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vendredi, 09 janvier 2015

France-Islam, une longue histoire d'amitié...

Oui ! Pas d'amalgame. C'est très tendance de moquer le hashtag du même nom sur twitter, et pourtant, s'il est un moment où nous devons tous nous serrer les coudes, c'est bien aux heures sombres que nous vivons. Pointer nos concitoyens en raison de leur confession ou de leurs origines serait d'une bêtise sans nom. L'Islam vit une crise très grave depuis une trentaine d'années. Une crise comme il n'en a jamais connu dans son histoire. Son épicentre n'est pas ici, en France, mais au Proche-Orient et au Maghreb. C'est là où il y tombe le plus de pauvres gens. Ce que nous subissons, nous, ce sont les répliques des déchirures. Plutôt que d'ajouter de l'huile sur le feu, nous avons tout intérêt à nous demander plutôt comment nous pouvons aider l'Islam.

Il y a des imbéciles qui ont cru bon de profaner des mosquées, ou, pire encore, projeter des engins enflammés dans leur direction. Ceux-là ne valent pas mieux que ceux qui s'en prennent aux synagogues.

L'amitié entre la France et les Musulmans est pourtant ancienne. Elle commence dès les premiers temps de l'Islam.

A la fin du VIIIème siècle après Jésus Christ, Charlemagne prend contact avec le Calife abbaside Haroun al Rachid. Il lui demande de protéger les monastères d'Orient et les pélerins qui se rendent ent terre sainte. L'amitié est si forte entre les deux princes que le chroniqueur Eginhard souligne que rien n'importait plus à Charlemagne que l'amitié de ce prince. 

Il y eut l'épisode malheureux des croisades, bien que des mouvements de sympathie réciproques se produisirent aussi parfois entre Croisés et Musulmans. Alors que la deuxième croisade vient de prendre fin 10 années auparavant, de brillants et enflammés échanges opposent Thomas d'Aquin et Averroès autour de l'interprétation qu'il convient de donner au Traité de l'âme d'Aristote.

Mais, à la Renaissance, c'est vers la Sublime Porte que François 1er se tourne pour briser l'étau de Charles Quint et les deux souverains, celui de l'Empire Ottoman et de la France échangent des cadeaux somptueux.

Les lettres connaissent alors un essor extraordinaire de l'orientalisme : Othello est le héros de la pièce du même nom de Shakespeare. On admire la sagesse perse et arabe : Zadig est un héros arabo-musulman, Montesquieu écrit les Lettres persanes et la mode s'empare des tenues venues d'Asie mineure.

Victor Hugo écrit au beau milieu du XIXème siècle l'un des plus beaux hommages qui aient jamais été rendus au prophète Muhamad (Mahomet), l'An neuf de l'Hégire.

En dépit des dégâts du colonialisme au XIXème siècle, la presse entière salue l'édification de la première mosquée en France à Paris au début du XXème siècle.

Pendant longtemps, on loue la fierté arabe et Anglais et Français rivalisent d'études sur l'Islam tant sunnite que chiite au point que nombre de penseurs de l'Islam aujourd'hui considèrent encore ces savants occidentaux comme des références.

L'Islam est en difficultés et des esprits pervertis le ternissent. Est-ce que cela signifie que nous devons l'abandonner en rase-campagne et le conspuer après plus de dix siècles d'amitié ininterrompue ?

Je me suis glissé (enfin j'ai essayé), hier, dans la peau de la haine et j'ai évoqué les blessures associées à l'identité. Dans cette histoire, ceux qui vont avoir le plus mal à leur identité, ce sont nos concitoyens musulmans, eux qui n'osent plus nous regarder alors qu'ils ne sont en aucun cas comptables des actes de déséquilibrés. Je pense sincèrement que ce n'est pas le moment de les regarder de travers ni d'exiger des actes spécifiques de contrition de leur part alors qu'ils n'avaient rien demandé à personne. 

15:56 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : islam, france, amitié |  Facebook | | |

lundi, 18 février 2008

Féminin au singulier - l'Amitié

0e94f7c02832e242e3e02c418ab5cf38.jpgJ'ai lu le journal de Marielle de Sarnez, Féminin au singulier. J'ai beaucoup aimé.Comme il est très riche de réflexions, je le commenterai en plusieurs billets.

Et je voudrais commencer par les réflexions que sa première note m'a inspirées.

Marielle y parle non de l'amitié en politique, mais de l'amitié ET de la politique. Et c'est l'incompréhension qui domine dans un premier temps. Non l'incoompréhension politique, mais l'incompréhension humaine.

Songeant aux députés UDF ralliés à Nicolas Sarkozy, Marielle de Sarnez se souvient que ce sont des personnes avec qui elle a échangé des coups de fil tous les jours ; avec qui elle a passé des vacances en Grèce ou ailleurs. Qui ont refusé des postes ministériels avec elle.

Et du jour au lendemain, plus rien. On ne lui adresse plus la parole. Plus un appel téléphonique, mais des regards gênés de temps à autre et du silence. 

Je me suis souvenu alors de l'ampleur de ma déception aux mois de mai et juin. Moi aussi, je les aimais bien ces députés, et j'avais confiance en eux. Alors j'imagine ce que peut être la désillusion de quelqu'un qui les considéra comme des amis sincères si longtemps.

Et pourtant, Marielle ne leur en veut pas... 

En lisant ces lignes, j'ai repensé avec mélancolie aux traités de Cicéron et de Sénèque qui ont en commun de parler de l'Amitié.

De amicitia, comme on écrit le titre en latin. De l'amitié. Car il y a matière à disserter longuement sur l'amitié. On aurait du écrire un traité qui se serait appelé "Des amitiés  brisées"...