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  • Marielle de Sarnez, une femme d'exception

    J'ai évoqué à de nombreuses reprises Marielle de Sarnez sur ce blog. J'ai fait état des livres qu'elle a écrits", comme Féminin au singulier, Petit dictionnaire pour aimer l'Europe, ou encore la lettre mensuelle qu'elle publie en ligne pour éclairer les débats du Parlement européen.

    Mais par dessus tout, j'ai souvent cité Marielle pour l'apport original et inédit qu'elle apporte à la politique française dans le domaine des idées :

    C'est d'abord sa vision de l'État, très atypique dans le paysage politique français : Marielle voit dans l'État, mais cela concerne aussi des échelons administratifs inférieurs, une force dont l'objet principal est de faciliter l'action de l'individu en société. Et quand je dis l'individu, pas seulement l'individu considéré isolément, mais aussi toute association qu'il est susceptible de constituer, c'est à dire principalement l'association ou l'entreprise. Cette perception de l'État est très rare en France où on le voit plutôt comme une institution dont le rôle est de tracer les grandes lignes, de contrôler et de diriger à coups de lois, de décrets et de normes de toutes sortes. Au MoDem, seul Yann Werhling, à ma connaissance, adopte des positions proches de Marielle, mais je le connais moins bien pour dire cela.  

    Cette approche de l'État est aussi l'expression d'un libéralisme tempéré et bienveillant dont le moteur n'est pas une compétition sauvage entre individus mais le respect des choix individuels. Et cela comprend la liberté de s'enrichir et de disposer d'une propriété privée, quelle que soit son importance. Je dis cela pour que l'on ne vienne pas me dire que la France insoumise aussi respecte les libertés individuelles. Il n'y a donc rien d'étonnant à voir Marielle de Sarnez siéger au sein de l'ADLE au Parlement européen, parce que ces libéraux-là sont l'expression la plus tempérée du libéralisme et non la caricature qu'on donnent parfois les plus extrémistes des libéraux.

    Mais la liberté que défend Marielle de Sarnez ne va pas sans justice et solidarité. La justice, c'est de donner à chacun la possibilité de s'exprimer et de tenter sa chance, et non de lui reprocher d'être parvenu à un statut digne d'envie. Il s'agit donc d'une égalité des chances que seul l'État peut garantir, mais qui repose toujours sur la liberté de choisir afin que chacun puisse accomplir son destin individuel.

    Et la solidarité, c'est d'accepter de tendre la main pour que celui qui est tombé puisse se relever. Cela ne signifie pas qu'il faut imposer brutalement celui qui a plus, mieux réussi, mais que l'État peut l'inviter par des mesures appropriées à développer son mécénat, qu'il soit personnel, quand on cotise pour une association caritative, ou qu'il soit public, quand une entreprise ouvre une fondation ou finance une institution culturelle.

    La conséquence de ces trois principes directeurs, dans l'action et la pensée de Marielle de Sarnez, est un profond respect des corps intermédiaires si chers à Montesquieu, car ils sont la garantie la plus solide que le pouvoir ne s'exerce pas par l'effet d'une volonté unique et imposée à tous mais au contraire que cette volonté soit plurielle. Les corps intermédiaires permettent aussi l'expression des minorités et garantissent également qu'une minorité ne soit pas opprimée ou méprisée par une majorité.

    Avec tout cela, il y a un tempérament propre à Marielle de Sarnez, et je peux un peu parler d'elle parce que je la connais un peu.

    On ne gagne pas facilement la confiance de Marielle : il y a toujours une méfiance initiale chez elle parce qu'elle jaugera toujours celui ou celle qu'elle a face à lui. Elle est infiniment respectueuse des choix personnels et ne reprochera pas à quiconque de l'avoir effectué à condition qu'il soit assumé, honnête et courtois. On a le droit d'avoir un avis différent, pas de cracher sur l'ami d'hier. Et des individus qui sont prêts à cracher sur ceux qu'ils ont embrassés la veille, je dois avouer en avoir croisé pas mal, pour ma part...Marielle accorde donc une vraie valeur à la loyauté.

    Il y a aussi chez Marielle un vrai détachement par rapport au pouvoir. Cette femme si pragmatique porte en même temps un véritable idéalisme dans l'action politique. Personne n'a pu l'attirer par des promesses de pouvoir, et, sa réaction toute récente, lorsqu'il y a eu quelques anicroches entre le MoDem et En Marche a été très éclairante de ce trait de personnalité : elle a demandé à être retirée de la liste d'investiture car elle ne voulait pas être la caution d'une injustice.

    Ce détachement a pour corollaire la droiture. Marielle de Sarnez  a des convictions fermes et fortes et n'en change pas au gré du vent, pas plus que ses amis cessent d'être des amis parce que des chemins divergent. Conséquemment, Marielle de Sarnez tend à penser qu'on peut toujours se parler et privilégie le dialogue. Avoir des idées différentes, avoir fait des choix politiques différents, ne doit pas impliquer de se jurer une haine éternelle. Voilà pourquoi elle a été étonnée et affectée par l'attitude des derniers députés de l'UDF en 2007 quand la création du Nouveau centre a tourné à l'obsession anti-Bayrou. Je me souviens très bien de l'avoir entendue à cette époque-là me dire «on peut avoir fait des choix qui nous séparent mais quand même se parler, c'est incroyable cette agressivité envers François».

    Parce que Marielle n'accorde pas aisément sa confiance, elle est aussi secrète. On ne peut parler directement avec elle que si l'on a gagné sa confiance et que si elle juge que son interlocuteur peut comprendre ce qu'il a y d'explicite et ce qu'il y a d'implicite dans ce qu'elle dit. C'est d'ailleurs beaucoup à cette aune-là qu'elle fait le tri parmi ses interlocuteurs.

    Pour faire un lien final avec la liberté qui lui est si chère, il faut dire que Marielle respecte d'autant plus les choix des autres qu'elle n'aime pas qu'on lui reproche les siens. D'une certaine manière, c'est à la fois sa force et sa faille, la cause fondamentale de son affinité avec un libéralisme tempéré mais aussi sa limite. Et c'est aussi la garantie de sa droiture. 

    Et ce qui en fait cette personne complexe pour laquelle j'ai vraiment beaucoup d'estime.

    J'espère vraiment qu'elle sera appelée à de hautes fonctions au sein du prochain gouvernement parce que la France la mérite et parce que je pense que notre sort sera entre de bonnes mains si c'est elle qui doit le tenir.

  • En Marche/MoDem, une alliance qui marche !

    Je n'ai pas pu résister à la tentation du jeu de mots facile. Les différends entre les deux formations se sont aplanies et je m'en réjouis.

    Les derniers sondages sont excellents. Nous nous envolons.

    Harris donne notre duo à 29% aux législatives, le FN et LR à 20% chacun, la France insoumise à 14%, le PS moribond à 7% et les autres formations à 3% ou moins.

    Si ces sondages prometteurs se concrétisent, nous pouvons espérer une vraie majorité à l'Assemblée nationale.

    En Marche est neuve, le MoDem a 10 ans à peine, et nous pouvons pour la première fois exercer le pouvoir afin d'appliquer nos idées économiques et sociales au devenir de la France.

    Certains points programmatiques seront à mon avis à améliorer, mais la base est saine.

     

  • Seul le MoDem peut garantir les promesses de Macron et d'En marche

    J'ai pris connaissance des 428 investitures d'En Marche hier. Je dois dire qu'elles sont séduisantes et qu'un beau travail a été accompli. Mais je suis en revanche très contrarié d'y voir le MoDem misérable.

    Soyons clairs : Emmanuel Macron s'est engagé à moraliser la politique et à rémunérer le travail justement auprès de François Bayrou. Il va de soi qu'il doit y avoir des garants de ces promesses. Ce ne peut être évidemment pas les investis d'En marche puisque c'est une demande du MoDem.

    Le MoDem doit donc disposer d'un groupe suffisamment conséquent à l'Assemblée Nationale pour s'assurer de pouvoir défendre les intérêts des Français.

    Je ne voudrais pas être désagréable, mais je rappelle qu'Emmanuel Macron voulait une loi El-Khomri puissance 10 et d'ailleurs, il a investi cette dernière.

    Moi, je suis fondamentalement hostile au contenu de cette loi, à plusieurs titres. Et François Bayrou, et avec lui le MoDem, s'était dressé contre les baisses de rémunération qu'elle entraînait. Je ne vois pas du tout d'un bon oeil Emmanuel Macron pouvoir agir à sa guise dans ce domaine.

    Mon vote et celui de pas mal d'autres électeurs du MoDem pourraient se déplacer si nous voyons que vous avons été victimes d'un marché de dupes et que notre partenaire politique ne nous paraît pas fiable.

    Qui dit qu'il va tenir le reste de ses engagements s'il commence déjà à ne pas en respecter un ?

    J'espère que tous sauront aplanir les différents et pour ce qui me concerne, je préviens que je n'ai pas l'intention d'être le dindon de la farce.

  • Les accusations délirantes de Corinne Lepage

    Quand on entend quelque chose de délirant on hésite toujours entre deux attitudes : soit on répond publiquement mais on risque de propager soit on renonce à alimenter le délire mais dans ce cas on donne l'impression de donner quitus à l'adversaire.

    Corinne Lepage accuse le MoDem d'emplois fictifs. C'est faux à 100% et je reconnais bien chez elle l'aigreur et la langue de vipère que j'ai côtoyée à quelques reprises au siège du MoDem.

    C'est extrêmement simple : une assistante parlementaire a été rétribuée pour un mi-temps sur l'enveloppe d'un euro-députée du MoDem. Elle a complété cet emploi à mi-temps par un autre mi-temps au siège du MoDem comme secrétaire. Et bien entendu, le deuxième mi-temps a été payé par le MoDem, les fiches de salaire sont disponibles. Cette assistante a été régulièrement vue à Bruxelles ou auprès de son eurodéputée, on frise la diffamation dans cette histoire. 

    Rien que de normal. Rien d'illégal. Encore heureux, dans ce pays, quand on n'a pas beaucoup de moyens, qu'on puisse cumuler des mi-temps.

    On se doute bien que s'il y avait là la moindre irrégularité le Parquet aurait réagi au quart de tour.

    L'accusation vient quand même de quelqu'un qui faisait campagne dans le dos contre le parti auquel elle était alliée dès 2009 et qui a poursuivi son oeuvre destructrice pendant les régionales de 2010. Comme par hasard, les accusations sont sorties après sa propre mandature car il faut bien dire qu'elle tenait son élection au soutien du MoDem et à rien d'autre. Dès qu'elle s'est présentée seule, en 2014, elle a fait un score ridicule. Comme pa hasard, le livre chargeant le MoDem est paru en 2015. Quel hasard...

  • En marche...sur des oeufs !

    Macron est donc président. Je m'en réjouis tout en l'invitant à mener une politique vraiment différente de celle des Socialistes et pas seulement dans le domaine économique : je pense aussi à la culture et à l'éducation.

    Chaque étape va être difficile. La nomination du Premier Ministre est à haut risque et doit être parfaitement calibrée. Une large partie de l'électorat de Macron, près de deux tiers, je dirais, vient de la gauche modérée (je me base sur le premier tour). Le tiers restant vient du centre et du centre-droit. 

    Qu'il nomme un premier ministre à droite ou, tout du moins, ne faisant pas consensus dans la gauche modérée et il perd une partie de cet électorat. 

    S'il nomme un ancien Socialiste il sera vu comme le successeur de Hollande et perdra l'électorat de centre-droit.

    Un vrai casse-tête. Il faut aussi que cela soit quelqu'un qui ait de la bouteille sinon il sera difficile de s'imposer et de diriger l'équipe.

    On pourrait penser à Borloo mais ce dernier l'a soutenu très tardivement, une fois la qualification de Macron assurée et les échanges qui avaient précédé ne s'étaient pas bien passé. Borloo passe bien auprès de l'électorat de Macron mais est-il fiable pour Macron ?

    Des femmes centristes comme Sylvie Goulard, Marielle de Sarnez ou Anne-Marie Idrac pourraient être une alternative mais elles auront un déficit de notoriété qu'il sera difficile de combler. Marielle de Sarnez a l'avantage d'avoir une véritable connaissance des arcanes de la politique.

    On va me dire que je suis partisan, mais il faut admettre que François Bayrou a l'avantage d'être à peu près équidistant de tout le monde. Il a de l'expérience, on peut dire que Macron n'aurait pas passé le premier tour sans lui, il est apprécié au centre et dans la gauche modérée et pas détesté ailleurs bien que la droite ait encore de la rancoeur pour son vote en faveur de Hollande.

    Une étape difficile pour Emmanuel Macron. Un premier ministre ne peut pas être seulement un techno, il lui faut aussi un poids politique.

     L'autre étape, ça va être les législatives. Pas de faux pas, surtout, et ça commence par la nomination du gouvernement, justement...Tout le monde veut la peau d'En marche, la droite républicaine peut-être un peu moins que les autres.

    Il faut donc être premier et se montrer capable de remporter des duels, des triangulaires et des quadrangulaires. Cela pourrait sérieusement se gâter s'il y a des triangulaires avec la France insoumise car cette dernière peut bénéficier d'une réserve de voix au sein du PS de Hamon devenu peu ou prou celui des frondeurs. Il y a des circonscriptions où Mélenchon est arrivé en tête et pas mal d'autres où Marine Le pen était en tête au premier et au second tour. Il est quasi acté que cette fois, le FN aura un petit groupe de députés.

    Une deuxième campagne commence...