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jeudi, 23 décembre 2010

Primes et procès à l'école...

On le sait, l'école publique est en mauvais état. Mais ce serait une grave erreur de croire que l'école privée est logée à une autre enseigne. Cycee, par exemple, pense que le gouvernement s'apprête à faire un cadeau de 4 millions d'euros à l'école privée, sous prétexte qu'il y aurait eu un arbitrage entre privé et public à propos de ces fonds. C'est oublier un léger détail : en réalité, l'école privée croule sous les demandes, et, faute de fonds et de subventions publiques, se montre incapable de résorber la demande, même avec des classes surchargées. Des pas perdus clame à la trahison au Conseil Régional d'île de France, parce qu'on y participe au financement des écoles privées sous contrat. Soyons raisonnables, SVP, ce n'est pas le moment de rallumer la guerre scolaire. Encore heureux qu'il y ait dans ce conseil, une gauche pas trop sectaire et au final assez réaliste. Ce que Cycee dit sur son blogue à propos des différences de qualification entre enseignants du privé et du public est un aspect de l'école privée, mais la réduire à ce travers serait très simpliste. En réalité, l'école privée française accomplit du bon boulot et offre, particulièrement en ce qui concerne l'enseignement catholique,  un espoir à ceux qui n'en ont plus là où il n'y a plus rien. Dans les cités franciliennes, en particulier, dans les familles immigrées où l'on peut consentir l'effort financier et où l'on accorde de l'importance à l'école, c'est bien chez les Catholiques qu'on envoie ses enfants, fût-on soi-même Musulman pratiquant.

Invoquer la laïcité comme le fait la gauche de la gauche (Front de gauche et alternatifs) n'a donc aucun sens en la circonstance. Il ne faudrait pas s'engager dans un débat tout à fait faux à propos de la laïcité...Ce n'est pas la laïcité qui est en danger à l'école, à l'heure actuelle, mais l'école toute entière, publique ou privée

La plupart des établissements privés sous contrat garantissent un échelonnement des montants des inscriptions à la mesure des situations sociales et financières des familles. Je pense même pouvoir affirmer que pour certaines familles très modestes, dans certains établissements catholiques de province, le coût final de l'école est moins élevé dans le privé que le public.

Quatre millions d'euros, c'est misérable, au regard des montants en jeu. Très insuffisant pour couvrir les besoins des écoles privées, largement aussi touchées que les écoles publiques quand ce n'est pas davantage par les réductions de postes.

J'ajoute qu'il ne suffit pas de brandir les grands principes pour juger de la pertinence de l'aide de l'État aux institutions privées. Prenons l'exemple de Concarneau : on s'alarme parce que là-bas, le montant du forfait familial augmente pour les écoles privées. Et si l'on considérait, pour juger de la pertinence ou non de cette augmentation, non pas la laïcité ou non de la chose mais le service réellement rendu et son coût final ? Pas sûr que l'école privée revienne plus cher que l'école publique, au final.

L'IFRAP a interviewé le sénateur UMP  Jean-Claude Carle pour obtenir l'explication de son amendement. Quelques arguments de bon sens (liberté de choix pour les familles, par exemple) en effet, mais il a oublié quelques détails fâcheux dans son raisonnement : on ne joue pas au concours de qui perd le plus de poste gagne. Il eût fallu non pas répartir l'effort, mais abonder et les uns et les autres. Allons, notre bon Sénateur peut se rassurer : l'actuel gouvernement, jamais à court d'astuces, a trouvé une technique gagnante à tous les coups pour motiver (flinguer du prof, quoi),  les fidèles suppôts du pouvoir que sont les Recteurs d'Académie : la prime. Un scalp de prof ramené, et toc, une prime de Noël. Beaucoup de scalps de profs => y'a bon très GROSSE prime de Noël...

epetit.jpgEh oui, c'est le Far West, chez nous autres Gaulois : quand on veut la peau de l'ennemi public numéro un, on met sa tête à prix. Ingénieux, non ?

Alors the poor lonesome sarkow boy, Lucky Luke the Chatel, a rétabli une bonne vieille pratique. Il a juste oublié d'afficher la mise  prix sur toutes les portes et fenêtres. Le bon prince que je suis a donc décidé de lui refiler un coup de main à titre gratuit (sans prime) pour édifier le bon peuple de Gaule...

 

mercredi, 26 août 2009

Les cinq milliards de la BNP

Comme je le dis souvent, disposer de commentateurs de qualité, sur un blog, c'est très utile. Je reprends donc le commentaire de Fangio sur un billet précédent dans lequel j'approuvais la BNP de rémunérer ses traders et ses salariés de son pôle BFI (division finance). L'un des principaux arguments de ceux qui s'indignent de ces salaires, c'est de faire valoir que la BNP a touché de l'argent public (c'est faux, c'était un prêt et pas à un taux d'ami...). Voilà qui devrait édifier Fred, en particulier, (pourtant pas un affreux gauchiste, en principe), mais également éduquer aux saines règles du marché un gauchiste authentique et lui permettre ainsi de soigner ses humeurs :-)

Je passe les détails, mais les 5 milliards n'ont pas servi à spéculer, ou marginalement, mais à faire face à des obligations de court terme. Il faudrait rappeler que le bilan d'une banque comme BNP, c'est 2 ou 3000 milliards, gardons le sens des proportions. Simplement, les banques font des opérations de refinancement en permanence, et avec le gel du marché interbancaire, toutes les banques, y compris les plus solvables (comme BNP ou la SG) risquaient l'asphyxie. Quant aux "spéculations", je tiens à rappeler (peu de gens le savent ou le comprennent) que le marché des subprimes n'était PAS un marché spéculatif: au contraire, on achetait de la dette AAA, sensée être très sûre, quand on avait besoin de titres sécurisés (c'était une alternative aux titres souverains). Plus largement, la spéculation n'a RIEN, mais alors vraiment rien à voir avec la crise. 

Quant au fait que les banques n'aient pas "ouvert les vannes du crédit", il faudrait quand même rappeler que c'est le métier de base d'une banque de prêter, que c'est comme ça que la majorité des employés gagnent leur vie (les traders sont une infime minorité -j'en profite pour rappeler que le milliard de BNP profite à beaucoup plus de monde qu'aux seuls traders).

Pour les risques du trading, ils sont (hors fraudes, comme le cas Kerviel) beaucoup mieux maîtrisés que les gens le croient (je ne vais pas rentrer dans les détails techniques, mais les banques ne jouent pas à pile ou face comme l’apprenti trader moyen sur Boursorama…). 

Pour finir avec le fameux argument des taux, je vais lui tordre le cou : il est techniquement totalement faux : les taux directeurs déterminent les taux à court terme uniquement, or il n’existe pas de taux unique de marché, mais des taux dépendant des maturités. Aujourd’hui, par exemple, l’Euribor 1 mois (un taux interbancaire très courant) est à 0.491%. En revanche, les banques prêtent (que ce soit aux particuliers ou aux entreprises) généralement à long terme. Or les taux à 20 ans sont aujourd’hui à 3.997%. Ajoutons le fait que les banques se financent elles-mêmes sur les marchés à environ Euribor + 1% (soit dans les 5% à 20 ans) et qu’elles doivent bien sûr mettre une marge (et de ce point de vue, il faudrait souligner que de nombreux économistes, en 2005-2006, tiraient la sonnette d’alarme sur  les marges -au moins dans les activités destinées aux entreprises, mais aussi certains marchés immobiliers, comme les subprimes dont une des erreurs a été de demander des marges trop basses !), on les obtient tes taux à 4% et plus
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