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mardi, 23 décembre 2008

Il ne fait pas bon philosopher dans la France de Sarkozy !

Il y a des choses qui m'énervent de plus en plus dans la France de Nicolas Sarkozy : il y a une semaine, trois philosophes se rendaient à un colloque organisé à Kinshasha au Congo. Les thèmes en étaient la culture du dialogue, les frontières et l'accueil des étrangers. Or, dans l'avion, ils constatent la présence d'un homme menotté, encadré par cinq policiers. Pierre Lauret, l'un des trois philosophes s'enquiert des causes de la présence de cet homme parmi les cinq policiers. N'obtenant pas de réponse, il insiste. D'autres passagers s'en mêlent et finalement, Pierre Lauret qui n'a aucunement appelé à une quelconque forme de protestation se trouve jeté à terre, menotté puis débarqué de l'avion. On l'accusera par la suite de s'être opposé à une reconduite à la frontière.

Pauvre philosophe...Pour autant que j'aie pu en apprendre, il dirige au Collège International de Philosophie un programme d'études sur l'oeuvre de Kant. Il s'est notamment intéressé chez Kant aux conditions de l'émancipation, après avoir constaté le déclin du marxisme sur cette idée. Sur le sujet de l'émancipation, Kant l'intéresse parce qu'il a ouvert la voie au cosmopolitisme comme d'idée de la politique affranchie de sa détermination nationale...

Cela dit, ce n'était pas très malin de sa part de refuser de regagner sa place, car c'était une provocation aussi vaine qu'inutile. Mais bon, en tant que philosophe, et vu l'objet de son colloque, on peut comprendre qu'il se soit interrogé et qu'il soit venu poser des questions.

Mon intention n'est pas de légitimer les oppositions aux reconduites à la frontière : il y a là une démagogie dans laquelle je ne rentrerai certainement pas sur ce blog. Mais de là à convoquer par la suite un philosophe, ainsi que ses deux accompagnateurs, Sophie Foch-Rémusat et Yves Cusset , philosophes eux, au tribunal à leur retour...

Je ne crois pas partager les convictions de Pierre Lauret, tout du moins dans le domaine politique, (il est membre de l'UCIJ) mais en revanche, c'est lui qui a dit un jour : «Sarkozy à l'Elysée, ce n'est pas l'apocalypse [...] C'est un homme qui sait la nécessité de négocier. Or, je pense que nous pouvons gagner sur le terrain de l'opinion.»... Eh bien il a pu tester la négociation en version Sarkozy...Je crains hélas que Sarkozy ne comprenne surtout que le rapport de force et non la négociation (et pourtant, cele me fait mal au coeur d'écrire cela tant cette vision des choses, toute marxiste, est étrangère à ma pensée).Ce qu'il se passe aujoud'hui n'est pas le fruit du hasard mais bien de directives précises. Je crois que Pierre Lauret a participé à un colloque sur le hasard le 12 avril dernier, à la Cité des Sciences et de l'Industrie, justement...Il devrait pouvoir parler d'or sur ce sujet...