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  • Polygamie et nationalité à points

    L'histoire de l'islamiste radical polygame et fraudeur de Nantes a fait le tour de la Toile ; en fait, le plus intéressant, ce n'est pas tant cette histoire sordide, sur le fond, que les conditions dans lesquelles on octroie la nationalité dans notre pays. Je suis ennuyé parce que j'ai écrit un billet le 22 août dernier sur ce sujet, et que je ne vois pas grand chose à y ajouter.

    Je le redis, ni le droit du sol ni le droit du sang ne sont satisfaisants. On s'épargnerait bien des soucis et des controverses, en France, si on adoptait un système dans lequel la naturalisation ne serait pas d'emblée définitive. A Rome, quand on était étranger ou affranchi, on ne devenait pas directement citoyen, mais le fils de l'affranchi, lui, pouvait le devenir à condition de remplir les pré-requis. Avec un système à points, les choses seraient bien plus simples à gérer : la polygamie, ce serait comme le feu rouge de ville grillé sous le nez d'un car de CRS à 180 km/h. Retrait de permis immédiat et immobilisation du véhicule. On ne devrait plus non plus accorder automatiquement la nationalité à un individu simplement parce qu'il est né sur le sol français. Il pourrait se voir crédité d'un montant de points sur une durée déterminée ; à charge serait pour lui de ne pas les perdre. Les individus tranquilles n'auraient pas grand chose à craindre d'une telle mesure. Les autres, en revanche, raouste en cas d'excès. Il va de soi, dans ces conditions, que la nationalité de base serait celle du père ou de la mère. Passer des conventions avec les autres États sur une loi d'un tel bon sens irait de soi, je pense. Il en irait de même bien sûr pour les mariages.

    Tiens, il est encore temps, je le crois, de déposer une contribution sur le site de l'Assemblée Nationale, le sujet n'est pas encore fermé. Didier Goux s'imagine que les blogueurs MoDem se demandent ce que François Bayrou en pense. Aucune idée. Mais voilà au moins l'opinion d'un blogueur centriste...

  • Comment prêter à la Grèce ?

    Je me demande s'il y a un moyen, pour un particulier, de consentir un prêt à la Grèce (à sa modeste mesure, évidemment). Taux long à presque 11% c'est plus de deux fois plus qu'un PEL. Taux court à 3 mois à 3.75%, c'est trois fois mieux qu'un livret A. Il faut dire aussi que Standard's and Poor abuse quelque peu en classant la Grèce comme placement spéculatif. Faut pas pousser non plus. On est dans le délirant : la Grèce est considérée comme moins fiable que le Vénézuela ou l'Argentine !!!

    Il faut dire aussi que les Grecs sont pris en tenaille : atermoiements et défaut de solidarité du côté des partenaires, absence de courage et d'honnêteté du côté des forces politiques grecques. La Grèce a besoin d'un gouvernement et d'une majorité commando qui savent qu'ils ne pourront pas être réélus s'ils mettent en place les mesures nécessaires à un redressement du pays. Il me semble que la principale mesure, c'est de mettre fin à la fraude fiscale. L'économie souterraine représente près de 40% du PIB du pays, jusqu'à 60% selon certaines estimations. Le vrai et principal problème de la Grèce, c'est en fait celui-là ; sans la fraude, qui est généralisée, je crois que la Grèce n'aurait pas de déficit budgétaire. C'est inutile de viser les coupes sombres dans l'appareil de l'État, la fonction publique ou les retraites. Non, il faut en fait un investissement massif dans une justice, une police et des services fiscaux intègres en payant les contrôleurs fiscaux au résultat. La voilà la thérapie de choc. Que la Grèce parvienne à faire rentrer l'argent qui devrait y rentrer dans ses caisses, et elle est sauvée. Elle n'aura même plus besoin d'emprunter. Sa classe politique est-elle assez intelligente pour faire respecter les lois de ce pays une bonne fois pour toutes ? Bien évidemment, il faut aussi massacrer le clientélisme : par exemple, les backchich pour couper les files d'attente dans les hôpitaux, obtenir de meilleurs soins d'une infirmière et cetera...

    Il ne faut pas interdire aux Grecs de travailler plus (par exemple aux enseignants de donner des cours privés) mais les Grecs doivent payer leurs impôts. Le vrai signe de déliquescence dans un État, c'est quand l'impôt ne parvient plus à rentrer dans les caisses.

    Les Grecs doivent en profiter pour mettre en place une fiscalité intelligente : des impôts modérés, mais justes et de la sévérité pour les percevoir. Il serait subtil d'annoncer une légère baisse des impôts sitôt les équipes de percepteurs et contrôleurs opérationnelles. Des impôts justes, qui ne spolient ni ne découragent, mais, corollairement, le coup de matraque fiscale pour les fraudeurs : il ne faut pas hésiter à coller des amendes monumentales à ceux qui pratiquent le travail au noir systématique, surtout quand ce sont des avocats, médecins libéraux, toute profession qui ont la possibilité de s'en sortir mieux que les autres catégories de travailleurs. Pour être censé, il faudra aussi mettre fin aux subventions idiotes qui donnent lieu à toute sorte d'abus.

    Des voix réclament le largage de la Grèce de la zone euro. Sacrée erreur ; dès lors que les Grecs font le nécessaire pour être crédibles, il faut au contraire ne pas les lâcher. Il faut bien comprendre qu'un défaut de solidarité porterait un coup terrible à l'euro et à la crédibilité politique de l'Europe. Il faut pour l'Europe être crédible tant à l'extérieur qu'à l'intérieur. Par rapport à nos propres partenaires, il ne faut pas les soutenir sans conditions afin que tout le monde comprenne que l'on ne peut pas faire n'importe quoi ; mais dès lors que les mesures nécessaires sont prises, il faut alors annoncer une solidarité sans faille pour un état membre.

     

     

  • Zahia D., un si jeune artifice

    J'en sais un peu plus sur la jeune marocaine dont quelques joueurs de l'Équipe de France de Football ont eu les faveurs moyennant finance. Il y a au moins un aspect qui m'étonne : j'ai vu quelques photos Zahia D. (il m'a fait rigoler, Allain Jules, avec ses commentaires), et très clairement, la poitrine qu'elle arbore est le fruit de la chirurgie esthétique ; de même ses longs cheveux sont une création entièrement artificielle. Comment, mineure, sans l'aval de sa famille, elle a pu obtenir d'un chirurgien de procéder à une opération majeure de ce type ? Dans ce genre d'histoires, c'est toujours les questions que je tends à me poser en premier : comment vit-elle cette gamine, mineure quand elle a commencé à se prostituer ? Où est sa famille ? de quoi est-elle au courant ? L'a-t-elle encouragée ? J'imagine qu'à 20 000 euros par mois, quand on a à peine 18 ans, on s'étourdit aisément...Car elle a eu 18 ans au mois de mars dernier ; donc, tout ce que l'on entend sur son train de vie et ce que l'on voit d'elle provient d'une époque où elle était encore mineure. Par exemple, si elle a parcouru l'Europe comme elle l'affirme, comment a-t-elle procédé sans autorisation de sortie du territoire signée par ses parents ? J'ai cru comprendre qu'elle avait abandonné l'école en fin de troisième, tenté de percer vainement dans le monde de "l'art", comme on dit par euphémisme (le star-system, quoi...) puis s'était finalement livrée à la prostitution sous l'égide de proxénètes patentés.

    Dans la manière dont le phénomène Zahia.D traverse la Toile, il y a à la source une indélicatesse, voire même une faute, regrettable du quotidien Le Monde. C'est ce journal qui a révélé l'existence de la jeune fille, et très précisément son prénom et l'initiale de son nom. Pas de nom modifié pour protéger la jeune personne. Pas fameux. Bien évidemment, avec facebook, il a été assez rapidement possible par la fonction recherche de trouver de qui il s'agissait et de s'emparer de plein de détails sur la vie privée et/ou professionnelle de la jeune fille.

    D'une certaine manière, elle a désormais une notoriété assurée ; mineure il y a moins de deux mois, elle risque très peu (sa famille beaucoup plus, en revanche) et pourrait tirer un profit maximal de ses révélations en entrant de plein pied dans le star-system si elle sait négocier le virage de manière habile.

    Il y a, en tout cas, un autre aspect de l'histoire qui ne me fait pas rire du tout : les joueurs de football qui évoluent dans des clubs français reçoivent des sommes mirifiques quand ils opèrent dans le top des clubs de ligue 1 ; or, les clubs français sont très fortement subventionnés par les municipalités. Que l'argent que nous payons en impôts locaux divers mais toujours en hausse serve entre autres à financer de genre "d'amusements", cela m'énerve pas mal, entre autres pitreries de nos municipalités, surtout quand on peine, parfois, à joindre les deux bouts. Pour le compte, il y a là quelque chose d'indécent à tout point de vue.