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  • Halte à la discrimination positive à l'école !

    S'il y a bien une chose contre laquelle je m'élève, dans nos sociétés, c'est bien la discrimination positive. Voilà une forme de sélection encore plus pernicieuse et idéologique que les autres. Le critère social ne doit pas devenir prédominant quand on est à la recherche d'excellence. Or, les grandes écoles vont devoir accepter Pierre, Paul ou Jacques non parce que Pierre, Paul ou Jacques a montré son mérite mais parce qu'ils viennent d'un "quartier" ou d'un "milieu social". Cela m'insupporte particulièrement. Bien sûr, le Français moyen qui n'est ni une élite ni originaire d'un "quartier" ou d'un pays étranger va lui rester sur le carreau.

    Mais peu importe : in fine, si on veut augmenter les chances des étudiants issus des quartiers défavorisés, eh bien on peut par exemple augmenter le nombre ou le montant des bourses pour les étudiants méritants. On nous ressert la vieille bouillie bourdieusiste à la sauce communautariste.

    J'ajoute une chose, et on devrait sa la carrer dans la tête une bonne fois pour toutes : ce n'est pas le rôle de l'école de promouvoir l'égalité. Je n'en veux d'ailleurs pas de cette égalité-là. L'école offre à tous les milieux la possibilité de s'élever socialement. Qu'on lui donne les moyens de fonctionner normalement, mais que l'on ne triche pas avec, notamment quand elle essaie de sélectionner encore un peu.

    Les Grandes écoles, c'est ce qui marche encore dans ce pays : il faudrait les amoindrir en faisant entrer dedans des individus qui ne se sont pas confrontés à la dure mais nécessaire réalité d'un concours pour y entrer ?

    La possibilité de se cultiver d'acquérir des connaissances étendues à peu près gratuitement existe dans nos sociétés : la vraie question, ce serait de se demander pourquoi toute une classe de la population ne met pas à profit cette possibilité. On sait, y compris dans les classes populaires les plus modestes, que les familles dépensent des centaines, voire des milliers d'euros par an en jeux vidéos, play station, x-box, dvds faisandés, sortie à Disneyland et compagnie. La vraie question, c'est de comprendre pourquoi elles jugent ces dépenses prioritaires sur les dépenses de culture. Le jour où l'on pourra y répondre, et commencer à chercher des solutions, peut-être pourra-t-on enfin jeter à la poubelle le concept fumeux de discrimination positive.

    Moi je crois en l'individu, et j'estime que seul le mérite devrait permettre de s'élever. Et ce que j'aimerais appliquer à l'ascension sociale, c'est un concept économique qui m'est cher : la concurrence libre et non faussée. Voilà ce que j'aimerais substituer à la discrimination positive. Et cela me semble plus juste, plus sain et plus honnête.

  • Il ne fait pas bon philosopher dans la France de Sarkozy !

    Il y a des choses qui m'énervent de plus en plus dans la France de Nicolas Sarkozy : il y a une semaine, trois philosophes se rendaient à un colloque organisé à Kinshasha au Congo. Les thèmes en étaient la culture du dialogue, les frontières et l'accueil des étrangers. Or, dans l'avion, ils constatent la présence d'un homme menotté, encadré par cinq policiers. Pierre Lauret, l'un des trois philosophes s'enquiert des causes de la présence de cet homme parmi les cinq policiers. N'obtenant pas de réponse, il insiste. D'autres passagers s'en mêlent et finalement, Pierre Lauret qui n'a aucunement appelé à une quelconque forme de protestation se trouve jeté à terre, menotté puis débarqué de l'avion. On l'accusera par la suite de s'être opposé à une reconduite à la frontière.

    Pauvre philosophe...Pour autant que j'aie pu en apprendre, il dirige au Collège International de Philosophie un programme d'études sur l'oeuvre de Kant. Il s'est notamment intéressé chez Kant aux conditions de l'émancipation, après avoir constaté le déclin du marxisme sur cette idée. Sur le sujet de l'émancipation, Kant l'intéresse parce qu'il a ouvert la voie au cosmopolitisme comme d'idée de la politique affranchie de sa détermination nationale...

    Cela dit, ce n'était pas très malin de sa part de refuser de regagner sa place, car c'était une provocation aussi vaine qu'inutile. Mais bon, en tant que philosophe, et vu l'objet de son colloque, on peut comprendre qu'il se soit interrogé et qu'il soit venu poser des questions.

    Mon intention n'est pas de légitimer les oppositions aux reconduites à la frontière : il y a là une démagogie dans laquelle je ne rentrerai certainement pas sur ce blog. Mais de là à convoquer par la suite un philosophe, ainsi que ses deux accompagnateurs, Sophie Foch-Rémusat et Yves Cusset , philosophes eux, au tribunal à leur retour...

    Je ne crois pas partager les convictions de Pierre Lauret, tout du moins dans le domaine politique, (il est membre de l'UCIJ) mais en revanche, c'est lui qui a dit un jour : «Sarkozy à l'Elysée, ce n'est pas l'apocalypse [...] C'est un homme qui sait la nécessité de négocier. Or, je pense que nous pouvons gagner sur le terrain de l'opinion.»... Eh bien il a pu tester la négociation en version Sarkozy...Je crains hélas que Sarkozy ne comprenne surtout que le rapport de force et non la négociation (et pourtant, cele me fait mal au coeur d'écrire cela tant cette vision des choses, toute marxiste, est étrangère à ma pensée).Ce qu'il se passe aujoud'hui n'est pas le fruit du hasard mais bien de directives précises. Je crois que Pierre Lauret a participé à un colloque sur le hasard le 12 avril dernier, à la Cité des Sciences et de l'Industrie, justement...Il devrait pouvoir parler d'or sur ce sujet...

  • La doctrine de l'intérêt bien entendu

    Récemment, il y a eu quelques commentaires à la suite d'un billet que je venais d'écrire : j'essayais de pointer du doigt l'essence du libéralisme et ses clivages actuels. Dans cet article, je faisais une distinction entre libéraux de droite et de gauche, et observais qu'on pouvait positionner le MoDem sur l'aile gauche du libéralisme. Or, j'ai eu une réaction quasi-courroucée de LOmiG, me tançant vertement de ce qu'en réalité, les démocrates étaient des libéraux par utilitarisme et non des libéraux de conviction.

    Or, il se trouve que je poursuis ma lecture de De la démocratie en Amérique de Tocqueville (elle touche désormais à sa fin) et que je viens de passer dans la deuxième partie du Tome II plusieurs chapitres sur l'individualisme (chapitre II,III,IV et VIII). Or, ce que dit Tocqueville, c'est que les régimes démocratiques combattent les excès de l'individualisme par d'une part des institutions libres (plutôt confier de petites affaires à chacun que de grandes affaires à tous) mais également par l'idée de l'intérêt bien entendu.

    Lorsque le monde était conduit par un petit nombre d'individus puissants et riches, ceux-ci aimaient à se former une idée sublime des devoirs de l'homme; ils se plai­saient à professer qu'il est glorieux de s'oublier soi-même et qu'il convient de faire le bien sans intérêt comme Dieu même. C'était la doctrine officielle de ce temps en matière de morale.

    Je doute que les hommes fussent plus vertueux dans les siècles aristocratiques que dans les autres, mais il est certain qu'on y parlait sans cesse des beautés de la vertu; ils n'étudiaient qu'en secret par quel côté elle est utile. Mais, à mesure que l'imagination prend un vol moins haut et que chacun se concentre en soi-même, les moralistes s'effrayent à cette idée de sacrifice et ils n'osent plus l'offrir à l'esprit humain; ils se réduisent donc à rechercher si l'avantage individuel des citoyens ne serait pas de travailler au bonheur de tous, et, lorsqu'ils ont découvert un de ces points où l'intérêt particulier vient à se rencontrer avec l'intérêt général, et à s'y confondre, ils se hâtent de le mettre en lumière; peu à peu les observations semblables se multiplient. Ce qui n'était qu'une remarque isolée devient une doctrine générale, et l'on croit enfin aperce­voir que l'homme en servant ses semblables se sert lui-même, et que son intérêt particulier est de bien faire
    .
    [...]
    Il y a longtemps que Montaigne a dit: « Quand, pour sa droicture, je ne suyvray pas le droict chemin, je le suyvray pour avoir trouve, par expérience, qu'au bout du compte c'est communément le plus heureux et le plus utile. »
    [...]
    L'intérêt bien entendu est une doctrine peu haute, mais claire et sûre. Elle ne cherche pas à atteindre de grands objets; mais elle atteint sans trop d'efforts tous ceux auxquels elle vise. Comme elle est à la portée de toutes les intelligences, chacun la saisit aisément et la retient sans peine. S'accommodant merveilleusement aux faibles­ses des hommes, elle obtient facilement un grand empire, et il ne lui est point difficile de le conserver, parce qu'elle retourne l'intérêt personnel contre lui-même et se sert, pour diriger les passions, de l'aiguillon qui les excite.

    Moi, j'aime bien la doctrine de l'intérêt bien entendu, et je ne m'étonne pas de retrouver Montaigne en même temps que Tocqueville parmi les utilitaristes. In fine, c'est un peu ma propre doctrine politique, que je trouve résumée là : dès lors que l'intérêt collectif converge avec l'intérêt individuel, l'action politique devient possible. A cet égard, au MoDem, Marielle de Sarnez me semble particulièrement bien incarner cette doctrine.

  • Des insectes contre la faim ?

    Une idée qui m'est venue, mais je ne suis sans doute pas le seul à y avoir pensé : n'ya-t-il pas un moyen de capturer les nuées de criquets qui s'abattent sur les champs en Afrique et saccagent les récoltes ? J'ai entendu dire par des nutritionnistes que c'est bourré de protéines ces trucs-là. D'ailleurs, il existe des recettes avec. Bon, évidemment, je me vois mal faire de l'élevage de cloportes dans un avenir proche, mais, certains disent que les insectes sont l'avenir de la lutte contre la faim. Notez, no future for the insects si une grosse centrale agro-alimentaire s'empare de l'idée. Quand je vois ce que nous avons fait avec les mammifères sur notre planète, même pour les cafards j'ai peur...

    Comme je suis sympa, j'ai trouvé un amusant site de recettes à base d'insectes : ça vous dit des scorpions au chocolat ? D'ailleurs, le scorpion n'est pas un insecte, au fait...

    tenebrio.jpgmiam miam les bons vers que voilà : vous imaginez tout cela qui se tortille dans votre assiette ? Près à en avaler une bâffrée ? mmmhhh, délicieux !

    Au fait, ce que vous voyez là sont en fait des larves de coléoptères : il s'agit du ténébrion meunier (tenebrio molitor). Molitor ? On pourrait commencer un élevage dans le 16ème rue Molitor ? Ah, ça vient de là le nom, en fait. Je ne savais pas que molitor signifiait meunier.

    et ça, mmmmiaaaaaammmm  :

  • Assises du journalisme

    La liberté de la presse et la qualité de l'information ont été deux de mes principales motivations pour ouvrir un blog. Comme blogueur, je me sens aussi journaliste, bien qu'il s'agisse de ma part d'un journalisme citoyen et non-professionnel. Je ne pouvais donc pas passer sous silence l'information reçue récemment sur mon blog à l'instigation de Martine. Des États généraux de la presse se tiendront le 20 janvier 2009 à Paris. Je relaie ici leur appel.

    Au terme des Etats généraux de la presse écrite initiés par Nicolas Sarkozy, et avant que le Président de la République fasse connaître les conclusions qu’il en tirera, les organisations, associations et écoles qui soutiennent les Assises Internationales du Journalisme appellent journalistes, éditeurs et public à participer à l’édition spéciale des Assises qu’elles organisent à Paris le 20 janvier 2009.

    Indépendance. Qualité de l’information. Responsabilité. Relation avec les publics. Conditions de travail. Statut du journaliste. Nous invitons tous les journalistes, éditeurs, citoyens,  tous ceux qui ont été conviés aux Etats généraux de la presse écrite comme ceux qui ont été tenus à l'écart, à se mobiliser pour dire ce qu’ils veulent.

    Avec quelles préconisations sommes-nous d’accord ? Quelles sont celles qui ont été "oubliées" ? Avec lesquelles sommes-nous en désaccord ?  A quoi sommes-nous opposés ?

    Quel avenir pour le journalisme et l’information de qualité ?

    Venez le dire haut et fort, avant qu’il ne soit trop tard !

    De 9h à 21h à la Maison des Métallos, 94 rue Jean-Pierre Timbaud - 75011 Paris. Entrée libre.
    Renseignements et réservations : 01 57 19 54 53.
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    Les Assises Internationales du Journalisme ont été créées pour tenter de définir les conditions de production d’une information de qualité dans la France du XXIe siècle.
    Soutenue par l’ensemble des acteurs de la profession, respectueuse de la liberté de chacun, la manifestation se veut avant tout un lieu d’échange et de confrontations sur le journalisme et sa pratique.
    Lieu ouvert aux journalistes et éditeurs, aux étudiants et aux chercheurs, aux citoyens, les Assises  rassemblent chaque année  plus de 800 participants indépendamment  de toute tutelle.
    La dernière édition  des Assises s’est tenue à Lille les 21, 22 et 23 mai 2008. On retrouve le détail de son programme et de ses  propositions sur  le site www.journalisme.com .
    Les Assises Internationales du Journalisme ont été créées par l’association "Journalisme et Citoyenneté" présidée par Jérôme Bouvier.