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dimanche, 16 juin 2013

Syrie : apprentis démocrates ou apprentis sorciers ?

Je suis de plus en plus sceptique quant à la position que la France et plus généralement l'Europe adoptent quant à la Syrie. 

Ce que je vois, c'est que l'on ne parvient pas identifier ce qu'est l'Armée Syrienne Libre, mais qu'en revanche, ses éléments les plus visibles sont au mieux des Frères Musulmans au pire des proches d'Al-Qaeda.

En face, nous avons un pouvoir qui s'est certes signalé par ses exactions, mais aussi une communauté, les Alaouites dont la tolérance culturelle est sans égale dans la région, Israël et chrétiens libanais mis à part.

Cela fait 70 ans que l'Occident joue à l'apprenti-sorcier avec l'islamisme radical avec les résultats fameux que l'on connaît.

On a vu ce que cela a donné dans d'autres régions du monde. 

Cela fait un moment, me semble-t-il, que l'on parie sur le mauvais cheval. 

Malgré toute l'estime que je porte à Yann Werhling, porte-parole du MoDem, je ne le suis absolument pas sur sa proposition d'intervention

La guerre en Syrie prend de plus en plus l'allure d'une guerre confessionnelle ; la comparaison avec la Libye n'est pas pertinente puisque là-bas, même en Tripolitaine, Kadhafi faisait l'unanimité contre lui. De plus, là-bas, certes des éléments islamistes radicaux se sont mêlés à la révolte mais ils n'en ont jamais été les étendards. Je n'ai pas la même impression en Syrie.

Yann avait vu dans la position de la Chine un cynisme épouvantable en février dernier. Je ne le crois pas. Ce sont des alliances forgées depuis plus de 50 ans qui réémergent là-bas, rappelant que le monde de la guerre froide que l'on croyait disparu depuis longtemps continue d'exister. 

La Chine et surtout la Russie soutiennent Damas parce que le pouvoir qui s'y exerce est leur allié historique dans la région. A l'inverse, le Qatar et l'Arabie Saoudite, alliés régionaux des USA alimentent la rébellion.

L'Occident fait dans son ensemble l'erreur de s'en prendre à Assad non pas d'abord en raison de ses exactions mais principalement parce qu'il est associé aux Russes et qu'une sournoise diplomatie d'affrontement continue de s'exprimer en sous-main entre Ouest et Est. Une résurgence de la guerre froide, à moins, plus simplement, que la guerre froide n'ait au fond été qu'une expression d'antagonismes internationaux et régionaux séculaires.

Le problème, c'est qu'à chaque fois que les USA croient avancer un nouveau pion au Proche-Orient, en réalité, ils ouvrent un nouvel élevage de scorpions. Des Islamistes partout, on commence à voir ce que cela donne, me semble-t-il, avec le recul.

Assad et son parti Baas ont trempé dans bien de sales affaires, mais ils n'ont jamais eu l'idée de balancer deux avions de ligne emplis de civils dans deux tours d'immeubles et ce pays ne s'amuse pas à prendre en otage tous les quatre matins des occidentaux un peu partout dans le monde. Aucun de ses alliés ne s'y risque d'ailleurs.

In fine, j'agrée pleinement, une fois encore, la parfaite clairvoyance de François Bayrou sur le sujet, qui s'est bien gardé de s'associer aux voeux de la majorité et de l'opposition en mars dernier à propos des livraisons d'armes.

C'est tout de même incroyable avec cet homme-là : je suis d'accord avec lui quasiment à tous les coups et sur n'importe quel sujet. Quand je vérifie après coup ce qu'il a dit ou écrit sur un sujet que je traite, je m'y retrouve presqu'à chaque fois !

00:06 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : syrie, asl |  Facebook | | |

Commentaires

Anéfé, j'apprécie la justesse de votre analyse et me sens nettement plus proche de Bayrou, et pourtant je suis plutôt sympathisant de la gauche modérée.

Au plaisir de vous relire

Écrit par : olivier | dimanche, 16 juin 2013

"C'est tout de même incroyable avec cet homme-là : je suis d'accord avec lui quasiment à tous les coups et sur n'importe quel sujet. Quand je vérifie après coup ce qu'il a dit ou écrit sur un sujet que je traite, je m'y retrouve presqu'à chaque fois !"

Oui, d'accord avec toi, l'Hérétique.

Cependant, le gros reproche -qui est de taille !- que je fais toujours à François Bayrou, c'est de ne pas avoir encore pris en compte le travail d'Isabelle concernant l'inclusion en milieu scolaire, valable aussi bien pour les "dys" que pour les enfants sans problème particulier, étant donné que ce système initie à la solidarité. Et que sur le plan financier il est plus rentable.

Et puis je ne comprends pas qu'au moment d'élaborer le programme des présidentielles il ne se soit pas intéressé au drame de la prise en charge de l'autisme en France. Qu'il faut libérer du lobby de la psychiatrie de toute urgence. Sans attendre 2014 (petit clin d'œil appuyé...) !

Pour terminer, sa conception des apprentissages, de la lecture entre autre, n'est pas assez affinée. Puisque le secret est tout simple : un enfant ne peut assimiler de nouvelles données que s'il est en confiance, autrement dit s'il est estimé et respecté, "aimé" (ceci est également valable pour les adultes d'ailleurs...). Ce qui permet de commencer très tôt et donner à l'enfant le plaisir de sans cesse s'instruire. Et c'est ce qui garantit ensuite la paix d'un pays.

Car pour tout le reste, en particulier le "produire français" cher à Robert Rochefort, la retraite par points, le vote blanc, la proportionnelle, sa réelle indépendance d'esprit mais sa modération, son exigence de séparation des pouvoirs, son sens de la vraie laïcité, son souci de l'instruction et de la pédagogie, son refus courageux des réseaux d'influence, sa haute vision de l'Europe et de la politique internationale, pour tout cela : je ne connais pas de meilleur politique que lui.
Message aux commentateurs : non, non, je ne m'appelle pas Christine L...

Écrit par : Françoise Boulanger | mercredi, 19 juin 2013

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