Il y avait hier une grève à La Poste.J'ai écouté avec intérêt les réflexions de Jean-Marie Vanlerenberghe, sénateur MoDem, sur ce sujet. Il observe, en effet, que la Poste assure un lien social dans le pays tout entier, par les nombreuses ramifications qui la constituent. S'il existe une directive européenne qui exige l'ouverture à la concurrence des services postaux, cette directive n'en précise pas pour autant les statuts que devrait adopter un service postal public. Il se montre attaché à un service égalitaire pour les Français, et s'il ne se prononce pas sur l'ouverture du capital, il lui paraît très clair que cette dernière ne doit pas être une priorité par rapport à la mission première de la Poste, notamment sa présence sur tout le territoire français.
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Et l'Etat donne 400 millions d'euros comme ça ?
Auditionnée par la commission des Finances, la ministre Christine Lagarde a confirmé qu'elle avait décidé elle-même de recommander la procédure d'arbitrage, sans instructions de l'Elysée. François Bayrou interrogé dans les couloirs de l'Assemblée nationale dans l'après-midi donne son point de vue:
«C'est une décision politique qui a été prise pour éviter que la justice se prononce sur le fond. Si vraiment quand l'enjeu est de 400 millions d'euros, et que tout dépend d'une décision du gouvernement, la ministre des Finances n'en parle pas au président de la République alors je m'inquiète pour l'avenir de la République. Dans une République où on ne peut pas bouger un trombone sans que l'Elysée soit informé, où le président de la République dit tous les jours qu'il faut qu'il s'occupe de tout, quand c'est une décision qui emporte 400 millions d'euros, une somme absolument astronomique, si on n'en parle pas entre le ministre des Finances et le président, c'est que la République est bien mal gérée. Ca ne résiste pas une seconde à l'examen».
C'est marrant, ça : je suis un citoyen lambda, et je me suis fait exactement la même réflexion que François Bayrou. J'ai en tout cas appris avec plaisir que Charles de Courson (Nouveau Centre) avait déposé un recours devant le Conseil d'Etat. Comme il le dit fort justement, c'est une « oeuvre de salubrité pour l'avenir».
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Al Qaeda peut-il prendre le contrôle du Pakistan ?
Les nouvelles ne me paraissent pas rassurantes au Pakistan : ce pays a longtemps joué avec le feu en encourageant en sous-main les Talibans en Afghanistan, persuadé que l'Amérique finirait par lâcher prise un jour là-bas. Seulement voilà, prisonnier de leur double-jeu, dans les zones tribales pachtounes, de nouveaux chefs sont apparus, cette fois liés directement à Al Qaeda et aux Talibans. Ces nouveaux chefs sont à la tête de groupes que l'ISI, les services secrets pakistanais, ne contrôlent plus. Ce sont eux qui ont mandaté l'assassinat de Benazir Bhutto. C'est eux contre lesquels se battent désormais les troupes pakistanaises. Ils ont probablement commandité l'attentat terroriste du Marriott hôtel à Islamabad. Si jamais ils devaient progresser au point de devenir la force majoritaire au Pakistan, l'inéluctable question du contrôle de l'armement nucléaire se poserait. On ne peut laisser à des fous aussi sanguinaires que dangereux le doit sur la détente de l'arme nucléaire. Dans un tel cas de figure, il n'y aurait plus d'autres solutions qu'une intervention militaire massive de la communauté internationale, quel qu'en soit le coût.
Les deux tenants de l'alternative, vis-à-vis des Talibans est claire, et c'est Arnaud Hoyois (Quindi) qui l'a exposé dans une réponse à Edwy Plenel, sur MediaPart :
C'est aussi le cas de votre différenciation des forces à vocation stabilisatrice de celles à vocation offensive (au sein de l'ISAF et non d'"Enduring Freedom"). L'une n'est pas possible sans l'autre, les talibans ne resteront pas cloitrés sur une partie du territoire s'ils ne sont pas contrés militairement (avec les pertes que cela représente). Ou alors, nous parlons d'un règlement institutionnel nouveau, d'un mandat de stabilisation nouveau, intégrant les talibans dans un cadre plus large, il faut le préciser, et pas éviter cette question pourtant essentielle pour l'avenir de l'Afghanistan. Des négociations ont d'ailleurs lieu avec les Talibans (et non Al Qaïda) sur le terrain avec les services de renseignement européens, les responsables de la PESD et l'ONU.
Dans la suite de l'article, il détaille toutes les conséquences très lourdes qu'entraînerait le fait de laisser la main à des éléments incontrôlés et incontrôlables en Afghanistan. Et il y cite notamment la déstabilisation du Pakistan. Cet article a été écrit le 09 septembre 2008, et les faits semblent bien lui avoir donné raison...