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  • J'espère que c'est la dernière manif pour tous !

    Je me montrais sévère avant-hier envers les Socialistes sur le mariage homo, mais justice doit leur être rendue, leurs adversaires sont au minimum aussi gonflants.

    Déjà, dans le principe, je n'aime pas vraiment qu'autrui s'appropie le pouvoir de décider comment je dois vivre mon existence : s'opposer au mariage homosexuel c'est interdire à autrui de vivre selon ses propres moeurs. Dès lors qu'elles ne lèsent personne, je ne vois pas où est le problème.

    En ce qui concerne l'adoption des enfants, je crois qu'il faut en finir avec les fantasmes. Il y a de nombreuses situations de ce type et rien ne prouve que les enfants s'en portent plus mal. Je crois d'ailleurs que les craintes dans ce domaine s'appuient sur une lourde erreur dans l'appréhension de ce qu'est un enfant.

     Au fond, un père, une mère, cela ne veut rien dire (désolé de le dire aussi brusquement). Un enfant a surtout besoin d'être aimé. Le droit révolutionnaire avait établi en son temps que le père n'était pas celui qui avait donné naissance à l'enfant mais celui qui le nourrissait et l'élevait. Voilà. Bon principe. 

    Je suis beaucoup plus inquiet de voir des enfants entre les mains d'intégristes hystériques et sectaires que confiés à des homosexuels modérés. 

    Les couples homosexuels qui élèvent des enfants ne sont sans doute pas si nombreux en France, mais j'observe néanmoins que je n'en ai vu apparaître AUCUN dans les faits divers qui concernent des violences sur enfants ces cinq dernières années.

    Il y a des questions éthiques qui se posent en amont de la naissance d'un enfant, il est vrai, mais, une fois qu'il est là, il est là après tout.

    J'aurais préféré une union civile pour éviter l'atmosphère de guerre civile qui fait flamber la société française autour de cette loi, mais c'est surtout pour éviter le mot "mariage".

    En même temps, le vocabulaire est la propriété de tous, pas le bien exclusif des religions.

    Les gens de droite qui se sont trop impliqués dans cette histoire de manif pour tous se fourvoient au moins autant que leurs adversaires. Ils doivent bien comprendre que si c'est là toute l'opposition dont ils sont capables, ils vont se faire claquer en bonne et dûe forme.

    Le FN, plus malin que la droite, l'a bien compris, et, finalement assez silencieux sur cette loi, concentre ses attaques sur l'économie et l'emploi, les vraies priorités des Français.

    La droite ferait bien de passer  autre chose assez vite. Je suis assez étonné de voir l'UDI parti censé se réclamer du centre, s'associer à toutes ces rodomontades alors qu'elle a en son sein des individus éclairés et intelligents qui font des proposisions économiques qui mériteraient d'être relayées (je pense aux fondations productives de Christian Saint-Étienne ou encore à l'activité de l'association Pro France d'Yves Jégo).

    Bref, la loi est passée, elle a été votée régulièrement, passons à autre chose...

  • Y'a que moi qui aime les banques ?

    S'il y a bien une institution qui fait l'union sacrée (ou presque) contre elle, c'est bien l'institution bancaire.

    Les marxistes veulent leur peau, elles symbolisent le capitalisme par excellence. Mais il n'y a pas qu'eux : tous peu ou prou ont juré la perte des banquiers. Les souverainistes et les nationalistes ne sont pas moins enragés que les gauchistes. 

    Le plus surprenant, assurément, c'est de voir les libéraux se ruer également à la curée. Dans Pulp Libéralisme, Daniel Toure leur reproche de prêter de l'argent qu'elles n'ont pas ou, mieux encore, de prêter l'argent des déposants sans leur demander leur avis. Il tire également à boulets rouges contre le crédit estimant que seule l'épargne est digne, vertueuse et respectable.

    Étonnant. Le crédit a permis à de très nombreux individus d'accéder à des biens qu'ils n'auraient pu acquérir qu'au bout d'une longue existence. A mes yeux, c'est un progrès social et les banques font oeuvre utile en permettant le crédit.

    Je ne comprends pas trop pourquoi tant de gens en veulent aux "banquiers", comme ils disent. Tantôt on leur reproche de prendre des risques inconsidérés, notamment sur les marchés dérivés, tantôt on les accuse de refuser de prêter de l'argent à tout va.

    Faudrait savoir.

    Le net bruit de contre-vérités toutes plus saisissantes les unes que les autres. On accuse les banques d'être comptables des actifs dépréciés des États. Dans la réalité, les États les ont souvent contraintes à acheter leurs titres pourris.

    Ils me font un peu penser aux Allemands, les banquiers : bouc-émissaires utiles pour ne pas avoir à endosser les maux que l'on a engendrés soi-même. Ou encore à l'Europe. L'Europe est toujours coupable de tout sauf que ce n'est pas elle qui prend les décisions mais les chefs d'État réunis en conclave (Jean-Marie Beaupuy, trésorier du Parti Démocrate Européen et ancien euro-député du MoDem explique très bien cela dans une tribune récente).

    Ben moi, je les aime bien les banques. Et les banquiers ne sont ni plus ni moins corporatistes que les autres professions.

    Il y en a tout de même un qui vient de se rebeller, d'après le Rédacteur en chef des Échos, en écrivant un livre sur sa profession. J'aime bien les entreprises un peu désespérées : Michel Fleuriet a toute ma sympathie et mon soutien et d'ailleurs, je vais l'acheter son livre. En attendant, on peut avoir un intéressant aperçu de ses arguments dans un entretien donné au magazine Revue-Banque