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  • preuves d'identité assouplies, quel hasard !...

    Tiens donc : j'apprends le dernier revirement du gouvernement pour l'établissement des pièces d'identité. Désormais, il ne sera plus nécessaire de produire actes de naissance ou certificats de nationalité simplement pour faire refaire un passeport ou une carte d'identité parce qu'un des parents est né à l'étranger. A vrai dire, la loi était si ubuesque et bureaucratique, qu'elle a fini par toucher des gens importants de toutes les sensibilités politiques et médiatiques. Et cela a donc commencé à faire boule de neige. De quoi emm... le gouvernement au mauvais moment. Car s'il n'eût été question que du citoyen lambda, ce dernier pourrait encore se gratter. J'attendais avec effarement la première expulsion d'un Français bien d'chez nous incapable de prouver son identité. Avec Hortefeux et Besson, on allait y arriver. Ce détestable gouvernement conjugue les traits les plus navrants de la bureaucratie soviétique et du fonctionnement administratif vichyste. Mais comme le plaisanterie a assez duré, fini de rire, retour à la case départ. Pas trop tôt...

  • A chaque ville son mini réacteur nucléaire ?

    Tremblez, Verts, écolos, et décroissants de toute sorte : à la suite de mon article sur les centrales solaires, le blogueur le plus écolo-sceptique de la blogosphère a surgi et m'a proposé en lien une information détonnante (j'aime bien cet adjectif...)

    Deux sociétés, l'une américaine (Hypérion), l'autre japonaise (Toshiba) ont mis au point un réacteur nucléaire de la taille d'une grosse cuve à fuel. Hyperion a pris une longueur d'avance puisque son projet est opérationnel : sa mini-centrale, avec une production de 25 mégawatts est capable d'alimenter 20 000 foyers, donc, une bonne petite ville à dimension départementale, autrement dit. Le module, d'une durée de vie de dix années, ne présente que de très faibles risques radio-actifs : en effet, son combustible principal est constitué d'hydrure d'uranium, un minerai bien moins polluant que les doses massives d'uranium 235 qu'emploient habituellement nos centrales. La quantité utilisé est trop peu importante pour atteindre une masse critique, et donc, il n'existe aucun risque de réaction eh chaîne. In fine, le volume des déchets à retraiter au bout de 10 ans n'excède pas la taille d'une noix de coco. EDF a intérêt à bien se tenir : je ne connais aucun projet français de cette sorte.

    Hypérion s'engage au terme des 7 à dix années de fonctionnement de la centrale à l'enlever et à la recharger avec une nouvelle pile. Il y a donc un service après-vente et des pièces de rechange. Très bien. Une grosse batterie, en somme.

    Il y a pas mal d'avantages : l'énergie ainsi produite coûte bien moins cher que celle qu'apportent de grosses unités et ne nécessite pas de vecteurs ni de moyens de transports. Au départ, si j'ai bien compris, il s'agissait de gros générateurs pour l'industrie minière et pétrolière. Pas idiots, avec la crise du pétrole, les dirigeants d'Hyperion ont pensé à d'autres applications.

    La seule chose que je n'arrive pas à trouver, c'est le prix d'un tel module. Cela pourrait être très intéressant pour les collectivités et introduire une vraie concurrence, sans trop de risques, sur l'énergie dans notre pays, si, régions, villes ou départements pouvaient gérer elles-mêmes leur production d'énergie.

    Tiens, Mélenchon, dont je parlais hier, nous (à nous le MoDem, je veux dire) reproche de ne pas annoncer un abandon franc du nucléaire : le MoDem a évolué sur la question par rapport à l'UDF, mais je crois qu'il reste, du côté de Bayrou au moins, l'idée que le nucléaire n'est pas forcément le mal absolu et que les pistes du nucléaire propre ne doivent pas être abandonnées. Nul doute que l'option de centrales privées sans dangers de contamination ni de dissémination (combustible quasiment inutilisable à des fins militaires) relance la réflexion sur le sujet, d'autant que ce genre de modules peut aussi être installé dans des pays aux faibles infra-structures. Très intéressant pour les pays émergents, particulièrement quand ce sont des fédérations.

    Hypérion, divinité solaire, est l'un des rares Titans qui n'a pas eu le temps de se friter avec les dieux Olympiens, dans la mythologie grecque : les autres Titans, jaloux de sa beauté l'ont flingué et failli noyer son fiston, Hélios, le Soleil. Souhaitons plus de chance à Hypérion la société face à la concurrence.

  • Mélenchon attaque le MoDem

    Tiens, le Front de Gauche, et notamment sa composante principale, le Front de Gauche, qui monte en puissance, attaque de front, c'est le cas de le dire, le MoDem. L'un des derniers carnets de campagne de Jean-Luc Mélenchon aborde la question. J'ai du respect pour Mélenchon. C'est un type honnête, et il a eu le courage de ses opinions en quittant le PS au moment du TCE et en poursuivant coûte que coûte la construction d'un parti autonome. Il n'a pas eu peur d'y aller seul. Chapeau. Je m'agace parfois de ses attaques contre l'école privée, mais je ne trouve, en revanche, pas grand chose à redire sur l'idée qu'il se fait de l'école. J'aime bien que le Parti de Gauche nous attaque, nous le MoDem, sur nos idées. Ça, au moins, c'est de la politique au sens noble, c'est du débat, du vrai. Je crois au choc et à la confrontation des idées. Au demeurant, Mélenchon a raison au moins sur un point : oui, le MoDem n'est pas un parti de gauche, et oui encore, forcément, si le PS cherchait à s'allier avec le MoDem, en effet, il glisserait certainement plus vers sa droite que vers sa gauche.

    Je suis donc allé lire avec curiosité la brochure que Mélenchon réserve à Bayrou. Par exemple, Jean-Luc Mélenchon nous reproche de vouloir interdire constitutionnellement tout déficit budgétaire, sauf investissements exceptionnels. J'en déduis donc qu'il est partisan de le laisser filer. Mélenchon a-t-il bien considéré ce qui arrive aux pays qui font preuve d'un laxisme effréné dans ce domaine ? L'exemple de la Grèce n'est-il pas édifiant ? Nous filons à grand train vers les 100% du PIB de déficit, et nous risquons à tout moment de payer encore plus cher l'argent que nous empruntons quotidiennement. Comment le Parti de Gauche trouvera-t-il de l'argent, si nous ne trouvons plus de prêteurs ? En taxant les entreprises ? Mais elles produisent une bonne part de nos richesses ! Que se passera-t-il le jour où elles ne pourront plus payer ? La Révolution, alors, le Grand Soir ? L'Étatisation complète de l'économie ? Même en admettant que notre pays demeure une démocratie avec un tel système, l'exemple de l'Inde a montré à quel point l'omniprésence de l'État peut gangrener et paralyser complètement une économie. Il n'y a pas d'espoir ni de progrès sans liberté d'entreprendre, sans libération de la créativité.

    Il faudra tôt ou tard rembourser nos dettes. Tout le monde devra payer. Non seulement il faudra en finir avec la plupart des niches fiscales, sauf celles qui profitent clairement et directement aux finances publiques, mais en plus, chaque citoyen devra payer, parce que cela ne sera toujours pas suffisant pour rembourser notre monstrueuse dette. On peut toujours faire miroiter au bon peuple une juteuse et inespérée chasse aux koulaks, il faut bien comprendre que cela ne marchera pas, que c'est un miroir aux alouettes, et que tous les pays qui s'y sont risqués en sont revenus.

    Deux emplois sans charge, coûteux pour les finances publiques ? Toujours moins que les indemnités de chômage ! Que l'on fasse le calcul, et les 8 milliards de dépense calculés par Mélenchon sont absorbés par l'argent économisé en assurance-chômage.

    Mélenchon nous accuse également de vouloir rétablir l'équilibre de la Sécurité Sociale : ben oui. Soit nous payons, soit elle implose, ce n'est pas plus compliqué que cela. Donc, en effet, on n'échappera pas à la question de savoir ce qui est dévolu à la complémentaire, et ce qui revient à la Sécu. Et moi, je préfère qu'on le dise ouvertement, plutôt qu'un jour, je me retrouve lourdement endetté pour des frais médicaux parce que le système public a volé en éclats sous le poids de ses déséquilibres. Que propose le Parti de Gauche, au fait, sur ce sujet ?

    En ce qui concerne les retraites, le MoDem n'est pas favorable à une inscription dans le marbre d'un recul du droit à la retraite à 60 ans. Mais il ne voit pas pourquoi il interdirait à ceux qui veulent travailler plus, avec des aménagements ou non, de le faire. Sauver les retraites est une mission sacrée pour le MoDem. La question ne souffre pas la moindre démagogie : l'argent n'apparaît pas par l'opération du Saint-Esprit. La France vieillit, l'espérance de vie s'allonge...Nous avons le mérite d'appeler un chat un chat, et de dire que la retraite ne peut être que fonction du temps de cotisation.

    Sur l'Éducation, je dois dire que je partage une partie des critiques de Mélenchon, et que je serais tenté d'en ajouter d'autres...Cela dit, à propos de la souplesse que le MoDem veut introduire, que Mélenchon comprenne bien que dans toute institution, entreprise ou administration, chaque espace de rigidité voit se produire  un espace de flexibilité accru en regard. Ce n'est pas l'autonomie des établissements qui est le coeur de la politique actuelle, mais bien le souci de réduire les dépenses d'éducation. Ce n'est pas tout à fait la même chose. Concernant l'allongement du temps de travail des enseignants, c'est un mensonge éhonté de dire que l'idée est partagée par la droite. Non, Jean-Luc Mélenchon, c'est au contraire une idée agitée depuis un bon moment par vos amis socialistes, Peillon, Royal, Strauss-Kahn, Jospin et bien d'autres encore, notamment dans les commissions éducation du PS. Je n'ai jamais rien vu de tel figurer dans le programme de l'UDF en 2007, bien au contraire, et pas davantage dans celui de l'UMP...

    Il faudra un second billet pour aborder la seconde partie du document de Jean-Luc Mélenchon. A très bientôt, donc.