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vendredi, 06 mars 2009

BNP Paribas a eu Fortis !

Ayé ! BNP a réussi à négocier, je ne sais pas comment, mais Fortis est désormais à BNP. Bonne nouvelle pour les fonds propres de BNP pour l'année prochaine.

Je me demande en revanche ce qui a été promis aux actionnaires minoritaires. BNP s'est couverte en s'assurant des garanties auprès de l'État belge sur ses ratios de solvabilité.

La Belgique récupère 30% de la banque au lieu de 25% et BNP prend le contrôle de 25% des assurances au lieu de 10%.

[EDIT] Une curiosité rigolote, mais hélas plus mise à jour : FrontFortis ! un blog belge d'actionnaires, je présume, ou peut-être simplement de clients, en faveur d'un accord BNP-Paribas

Le problème, c'est qu'avec un seul billet publié et datant du 29 janvier dernier de surcroît, ils ne vont pas aller loin...

Cela dit, à propos des actionnaires, il y a une fissure désormais, puisque si l'avocat des 2400 actionnaires minoritaires rejette l'accord, le président de l'Association flamande des actionnaires s'est lui déclaré favorable à l'accord. Mais bon, il avait déjà appelé à approuver le précédent plan... Pour ceux qui s'intéressent à ce que peuvent faire ou non des actionnaires minoritaires en Belgique, j'ai trouvé cela...(Droit et Fiscalité Belge. Il y a un point qui plaide en faveur de la BNP, c'est que le 11 février dernier, l'accord avait été rejeté d'une courte majorité (50.6%). Pour info, le groupe d'assurance chinois Ping An pèse à lui seul 5%. Que vont-ils faire cette fois-ci ? Une tendance, toutefois : le nouveau président du nouveau conseil d'administration, Jozef De Mey, avait bénéficié du soutien des Chinois. Or, il est favorable à l'accord...D'après les échos, BNP se serait assuré le soutien d'autres actionnaires assez importants qui s'étaient abstenus le 11 février dernier.[/EDIT]

23:37 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : bnp, fortis, belgique, ping an |  Facebook | | |

samedi, 20 décembre 2008

Fortis, comment fallait-il agir ?

J'ai suivi avec attention le feuilleton Fortis, et à vrai dire, je trouve que le déroulement des évènements amène à une réflexion de fond sur l'urgence et l'action politique. Si j'ai bien compris, les petits actionnaires de Fortis (2000) sont furieux d'avoir été mis devant le fait accompli de la quasi-cession de Fortis à la BNP sans qu'ils aient été consultés. Ils ont donc obtenu d'un tribunal qu'une large partie de la transaction soit bloquée, au moins, en tout cas, jusqu'au 28 février, soit après l'assemblée générale des actionnaires. En outre, comme le gouvernement Leterne a tenté de passer outre en faisant, si du moins, ce que l'on dit est vrai, pression sur des magistrats pour qu'ils autorisent finalement la cession, il y a eu des résistances, et un procureur a fini par accuser le gouvernement d'où le scandale.

Le problème, à mon sens, c'est que tout cela a été fait dans une urgence que les pouvoirs publics belges jugaient absolue : soit un repreneur récupérait Fortis, y compris à prix sacrifié, soit Fortis s'écroulait. Prendre le temps de consulter tous les actionnaires, c'était prendre le risque de faire fuir les repreneurs. Et sans acheteurs, Fortis courait à sa perte, c'est à dire aussi à la disparition de l'épargne de ceux qui en étaient clients.

Il fallait donc que le gouvernement Leterne agisse dans l'urgence, quand bien même la procédure normale n'était pas respectée.

Le problème, c'est que nous sommes dans un contexte de crise économique et financière où le système international peut s'emballer à tous moments. Dans une telle situation, on comprend mieux la nécessité d'une procédure d'urgence. Les petits actionnaires de Fortis pourraient bien  faire un mauvais calcul, d'ailleurs : si la BNP se retire et que Fortis plonge, ils tomberont avec. Sans doute n'ont-ils pas considéré cet aspect des choses.

Dans  des circonstances aussi critiques, je ne sais pas ce que j'aurais fait. Évidemment, les pressions sur la justice, c'est inadmissible, mais, il faut bien comprendre que l'économie belge pourrait aussi y jouer sa peau. Je ne dis pas cela pour défendre l'action de Leterne. J'essaie simplement de replacer son action dans la perspective de l'urgence pour mieux la comprendre.

Ce que je conclus de cette histoire, c'est que la BNP, si elle est intéressée, et surtout les pouvoirs publics belges, ont tout intérêt à mener des négociations serrées et au plus vite avec les actionnaires de Fortis s'ils veulent se sortir vite et bien de cette mauvaise passe. Je ne vois pas d'autre issue. Et de ce point de vue, une nouvelle qui n'est pas mauvaise, c'est que les 2000 actionnaires se sont mis d'accord pour confier leurs intérêts à un groupe de représentants :

Deminor, Modrikamen, VEB, Test Achats, des familles d'actionnaires dites historiques et un industriel possédant 2% se sont mis d'accord sur une équipe de négociation composée de six personnes. Cette équipe sera chargée de mener d'éventuelles discussions avec BNP, Fortis et le gouvernement.

Il est évidemment plus facile de négocier ainsi qu'en ordre dispersé.

07:02 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : belgique, leterne, fortis, bnp |  Facebook | | |

mardi, 07 octobre 2008

Le joli coup de la BNP

La BNP est une banque décidément étonnante : même en situation de crise, elle parvient à flairer les bons coups et à saisir les opportunités. La BNP a récupéré 100% des activités bancaires de Fortis en Belgique et les 2/3 au Luxembourg. Elle récupère également les 3/4 de l'activité assurance de Fortis en Belgique.

Pour ce faire, la BNP offre 11,7% de sob capital à l'Etat Belge et 1.1% au Luxembourg. C'est teès bien joué ! La BNP ne dépense pas de liquidités pour acquérir Fortis, elle profite du renflouement de ce groupe par les états néerlandais et belges, et elle en prend le contrôle au moment où le cours de l'action est à son plus bas. Mais, bien mieux encore, elle se trouve deux actionnaires extrêmement fiables et stables ! Ces états ne se comportent nullement comme des fonds spéculatifs mouvant. Avec 12% de son capital entre les mains de deux états très fiables, la BNP s'offre une garantie de stabilité pour une bonne part de ses actions.

De plus, l'opération de rachat bénéficie du total soutien des deux états. On n'est absolument pas dans un contexte de lutte féroce pour la primauté, mais au contraire de coopération maximale avec les acteurs. Mieux encore : les actifs à risque (un peu plus de 10 milliards d'euros) sont transférés dans une holding détenue essentiellement par le Luxembourg et la Belgique ; la BNP ne détient elle-même que 10% de la holding. Bref, elle rechète sans coup férir, et quasiment sans actifs pourris un bon gros groupe à prix cassé et avec de sérieuses garanties...

Elle devient enfin la première banque européenne par le montant des dépôts, et son crédit de confiance a de bonnes chances de rassurer les déposants. Oui, vraiment, bien vu. Chapeau bas.

NDLR : je n'ai pas d'actions dans la BNP, je n'y travaille pas non plus, je suis simplement semi-fasciné, semi-amusé par sa stratégie souvent gagnante, quelles que soient les circonstances. Bon, cela dit, elle subit comme toutes les autres banques un effet sectoriel, si bien que son cours a baissé, même s'il avait grimpé fort haut la semaine dernière. On va voir comment les acteurs du marché réagiront au rachat de Fortis...

08:59 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : bnp, banque, fortis |  Facebook | | |

lundi, 29 septembre 2008

Fortis, le syndrôme systémique

Boudiou : ça chauffe sérieusement pour la finance européenne. Je viens d'apprendre que la Hollande, la Belgique et le Luxembourg s'apprêtait à nationaliser purement et simplement la banque Fortis (parmi les 10 plus gros assureurs et les 20 plus grosses banques en Europe) pour éviter son effondrement définitif : 11.2 milliards d'euros injectés. Pas fous à la BNP : ils ont proposé un prix pour Fortis, mais assez bas, et avec des garanties de l'Etat belge. J'ai toujours noté que cette banque était très prudente (c'est pour cela qu'elle est épargnée par les crises). Mais l'Etat Belge n'a pas voulu donner les garanties demandées. Sachant que les Britanniques ont nationalisé Northen Rock pour la sauver la faillite, j'imagine déjà les cris d'orfraie des néo-libéraux. Intervention massive des Etats dans les économies, ils doivent être en syncope, à l'heure actuelle. Pour ma part, je trouve que ces états ont réagi avec bon sens et en concertation. Quand il y a une urgence, comme dirait Deng Xiao Ping, peu importe que le chat soit noir ou gris pourvu qu'il attrape les souris. On en est là, je le crois vraiment.

Cela dit, une fois la crise passée, et elle est tout de même largement systémique, il faudra faire les comptes, et les régler. DSK a proposé que le FMI mette en place de nouvelles règles de bonne gouvernance pour les banques et devienne le gendarme de cette bonne gouvernance (notamment sur le crédit). Je lui souhaite bien du plaisir pour réussir à mettre tout cela en place (va falloir convaincre pas mal de pays) mais c'est clairement nécessaire.

Ah, dernier point : du coup, je me pose la même question que Carignano. Sarkozy a assuré dans son discours, vendredi, que l'Etat garantirait la continuité et la sécurité du système bancaire et financier français, en injectant de l'argent si nécessaire.

Cela veut-il dire qu'une banque française va tomber et qu'il le sait déjà ?

Si oui, laquelle ? Pas la BNP, à mon avis, impossible, probablement pas non plus la Société Générale, alors qui ?

00:19 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : fortis, banque, finance |  Facebook | | |