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  • 2017 : Marine Le pen et le FN gagnants ?

    Tous ceux qui s'intéressent vraiment à la politique (et même les autres, d'ailleurs) doivent absolument acheter le dernier numéro de Marianne. Précipitez-vous, il est encore en kiosque.

    L'hebdomaire a consacré une longue enquête à l'électorat FN. Une vraie enquête. Pas de celles que la presse condescendante et bobo consent de temps à autre à pondre pour conjurer le "péril brun" prolétarisé.

    Marine Le pen est jeune, très jeune en politique. Elle n'est pas laide, et elle est charismatique. Elle a le vent en poupe, et surtout, son électorat est bien plus fidélisé que ne se l'imaginent les adversaires du Front National. En fait, pour 2012, récupérer les électeurs du Front National, c'est déjà foutu. Marine Le pen ne pourra prendre le pouvoir en 2012. Mais si la politique menée d'ici 2017 échoue, ses rangs pourraient grossir démesurément jusqu'au seuil fatal où elle pourrait devenir majoritaire...

    La presse ne cesse de saluer en François Hollande l'inéluctable vainqueur de 2012. Le Canard enchaîné que j'ai connu plus caustique et perspicace esquisse aujourd'hui en une un sous-marin émergeant sous le pédalo. Cette absence totale de lucidité ne laisse de m'inquiéter. L'électorat Front National est d'abord jeune et populaire. Pas exclusivement ouvrier. On y trouve largement représentée une France qui ne bénéficie guère des avantages variés dont la gauche se voudrait la généreuse dispensatrice.

    J'ai été assez impressionné de voir la gauche relancer le droit de vote des étrangers aux élections locales. Il me semble que l'on a tout de même d'autres étendards à porter, en période de crise, qu'une mesure qui fait polémique et de surcroît, ne concerne, dans la réalité, qu'un tout petit segment de la population. Sans doute la gauche se croit-elle populaire quand elle fait des immigrés sa préoccupation principale.

    Il y a une très forte pression protectionniste au sein de l'électorat FN, et, plus inquiétant, au sein de la population française, ce qui laisse à penser que le FN a une marge de progression possible.

    La seule réponse pertinente, m'a-t-il semblé, dans cette campagne, a été et demeure celle de François Bayrou avec son projet de Made in France. Les procès en nationalisme auxquels il a donné lieu à gauche montre d'ailleurs les limitations de la gauche actuelle : prise au piège de sa propre hypocrisie elle dénonce les méfaits de la mondialisation tout en récusant toute solution nationale au nom de la mondialisation. Chacun de mes billets ici sur les biens produits en France que j'achète me valent un concert de quolibets et de sarcasmes de la pravdasphère.

    On ne sait où en est l'UMP et la droite en général tant elles naviguent à vue, elle aussi, n'usant du fait national que comme seul argument électoral.

    Il n'y pas de Hari Seldon (les amateurs du Cycle de la Fondation d'Asimov apprécieront la référence) au MoDem ni nulle part ailleurs, et nul ne sait donc de quoi l'avenir sera fait. On peut essayer de débattre avec Marine Le pen et les experts du FN pour obtenir des réponses (c'est sans espoir dans le domaine économique, ni Anne-Sophie Lapix ni moi ne parvenons à en obtenir de cohérentes...) mais c'est peine perdue, me semble-t-il. Son électorat n'en a cure, et toute "victoire" dans ce domaine ne reviendrait qu'à s'autocongratuler, spécialité de la pravdasphère et du landernau politico-médiatique en général.

    La seule chose qui puisse faire reculer le FN, c'est d'une part un programme qui relance l'emploi et le pouvoir d'achat en France, la relocalisation de la production, en somme, et d'autre part, la prise en compte des inquiétudes de l'électorat FN (insécurité, immigration, déclassement). Bayrou répond au moins au premier item. Pour le reste, en revanche, rien au sein de la classe politique dans son ensemble en face du FN si ce ne sont tantôt de ridicules objurgations à rejoindre le camp du "bien" tantôt une imitation ridicule dont la servilité ne parvient pas à effacer la fadeur et l'inconsistance.

  • Mélenchon et Bayrou : si loin et si proches...

    C'est curieux : je suis un centriste d'obédience libérale et je devrais donc considérer Mélenchon et ses supporters comme mes adversaires principaux, et pourtant, ce n'est pas le cas.

    Bayrou et Mélenchon s'opposent radicalement par leur analyse de l'environnement économique, ce qui est loin d'être négligeable, mais ils partagent aussi un goût prononcé et profond pour la culture et la défense de la culture et un véritable amour du peuple français.

    Quand j'entends Mélenchon parler sur l'école, par exemple, en dehors de Bayrou, je trouve que c'est le seul qui échappe à la doxa bien-pensante et si c'était l'unique critère de mon vote, nul doute qu'il lui serait acquis immédiatement après Bayrou.

    Bon, évidemment, si vous lisez de temps en temps le blog du товаричь (tovaritch : paf, j'ai réussi à l'écrire en russe :-) !) Gauche de combat et ses échos de la gauchosphère, vous allez constater de, comment dirais-je, substantielles divergences de vue...

    Au fond, Mélenchon et Bayrou ont en commun d'être des trublions, des empêcheurs de tourner en rond. J'ai bien aimé la manière dont Mélenchon a envoyé ch... le petit Journal. Il paraît que Barthès va perdre sa carte de presse. Bon débarras. Ce gars-là fait du divertissement, pas de l'information et en plus il diffuse des contre-vérités. A preuve l'histoire de l'audi qui n'appartenait pas à Bayrou ou encore, plus récemment, la fausse absence d'effusions entre Éva Joly et Mélenchon.

    Bref, respect pour Mélenchon, mais...ça s'arrête là, parce que politiquement, les amis, c'est la baston, on n'a presque rien de commun, les gauchos et moi :-)