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  • Syrie : apprentis démocrates ou apprentis sorciers ?

    Je suis de plus en plus sceptique quant à la position que la France et plus généralement l'Europe adoptent quant à la Syrie. 

    Ce que je vois, c'est que l'on ne parvient pas identifier ce qu'est l'Armée Syrienne Libre, mais qu'en revanche, ses éléments les plus visibles sont au mieux des Frères Musulmans au pire des proches d'Al-Qaeda.

    En face, nous avons un pouvoir qui s'est certes signalé par ses exactions, mais aussi une communauté, les Alaouites dont la tolérance culturelle est sans égale dans la région, Israël et chrétiens libanais mis à part.

    Cela fait 70 ans que l'Occident joue à l'apprenti-sorcier avec l'islamisme radical avec les résultats fameux que l'on connaît.

    On a vu ce que cela a donné dans d'autres régions du monde. 

    Cela fait un moment, me semble-t-il, que l'on parie sur le mauvais cheval. 

    Malgré toute l'estime que je porte à Yann Werhling, porte-parole du MoDem, je ne le suis absolument pas sur sa proposition d'intervention

    La guerre en Syrie prend de plus en plus l'allure d'une guerre confessionnelle ; la comparaison avec la Libye n'est pas pertinente puisque là-bas, même en Tripolitaine, Kadhafi faisait l'unanimité contre lui. De plus, là-bas, certes des éléments islamistes radicaux se sont mêlés à la révolte mais ils n'en ont jamais été les étendards. Je n'ai pas la même impression en Syrie.

    Yann avait vu dans la position de la Chine un cynisme épouvantable en février dernier. Je ne le crois pas. Ce sont des alliances forgées depuis plus de 50 ans qui réémergent là-bas, rappelant que le monde de la guerre froide que l'on croyait disparu depuis longtemps continue d'exister. 

    La Chine et surtout la Russie soutiennent Damas parce que le pouvoir qui s'y exerce est leur allié historique dans la région. A l'inverse, le Qatar et l'Arabie Saoudite, alliés régionaux des USA alimentent la rébellion.

    L'Occident fait dans son ensemble l'erreur de s'en prendre à Assad non pas d'abord en raison de ses exactions mais principalement parce qu'il est associé aux Russes et qu'une sournoise diplomatie d'affrontement continue de s'exprimer en sous-main entre Ouest et Est. Une résurgence de la guerre froide, à moins, plus simplement, que la guerre froide n'ait au fond été qu'une expression d'antagonismes internationaux et régionaux séculaires.

    Le problème, c'est qu'à chaque fois que les USA croient avancer un nouveau pion au Proche-Orient, en réalité, ils ouvrent un nouvel élevage de scorpions. Des Islamistes partout, on commence à voir ce que cela donne, me semble-t-il, avec le recul.

    Assad et son parti Baas ont trempé dans bien de sales affaires, mais ils n'ont jamais eu l'idée de balancer deux avions de ligne emplis de civils dans deux tours d'immeubles et ce pays ne s'amuse pas à prendre en otage tous les quatre matins des occidentaux un peu partout dans le monde. Aucun de ses alliés ne s'y risque d'ailleurs.

    In fine, j'agrée pleinement, une fois encore, la parfaite clairvoyance de François Bayrou sur le sujet, qui s'est bien gardé de s'associer aux voeux de la majorité et de l'opposition en mars dernier à propos des livraisons d'armes.

    C'est tout de même incroyable avec cet homme-là : je suis d'accord avec lui quasiment à tous les coups et sur n'importe quel sujet. Quand je vérifie après coup ce qu'il a dit ou écrit sur un sujet que je traite, je m'y retrouve presqu'à chaque fois !

  • Le MoDem aura intérêt à s'allier chaque fois que possible avec l'UDI

    Au fil du temps, les positions de l'UDI se précisent : elles sont globalement proches de celles du MoDem. Avec l'UDI on a affaire à un parti qui oscille entre centre-droit et droite modérée avec une composante libérale certaine.

    L'UDI, là où elle n'est pas en position de force privilégiera sans doute des alliances avec l'UMP. Mais là où elle dispose de figures implantées et connues, elle aura évidemment plus de marges de manoeuvre.

    Il me semble que c'est aux municipales où les alliances entre centre et centre-droit ont le plus de perspectives.

    Aux européennes, malheureusement, en dépit de la volonté de plusieurs membres de l'UDI de rejoindre l'ADLE, il me paraît à peu près acté qu'elle fera liste commune avec l'UMP. Je ne sais pas ce que feront ses élus. Pour notre compte, au MoDem, nous irons évidemment seuls à la bataille avec, je l'espère (et nous y travaillons) un programme clair et convainquant.

    Je rejoins au fond ce que dit Philippe sur son blogue : la différence entre UDI et MoDem est loin de n'être que tactique. Nous avons des divergences de vue dans un certain nombre de domaine et pas exactement les mêmes idées. Mais elles sont compatibles la plupart du temps.

    D'ailleurs, je me reconnais davantage dans les propositions de l'UDI et de ses leaders  que dans celles du MoDem (Bayrou et Marielle de Sarnez mis à part), mais je préfère la ligne d'indépendance d'esprit du mouvement démocrate.

    En termes d'élus, l'UDI est plus développée que le MoDem, mais en impact électoral, nous sommes sur des étiages sensiblement équivalents hors Bayrou.

    Eb somme, nous avons un véritable intérêt à nous associer partout où cela nous est mutuellement avantageux.

  • Ne risque-t-on pas de flinguer le solaire ?

    Dans la querelle commerciale entre l'Europe et la Chine sur le solaire, il y a un aspect auquel je n'avais pas pensé mais qui me préoccupe désormais :

    L'Europe vient d'installer des barrières douanières pour protester contre les aides que la Chine octroie à sa production dans ce domaine. L'inconvénient, c'est que notre industrie solaire européenne est moribonde pour ne pas dire morte et que je la vois mal capable de prendre le relais. De plus, les taxes vont se reporter sur les prix des panneaux solaires, donc peser sur les consommateurs qui risquent de renoncer à cette énergie renouvelable, et, de surcroît, comme il existe des connexions entre certains de nos fabricants et les Chinois, tout ce qui est associé à ce secteur risque de couler.

    C'est toujours un peu le problème avec les barrières douanières et plus généralement le protectionnisme : dans une économie mondialisée comme la nôtre, elles s'accompagnent systématiquement de contre-coups souvent nocifs si bien que comme le dit si bien Pascal, à vouloire faire l'ange on fait bien souvent la bête.

  • Europe/USA : Marielle de Sarnez invite la commission à ne pas lâcher n'importe quoi

    Il y a actuellement de monumentales discussions entre Europe et USA pour aboutir à un accord de libre-échange entre les deux zones économiques.

    Comme d'hab, la bien-pensance européenne, particulièrement chez nos voisins, est prête à saborder une partie de notre modèle pour ce qu'ils appellent "la croissance".

    Un jour, on devrait cesser de donner des indicateurs de croissance. La croissance, cela ne signifie pas grand chose au fond. On devrait cesser de la mesurer. Certains libéraux considèrent tous ces indicateurs comme des données falsificatrices qui occultent la seule vraie mesure du marché : l'offre et la demande.

    Bref, les valets de l'OMC et de la mondialisation*, installés à Bruxelles, formés au globish, francs admirateurs du libre-échange en version amerloque (il y a bien échange mais en réalité il n'a rien de libre) sont prêts une fois de plus à tout lâcher et notamment l'exception culturelle avec ces savants arguments :

    - si on ne lâche pas sur la culture, les Américains ne feront pas d'efforts sur la finance et tous nos efforts n'auront servi à rien

    et, encore plus fort

    - si l'accord n'aboutit pas, on sacrifiera les un ou deux points de croissance qu'ils nous rapporteraient.

    C'est marrant, ça me rappelle quelque chose : Bayrou fait souvent valoir que c'est chez nous que résident les problèmes qui entravent notre croissance économique, au contraire d'un Hollande qui espère toujours en un Deus ex machina pour lui porter secours.

    Eh bien, cette fois, c'est Marielle (de Sarnez) qui met en garde les Européns avec le même raisonnement : nos problèmes économiques européens proviennent de l'Europe elle-même. Par conséquent, sacrifier notre modèle européen en espérant un secours américain extérieur est à la fois suicidaire et débile.

    Parce qu'en somme, cela revient à accepter :

    a) de bouffer de la viande aux hormones

    b) de laisser Amazon décider de la ligne éditoriale de nos publications

    c) de renoncer à nos normes (environnementales, sociales, sanitaires)

    d) de couler tranquillement nos PME pendant que les Américains (et je ne parle même pas des Chinois) réservent des parts de marché aux leurs.

    On en revient toujours au même problème : ce n'est pas le Parlement européen, mais une commission non élue qui a le dernier mot, et, accessoirement, les chefs d'État. Tant qu'il n'y aura pas une véritable transparence et que les décisions européennes ne seront pas soumises au verdict démocratique, on continuera, comme le soulignait le rapporteur du dernier congrès du PDE (Parti Démocrate Européen), à voir dans l'Europe le principal vecteur d'une mondialisation imposée aux peuples.

    Comme le disait Bayrou ce matin, on aimerait que Hollande parle le même langage à Paris et à Bruxelles.

    Il paraît que la France est prête à mettre son veto sur l'accord pour préserver l'exception culturelle : que va-t-on nous demander de lâcher en échange ?

    Moi, je le dis, mieux vaut pas d'accord qu'un mauvais accord, primo, et parfois, je me demande si nos voisins européens et nous voulons vraiment la même Europe.

    *NDLR : n'est-ce pas Christian ? :-)