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  • Ne chantons pas victoire, au MoDem

    Tiens, Nicolas fait retentir un appeau à troll, avec une certaine réussite, au demeurant. Cela dit, son questionnement est intéressant : il est récurrent de constater les divergences qui opposent les blogueurs, mais sans doute aussi des militants, de gauche à propos de Bayrou. A droite ? pas à droite ? à gauche ? En réalité, je pense que c'est le caractère multiple et profondément inclassable de Bayrou qui attire des individus de divers horizons. On ne peut pas dire qu'il soit de gauche, en effet. Mais on ne peut plus dire non plus qu'il est de droite. Son positionnement politique est en fait très atypique. A certains égards, occuper le centre et se révéler un opposant très rigoureux, c'est très inhabituel quelque soit le pays choisi dans le monde.

    Cela dit, j'ai déjà eu l'occasion de le dire, le PS est très loin d'être mort. Le PS a deux problèmes : l'absence de chef charismatique unificateur (c'eût pu être Ségolène Royal, mais elle a eu trop de bâtons dans les roues) et de véritables dichotomies programmatiques. L'existence de ces deux problèmes n'empêche pas que le PS demeure une force électorale très puissante. La deuxième de France nationalement, et la première localement. Et les électeurs de gauche ne vont pas se mettre à changer du jour au lendemain.

    Ensuite, concernant les sondages pour le MoDem : prudence ! Prudence. Nous avons presque toujours été surévalués dans les sondages. On nous prédisait entre 10 et 15% aux législatives, nous avons fait 7.5 ! Aux municipales, dans beaucoup de villes, nous nous sommes retrouvés à quelque 5 à 8% quand on nous voyait à 10. J'observe, pour ma part, que le seul sondeur qui ne s'est jamais trompé, sur nous, c'est IPSOS. Quand Ipsos commencera à nous placer à plus de 12%, je commencerai à y croire un peu, pas avant. Au 02 mai nous étions d'ailleurs à 11%, l'UMP à 27% et le PS à 23%. Pour moi, c'est là le rapport de force que je retiens jusqu'à nouvel ordre. Pour ma part, j'estime qu'entre 10 et 12% notre score est correct (surtout s'il est à 12, à vrai dire). Mais si nous dépassons 12, nous aurons bien fait valoir nos propositions et bien réussi notre campagne.

  • Scrutin à un tour, Bayrou dénonce l'arnaque

    La plus belle arnaque politique de la décennie, c'est la proposition de Raffarin qui cherche à priver les électeurs futurs de leur choix.

    Lors d’un déplacement à Belfort, François Bayrou s’est indigné des derniers propos tenus par Jean Pierre Raffarin. L’ex premier Ministre a évoqué l’intention de l’UMP de changer tous les modes de scrutin, y compris présidentiel. Raffarin aurait évoqué la possibilité d’un scrutin à un tour. « Un scrutin à un tour pour la présidentielle serait une atteinte sans précédent pour les institutions » a déclaré Mr Bayrou. "D'habitude, on prend au moins la peine d'expliquer qu'il y a des raisons d'intérêt général. Là, la seule et unique raison avancée est l'intérêt de l'UMP". "Ils disent nous serons coincés au second tour car nous n'avons pas de réserves de voix, supprimons donc le second tour. On voit jusqu'où on tombe dans l'abus du pouvoir", a protesté le député des Pyrénées-Atlantiques.

    Tu m'étonnes, François : là, ce n'est même plus de l'abus de pouvoir, c'est du déni de démocratie. Si l'UMP tente cela, j'estimerai que la ligne rouge a été franchie. J'espère qu'on n'en arrivera pas là, mais ça en dit long sur les convictions démocratiques du baudet du Poitou...