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  • Non Bayrou ne jette pas le trouble !

    Je commence à en avoir plein le dos des déclarations à l'emporte-pièce contre Bayrou de la part de militants (ou non) déçus de ne pas avoir vu leur point de vue l'emporter.

    Sur la constitution des listes en île de France, je crois avoir entendu à peu près toutes les conneries possibles et imaginables de la part de ceux qui se réclament de l'esprit de la démocratie : on a dit que nous allions nous allier avec Huchon au premier tour, puis que Marielle de Sarnez allait se présenter, puis ensuite Bernard Lehideux (démenti à chaque fois des intéressés) ; certains se sont même imaginés que ce pouvait être le Sénateur Nicolas About qui soit la tête de liste (il a au demeurant parfaitement le droit de faire acte de candidature, je rappelle qu'il est adhérent du MoDem et s'en réclame officiellement). On hurle, çà et là au déni de démocratie, tout en accusant régulièrement la vieille UDF d'être sur le pont, et puis surtout, quand des résultats de votes internes ne cadrent pas avec les espoirs et les projections de toutes sortes, on invente les prétextes les plus farfelus pour expliquer les déroutes.

    Au passage, Corinne Lepage a le droit de créer son cercle de réflexion, mais je juge minable, et je pèse mes mots, d'avoir expliqué à la presse que les rencontres de Dijon, c'était de l'esbrouffe. Tout ça, sans doute, parce qu'elles coïncidaient, au niveau de la date, avec le lancement de son club. L'Éducation est un sujet sérieux, et franchement, il me branche autrement plus que les bla-bla délirants et/ou extravagants sur la démocratie interne et tutti quanti. Corinne Lepage dit des choses très intéressantes quand elle parle d'écologie et d'industrie, mais elle a un sérieux problème avec la solidarité politique. Et ce n'est pas la première fois depuis la création du MoDem...

    Antoine Dupin a parfois de bonnes idées (la preuve ici), mais il aurait mieux fait de s'abstenir avec sa lettre ouverte. Au lieu de déclarer que Bayrou fait l'impasse sur le travail des commissions, il ferait bien de le lire, de lire le document de synthèse que nous avons tous reçu pour le Congrès d'Arras et de le répéter une deuxième fois, histoire de voir s'il maintient ses déclarations.

    Je ne crois pas que le Président du MoDem méprise ses commissions, sinon, il faudra m'expliquer ce que le coordinateur de la commission Éducation, Sylvain Canet, faisait à Dijon avec Marielle de Sarnez, et pourquoi on retrouve dans la déclaration finale de Marielle, une large part des thèmes brassés par la dite commission.

    Ensuite, concernant Christophe Grébert, Bayrou a dit qu'il appréciait ses initiatives .C'est tout. Jamais il n'a dit que ce serait le candidat du MoDem en île de France. Les adhérents trancheront entre les différentes candidatures. Christophe Grébert a d'ailleurs apporté un sérieux démenti sur le sujet chez le blogueur Vogue Haleine.

    Ça, évidemment, nos thuriféraires de la démocratie se sont bien gardés de le dire et de le relayer. C'est tellement plus facile d'entendre ce que l'on veut entendre...

     

  • Je vais me faire vacciner contre la grippe A

    Les théories complotistes de tout ordre trouvent souvent, hélas, en France, un terreau propice pour proliférer. On entend, désormais, tout et n'importe quoi à propos des laboratoires et du vaccin contre la Grippe A. Moi, je vais me faire vacciner, et toute ma famille va faire de même. Et pour les adeptes des calculs probabilistes, j'invite à consulter le billet de Unhuman, qui a établi "scientifiquement" les prises de risque encourues selon que l'on se vaccine ou non.

    C'est assez rare que je donne quitus à l'actuel gouvernement de la France, mais, sur la grippe A, jamais je ne lui reprocherai d'avoir appliqué le principe de précaution. Je préfère qu'il y ait un fort reliquat de nos 94 millions de doses contre le virus H1N1 que d'avoir pris le risque d'une mutation du virus avec plusieurs dizaines de milliers de morts à la clef.

    Des grippes A fulminantes demeurent rares, mais elles se produisent, particulièrement sur des individus sans problèmes de santé apparents. En 48 heures, le virus peut avoir infesté complètement les poumons et provoquer le décès de n'importe quel individu. Roselyne Bachelot a bien agi en donnant l'exemple.

    Le virus se propage désormais à grande vitesse dans les écoles. Le Ministère de l'Éducation Nationale a mis a disposition du public une carte régulièrement mise à jour pour faire le point sur la situation.

    Un vaccin n'est évidemment jamais neutre, et une réaction imprévue n'est jamais à exclure. Mais sa probabilité demeure toujours moindre que celle de périr de la maladie...

    Je m'en voudrais jusqu'à ma mort d'avoir laissé mourir un de mes enfants pour avoir adhéré à une thèse complotiste (à la c...). La vaccination des femmes enceintes et des nourrissons débute vendredi. Sanofi-Aventis a mis au point un vaccin sans adjuvant, limitant ainsi singulièrement le risque de réactions au vaccin. Il s'agit du vaccin Panenza. Il se comporte, apparemment, comme le vaccin contre la grippe saisonnière. Pour les aspects complotistes, je suggère de se reporter à un billet de Démocratix, fort efficace pour démonter les accusations de Rue89.

    S'il n'est pas possible de se faire vacciner chez un généraliste, c'est que la conservation des doses est problématique passé 24 heures, et qu'il faut donc pratiquer plusieurs injections par jour pour ne pas risquer un gaspillage généralisé, ce qui n'a rien de garanti chez un généraliste.

     

  • Paradis fiscaux, le bouc-émissaire pratique

    Je vais encore pousser un coup de gueule à rebours de la doxa ambiante, mais il y a des facilités qui m'exaspèrent vraiment trop ; la classe politique mondiale a trouvé le moyen idéal de détourner des regards les véritables causes de la crise financière : les paradis fiscaux sont des bouc-émissaires idéaux. On les accuse de tous les maux. Dans le même temps, on se préoccupe des bonus des uns et des autres, alors que les véritables questions de fond, ce sont les normes comptables et la régulation des fonds propres des banques. Mais évidemment, comme c'est abscons et que cela ne parle pas à l'électeur, nul n'en dit mot à part quelques esprits lucides.

    Or, dans ce domaine, le G20 n'a strictement rien apporté : aucune avancée, et d'ailleurs, les USA n'en veulent pas. Pointer les petits pays que sont le Luxembourg ou les îles Caymans, c'est très pratique ; cela évite d'avoir à faire le ménage chez soi.

    La volonté de faire payer une taxe aux banques est idiote et montre bien l'inanité et la bêtise (l'ignorance ?) crasse de la classe politique. Le terme même de "taxe" est démagogique et renvoie à la vulgate socialiste. Il eût été bien plus censé de réclamer aux banques françaises de payer des assurances en fonction du niveau de risque pris : la prime de l'assurance augmenterait alors selon le niveau du risque. Évidemment, cela suppose un organisme de contrôle indépendant (pourquoi pas la Banque Centrale Européenne ?) et que les États acceptent de lui déléguer certaines prérogatives (ça, c'est pas demain la veille).

    A vrai dire, pendant qu'on jase sur les vilains banquiers, on en oublie les effets kisscool du Grand Emprunt, en France. Mais il se trouve (attention, je vais prononcer un très très gros mot) que quelques libéraux veillent au grain, et au bon : il n'a pas échappé à l'ami hashtable ce qui pend au nez de nos finances. On le sait, Sarkozy a voulu donner un caractère "populaire" à son grand emprunt : ce caractère à un coût, les taux d'intérêt vont en être nettement plus élevés, contribuant à dégrader significativement notre endettement et notre capacité à faire face à la charge de la dette. Or, cela commence à inquiéter sérieusement les agences qui nous attribuent notre note de confiance. Jusqu'ici, la France était l'un des quatre seuls pays à disposer d'une note AAA, assurant ainsi de bénéficier de liquidités sur les marchés aux taux les plus intéressants. Or, compte-tenu de la dérive vertigineuse de nos finances publiques, il est fortement question, chez quelques unes des agences de notation, de dégrader notre note de solvabilité. Dans un tel cas de figure, nos emprunts deviendraient bien plus coûteux, car les taux demandés seraient bien plus élevés. Pour emprunter la même somme, il faudrait alors payer plus sur le budget de l'État, donc, par suite, réduire les autres postes budgétaires.

    Voilà où nous en sommes, et c'est très grave. En fait, on n'aborde aucune question de fond, préférant l'écume de l'actualité nous bercer de rêves rédempteurs.

    Je me serais attendu à ce que le MoDem, François Bayrou, habitués pourtant à dévoiler la vérité derrière les apparences, tirent la sonette d'alarme. Au lieu de cela, je n'ai entendu que les platitudes et les billevisées qui sont le plat de résistance de toute la classe politique. J'avoue que cela m'agace assez fortement, parce que j'attends le courage de dire la vérité aux Français de la part du MoDem et de ses responsables politiques. Sur la dette, je leur donne quitus, mais sur les banques, ils ne gagnent à mon avis strictement rien à vouloir glapir et bêler plus fort que la gauche.