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mardi, 23 février 2016

Le pire du socialisme combiné avec le pire du libéralisme ? le social-libéralisme.

J'ai beau être libéral (le suis-je tant que ça, d'ailleurs ?), j'ai toujours eu du mal avec le social-libéralisme moderne. Je ne parle pas du libéralisme social (c'est autre chose) mais de l'évolution du socialisme dans beaucoup de pays d'Europe. Schröder en Allemagne, Blair en Angleterre, Valls en France.

Pendant longtemps, les sociaux-démocrates s'accommodèrent du capitalisme et d'une forme limitée de libéralisme parce qu'ils pensaient en "corriger" les effet par des redistributions massives, mais la mondialisation rendit caduques toutes leurs mesures. Comme ils ne pouvaient plus apparaître comme les protecteurs du prolétariat, ils trouvèrent une nouvelle marotte : les minorités.

L'État social-démocrate devenu incapable de gérer une économie nationale laissa les marchés mondiaux (mais pas nationaux !!!) décider de son sort et soulagea sa conscience en distribuant des droits inapplicables ou financièrement indolores aux minorités, jetant ainsi l'os à ronger indispensable que réclamait son nouvel électorat. Il suffit alors d'enrober de quelques mythes les dites mesures en appelant les mânes des Grands anciens de la gauche et le tour fut joué. La parole remplaça ainsi l'action.

Comme l'État social-démocrate ne pouvait plus contrôler l'économie, pour se consoler de son impuissance, il développa une véritable pouvoir de nuisance : il créa des normes et des lois obstructives de toutes sortes. Ce fut là sa nouvelle régulation. 

L'État social-démocrate n'était plus socialiste mais il était incapable d'être libéral. Il devint social-libéral et combina le pire des deux idéologies.

Par exemple, en France, faute de pouvoir créer l'homme nouveau, vieux rêve marxiste, il massacra l'éducation et fit en sorte que les réseaux et la connivence remplacent l'égalité des chances. Pour cela, il éradiqua toute forme d'excellence au nom de l'équité dans chaque école.

Fort avec les faibles, mais faible avec les forts, il détricota le droit du travail afin de rendre vulnérables les salariés et laissa aux petites entreprises les lourdes charges qui entravaient leur croissance. 

Il s'employa à régenter les individus, encadrant par des mesures administratives et des décrets variés leur droit à élever leurs enfants comme ils l'entendaient, à s'installer où ils le voulaient, à fréquenter qui bon leur semblait ou encore à circuler comme ils le souhaitaient. Il prit toutefois grand soin de ne pas indisposer les puissants, avec lesquels il copinait. Le "Vivre-ensemble" devint un hymne universel bien que l'État social-démocrate omît de préciser qu'il ne s'adressait qu'à ceux auxquels il ne laissait pas le bonheur tout socialiste d'en faire le choix.

L'État social-libéral naquit alors sur les cendres de l'État social-démocrate.

 

mardi, 11 octobre 2011

J'ai trouvé Aubry et Hollande très responsables

Dans les dents, l'Montebourg. Il a voulu faire le malin avec sa démondialisation et se prend pour le preneur d'otages de la gauche, moyennant quoi Martine Aubry et François Hollande ont tous deux rejeté le protectionnisme ; Martine a clairement fait savoir qu'elle ne changerait pas, et Hollande a récusé les zig-zags, tous deux substituant à la démondialisation le concept d'échanges justes (que défend aussi le MoDem).

Bref, en somme, la ligne choisie est celle, claire, de la social-démocratie. De toutes façons, j'ai fait mes comptes :  31+39 = 70% pour la social-démocratie. A cela il faut ajouter 6(Royal) + 5(Valls) de gauche réformiste. Total = 81%.

Les Français de gauche ne vont pas se laisser emm... par les diktats des démondialisateurs dont seuls l'extrême-gauche et le FN partagent l'analyse économique alors qu'ils ont été plus de 80% (pour ceux qui ont voté) à choisir la social-démocratie ou le réformisme de gauche.

Perso, je préfère la démocratie-chrétienne et/ou les libéraux, mais je pense qu'on peut s'entendre sur un certains nombres de points (pas tous) avec les sociaux-démocrates.

Voilà qui devrait apporter une réponse à Fillon qui avait sommé les deux leaders sociaux-démocrates de choisir entre le gauchisme et la social-démocratie.

jeudi, 10 décembre 2009

UDF versus MoDem

Laurent de Boissieu a écrit, il y a quelques jours, un billet pour examiner l'évolution programmatique du MoDem, autrefois UDF. J'avais fait moi-même quelques observations il y a quelques jours. Si je salue tout à fait le travail extraordinaire réalisé par les commissions (et je dois être honnête, je ne pensais pas qu'elles seraient capables de produire un programme, et je fais donc un mea culpa), il n'en reste pas moins que plus d'un aspect du nouveau programme me chiffonne. François Bayrou, Marielle, Alain Dolium, ont beau clamer leur appartenance au Centre, ce programme n'est pas un programme centriste, désolé.

Il y a des retraits par rapport au programme de l'UDF de 2007 qui me dérangent à plus d'un égard. Le programme du MoDem ne jure plus que par le régulation. A vrai dire, la régulation, qui est dans toutes les bouches, elle me sort par les trous de yeux, pour tout dire, et le dire brutalement. Moi, je ne demande pas aux États de réguler, mais de s'assurer de l'équité des procédures. Ainsi, le programme du MoDem, s'il salue la dimension créative de l'entrepreneur, le réduit en même temps à une dimension philosophique sinon sociale, et son entreprise avec. Finalement, la manière de dire les choses, les mots ont un sens, est plus que tout révélatrice du fil conducteur d'un programme. J'aurais préféré que l'on écrive dans notre programme que le MoDem souhaitait et voulait que chaque individu puisse entreprendre sans devoir affronter des ententes illicites (oligopoles, collusions entre l'État et certaines entreprises). J'aime mieux l'État protecteur des libertés économiques que le chasseur de koulaks déterminé à taxer jusqu'à la moëlle et à poursuivre ces râclures de banquiers capitalistes...

A côté de cela, il y avait dans le programme de Bayrou quelque chose qui me plaisait, en 2007  : une référence explicite au mérite à et à l'excellence. L'UDF faisait alors valoir clairement qu'elle tenait à ce que figure dans tous les établissements scolaires de France une voie de l'excellence au même titre que celle de la remédiation. Il n'en reste plus rien dans le programme éducatif du MoDem. On y évoque vaguement des parcours diversifiés au collège, et c'est tout. En somme, tout ce qui renvoie à la responsabilité et au mérite personnel a disparu.

J'ose espérer que le programme du MoDem n'est pas un programme fermé et qu'il aura la possibilité de s'amender d'ici les présidentielles de 2012. Pour ma part, je n'ai pas rejoint un jour l'UDF pour finir dans un PRG bis. Des proches de François Bayrou lui enjoignent de prendre garde à ce centre-droit, qui existe et qu'il néglige. Il y a des voix, au sein du MoDem, pour défendre un libéralisme modéré, comme celles de Gilles Artigues ou Sylvie Goulard.

Le projet du MoDem annonce en introduction haut et fort sa méthode : le réformisme. Je suis désolé, mais le réformisme, c'est une référence de gauche politiquement. Or, finalement, le projet du MoDem, c'est finalement un honnête projet social-démocrate plus ou moins édulcoré pour lui donner une tonalité centriste. En règle générale, je m'intéresse aux réformistes, et j'ai une certaine proximité avec, mais ce n'est pas mon courant politique. Je suis un peu plus proche des sociaux-libéraux, bien que plus à droite. Je pense, d'ailleurs, que le programme du MoDem peut convenir sans difficulté aux sociaux-libéraux, et on retrouve un grand nombre d'idées de ce courant politique dans le programme du MoDem. Mais, à certains égards, je me demande si l'on peut encore compter les sociaux-libéraux au sein de la famille libérale.

In fine, il n'y a désormais, en France, plus aucun parti qui défende un tant soi peu l'idéal libéral. L'UDF aura été le dernier, le MoDem lui tourne définitivement le dos.