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  • Droite, centre et gauche

    Pas d'efforts d'écriture, aujourd'hui, mais un simple renvoi à une note du blog de Laurent de Boissieu, probablement le meilleur spécialiste de la politique sur la Toile avec Quindi et Quatremer (quelques réserves pour Quatremer dont les billets laissent transparaître nettement les marqueurs idéologiques).

    En la circonstance, il s'agit d'un billet qui traite de la droite, du centre et de la gauche, et qui précise pourquoi toute la presse a titré que Bayrou glissait à gauche. En réalité, droite gauche et centre, aujourd'hui, sont avant tout des marqueurs tactiques pour se positionner sur l'échiquier politique. Ils ne recouvrent pas directement un héritage idéologique, ou, du moins faiblement.

    Ce qu'observe Laurent de Boissieu, c'est que contrairement à ce qu'on entend à droite, Bayrou n'a pas changé. C'est la gauche qui a changé et à laquelle Bayrou et son MoDem servent de révélateurs : Il existe une aile sociale-libérale qui ne demande qu'à s'exprimer si ce n'est s'émanciper, au PS et chez les Verts. Jusque là, comme l'observe finement Laurent de Boissieur dans un commentaire de sa note, elle était complexée par la gauche de la gauche qui la maintenait sous pression en la menaçant de tous les anathèmes à la première revendication un tant soit peu libérale.

    Mais si le jeu d'alliances ancien se décale d'un cran sur l'échiquier politique, cette gauche-là va pouvoir enfin respirer, car dans la recomposition de l'opposition, c'est le MoDem, qui va devenir le Diable pour la gauche de la gauche.

    De fait, cette probable recomposition va entraîner de nouvelles formules et la gauche de la gauche pourrait lâcher les socialistes. Mais, ce que je constate aussi, c'est que la gauche de la gauche, en dépit de sondages flatteurs, n'est jamais parvenue à dépasser 10-11% dans des élections quelles qu'elles soient. En revanche, le MoDem, avec François Bayrou, est monté jusqu'à 18%, et, le courant électoral qu'il représente s'est à nouveau manifesté lors des Européennes en votant, cette fois, en grande partie pour Europe-écologie. Une Europe-écologie entraînée, cette fois, par le social-libéral-écolo Daniel Cohn-Bendit (mais quelle bêtise il a fait, Bayrou, de se friter avec lui, alors que c'était un bon copain, en plus, jusqu'à cette altercation !).

    Ségolène Royal qui avait rassemblé tout de même 25% des suffrages, aux présidentielles, ne l'oublions pas, le meilleur score socialiste depuis Miterrand, avait capté certainement une part de cet électorat, car il faut se rappeler que sa ligne initiale était réformiste.

    En somme, il y a, si on fait les comptes, un bon gros potentiel électoral hors PS, qui représente ce courant-là, de 15 à 25 % des voix. Le PS a fait ses comptes de longue date, et il n'y a pas photo : cela représente beaucoup plus que les 10-11% de la gauche de la gauche. Le tout, désormais, c'est de parvenir à associer tout cela.

    Moi, je ferais une suggestion à François Bayrou, et il serait très inspiré de bien m'écouter : il devrait très vite se réconcilier avec Cohn-Bendit qui a longtemps été fort bienveillant devant ses projets et son évolution, et continue à penser en privé qu'il est le seul à pouvoir battre Sarkozy.

    Mais ce n'est pas suffisant : lors de l'élection présidentielle, s'il pouvait annoncer un ticket Bayrou/Cohn-Bendit, cela ferait l'effet d'une bombe. Comme DCB est une sacrée personnalité, nul doute qu'il aura largement pondéré les travers de Bayrou s'il a accepté. L'homme est droit et honnête et se contrefiche des honneurs et du pouvoir. S'il appuie Bayrou, c'est qu'il aura eu alors de bonnes raisons de le faire.

    Il existe une écologie social-libérale, certes minoritaire dans l'appareil politique vert, mais, qui a le mérite d'être là. Hâtons-nous, au MoDem, de rétablir les liens avec elle. Continuons avec ces Socialistes ouverts qui veulent bien discuter avec nous, et tentons de fabriquer, ensemble, la majorité de demain.

  • Mandat unique et pouvoir consulaire

    La question du mandat unique de nos élus a souvent agité la sphère politique, particulièrement sur la Toile. En effet, le mandat unique, c'est l'assurance de ne pas verser dans une professionnalisation de la vie politique ni dans la baronnie locale. En même temps, c'est aussi l'inconvénient de ne pas pouvoir reconduire un élu que l'on juge compétent.

    Les adeptes du mandat unique font cherchent à l'imposer par la loi, au risque de friser le déni de démocratie. J'entends souvent qu'une nouvelle génération ne peut ainsi émerger. Mais qui empêche la nouvelle génération en question de se présenter aux élections ? Ce que je constate, bien souvent, c'est que la nouvelle génération en question obtient de bien moins bons scores que l'ancienne, parce qu'elle n'a souvent pas su se rendre populaire et agite davantage de grandes idées que de faits avérés. Et puis les électeurs votent en conscience. C'est les prendre pour des imbéciles que d'imaginer qu'ils ne savent pas ce qu'ils font.

    Néanmoins, quand on constitue des listes ou promeut un candidat, c'est agaçant de devoir le reconduire sous prétexte qu'il était déjà là, surtout s'il en est à son troisième mandat consécutif.

    Les Romains avaient mis au point un bon système avec leurs magistratures : pour pouvoir y prétendre, il fallait être redevenu simple citoyen. Comme les magistratures étaient annuelles, on ne pouvait à Rome être magistrat qu'une année. Pour pouvoir se présenter à nouveau, il fallait attendre l'année suivante. C'est le système qui prévalut jusqu'à Sylla : ce dernier poussa un peu le bouchon, puisque pour la fonction consulaire, la plus puissante, il instaura un intervalle de 10 années !!!

    On pourrait en France envisager quelque chose de ce genre pour les élus. Pas deux élections de suite, ou à la rigueur, pas plus de deux élections d'affilée. On aurait ainsi l'assurance de voir émerger de nouvelles têtes, et surtout, de ne pas avoir à reconduire un élu sous le seul motif qu'il serait sortant.

    Et puis entre nous, cela simplifierait les choses pour les modes de désignation dans les partis. La seule question qui resterait en suspens est de savoir si la règle serait indistincte, touchant toutes les formes de représentation politique en même temps, ou ne serait valable que pour chacune considérée isolément (ce qui permettrait à un homme ou une femme politique de passer d'une mandature à une autre...).