'augmenter de 16% d'une année sur l'autre. 

    Et que font les enfants des classes moyennes qui vivent dans ces cités ou à proximité ? Constamment humiliés par la racaille, ils finissent par en adopter les codes pour se construire une image de durs. Comme eux, ils volent, pillent, violent, caillassent la police, écoutent du rap et font des rodéos.

    Alors parfois, les bobos expliquent que ce n'est pas vrai, qu'on trouve des radicalisés "bien intégrés" parce qu'ils étudient les mathématiques en faculté.

    Ah. Vraiment ?

    J'ai deux questions : ils viennent d'où ? Dans quelles universités ? Pas à Dauphine ni Assas. Pas à HEC non plus. Quant à admettre la force d'intégration des mathématiques...c'est très discutable. A-t-on vu un seul étudiant de lettres parmi les apprentis dhihadistes. Nada, et d'ailleurs, je ne crois pas que les lettres soient très représentées chez la racaille. Je réponds à ma première question, au fait : ils ne viennent pas de Neuilly ni des centre-villes, pas même des logements sociaux qui y sont. La réalité, c'est qu'ils peuvent avoir fait des études supérieures, ils viennent quand même des cités ou ont traîné avec leurs habitants, de préférence à l'école publique (je doute fort de trouver parmi nos talibans locaux des gens qui viennent des écoles privées catholiques, quelle que soit leur religion).

    Les mauvaises fréquentations, cela mène à beaucoup de choses, le djihadisme en Syrie en fait partie. Hauchard et Dos Santos en sont la démonstration. Il reste à espérer qu'un drone américain les liquide ou qu'ils tombent sous les balles d'une résistance kurde. S'ils tombent entre les mains des sbires d'Assad, quoi qu'il leur arrive, je ne pleurerai pas sur leur sort.