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samedi, 22 août 2009

la BNP a bien raison de payer largement ses traders

La décision de la BNP de provisionner un milliard d'euros,  pour rémunérer les salariés de son pôle finance a fait couler de l'encre. Beaucoup d'encre. Eh bien moi, je trouve qu'elle a bien raison de tenter de conserver ses cadres les plus prometteurs. Le pôle BFI a justement réalisé d'excellents résultats pour les deux premiers semestres 2009, tirant littéralement les résultats de la BNP vers le haut. Cela me semble le minimum qu'une entreprise privée récompense ses salariés qui ont fait du bon boulot, non ? Un milliards d'euros, c'est le montant de la dette de quelques clubs de football anglais. Je n'entends aucun concert de glapissements pour condamner les montants mastodontesques qu'ils versent à leurs  joueurs.

Il y a une sale manie, en France, qui consiste à beugler haro sur les entreprises en bonne santé qui font du profit. Je trouve que c'est particulièrement mal choisi avec la BNP, société qui ne délocalise globalement pas ses emplois.

Eva Joly se plaint de ce que la BNP aurait touché de l'argent public. Argument aussi débile que faux. En réalité, l'État a réalisé une superbe affaire en achetant il y 6-7 mois des actions BNP à une trentaine d'euros. Aujourd'hui, le cours de la BNP frise les 60 euros. Si l'État faisait preuve de bon sens, il ne tarderait pas à commencer à réaliser des prises de bénéfice. Vu l'état de ses finances, ce ne serait pas du luxe.

Pour le reste, c'est de l'argent prêté, et à un taux si élevé que les banques y ont regardé à deux fois avant de faire l'emprunt. Avec une banque comme la BNP qui paie rubis sur l'ongle, c'est sans risque et une source de revenus tout à fait garantie.

Bref, dans la classe politique française, c'est âneries sur âneries à propos des banques, y compris au MoDem, au demeurant. On accuse les banques françaises de faits dont elles ne sont sur le fond pas comptables. On l'a dit et redit, la cause principale de la crise financière qui a frappé le monde, ce n'est pas même les paradis fiscaux, mais bien la législation américaine qui permet de garantir du crédit sur une valeur immobilière virtuelle.

J'aurais bien donné quitus à Marielle d'avoir compris que les hochements de menton les plus martiaux n'y changeront rien, puisqu'elle écrivait dans son dictionnaire pour aimer l'Europe que la principale tâche de l'Europe devait être de réformer le fonctionnement de l'OMC (proposition reprise par l'ADLE, d'ailleurs).

Seulement, voilà, aujourd'hui, elle intervenait devant un parterre de socialistes, conviée par Vincent Peillon et son Espoir à Gauche, et le moins qu'on puisse dire c'est qu'elle a versé elle aussi dans la diabolisation à outrance. C'est rare ici, mais aujourd'hui, pas de quitus pour Marielle :-)

Eva Joly se plaint de ce que la BNP dispose de 186 filiales dans les paradis fiscaux. Ah ? C'est mal docteur ? C'est une banque ou une association de dames patronesses, la BNP ? Que la BNP fasse son métier de banque, moi, ça me paraît plutôt salutaire, non ? Ce n'est pas aux banques d'édicter les règles mais aux États !

On ferait bien en France, au lieu de réduire l'économie à la sociologie avec un vague saupoudrage de béni-oui-ouisme entrepreneurial, de donner quelques notions de finance élémentaires aux citoyens. Ce serait des plus salutaires et cela éviterait de voir la presse emplie de contre-vérités et/ou de raccourcis à deux balles. Des cours de rattrapage devraient être possibles pour les politiques.

23:51 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : bnp, eva joly, sarnez, modem, trader |  Facebook | | |

Commentaires

Désolé d'être en totale contradiction avec toi, mais il ne faudrait pas oublier que la crise économique actuelle est le fruit d'une crise financière.

Aucune mesure de régulation n'a été prise lors du dernier sommet des G20. Et c'est ce qui fait que BNP-Paribas et ses traders, en spéculant à moindre risque sur le dos des autres, ceux qui investissent (il n'y a pas d'autre mot), continue à se faire de l'argent sur le dos des pauvres épargnants, que je suis, que tu (vous) êtes aussi.

Il n'y a pas de miracle: la "source à fric" n'existe pas. Ce qui arrive dans les mains de l'un est forcément pris à l'autre...

Écrit par : JF le démocrate | dimanche, 23 août 2009

J'ose espérer que c'est de l'humour, car il est inadmissible que la BNP accorde de tels bonus à des financiers qui sont responsables de l'état actuel (et à venir car ça n'est pas fini) de l'économie !

Et Eva Joly a bien raison de critiquer l'utilisation des paradis fiscaux par la BNP pour échapper à l'impôt !

Jusqu'à présent j'étais d'accord avec ce que vous disiez mais là, non, je ne peux pas cautionner ce que vous dites !

Écrit par : Schtroumpf grognon | dimanche, 23 août 2009

Vous allez vous faire tirer dans les pattes ( y compris par vos amis du modem, rendant ma carte suite au copinage avec PS et PCF je n'ai plus ce problème)), les Français ont déjà énormément de mal avec les processus économique de base, alors leur parler de finance en positif, et ceux pendant que l'on leur fait gober tout et n'importe quoi, c'est oser.

Les "paradis fiscaux" ? Ne profitent ils pas que certains états comme la France "enfers fiscaux", cherche toujours à taxer de plus en plus ? Il suffit de voir l'évolution des dépenses/PIB pour notre pays et le rythme auquel les taxes se crée


Le secret bancaire ? C'est uniquement un procéder qui garantie le respect de la vie privée et non la fraude, à moins d'être pour caméras de surveillance à tout va et autres Hadopi/Edwige, on ne peut que être pour le secret bancaire.


Est ce que l'on a attendu parler de politique ayant remis en cause les actions des banques centrales, ou de l'émission massive de monnaie, la politique des fonds propres fixé a 8% par la loi, ou ces crédits que l'état garantissait à des personnes insolvables ? A t'on dit que la hausse spectaculaire de l'immobilier et sa chute c'est faite dans les états américains ayant eut une politique immobilière, et que ceux n'en ayant pas eut ont vu leurs prix stable ?

Rien de tout cela, notre parti ( mais plus pour longtemps) préfère beugler avec tout le monde sur des chimères plutôt que de poser un véritable débat.

Écrit par : Ahmad | dimanche, 23 août 2009

@ JF
La BNP ne se fait pas de fric sur le dos des pauvres épargnants. Il faut en finir avec ce discours anti-koulaks marxiste et pré-NPAisant.
Tu veux faire la révolution ?
@ SG
Non, ils n'en sont pas responsables. Financiers est un terme générique qui permet d'accuser et de faire porter le chapeau à n'importe qui.

Écrit par : L'hérétique | dimanche, 23 août 2009

@JF le démocrate :
« Ce qui arrive dans les mains de l'un est forcément pris à l'autre... ”

Non ! Revoyez vos bases.

Et +1 pour Ahmad

Écrit par : Bob | dimanche, 23 août 2009

@ Ahmad
Oui, en ce moment, on n'est pas très originaux. Mais mieux vaut tout de même nos solutions que celles des socialistes ou de l'UMP...
@ Bob
Le problème, c'est que c'est une idée courante en France que de se représenter les banquiers comme des exploiteurs du peuple, sortes de vampires suçant le sang des travailleurs.

Écrit par : L'hérétique | dimanche, 23 août 2009

"""""""Oui, en ce moment, on n'est pas très originaux. Mais mieux vaut tout de même nos solutions que celles des socialistes ou de l'UMP..."""""


Quelles solutions ? En prenant les gens pour des cons et en ne posant aucun véritable débat nous ne faisons que nous conformer à l'UMPS. C'est n'est pas ainsi que l'on forme une alternative.

Écrit par : Ahmad | dimanche, 23 août 2009

@ Ahmad
négatif : lisez les propositions des commissions europe et le programme de Bayrou toujours valides, vous verrez que le MoDem propose des solutions à la crise.

Écrit par : L'hérétique | dimanche, 23 août 2009

L'ami, tu sembles oublier quelques petites choses. Oh pas grand-chose, rassures-toi !

L'État a prêté plus de 5,1 milliards à la BNP pour surmonter la crise. Somme prêté en contre-partie d'une réouverture des vannes du crédit mais ...

qui a servi à spéculer sur les marchés.
Spéculations qui a porté sur les mêmes marchés risqués que ceux qui ont causé la crise mais aussi et surtout sur les obligations que les États ont dû émettre pour réunir les fonds qu'ils ont prêtés aux banques.

Banques qui profitent aussi d'un taux directeur des banques centrales au plancher entre 0% et 1% mais qui prêtent le peu qu'elles prêtent entre 4% (dans le meilleur des cas) et 8% (plutôt) en moyenne. Désolé mais le contribuable est celui qui pait les erreurs des banques et sert à les enrichir. Pendant que les banquiers se gavent, le contribuable se voit lui servir la soupe à la grimace et voit avec anxiété les nuages noirs qui s'amoncellent à l'horizon de la dette publique et de la pression fiscale à venir.

Écrit par : Orange pressé | dimanche, 23 août 2009

@ L'Hérétique : Je me suis permis de développer par un billet spécial l'expression de mon désaccord complet avec ton billet.

Ce dissensus permettra sans doute d'avancer sur un sujet à mon avis essentiel, tant que les marchés financiers restent au coeur de l'économie globale.

Écrit par : FrédéricLN | dimanche, 23 août 2009

@ l'Hérétique:

Si les banques et en particulier BNP-Paribas ne font pas de fric sur le dos des épargnants, alors il faudra clairement m'expliquer concrètement d'où viennent les profits qu'enregistrent les traders sur les marchés boursiers. Et qui sont les victimes à terme de ces profits de très court terme, qui influent sur les cours boursiers (n'oublions surtout pas la dimension psychologique des marchés). J'attends tes explications, car je le reconnais je suis assez béotien en la matière.

Écrit par : JF le démocrate | lundi, 24 août 2009

@ JF

et pourquoi devrait-il y avoir des victimes ?

Écrit par : L'hérétique | lundi, 24 août 2009

Une petite réponse à Orange Pressée: je passe les détails, mais les 5 milliards n'ont pas servi à spéculer, ou marginalement, mais à faire face à des obligations de court terme. Il faudrait rappeler que le bilan d'une banque comme BNP, c'est 2 ou 3000 milliards, gardons le sens des proportions. Simplement, les banques font des opérations de refinancement en permanence, et avec le gel du marché interbancaire, toutes les banques, y compris les plus solvables (comme BNP ou la SG) risquaient l'asphyxie. Quant aux "spéculations", je tiens à rappeler (peu de gens le savent ou le comprennent) que le marché des subprimes n'était PAS un marché spéculatif: au contraire, on achetait de la dette AAA, sensée être très sûre, quand on avait besoin de titres sécurisés (c'était une alternative aux titres souverains). Plus largement, la spéculation n'a RIEN, mais alors vraiment rien à voir avec la crise.

Quant au fait que les banques n'aient pas "ouvert les vannes du crédit", il faudrait quand même rappeler que c'est le métier de base d'une banque de prêter, que c'est comme ça que la majorité des employés gagnent leur vie (les traders sont une infime minorité -j'en profite pour rappeler que le milliard de BNP profite à beaucoup plus de monde qu'aux seuls traders).

Pour les risques du trading, ils sont (hors fraudes, comme le cas Kerviel) beaucoup mieux maîtrisés que les gens le croient (je ne vais pas rentrer dans les détails techniques, mais les banques ne jouent pas à pile ou face comme l’apprenti trader moyen sur Boursorama…).

Pour finir avec le fameux argument des taux, je vais lui tordre le cou : il est techniquement totalement faux : les taux directeurs déterminent les taux à court terme uniquement, or il n’existe pas de taux unique de marché, mais des taux dépendant des maturités. Aujourd’hui, par exemple, l’Euribor 1 mois (un taux interbancaire très courant) est à 0.491%. En revanche, les banques prêtent (que ce soit aux particuliers ou aux entreprises) généralement à long terme. Or les taux à 20 ans sont aujourd’hui à 3.997%. Ajoute le fait que les banques se financent elles-mêmes sur les marchés à environ Euribor + 1% (soit dans les 5% à 20 ans) et qu’elles doivent bien sûr mettre une marge (et à ce point de vue, il faudrait souligner que de nombreux économistes, en 2005-2006, tiraient la sonnette d’alarme sur le fait que les marges -au moins dans les activités destinées aux entreprises, mais aussi certains marchés immobiliers, comme les subprimes dont une des erreurs a été de demander des marges trop basses !), tu les as, tes taux à 4% et plus.

Écrit par : Fangio | mardi, 25 août 2009

Oups, désolé pour ma dernière parenthèse qui ne veut rien dire... Ca m'apprendra à ne pas relire avant d'envoyer :-p

Écrit par : Fangio | mardi, 25 août 2009

L'évasion fiscale, les détournement de fonds, se font avec l'aide des banques... ils sont difficilement contrôlables, vérifiables quand ces banques ont des agences dans des pays avec des normes de comptabilité "légères" ceux qu'on appelle les paradis fiscaux (en opposition avec l'enfer fiscal certes)
la masse totale d'argent sur terre est encore mal connue à cause des zones sombres, de transit, ou bien d'encaissement des plus valus.

Si les gouvernements ne peuvent pas voir la somme totale d'argent réellement possédé à un instant donné par une banque qui aurait des agences, succursales, ou bureaux, dans ces zone dites de paradis fiscaux: les lois ne permettent pas de dévoiler le nom du propriétaire du compte, ou bien la source, le montant, et la destination de l'argent.. les systèmes informatiques étant des entités à part de l'unité centrale de la banque.

La question posée à la BNP est à quoi cela sert d'avoir des agences dans ces pays: aider, ou inciter à l'évasion fiscale au blanchiment, et aux détournements de fonds... ou bien s'il y a une raison autres, c'est quoi ?
La réponse a été d'inonder la presse avec des articles sur la somme totale destinée à la rémunération des traders

Écrit par : mich | jeudi, 27 août 2009

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